Comme je souhaitais l'évoquer, cet article va aborder la problématique de l'aviation française en 1940 et son échec face aux opérations interarmées allemandes. En effet, dans de nombreux témoignages et ouvrages, il est fait état d'une absence remarquée des avions français dans le ciel de la bataille qui se joue de Breda à Sedan et ce, tant dans le domaine du renseignement que de celui de la supériorité aérienne ou du bombardement. Pourtant, les aviateurs revendiqueront plusieurs centaines de victoires (quelles que soient les sources et la polémique qui persiste sur ces chiffres) mais perdront 40% de leurs officiers et 20% des sous-officiers. Nous verrons donc, qu'au-delà du courage et de l'engagement des pilotes, personnels navigants et troupes au sol en 1940, l'armée de l'air française a payé son impréparation technique et doctrinale face à une Luftwaffe mieux organisée et aguerrie.
Bienvenue sur l'écho du champ de bataille
« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…
dimanche 15 septembre 2013
mercredi 11 septembre 2013
Quelques réflexions sur la guerre des Gaules...(2/2)
Nous
achevons notre réflexion sur la guerre des Gaules afin de savoir si César et
ses légions auraient pu être tenus en échec par les combattants et armées
celtes auxquels ils ont été opposés pendant la campagne. Dès lors, après avoir
vu que la pensée sur l’art de la guerre romaine est bien plus aboutie qu’il n’y
paraît (et même si elle n’a pas toujours été formalisée par des traités), nous
allons nous interroger sur les forces et faiblesses des unités de combat de
Rome ainsi que sur leurs modes d’action.
La
tactique romaine et les légions.
L’équipement
des légionnaires est standardisé avec, en particulier, le bouclier ovale et
hémisphérique d’origine samnite, un casque et le couple glaive-javelot (gladius
et pilum) pour l’engagement. Cet ensemble contribue à la maîtrise du combat
individuel et facilite la protection du combattant qui peut frapper, à l’abri
des coups, avec un panel d’armes puissantes.
lundi 2 septembre 2013
Quelques réflexions sur la guerre des Gaules...(1/2)
Au détour de ma visite du musée consacré à Alésia, en Bourgogne (voir votre rubrique "Mémoire et évènements"), site qui est remarquablement bien pensé et conçu, j'ai voulu revenir sur ce conflit entre tribus gauloises et légions romaines. Cette guerre aura été tantôt asymétrique (embuscades, methode de la terre brûlée, prises d'otages,...) tantôt disymétrique voire symétrique (batailles de Gergovie, d'Avaricum, siège d'Uxellodunum...). Dans les lignes qui suivent, je m'attarderai ainsi uniquement sur le général de Rome qu'était César et sur ses légionnaires afin de savoir si ces derniers disposaient vraiment d'une supériorité tactique ou technique sur les armées gauloises et si cette confrontation ne pouvait qu'aboutir à une victoire militaire de Rome.
jeudi 29 août 2013
Chronique du jour : un ouvrage à ne pas manquer...
Exceptionnellement, une petite chronique afin de saluer la sortie, aujourd'hui, du livre "L'offensive du Têt, le tournant de la guerre du Vietnam" de Stéphane Mantoux. Ce dernier est, comme moi, membre de "L'Alliance géostratégique" et anime un blog de belle facture "Historicoblog" sur l'histoire militaire.
Dans son ouvrage, il traite d'un sujet rarement évoqué dans le monde francophone mais qui apporte de remarquables éclairages sur la guerre insurrectionnelle ou asymétrique, ses moyens, ses principes comme ses modes d'action ou les ripostes possibles. En effet, si la puissance militaire américaine, en 1968, croyait encore pouvoir vaincre le Vietcong, elle ignore que le général Giap, ministre de la Défense du Nord-Vietnam, planifie une opération qui va bouleverser l'échiquier vietnamien. L'offensive du Têt surprend Saigon et Washington par sa brutalité, son envergure et sa surprise. Même si les Américains et les Sud-vietnamiens remportent des batailles tactiques symboliques jusqu'en mai 1968, comme à Huê ou à Khe Sahn, cette attaque préfigure le lent effondrement moral, politique et militaire du Sud-Vietnam dans une agonie qui durera jusqu'en 1975.
