Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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lundi 9 janvier 2017

Quand un adversaire hybride met en échec une puissance militaire.


Les conflits contemporains mettent en lumière des adversaires de plus en plus hybrides qui, par leurs stratégies « non linéaires » pour reprendre un terme russe, ou au travers de modes d’action tactiques spécifiques, mettent en échec de nombreuses armées conventionnelles. Mais ce phénomène, dans une perspective historique plus large, n’est pas nouveau, notamment si on revient sur certains théâtres d’opérations de la fin du XXème  siècle. Une bataille de la guerre du Vietnam, autour de la base de Khe Sanh en 1968, nous en donne un exemple frappant. En effet, lors de cette série de confrontations, les forces nord-vietnamiennes vont parvenir à assiéger pendant 77 jours une base américaine de plus de 6000 hommes, tout en imposant à leur adversaire une véritable manœuvre opérative d’envergure ainsi que des surprises tactiques, voire stratégiques et ce, comme nous le verrons à propos du camp de Lang Vei.

vendredi 16 décembre 2016

La bataille de Monte Cassino en 1944, quand la manœuvre permet le succès tactique.



Cette bataille de Monte Cassino en Italie au début 1944, démontre que l'action frontale, la mauvaise utilisation des appuis et du terrain mais surtout un emploi inadapté de l'arme aérienne sont autant de facteurs qui mettent à mal les principes de la manœuvre. En effet, face à un système défensif puissant et bien préparé, la confiance dans les effets des bombardements aériens ou la supériorité numérique entraînent de lourdes pertes alors même qu'une action au sol bien menée peut faciliter la saisie des objectifs. 

Contexte général :

Les Alliés cherchent  en ce début 1944, à rompre la ligne Gustav qui barre la péninsule italienne et ainsi s’ouvrir la route de Rome. La hauteur sur laquelle est érigé le monastère (435mètres) est la clef du massif du Monte Cassino, une position naturelle très forte. Pendant trois mois, le général von Senger und Etterlin a renforcé ses défenses, et le solide 14e Panzerkorps, ainsi que des bataillons d’élite de paras et d’infanterie, en font une noix dure à casser.

samedi 26 novembre 2016

Conflit russo-ukrainien ou le retour de l’artillerie.


A l’heure ou l’armée française déploie des canons ou mortiers sur de nombreux théâtres d’opérations, et alors que l’on a commémoré, l’année dernière, le 20ème anniversaire de l’engagement des canons AUF1 français du 40ème RA sur le Mont Igman pour mettre fin au siège de Sarajevo,  les combats dans le Donbass (2014-2015) mettent en lumière de nombreux enseignements opérationnels. En effet,  les « séparatistes russes » ont fait preuve d’une grande efficacité dans l’emploi de capacités blindés et surtout artillerie pour prendre l’ascendant sur les forces ukrainiennes.
Ces engagements de haute intensité se sont concentrés entre mai 2014 au moment de l’offensive lancée par Kiev pour rétablir la souveraineté de ce territoire à l’est de l’Ukraine suivi d’une contre-attaque russe à l’été et ce, jusqu'en septembre 2015, date à laquelle un statu quo s’est mis en place.

dimanche 6 novembre 2016

Les premières semaines de la guerre de Corée : les enseignements tactiques d'un conflit conventionnel. Fin


Comme nous l'avons vu sous le regard de Robert Leckie, les premières semaines, voire même les premiers mois du conflit coréen sont d'une grande richesse en termes d'enseignements tactiques. Ainsi, après les difficiles manœuvres de freinage engagées après l'offensive nord-coréenne, les troupes américaines ont permis aux divisions ROK de se réorganiser au sein de la très fragile poche de Pusan. Face au rideau US de plus en plus dense sur cette ligne de défense, les troupes de Pyong Yang se sont épuisées et ont vu leur capacité de combat largement réduite. Mac Arthur décide alors de planifier une opération amphibie d'envergure dans la région d'Inchon considérant, comme il le dit lui-même : "l'histoire militaire démontre que neuf fois sur dix les armées sont détruites quand leurs lignes de ravitaillement sont coupées. Toutes les munitions de l'ennemi, comme tout son matériel, passent par Séoul." 

mercredi 26 octobre 2016

Les premières semaines de la guerre de Corée : les enseignements tactiques d'un conflit conventionnel. (2/3)


