Les besoins tactiques imposent des évolutions techniques pour le roi qui dispose désormais du canon classique français ou système Vallière. Un moyen de visée sommaire est fixé sur le canon et des cales de bois permettent d'adapter l'inclinaison du tube. La cadence de tir demeure lente avec 1 coup toutes les dix minutes. Avec les guerres de Louis XIV, Jean de Vallières doit donc réformer l'artillerie et rédige l'ordonnance royale du 7 octobre 1732 qui impose des modèles de canons simples et uniformes pour toute l'artillerie. Les munitions sont également standardisées et, une fois de plus les calibres avec les 33, 24, 16, 12, 8 et 4 livres. La mobilité est encore fragile mais cela n'empêche pas les pièces d'appuyer la cavalerie à la bataille de Fontenoy en 1745 brisant l'élan de la colonne anglaise ou les assauts hollandais contre les fortins et bastions français.
Bienvenue sur l'écho du champ de bataille
« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…
lundi 19 mai 2014
mardi 13 mai 2014
Histoire de l'artillerie. (1/4)
Nous débutons une série d'articles sur l'histoire de l'artillerie afin de mettre en avant l'évolution de l'appui feu au travers de l'histoire militaire.
Les premières bombardes se composent d'un tube, d'une boîte à poudre et d'un projectile. Elles propulsent des pierres rondes à une centaine de mètres. Malheureusement, la poudre est d'une qualité incertaine et ces pièces sont peu manœuvrables ce qui n'empêche pourtant pas, à Castillon en 1453, aux 300 canons de Jean Bureau (maître de l'artillerie du Roi) d'appuyer l'infanterie de Charles VII qui bouscule les Anglais mettant ainsi un terme à la Guerre de Cent Ans. Dans cette bataille, le commandant des troupes anglo-saxonnes, Talbot, est tué par un boulet.
Lors des guerres d'Italie, pendant la Renaissance, l'artillerie devient davantage une arme de campagne car elle était jusqu'à présent surtout une arme de siège pour briser les murailles des cités encerclées. Un autre problème apparaît car chaque ville minière abrite une fonderie de canons. La production devient anarchique et les maîtres d'artillerie reçoivent la mission d'homogénéiser les calibres. Au terme de cet effort, les armées de l'époque disposent de canons (cal.16,2cm), de grandes couleuvrines (12,4cm), de couleuvrines bâtardes (9,7cm), de couleuvrines moyennes (7cm), de faucons (5,6cm) et de fauconneaux (4,97cm).
A suivre...
jeudi 8 mai 2014
Commémorations du 8 mai.
En ce 8 mai 2014, nous commémorons, en particulier, le 70ème anniversaire du débarquement de Normandie, première étape de la Libération de l'Europe. C'est aussi l'occasion d'évoquer l'épopée du maréchal Leclerc, d'abord à la tête d'une poignée de français ralliés au Tchad puis chef d'une colonne victorieuse en Afrique du Nord et enfin commandant la célèbre deuxième division blindée française qui libèrera Paris puis Strasbourg pour honorer le serment de Koufra.
En ce jour, ayons donc une pensée pour tous ses Français libres et Résistants qui ont, au sacrifice de leur vie, sauver l'honneur de la France et participé, aux côtés des Alliés, sur tous les fronts, à la victoire.
dimanche 4 mai 2014
Un ouvrage en hommage aux Poilus : "Les grands jours" de Pierre Mari.
Alors que se préparent les commémorations du premier conflit mondial, le prix Erwan Bergot 2013 a salué le livre de Pierre Mari : "Les grands jours". Ce spécialiste de la littérature de la Renaissance et auteur de plusieurs essais et romans raconte avec humanité et un sens aigu du détail les combats du bois des Caures en février 1916 au moment où les troupes allemandes déclenchent la terrible bataille de Verdun censée "saigner l'armée française". Évoquant la courageuse défense des chasseurs du lieutenant-colonel Driant malgré la puissance de l'assaut ennemi, Pierre Mari décrit le quotidien du soldat, l'horreur des bombardements mais aussi la fraternité d'armes, la volonté de ne céder qu'en dernier recours. Ce livre met également en exergue quelques enseignements tactiques et ce, au travers de l'impréparation de l'armée française dans ce secteur du front, privé d'artillerie lourde et dont le réseau de tranchées manque des travaux nécessaires à la protection des soldats (abris) ou à la contre-mobilité (réseaux de barbelés). Alors que les déserteurs annoncent la préparation d'une offensive majeure, les réserves sont mal positionnées, les batteries d'artillerie de 75mm pas suffisamment retranchées et le commandement se refuse à anticiper tout cas non conforme. En bref, un livre à dévorer en quelques heures, émouvant et bouleversant par son authenticité et son hommage à nos chers Poilus.
mercredi 30 avril 2014
Développer une vision française de l’art opératif : s’inspirer de l’esprit du maréchal LECLERC.(4/4)
Denier volet de notre étude de la vision française de l'art opératif.
