Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

mercredi 13 février 2013

Chronique instantanée.

Avant de poursuivre notre série d'articles traitant de la contre-insurrection et de la "Petite guerre", quelques lignes pour vous faire part de l'actualité de votre blog, comme d'ailleurs d'une nouveauté littéraire propre à enrichir votre pensée stratégique et historique.
Tout d'abord "L'écho du champ de bataille" a l'honneur d'avoir été invité à rejoindre "l'Alliance géostratégique" et les nombreux blogs qui la composent et ce, tant dans les domaines du renseignement, de la géopolitique, de l'histoire militaire ou des sujets en lien avec les questions de défense. Je vais donc maintenant contribuer avec mes articles à la réflexion initiée par les membres de l'Alliance tout en apportant un nouveau point de vue. Je partagerai avec vous et avec eux nombre d'idées et de thèmes d'étude voire d'analyses dans les domaines tactiques, opératifs ou stratgiques. Merci de votre fidélité et merci à l'Alliance pour sa confiance.
Autre évènement, la sortie dans les librairies du livre de Yann COUDERC "Sun Tzu en France" aux éditions Nuvis. Ce jeune auteur, militaire de l'armée de terre, breveté de l'Ecole de guerre, dont j'avais déjà publié quelques posts sur votre blog, nous livre cette semaine une étude de l'art de la guerre dans sa perspective historique et son influence dans la pensée stratégique. Loin d'un travail de sinologue sur une nouvelle traduction des idéogrammes ou de l'oeuvre chinoise bien connue, l'auteur a mené un remarquable travail de recherche depuis la première version du Père Amiot en 1772 jusqu'aux versions et adaptations les plus contemporaines des principes de la guerre et ce, dans les domaines économiques, politiques ou sociologiques. Au travers de nombreux supports et illustrations, il démontre que les différentes traductions transforment parfois les préceptes et leur sens profond, les rendant, tour à tour, simplistes, confus ou tout simplement, d'un pragmatisme étonnant.
Il éclaire également le lecteur sur la connaissance ou la mise en application de l'ouvrage du général chinois par les grands chefs militaires de l'histoire, de Napoléon au général De Gaulle en passant par Mao mais aussi par certaines guérillas comme les FARC de Colombie. En bref, un livre à ne pas manquer pour revenir aux fondamentaux de Sun Tzu. Bonne lecture...

lundi 11 février 2013

Petites guerres et contre-insurrection : perspectives historiques (3).

Voici donc la troisième partie de notre étude sur les formes d'insurrection et les tactiques utilisées par les combattants irréguliers comme par les armées qui, tout au long de l'histoire militaire, ont cherché à lutter contre ce type de conflictualité.
Hassan Ibn Saba, appelé également le « vieux de la montagne », crée, entre la fin du XIème et le début du XIIème siècle, la secte des Hashshashin dans sa forteresse d’Alamut en Perse et ce, pour lutter contre l’empire Seldjoukide.
Ses assassins ismaéliens comme ses guerriers fanatisés sèment la terreur dans le territoire impérial turc faisant de Ibn Saba un acteur majeur de la région. Malgré les expéditions militaires lancées contre lui, il résiste et oblige les monarques régionaux à négocier avec lui. Les assauts lancés par des armées conventionnelles sont toutes des échecs du fait de l'aura du chef insurgé, de son recrutement (au sein des populations chiites mises au banc de la société turque sunnite), de son influence politique (il a des contacts avec le roi de France), comme des forteresses (zones refuge) qu’il contrôle ou de sa logistique auto-suffisante.

mardi 5 février 2013

Petites guerres et contre-insurrection : perspectives historiques (2).


Nous continuons notre voyage dans l'histoire militaire sur les traces de la "petite guerre" et de la contre-insurrection.

2- Penseurs et praticiens de la petite guerre ou de la contre-insurrection.

