Le 20 octobre prochain, plusieurs milliers de figurants vont se retrouver à Leipzig pour reconstituer, devant près de 30 000 spectateurs, ce qu'on a appelé la bataille des Nations, seconde défaite de Napoléon après Essling et tournant des guerres impériales. L'Empereur, affaibli par la retraite de Russie, voit se constituer, face à lui, la 6ème coalition avec ses alliés d'hier comme les Prussiens de Schwarzenberg ou certaines provinces allemandes.
Bienvenue sur l'écho du champ de bataille
« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…
jeudi 17 octobre 2013
jeudi 10 octobre 2013
Surprise et initiative : l’exemple de la campagne d’hiver en Europe 1944-1945.
Surprise
et initiative peuvent affermir la liberté d’action mais peuvent être synonyme d’échec
si les effets ne sont pas soutenus dans la durée. Les Allemands vont d’ailleurs
en faire la cruelle expérience sur le front de l’ouest.
A
la conférence interalliée de Québec en septembre 1944, alors qu’une grande partie
de la France et de la Belgique est libérée, le général Eisenhower signale que
la résistance allemande se fait de plus en plus forte à l’approche de la
frontière. Il propose alors de frapper puissamment les régions vitales de la
Ruhr et de la Sarre avec, comme objectif principal de garder l’initiative en
obligeant les Allemands à y concentrer leurs forces et ainsi à s’exposer. Les
troupes américaines et britanniques sont pourtant, de l’avis des généraux qui
les inspectent, épuisés par la longue marche et les combats conduits depuis le
débarquement. Le général Marshall souhaite d’ailleurs transférer des Etats-Unis
9 divisions fraîches pour relever les vétérans déployés en Europe, se dotant
alors « d’une force et d’une
puissance de choc accrues à nos armées qui allaient avoir à effectuer une
campagne d’hiver des plus difficiles ».
dimanche 6 octobre 2013
Exposition à venir...
Dans quelques jours, le musée de l'armée propose une nouvelle exposition (lien dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog) sur les 100 ans de présence française en Indochine. Cette histoire tourmentée sera marquée par des échanges culturels, économiques et humains importants mais aussi des soubresauts politiques (affaires des piastres) comme par plusieurs conflits, de la conquête à la décolonisation en passant par l'occupation japonaise ou la guerre franco-thaïlandaise. Une belle invitation au voyage donc et de riches références d'histoire militaire...
Nous profitons de cette annonce pour introduire, avec une citation de Rommel une série d'articles à venir : "La dissimulation est d'une extrême importance dans la conduite des opérations. Elle assure en effet les conditions de surprise indispensables aux initiatives que l'on prend et donne la possibilité de mettre à profit le temps qu'il faut à l'ennemi pour réagir. Il est recommandé d'user de ruses, de subterfuges de toutes sortes, ne serait-ce que pour semer l'incertitude dans l'esprit du commandement ennemi, l'amener à se retenir, à hésiter".
Ces posts traiteront des notions tactiques de surprise, d'audace ou de prise de risque si dimensionnantes pour les principes de liberté d'action et de concentration des efforts . Pour cela, nous ferons un panorama de la pensée militaire dans ce domaine que nous illustrerons par certaines batailles significatives. Bonne lecture ...
Ces posts traiteront des notions tactiques de surprise, d'audace ou de prise de risque si dimensionnantes pour les principes de liberté d'action et de concentration des efforts . Pour cela, nous ferons un panorama de la pensée militaire dans ce domaine que nous illustrerons par certaines batailles significatives. Bonne lecture ...
mercredi 2 octobre 2013
Hommage à Tom Clancy : entre art de la guerre et uchronie.
Nous apprenons ce soir le décès de Tom Clancy, le célèbre auteur de romans militaires dont les titres ont presque tous été des "Best sellers" internationaux. Cet hommage, pour celui qui a suspendu l'attention de passionnés d'affaires militaires, de stratégie et de géopolitique depuis la fin des années 1980, devait être évoqué sur votre blog par un de ses lecteurs les plus assidus. En effet, comment ne pas saluer l'imagination de cet écrivain dont la connaissance historique, politique et technique de l'art de la guerre lui a permis d'écrire ce qu'on pourrait qualifier des plus belles uchronies en lien avec les armées. Sa précision, son sens de la mise en scène, le réalisme de ses descriptions de matériels comme de modes d'action terrestres, aériens ou navals sont incontestables et expliquent, en partie, son succès. Certes, certains ont mis en avant sa vision prémonitoire après le 11 septembre, voire l'ont accusé d'avoir susciter certaines formes de terrorisme, mais son œuvre demeure surtout une belle encyclopédie de l'armement illustrée par les aventures de son héros, Jack Ryan, qui débutera sa carrière fictive comme analyste à la CIA pour finir président des Etats-Unis.
Ses histoires verront se succéder le combat sous la mer avec "A la poursuite d'octobre Rouge", la troisième guerre mondiale avec "Tempête Rouge", la lutte contre les narco-trafiquants dans "Danger immédiat", le terrorisme avec "La somme de toutes les peurs" ou l'émergence de la puissance asiatique dans "Sur ordre".