Ils ont donné le meilleur pour faire face et
stabiliser les crises mais, si les méthodes de planification comme la GOP[1]
puis la COPD[2]
demeurent remarquables dans la compréhension du spectre des menaces, le rythme
et l’exhaustivité de ces procédures ne permettent pas toujours d’obtenir un
résultat sur un adversaire qui impose son « tempo »
et s’adapte sans cesse aux coups qu’on lui porte. De la même façon, la pression
des opinions publiques, le poids médiatique ou les perceptions des populations
au contact de la force sont bien souvent plus dévastatrices que les efforts de
communication opérationnelle ou les opérations dites d’influence entreprises
par les soldats des coalitions.
Aussi, alors que la France a démontré, depuis
plusieurs années, sa capacité à agir de manière autonome pour contrer des
foyers de crise émergents, comme au Sahel face aux groupes armés terroristes,
il s’agit donc de fonder, sans renier l’apport de nos alliés et de notre
doctrine, une « vision nationale » de l’art
opératif. Celle-ci pourrait être héritée, en particulier, de l’esprit insufflé
par le maréchal Leclerc alors que l’armée française cherchait à se rebâtir
après la défaite de 1940.
3-
Vers un art opératif français irrigué par l’esprit « Leclerc ».
Il est nécessaire, dans un premier
temps, de définir l’esprit « Leclerc ».
Cultivé en particulier par les anciens de la 2ème DB et par tous
ceux qui ont servi sous les ordres du maréchal, c’est une certaine idée du
métier de soldat et de la manière de s’approprier la mission. Surprise,
initiative, vitesse, audace, prise de risque et foi dans le succès sont les
principaux ingrédients de cette posture intellectuelle et de cette manière de
commander.
vendredi 25 avril 2014
Développer une vision française de l’art opératif : s’inspirer de l’esprit du maréchal LECLERC.(3/4)
L’ancrage des militaires sur les territoires
d’outre-mer et leur connaissance issue de la période coloniale les ont
néanmoins à trouver des solutions pour contrôler le milieu ou mailler le
terrain, adaptant les modes d’action aux rebelles (postes, bases avancées,
hélicoptères, commandos de chasse) mais aussi en gagnant une partie des civils
à leur cause ou en redécouvrant la guerre psychologique, les actions
civilo-militaires (sections d’administration spéciales, …). Les résultats
tactico-opératifs sont au rendez-vous, notamment si l’on considère l’efficacité
du point de fixation que représente le camp de Na San en 1952 en Indochine qui
va briser l’élan du Vietminh pendant plusieurs mois. C’est également le cas au
regard du plan Challe en 1959 sur les « Katibas » du FLN[1]
et de l’imperméabilité de la ligne Morice qui interdit à l’adversaire de
rejoindre la zone des opérations mais également de soutenir logistiquement ses
forces à partir de sanctuaires tunisiens.
samedi 19 avril 2014
Développer une vision française de l’art opératif : s’inspirer de l’esprit du maréchal LECLERC.(2/4)
Nous poursuivons notre article sur l'art opératif et sa vision française sous le prisme de l'histoire militaire.
Napoléon, à la tête de sa « Grande Armée » symbolise parfaitement cette évolution, lui
qui, lecteur assidu de De Guibert, au-delà des simples divisions, va bâtir
jusqu’à 7 corps d’armée, dotés chacun d’une quarantaine de canons, d’unités
divisionnaires d’infanterie, de brigades de cavalerie et d’une intendance
adaptée à leurs besoins. Fort de cet outil manœuvrier, il a compris la
nécessité de prendre de vitesse ses adversaires avant l’engagement, de les
placer dans l’incertitude de ses propres intentions par des marches et
contremarches sur des centaines de kilomètres. S’il a gagné ses campagnes avec
les « pieds de ses soldats »
c’est parce qu’il a intuitivement compris les fondamentaux de l’art opératif.
En effet, il cherche à protéger ses « lignes
d’opération », ses routes d’approvisionnement tout en préservant une
réserve opérationnelle capable d’exploiter la faille adverse ou de renverser,
au bon moment, le rapport de forces. Il applique, comme une ébauche de « maskirovka [1]»,
en avant de sa progression ou sur ses flancs, un rideau de cavalerie légère
chargé de recueillir du renseignement mais surtout d’aveugler les
reconnaissances ennemies. Convaincu que l’attaque frontale ne peut être envisagée
qu’en dernier recours, ses modes d’action recherchent souvent l’enveloppement
puis la recherche d’un point de rupture (assez proche du « Schwer Punkt[2] »
allemand). Malheureusement, privé de son chef et de sa coordination, les corps
d’armée, livrés à eux-mêmes, peinent souvent, comme en Espagne ou lors de la
campagne de France de 1814, à mettre en place des opérations adaptées à la
situation ou complémentaires les unes des autres.