Nous poursuivons notre étude du conflit coréen vu par un ancien Marines devenu journaliste. Il rapporte les difficultés pour l'armée de terre US, mal entraînée, sous-équipée et surprise par cette guerre conventionnelle alors même que le monde occidental croyait ce type de combat était mort avec 1945. D'ailleurs, les renforts américains peinent malgré tout à contenir les assauts nord-coréens : "pour les hommes de la 24ème division, les premiers jours de combat furent sanglants et chargés d'humiliations... Quand ils essayaient de se replier en suivant les routes, ils étaient soumis à des feux croisés venant des collines. Amers, hagards, en loques et épuisés, ils reculaient à travers une boue qui freinaient ou arrêtait totalement les véhicules. Le soldat qui, sous le feu ennemi, glissait dans les eaux répugnantes d'une rizière devait le plus souvent, pour se dégager de la vase, abandonner ses chaussures et continuer à se battre pieds nus. Et jamais il ne pouvait échapper à la pluie éternelle... elle tombait, trois ou quatre jours de suite, trempant les vêtements, couvrant l'équipement de moisissure et de rouille. La chaleur de l'été coréen et les inévitables mouches, puces et poux venaient accroître l'exaspération des soldats américains". 

dimanche 16 octobre 2016

Les premières semaines de la guerre de Corée : les enseignements tactiques d'un conflit conventionnel. (1/3)


Cette semaine, nous revenons sur la guerre de Corée, ce conflit qui, pourtant limité à la péninsule coréenne, a bien failli entraîner une confrontation mondiale. Ces combats conventionnels des premiers mois de conflit furent un condensé d'art opératif et d'emploi tactico-opérationnel de toutes les fonctions interarmes et interarmées. Très riche en enseignement comme nous l'avions déjà vu dans un précédent article http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2013/04/coree-en-guerre-enseignements-tactico.html, je vous propose cette fois de revenir sur cette guerre au travers d'un autre prisme, celui du journaliste Robert Leckie qui y consacra un ouvrage en 1962. La particularité de cet auteur que certains d'entre vous connaissent peut-être c'est qu'il a servi dans le corps des Marines pendant les opérations menées dans le Pacifique entre 1941 et 1945. Il est d'ailleurs un des héros de la série télévisée "Band of brothers Pacific produite par Steven Spielberg et Tom Hanks. Ainsi, son regard de vétéran nous apporte une autre vision de ces batailles conventionnelles qui rappellent que la guerre se gagne d'abord au sol, au niveau des petites unités, même quand l'un des belligérants croit disposer d'une certaine supériorité technique ou tactique.

vendredi 30 septembre 2016

Exposition à venir : guerres secrètes au Musée de l'Armée.



A partir du 12 octobre et jusqu'au 29 janvier 2017, le Musée de l'Armée propose une exposition consacrée aux guerres secrètes, à ces formes d'opérations souterraines ou clandestines qui complètent souvent l'action des forces conventionnelles. Ci-dessous le résumé proposé sur le site officiel : 

http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/guerres-secretes.html

L'exposition aborde pour la première fois le sujet des guerres secrètes à travers leurs enjeux, leurs mécanismes, leurs moyens ainsi que les hommes et les femmes qui en sont les acteurs. Confrontant la réalité et la fiction, elle vous invite à découvrir les grandes heures de l’espionnage et du contre-espionnage, les actions clandestines et subversives, les opérations d’intoxication et de propagande, en temps de guerre comme en temps de paix. 
Si l’objectif n’est pas de lever le voile sur les grandes affaires d’espionnage, le parcours proposé offre des clefs de lecture pour mieux démêler le vrai du faux en s’appuyant sur des archives audiovisuelles et des extraits de films de fiction. Opposant l’ombre et la lumière, le visible et l’invisible, la transparence et l’opacité, elle permet d’appréhender la réalité complexe du renseignement et de l’action clandestine.

La période couverte s’ouvre avec le Second Empire, au cours duquel se mettent en place les premières institutions destinées au renseignement ; elle se termine à la chute de l’Union soviétique en 1991. La Seconde Guerre mondiale tout comme la guerre froide tiennent une place essentielle dans l’exposition. Si la France en constitue le fil directeur, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les États-Unis et l’Union soviétique sont également représentés.


Bonne visite à ceux qui pourront en profiter...

samedi 24 septembre 2016

L'artillerie des avant-postes : perspectives historiques - 2ème partie.