La période antique

Dès l’Antiquité grecque, malgré le fait que, moralement, seul le combat conventionnel est approuvé ou honorable, des villes comme Sparte ou Thèbes (IVème et Vème siècle avant JC) doivent mener des guerres irrégulières faites d’actions de guérilla, de harcèlement, d’embuscades ou de raids « éclair » et ce, à partir de la mer, ou des zones montagneuses, pour fragiliser les lignes de communication ou le commerce de leurs adversaires. L'usage de ces stratagèmes est toléré dans la mseure où il finit toujours par une bataille rangée et où il respecte certaines règles (les Cités ne sont pas détruites, les sites religieux préservés). Certains peuples, réduits à l’esclavage comme les Hilotes, se rebellent contre leurs maîtres par des soulèvements massifs qui sont souvent réprimés dans le sang dès que les phalanges régulières sont engagées, en ville comme en rase campagne, pour briser la révolte.

jeudi 31 janvier 2013

Petites guerres et contre-insurrection : perspectives historiques (1).


Alors que les adversaires potentiels des théâtres d’opérations contemporains semblent se limiter, pour le moment, à des combattants asymétriques (comme le veut l’expression consacrée), il m’est apparu intéressant de revenir sur ce que l’on a longtemps appelé les « Petites guerres ».
Ces dernières seront d’ailleurs également définies, au cours des âges, comme des actions de pacification, du maintien de l’ordre, de la contre-guérilla, de la contre rébellion et finalement, de la contre-insurrection. Néanmoins, ce riche vocabulaire, ramené à une longue perspective historique et militaire, recèle, certes des évolutions doctrinales, mais surtout une grande continuité dans les modes d’action et les procédés de lutte face à un adversaire dit irrégulier.
Le combat de l’insurgé revêt souvent de nombreuses formes qu’il s’agira de développer et d’illustrer car il représente l’arme du faible face au fort voire le défi des armées conventionnelles dominantes du moment. Ainsi, il apparaît régulièrement dans les annales militaires, d’Aristote à l’Afghanistan en passant par les Jacqueries du Moyen Age, les Camisards ou encore les combats de la Grande Armée en Espagne comme les révolutions coloniales ou communistes du XXème siècle.
Ces conflits seront tantôt à l’avantage des forces modernes, tantôt à celui du « guérilléro » et ce, en fonction des zones géographiques, des armes utilisées, des contextes politico-militaires et des tactiques mises en œuvre.
Nous essaierons donc, dans les articles à venir, de déterminer les caractéristiques de ces conflits avant d’étudier les différentes écoles et courants de pensée de cette forme de guerre puis de conclure sur les principes et fondements de la contre-insurrection portés par l’histoire.

dimanche 27 janvier 2013

Mise à jour de vos rubriques...

 
 
Comme chaque semaine, je vous propose quelques pistes de réflexion ou de lecture au travers des rubriques de votre blog. Aujourd'hui, c'est la Grande Armée qui fait l'actualité avec une exposition qui lui est consacrée : "Des Aigles et des Hommes, sur les traces de la Grande Armée", au Château de Vincennes, au Pavillon du Roi, jusqu'au 24 février 2013. Il s'agit d'une manifestation qui s'inscrit dans le cycle des commémorations du bicentenaire de la campagne de Russie et  a été organisé par le service historique de la Défense dont vous trouverez un lien dans la rubrique "Mémoire et évènements".
Pour compléter cette visite, je vous invite à la lecture d'un ouvrage de Jean-Claude Damamme (rubrique "A lire"), intitulé "Les soldats de la Grande Armée". Il traite du quotidien de ces soldats qui ont parcouru l'Europe entière sur divers champs de bataille, parfois dans le dénuement le plus total mais toujours fier de servir l'Empereur et une certaine idée de la France. Ce livre, remarquablement bien structuré, permet d'aborder chaque chapitre comme une fiche spécifique sur des thèmes allant des aides de camp aux intendants en passant par les artilleurs et les médecins militaires de l'époque.
Bonne visite et agréable lecture...

mardi 22 janvier 2013

Enseignements tactiques du "Renard du désert" (actualisé).

