Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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jeudi 2 février 2012

Se préparer à la guerre : l'opération Starlite au Vietnam en 1965.


Comme nous l'évoquions dans le post précédent, il est important de parler de la guerre pour adapter au mieux les armées à l'adversaire de demain, à court comme à moyen terme, afin de garder l'initiative. C'est pour quoi, je vous propose dans la rubrique "Batailles et enseignements" une synthèse de l'opération américaine Starlite au Vietnam. En effet, en 1965, les troupes américaines renforcent leur déploiement sur le théâtre vietnamien et commencent à mener des opérations de grande envergure contre le Viêt-Cong. Ils découvrent un nouveau type d'ennemi qui contrôle le milieu, se bat au coeur de la population avec des tactiques irrégulières. Peu préparés à ce type d'actions de contre-rebellion, les Marines vont devoir, à leurs dépens, s'adapter à la menace et à un conflit auquel ils devront participer pendant près de 10 ans.
Aussi, cet exemple souligne-t-il la pertinence d'un débat sur la guerre, ses formes, ses évolutions, ses conséquences, ses contraintes sur l'outil de défense, sur les choix politiques et sur la société. Ces trois piliers de la trinité clausewitzienne doivent donc être en mesure de prendre des risques et de renforcer leurs sources de résilience. Ces deux thèmes feront l'objet d'articles à venir et alimenteront, à n'en pas douter, le débat et des commentaires. Bonne lecture...

Source image: scenic reflections.

jeudi 22 décembre 2011

A l’ère de la technique et des conflits asymétriques, reste-t-il de la place pour la manœuvre ? (1/2)


Pour commencer un cycle sur les problématiques liées à la contre-insurrection et les guérillas voici la première partie d'une réflexion sur la manoeuvre sous le prisme des conflits asymétriques. Bonne lecture et à vos commentaires.

Après avoir écouté une conférence du professeur COUTAU-BEGARIE, un des plus célèbre stratégistes français, j’ai souhaité faire part de mon point de vue sur l’un des aspects les plus prégnants de la tactique, à savoir la manœuvre.
En effet, JOMINI, en son temps, rappelait déjà aux militaires que « la supériorité dans l’armement peut accroître les chances de succès à la guerre ; en elle-même, elle ne gagne pas les batailles. »
En outre, les champs d’affrontement contemporains, avec l’apparition d’adversaires qualifiés d’asymétriques et définis par le professeur COUTAU-BEGARIE de « persistance des guérillas traditionnelles sans encadrement idéologique moderne », pose la question de la pérennité des outils de la stratégie. Ceci, d’autant que cette menace s’appuie généralement sur des milieux contraignants et se développe au cœur des populations.
Aussi, s’agit-il de s’interroger sur le rôle, pour les armées modernes, de la manœuvre, modalité stratégique qui, à base de mouvement cherche à agir sur les points faibles de l’ennemi.
Plus que jamais, il apparaît que la manœuvre, tout en s’appuyant sur la supériorité technologique, doit retrouver un rôle central dans la conduite des stratégies menées dans les opérations actuelles.
Dès lors, même si ce début de XXIème siècle semble consacrer le primat de la technologie et la victoire du combattant irrégulier, l’histoire démontre que la manœuvre a toujours permis d’effacer le progrès technique ou les effets militaires des guérillas mais aussi qu’elle demeure essentielle dans la résolution des conflits asymétriques.