Nous l'avons vu, en Algérie, l'artillerie des avant-postes, participe à l'action interarmes en apportant ses moyens d'acquisition mais aussi ses effets psychologiques ou "cinétiques". Au delà de ce simple exemple, dans l'histoire militaire, la puissance de feux  au plus près des unités de mêlée, sur des positions avancées, a toujours été mise en oeuvre avec efficacité. Cet emploi, tactiquement pertinent, faisait l'unanimité et entrait en cohérence avec les principes militaires majeurs de Foch (et de ses élèves) que sont la liberté d'action, la concentration des efforts, l'économie des moyens et la sûreté. Aucun chef militaire ne pouvait envisager un déploiement sans appui de bouches à feu.

vendredi 26 août 2016

La seconde bataille de Paris de la 2ème DB : 26-28 août 1944.


Si on connaît bien le déroulement de la Libération de Paris en elle-même, dont on vient de commémorer le 72ème anniversaire, on oublie souvent que les éléments de la 2ème DB ont poursuivi le combat au nord de la capitale et ce, du 26 au 28 août 1944, face à de puissantes contre-attaques allemandes dont certaines unités, initialement prévues pour participer à la reprise de la ville, sont installées sur une ligne défensive face aux troupes alliées.
Voici donc un rappel de cette « seconde bataille » de Paris où la célèbre division du général Leclerc subira des pertes sévères pour protéger les Parisiens tout juste libérés.

vendredi 19 août 2016

Histoire de la première armée française, hommage au maréchal De Lattre de Tassigny (3/3)


Nous poursuivons et terminons sur l’épopée de la 1ère armée française du général De lattre de 1944 à 1945.
En effet, avec l’automne, c’est « l’amalgame » qui doit se construire, processus jugé par le général « fort complexe et délicat ». En effet, il considère que « A aucun prix, nous ne devons décevoir ces hommes et laisser s’éteindre cette flamme admirable qui s’est allumée. Par conséquent, tout de suite  ces garçons des FFI peuvent former des unités supplétives venant au combat avec notre armée régulière. J’insiste sur ce fait que ce ne peut être une intégration dans l’avenir, mais une synthèse où ils garderont leur particularisme et leur autonomie ». 

mercredi 10 août 2016

Histoire de la première armée française, hommage au maréchal De Lattre de Tassigny. (2/3)


Nous poursuivons notre évocation historique de l'épopée de la 1ère armée française à partir de l'été 1944 sous les ordres du général De Lattre de Tassigny.
Le 15 août 1944, la flotte alliée de près de 2 000 bâtiments appuie (16 000 obus tirés) ou débarque les troupes, véhicules et munitions franco-américains après avoir leurré les Allemands et ce,  en simulant un assaut amphibie sur Gênes. 
Dans la nuit, les unités commandos françaises comme celles du commandant Rigaud au Rayol ou du capitaine Ducournau au cap Nègre, s'emparent des plages ou des batteries. En parallèle, deux opérations de diversion (nom de code Ferdinand) sont menées à Cannes et à La Ciotat. 

vendredi 29 juillet 2016

Histoire de la première armée française, hommage au maréchal De Lattre de Tassigny. (1/3)


Après une pause estivale, votre blog reprend son activité et vous propose un article sur l'épopée, souvent méconnue (et bien peu évoquée), de la Première Armée française conduite par le maréchal De Lattre de Tassigny en 1944 et 1945. En effet, à quelques jours du 72ème anniversaire du débarquement de Provence, je souhaitais revenir sur l'action des unités françaises (et américaines) engagées sur ce second front, troupes qui ont libéré une grande partie de la France, des côtes varoises jusqu'à l'Alsace en passant par le Roussillon, la Bourgogne, les Alpes et le Jura et ce, avant d'entrer en Allemagne.
Dans son ouvrage de 1949 "Histoire de la première armée française, Rhin et Danube", le maréchal De Lattre met d'ailleurs bien en exergue ce nécessaire témoignage, à la fois pour faire connaître (et développer ce que nous appelons maintenant la résilience) et pour rendre hommage au sacrifice, comme au courage, de ces soldats de la France Libre : "Si la France en avait été mieux informée, sans doute aurait-elle aujourd'hui un sens plus vif de sa victoire et une plus grande confiance que celle-ci lui a ouvert. Elle aurait aussi, je le crois, un plus juste respect pour son Armée et plus de foi en sa jeunesse qui prouvèrent l'une et l'autre de façon magnifique la permanence de nos vertus nationales (...) Aussi est-ce à mes soldats que j'ai tenu à dédier ce récit, avec l'ardent désir qu'ils y trouvent une preuve de l'affection de leur ancien chef, le témoignage de son admiration pour leur vaillance et une image point trop imparfaite de leurs exploits."

jeudi 7 juillet 2016

Forces terrestres britanniques en Irak : le rapport Chilcot.