Une fois n'est pas coutume, en miroir à l'actualité militaire africaine, je vous propose de redécouvrir sans commentaire, quelques enseignements de celui qui fut surnommé, le "Renard du désert", le maréchal Rommel. Ses carnets, réédités en 2010, donnent un aperçu de sa réflexion tactique dans ce milieu si particulier qui vit l'engagement de l'Afrika Korps de 1941 à 1943. Ses écrits, empreints d'une riche expérience et d'un pragmatisme affirmé, permettent d'aborder des principes de la guerre mais aussi des modes d'action adaptées aux zones désertiques. Ces dernières sont d'ailleurs comparées, par l'auteur, à des étendues maritimes dans lesquelles le mouvement demeure la force du vainqueur : « La guerre mobile dans le désert a souvent été comparée, et à juste titre, à la guerre sur mer, où il est tout à fait déconseillé d’attaquer par petits paquets et de garder la moitié de sa flotte au port durant la bataille. »
Bonne lecture...





jeudi 17 janvier 2013

Les enseignements de la guerre russo-japonaise 1904-1905 (2).


La guerre russo-japonaise, comme la guerre des Boers et les conflits balkaniques du début du XXème siècle, apparaît, avec le recul historique, comme un laboratoire de ce que sera le tournant de la première guerre mondiale et ce, tant en termes d'emploi des armes que d'évolution tactique. Pourtant, l'analyse faite à l'époque par les observateurs européens montre que le retour d'expérience peut être bénéfique comme il peut renforcer les préjugés ou l'immobilisme doctrinal.
  



dimanche 13 janvier 2013

Rubriques réactualisées et nouveau sujet : la guerre russo-japonaise de 1904-1905.

 
Comme je vous l'avais annoncé, je vais aborder la guerre russo-japonaise afin d'étudier sa prise en compte dans l'exploitation du retour d'expérience par les armées européennes de l'époque. Ceci permettra de comprendre comment le contexte des opérations peut engendrer de profondes modifications dans la tactique ou, tout simplement, renforcer la cécité doctrinale de certaines institutions militaires.
Mais avant, pour actualiser les rubriques de votre blog, dans "Paroles de chef" je vous propose une citation du major Löffler (officier allemand), auteur d'un ouvrage sur les enseignements du conflit en Mandchourie au début du siècle dernier suscité : "La guerre, d'ailleurs, doit toujours rester la source où il faut puiser les enseignements qui permettent de se rendre compte si les procédés du temps de paix correspondent bien aux exigences de la réalité". De la même façon, dans la rubrique "Mémoire et évènements" une exposition à Commercy dans la Meuse, revient sur la présence militaire dans cette cité de 1766 à nos jours afin d'illustrer les évolutions techniques comme tactiques des différentes unités qui se sont succédées qu'elles soient issues de l'artillerie, de l'infanterie ou de la cavalerie.
 
La guerre russo-japonaise de 1904-1905 : laboratoire de la première guerre mondiale ou conflit régional limité ?

Les guerres, même lointaines, sont souvent l’occasion pour leurs contemporains et au-delà de leurs acteurs, de réfléchir aux évolutions des outils militaires, aux innovations techniques, tactiques ou doctrinales.

lundi 7 janvier 2013

Le principe de liberté d'action (fin)

 
Afin de conclure sur le principe de liberté d'action, j'aborderai donc les deux derniers procédés en lien avec ce paradigme de la guerre. Je n'étudierai les principes de concentration des efforts et d'économie des moyens qu'ultérieurement, préférant, dans les jours et semaines à venir, vous proposer des articles traitant des rébellions et guerres civiles, de la guerre russo-japonaise de 1904-1905 ou de la question du centre de gravité.

jeudi 3 janvier 2013

Le principe de liberté d'action (3).


Revenons au bon usage des réserves dans le cadre de l'entretien de la liberté d'action, principe que nous étudions depuis deux semaines.
Les réserves peuvent être de plusieurs ordres mais il est convenu qu'elles soient principalement le fait d'une ou de plusieurs unités de combat.
Néanmoins, on peut imaginer, au regard des exemples historiques, que ces réserves puissent revêtir d'autres formes : logistique, avec du carburant (cas de l'offensive allemande des Ardennes en 1944 qui manquera d'essence pour vaincre), avec des moyens de transport (porte-chars israéliens au cours de la guerre du Kippour permettant à Tsahal de basculer rapidement ses unités blindées du front égyptien au plateau du Golan), renseignement avec des capteurs supérieurs à ceux de l'adversaire  utilisés au bon moment (à l'exemple de la première bataille de la Marne pendant laquelle les reconnaissances aériennes françaises du général Galliéni détectent le changement de direction de l'armée Von Kluck), mais aussi en appui feux (batterie d'artillerie impériale à Wagram).