En bref, un livre à ne pas manquer, réalisé sur la base de documents anglo-saxons très riches et synthétisé de main de maître par Stéphane Mantoux qui apporte sa réflexion sur cet évènement "pivot" d'un conflit majeur de la fin du XXème siècle.
Bonne lecture...
mardi 27 août 2013
Singapour 1941-1942 : le Sedan britannique.
Le 15 février 1942, le général Percival, qui commande les troupes britanniques en Malaisie, donne sa reddition aux Japonais alors que l'on considérait Singapour comme une forteresse inexpugnable.
De la même facon, si l'armée française de 1940 concentre souvent les critiques quant à son incapacité à arrêter la "guerre éclair" allemande dans les Ardennes, "les soldats de sa Majesté" démontrent, en décembre 1941, qu'ils souffrent des mêmes insuffisances matérielles, psychologiques et tactiques face à une force japonaise manoeuvrière et audacieuse.
Nous verrons donc, au travers de cette évocation historique, que les Britanniques en Malaisie, comme les Français de Sedan, font montre d'une mauvaise analyse du terrain, d'une sous-estimation de leur adversaire, d'un système défensif inefficace, d'un matériel défaillant et finalement d'un commandement dépassé.
mercredi 21 août 2013
Lecture et enseignements : "Tsahal, nouvelle histoire de l'armée israélienne" de Pierre Razoux.
A l'heure où le Proche-Orient connaît de nombreux soubresauts, il m'est apparu intéressant de revenir sur l'ouvrage très complet de Pierre Razoux sur l'armée israélienne qui vient d'être réédité récemment après une première parution en 2006. Cette force militaire, quoique jeune dans sa formation, a connu de nombreuses étapes dignes d'intérêt, de la création aux combats asymétriques en passant par des conflits conventionnels de haute intensité. J'ai également publié cet article sur le blog de "L'Alliance géostratégique" à laquelle j'appartiens depuis plusieurs mois.
Au regard de la richesse de l’ouvrage, j'ai choisi de ne pas évoquer, dans cette fiche de lecture, les aspects géopolitiques israéliens, l’évolution des alliances entre Tel Aviv et la communauté internationale ainsi que les nombreux évènements touchant aux officiers généraux très influents dans la vie politique du pays. L’accent sera également mis sur les forces terrestres et la coopération interarmées, en écartant de l’analyse la marine, l’armée de l’air et les nombreux services de renseignement stratégiques.
dimanche 18 août 2013
Mise à jour du blog et quelques réflexions.
Comme je vous le propose à intervalles réguliers, je mets à jour, en cette période estivale, deux rubriques de votre blog afin de susciter la réflexion mais aussi d'introduire de nouvelles thématiques qui feront l'objet d'articles à venir. Aujourd'hui, dans la rubrique "Mémoire et évènements" vous pourrez suivre un lien vers le musée de Condé-Vraux dans la Marne. Cet ancien aérodrome militaire a été transformé en site historique traitant de l'aviation militaire de la seconde guerre mondiale puisqu'il a servi, successivement, de 1939 à 1945, de base pour les forces aériennes françaises, britanniques (campagne de France) puis allemandes (escadrilles de Stukas et de Me 109 G) et enfin américaines (appui tactique de l'armée de Patton). Cette évocation me permettra de revenir sur les raisons des difficultés rencontrées par l'armée de l'air française en 1940 pour contrer la Luftwaffe et appuyer les troupes au sol, en particulier pendant la percée des blindés allemands à Sedan.