Sir Chilcot, parlementaire de sa gracieuse majesté, a enfin rendu hier son rapport d'enquête sur l'intervention britannique en Irak en 2003, aux côtés des Etats-Unis. Très critique sur les choix stratégiques des dirigeants nationaux du moment, ce rapport très long, disponible sur le site http://www.iraqinquiry.org.uk/, met, en avant, au milieu des nombreuses auditions et autres dossiers déclassifiés, de riches enseignements tactico-opérationnels. Aussi, notre propos ne sera pas de rentrer dans les diverses polémiques ou de commenter les décisions politiques et internationales prises par les responsables de Grande Bretagne, en charge des affaires de leur pays à l'époque, mais uniquement de mettre en relief le retour d'expérience militaire concernant les opérations conduites au sol.

vendredi 1 juillet 2016

Il y a 100 ans commençait la bataille de la Somme.


En cet anniversaire du début de la bataille de la Somme, combat le plus meurtrier de l'histoire britannique, je vous propose la réédition d'un article que j'avais publié il y a 2 ans. De nombreuses commémorations ont lieu à compter d'aujourd'hui pour rendre hommage à nos frères d'armes d'outre manche sans oublier les dizaines de milliers de Français tombés sur ce champs de bataille.
Rien ne prédisposait la Somme, plus particulièrement une zone s'tendant de Bapaume à Chaulnes en passant par Albert, Bray sur Somme, Péronne et Rosière en Santerre, à devenir une bataille symbolique de la première guerre mondiale. Et pourtant, si en 1914, ce secteur ne devait être dans les plans de chaque belligérants qu'un simple axe de passage, il fera l'objet en 1916, puis en 1918 (offensives Ludendorff), de combats terriblement meurtriers mais aussi d'une réelle coopération opérative entre Britanniques et Français qui se battaient jusque là côte à côte sans réelle coordination.
Elle est également le symbole de la dimension mondiale de ce conflit puisque des soldats français, allemands, britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais, sud-africains, indiens ou africains s'y battront sans compter les travailleurs chinois, indochinois ou malgaches.

dimanche 26 juin 2016

Exposition "Levés avant le jour", les Brigades internationales entre Espagne et France.


A partir du 28 juin 2016, le Musée du Maréchal Leclerc et de la Libération de Paris propose une exposition consacrée aux Brigades internationales. Elle reprend le titre du célèbre documentaire de M. Dunoyer, produit en 1948, en hommage à ces combattants (http://parcours.cinearchives.org/Les-films-731-153-0-0.html). Ce reportage en noir et blanc, réalisé selon un point de vue communiste (avec parfois un manque d'objectivité historique flagrant) et en pleine guerre Froide, retrace l'histoire des Brigades Internationales et de la guerre d'Espagne, présentée comme prélude à la seconde guerre mondiale. Le conflit apparaît, non pas comme une guerre civile qui opposerait franquistes et républicains, mais comme un conflit mondial dirigé par les puissances fascistes italienne et allemande.

dimanche 19 juin 2016

L'artillerie des stratagèmes, le livre du colonel Fort.


Les éditions Economica viennent de publier l'ouvrage du colonel Fort, artilleur et chef de la direction des études et de la prospective de l'Ecole d'artillerie. Son "'artillerie des stratagèmes" est un livre passionnant et très bien documenté, riche en références historiques comme en exemples contemporains, mais aussi écrit avec un style fluide qui facilite la compréhension des arguments techniques. On regrettera juste l'absence d'annexes permettant, avec quelques cartes et extraits, d'illustrer certains témoignages évoqués dans le propos. L'auteur démontre, s'il en était besoin, le rôle majeur que peut jouer l'artillerie dans les manœuvres de déception. En effet, "l'association entre l'artillerie et la déception peut apparaître paradoxale. Pourtant, avec l'avènement des trajectoires indirectes il y a un siècle, l'emploi de l'artillerie à des fins de déception s'est vu ouvrir de multiples perspectives (...) Or, se priver de la puissance de feux c'est se priver d'un avantage majeur. L'artillerie est l'arme de la surprise et l'emploi de la déception artillerie dans le récent conflit afghan a montré sa pertinence."

samedi 11 juin 2016

Le maréchal de Turenne, ce grand capitaine vu par le général Weygand.