dimanche 13 avril 2014
Développer une vision française de l’art opératif : s’inspirer de l’esprit du maréchal LECLERC.(1/4)
L’armée française s’est longtemps contentée de
l’idée de « grande tactique »
pour penser l’art de la guerre, oubliant, de fait, l’échelon opératif. Néanmoins,
cet héritage semble aujourd’hui ne plus influencer sa manière de concevoir et
même de conduire les opérations sur les théâtres d’engagement contemporains ou
à l’occasion de crises qui secouent, par exemple, le continent africain. Ces
derniers sont en effet parfaitement dimensionnés pour s’adapter aux exigences
de l’opératique, cet échelon intermédiaire entre la tactique et la stratégie et
ce, de par l’étendue des territoires concernés (le Mali représente près de 3
fois la France), du fait des contraintes des milieux traversés (déserts,
massifs montagneux, brousse, marécages fluviaux), de la diversité des
populations et des environnements humains rencontrés (des mégalopoles surpeuplées
et miséreuses aux camps de nomades en
passant par les villages isolées) mais aussi par la multiplicité des
adversaires potentiels (armées conventionnelles, groupes armés terroristes,
bandes criminelles, milices d’auto-défense, foules violentes, mercenaires,
forces paramilitaires,…) auxquels les militaires sont confrontés.
La France s’est effectivement dotée de PC opératifs
au travers de ses EMF[1]
nationaux ou des CRR[2]
multinationaux et, depuis les déploiements en Ex-Yougoslavie, au Kosovo et en
Afghanistan, elle s’est bâtie une doctrine opérative largement influencée par
la pensée anglo-saxonne et otanienne. Mais cette méthode de raisonnement
est-elle adaptée à la culture militaire de notre pays (que d’aucuns appellent l’« exception française ») ainsi qu’au
format des forces que nous engageons actuellement mais également aux situations
conflictuelles qui émergent sur l’arc de crise défini dans le Livre
Blanc ?
Pour répondre à cette question, une fois de plus,
l’histoire militaire apporte ses enseignements même s’il ne s’agit pas de copier
ce qui s’est fait à d’autres époques mais de retrouver l’intention, la posture
intellectuelle et morale qui ont permis d’amener le succès à nos anciens. Dans
ce cadre, l’action du maréchal Leclerc, en Afrique tout d’abord, avec les
prémices des forces françaises libres, pendant les combats de la 2ème
DB sur le sol national puis au cours de la reconquête de l’Indochine en 1945
par le CEFEO[3], demeure
la clé de ce qui pourrait devenir l’esprit de l’art opératif français.
De ce fait, si l’histoire militaire française n’est
guère enrichie par la culture opératique, nous verrons que la France s’est
rapidement adaptée aux procédures d’outre-Atlantique mais doit maintenant
renouer avec l’héritage de l’esprit « Leclerc »
pour élaborer une vision pragmatique et innovante de l’action opérative.
lundi 7 avril 2014
Enseignements tactiques : les combats du Tchad en 1910.
Le
04 janvier 1910, le capitaine français Fiegenschuh, qui s’était illustré contre
les tribus ouadaï par son audace 3 ans plus tôt dans la conquête d’Abéché
(Tchad), tombe dans une embuscade à Ouadi Kadja. Sa troupe est anéantie car
elle est tombée dans le piège tendu par le sultan Tadjadine (combattants
massalites) qui avait invité l’officier à une entrevue pour négocier un traité
de paix, invitation qui n’était autre qu’une ruse de guerre.
Le
colonel Moll, commandant la garnison d’Abéché, apprenant la nouvelle à
Brazzaville où il se trouve en mission, rejoint ses forces au Tchad en novembre
(10 mois après la mort de ses subordonnés) et décide de marcher à l’ennemi.
Mais
il sous-estime son adversaire et conduit sa colonne sans prendre le soin d’établir
une flanc- garde ou de projeter vers l’avant des patrouilles de reconnaissance.
mercredi 2 avril 2014
Exposition "Mousquetaires" aux Invalides.
Les mousquetaires bénéficient d'une aura particulière du fait de leur tenue (casaque et plumet célèbre) et des images véhiculées par la littérature et même le cinéma. Le musée de l'armée aux Invalides leur consacre donc à compter du 2 avril une exposition. Constitués en 1622 par Louis XIII qui leur confie un mousquet (nouvelle évolution après l'arquebuse), ils deviendront une élite au service du Roi au sein de compagnies ne dépassant pas 120 hommes, garde prétorienne qui accompagne le souverain sur le champ de bataille. Au-delà de leur rôle militaire et de leur réputation singulière, ils sont caractéristiques d'une évolution dans l'art de la guerre au travers des armes à feu et de la cavalerie légère que cet évènement culturel devrait mettre en exergue.
Une exposition à ne pas manquer pour ceux qui pourront la découvrir dans la capitale.
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