Dans un autre registre, la citation du maréchal Gallieni dans la rubrique "Paroles de chef" suscite des études tactiques avec une perspective historique plus large : "Le système des grands postes, comme le prouve l'expérience, ne permet pas d'obtenir des résultats pratiques du point de vue de la pacification. Il doit donc être modifié pour se prêter aux circonstances du pays et des hommes au milieu desquels nous nous trouvons". Si le commandant en chef du corps expéditionnaire à Madagascar développe sa vision locale du maillage d'un territoire, d'autres conflits vont à l'encontre de cette affirmation. En effet, dans le cadre de la guerre de contre-insurrection, le Maroc, l'Indochine, l'Algérie ou, plus récemment l'Afghanistan mettent en avant des retours d'expérience divergents quant à l'emploi d'autres modes d'action et de la répartition des postes, COP (combat outposts) ou autres FOB (forward operational base).
Voici donc de belles occasions d'initier des articles et des commentaires dans les semaines à venir.
Bonne lecture...
Image : Site officiel de "Cherbourg maquettes".
Image : Site officiel de "Cherbourg maquettes".
lundi 12 août 2013
Armée Rouge : combat en zone urbaine.
Pour ce dernier article de l’été
(nous y reviendrons à la rentrée) consacré à l’armée Rouge, j’évoquerai la
vision tactique du combat en zone urbaine telle qu’elle était perçue par les
militaires soviétiques. Ces derniers considèrent, de manière surprenante, que
la conquête par la force des villes ou des concentrations de peuplement n’est
envisagée qu’en dernière extrémité et ne doit se faire que sur un rythme
soutenu afin de ne pas ralentir la progression.
Nous verrons donc que la
réflexion interarmes est certes déjà aboutie pour l’époque mais que les modes
d’action demeurent, pour ce milieu complexe, simplistes et linéaires, tout en
marquant un héritage fort vis-à-vis de l’expérience issue du dernier conflit
mondial.
Après avoir énoncé les
généralités de la vision soviétique de la guerre « en zone urbanisée » (pour utiliser le terme employé dans les
écrits militaires), nous détaillerons la doctrine générale avant de développer certains
procédés de combat à l’échelon tactique.
mardi 6 août 2013
Armée Rouge : du combat linéaire vers le combat zonal dispersé.
Ce nouvel article d’une série initiée
depuis une dizaine de jours, consacré aux forces soviétiques, à leurs
doctrines, leurs modes d’action tactiques et leur perception du combat, nous
permet de découvrir, qu’en 1991, malgré l’effondrement progressif de l’URSS,
l’armée Rouge continue sa réflexion sur l’art de la guerre.
Face aux enjeux polémologiques
que Moscou perçoit à la fin du XXème
siècle, son état-major considère inévitable la fin du combat linéaire et
l’avènement rapide du « combat zonal
dispersé » défini aujourd’hui par les Occidentaux comme le combat
lacunaire. Ce constat visionnaire issu d’une armée en faillite et ce, à
l’époque de la rédaction des documents doctrinaux dont il est question,
souligne la richesse de la pensée militaire soviétique.
Nous verrons donc qu’au-delà
d’une analyse claire des évolutions tactiques futures, l’armée Rouge
conceptualise un nouvel emploi de ses unités interarmes ainsi que le rôle des
appuis, tout en réfléchissant à une modélisation scientifique et mathématique
des opérations.
samedi 3 août 2013
Tactique soviétique en 1966 : un combat interarmes maîtrisé (2).
Nous poursuivons la réflexion sur la doctrine d'attaque soviétique dans les années 1960 et sa formalisation dans les procédés tactiques.
2- Les différentes formations des unités de mêlée
Pour mener ces actions offensives, l’armée rouge a pris le parti de distinguer 3 formations principales, elles-mêmes découpées en 3 ou 4 dispositifs élémentaires. Ces évolutions simples permettent aux unités de s’entraîner facilement puis de bénéficier d’automatismes rôdés. Ces derniers sont la condition sine qua non pour assurer une manœuvre rapide et continue telle qu’elle est préconisée par la doctrine.
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