En 1929, le général Weygand contribue à une série d'ouvrages consacrés aux "Grands cœurs" (éditions Flammarion) de l'histoire de France et ce, en rédigeant un livre sur le maréchal de Turenne. Pour l'auteur, il s'agit d'un chef militaire remarquable qui fait référence pour les officiers du moment, en particulier Foch par qui, si on en croit la dédicace, le général Weygand a appréhendé l'influence majeure de ce contemporain de Louis XIII et de Louis XIV.
Dans cet ouvrage, on peut d'emblée noter que le jeune héritier de la maison de Bouillon va rentrer au service du royaume de France dès son plus jeune âge et gravir les échelons au rythme de ses campagnes, d'abord à la tête d'une compagnie, puis d'un régiment avant de se voir confier une armée. Il deviendra un grand tacticien et participera aux grandes évolutions dans la conduite de la guerre au cours de cette période charnière de l'histoire militaire.

samedi 4 juin 2016

Faire la guerre autrement demain : illusion ou prospective ?

Dans les armées occidentales comme chez certains spécialistes de la polémologie, des réflexions sont aujourd'hui menées pour répondre aux évolutions de la tactique dans la décennie à venir. En effet, la robotisation, l'infovalorisation, la notion de "soldat augmenté", les nouveaux équipements, les évolutions capacitaires sur terre, dans les airs et sur mer paraissent ouvrir de nouvelles perspectives pour faire la guerre autrement et vaincre les adversaires potentiels de demain. Pourtant, ces progrès techniques peuvent-ils vraiment se substituer à la tactique et surtout aux principes de la guerre, à leurs corollaires et à leurs procédés. Sont-ils des  multiplicateurs opérationnels, sorte de boîte à outils, ou se suffisent-ils à eux-mêmes ? Enfin, pourront-ils être efficaces face aux nouvelles formes d'ennemi ?
Une rapide étude semble démontrer qu'il ne faut pas compter sur la supériorité technologique pour remporter la victoire mais qu'il est impératif de confronter les modes d'action envisagés avec les fondements de l'art de la guerre.

samedi 28 mai 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : mars à mai 1916. (2/2)

 
Le lieutenant-colonel Rousset poursuit sa description des combats sur tous les fronts au cours du printemps 1916. La bataille de Verdun continue avec quelques pans de terrain repris aux Allemands par une attaque brusquée française au sud de Douaumont le 15 avril mais sans effet majeur sur l'évolution des opérations. Dans le Caucase, les Russes bousculent une fois de plus  les Turcs sur la rive gauche du Kara-Déré alors que les Italiens, près du lac de Garde  (pentes du Monte Sperone), avancent lentement. Dans le même temps, les Autrichiens contre-attaquent sans succès avec 14 bataillons dans la vallée de la Brenta.

samedi 21 mai 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : mars à mai 1916. (1/2)

 
Nous revenons sur le témoignage du lieutenant-colonel Rousset qui commente, au jour le jour, le premier conflit mondial avec ces mois de mars à mai 1916 où la bataille de Verdun, notamment, fait rage depuis plusieurs jours. Ainsi, les 1er et 2 mars, sur les côtes de Meuse, une accalmie semble avoir lieu, les Allemands relevant leurs unités épuisées ou décimées. D'ailleurs, un prisonnier allemand témoigne : " le 21 février, alors que ma compagnie n'avait pas encore été engagée, elle comptait 200 fusils. Vingt-quatre heures plus tard, elle était réduite à un officier et 70 hommes. C'est miracle que mes camarades et moi-même ayons échappé au massacre. Le feu de l'artillerie et la précision du tir de l'infanterie française ont causé de semblables ravages dans presque toutes les autres compagnies".
Le président de la République se rend à Revigny pour rendre hommage aux hommes (adjudant Grameling et ses canonniers) qui ont abattu, avec leur autocanon, le zeppelin ennemi L-Z 77. Dans le Caucase, les Russes poursuivent leur progression dans des conditions difficiles (neige et froid), prennent la ville de Bitlis au sud du lac de Van (affluent du Tigre) et s'ouvrent alors la route de Bagdad.