A chaque fois, les unités, les lieux ou les problématiques géopolitiques répondent à l'actualité pour la mettre en perspective et proposer au lecteur des scénarii alternatifs. Merci donc à Tom Clancy d'avoir partagé avec nous ces milliers de pages haletantes...
dimanche 29 septembre 2013
Quand les Chinois et les Américains se battaient côte à côte...(2/2)
Nous poursuivons notre étude des opérations en Birmanie et en Asie du sud-est pendant la seconde guerre mondiale avec, en lumière, un focus sur les relations entre Américains et Chinois ainsi que sur le poids de la logistique dans la victoire militaire des Alliés face au Japon dans cette région.
Pendant
que les forces du général Stilwell avancent sur Myitkynia, les troupes
chinoises, aux ordres du maréchal Wei Li Haung, traversent le fleuve Salouen en
venant de l’est pour chercher à faire jonction avec leurs alliés. Ils y
parviennent à l’été 1944 aux abords de Tengchung. Néanmoins, les Japonais, dès
l’automne 1943, prévoyant une offensive sur la Birmanie, avaient massées des
unités afin de préparer une contre-attaque sur deux axes. Tout d’abord, ils
tentent, sans succès de reprendre l’initiative à l’est pour couper la route « Lédo » puis ils font effort
en direction de l’Inde avec un objectif opératif, celui de frapper les arrières
et la logistique alliés. En effet, il s’agit de s’emparer de la base anglaise
d’Imphale et ainsi d’interrompre le chemin de fer « Bengale-Assam » comme de réduire le pont aérien au-dessus de
l’Himalaya, celui-là même qui apporte l’équipement nécessaire à Tchang Kai
Cheik pour résister en territoire chinois.
mardi 24 septembre 2013
Quand les Chinois et les Américains se battaient côte à côte...(1/2)
En janvier 1943, à Casablanca, les chefs militaires alliés décident de rétablir les liaisons terrestres entre la Chine et l'Inde pour faire obstacle à l'hégémonie nipponne et ce, en dépit de la forte poussée japonaise en Birmanie et des priorités imposées par le théâtre méditerranéen.
En effet, en Asie, seule l'action de la Chine de Chang Kai Chek permet de tenir en respect les forces armées de Tokyo tout comme elle facilite la reconquête des îles du Pacifique par les Etats-Unis.
Les Alliés et les Chinois vont alors associer leurs atouts militaires et techniques pour bousculer leurs adversaires et réaliser une brillante planification logistique comme opérative dans un milieu difficile et face à un ennemi opiniâtre.
jeudi 19 septembre 2013
Mise à jour du blog : évocation et exposition sur la libération de la Corse en 1943.
Le Musée de l'armée à Paris propose une nouvelle exposition sur la libération de la Corse en 1943. Vous retrouvez le lien vers le site dédié à cette manifestation dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog. En effet, ce fait d'armes de l'armée française et de la Résistance demeure méconnu alors qu'il représente le premier territoire français libéré par les FFL et ce, conjointement avec la population locale sans aide majeure des troupes anglo-américaines.
L'opération "Vésuve" est commandée par le général Martin qui dispose du 1er bataillon parachutiste de choc, du 1er régiment de tirailleurs marocains, du 2ème groupe de tabors marocains ainsi que de deux escadrons du 4ème régiment de spahis marocains. Des navires assurent également l'appui feu naval et le transport à l'instar des croiseurs "Fantasque" ou "Jeanne d'Arc". Ces combattants sont renforcés par les unités italiennes qui occupaient l'île mais qui ont rejoint les Alliés après l'effondrement du régime de Mussolini (près de 80 000 hommes). Face à eux, deux divisions allemandes, incomplètes certes (entre 10 et 30 000 soldats) mais encore disciplinées et manœuvrières.
A partir du 8 septembre, les résistants français de Corse s'emparent d'Ajaccio, accueillent les premières unités FFL qui débarquent et harcèlent les troupes allemandes. Celles-ci sont d'ailleurs rejointes par les éléments stationnés en de Sardaigne. Après avoir tenté de reprendre pieds au sud, les forces de Berlin se replient le long de la côte orientale, imposant aux forces franco-italiennes de mener un large débordement pour prendre l'adversaire de vitesse. Après d'âpres combats sur les cols mais aussi l'action déterminante des maquis, les Allemands évacuent l'île. La Corse est alors reconquise le 5 octobre 1943, devenant le premier département de France métropolitaine libéré.
dimanche 15 septembre 2013
Pourquoi les aviateurs français n'ont-ils pas su s'imposer en mai 1940 ?
Comme je souhaitais l'évoquer, cet article va aborder la problématique de l'aviation française en 1940 et son échec face aux opérations interarmées allemandes. En effet, dans de nombreux témoignages et ouvrages, il est fait état d'une absence remarquée des avions français dans le ciel de la bataille qui se joue de Breda à Sedan et ce, tant dans le domaine du renseignement que de celui de la supériorité aérienne ou du bombardement. Pourtant, les aviateurs revendiqueront plusieurs centaines de victoires (quelles que soient les sources et la polémique qui persiste sur ces chiffres) mais perdront 40% de leurs officiers et 20% des sous-officiers. Nous verrons donc, qu'au-delà du courage et de l'engagement des pilotes, personnels navigants et troupes au sol en 1940, l'armée de l'air française a payé son impréparation technique et doctrinale face à une Luftwaffe mieux organisée et aguerrie.
mercredi 11 septembre 2013
Quelques réflexions sur la guerre des Gaules...(2/2)
Nous
achevons notre réflexion sur la guerre des Gaules afin de savoir si César et
ses légions auraient pu être tenus en échec par les combattants et armées
celtes auxquels ils ont été opposés pendant la campagne. Dès lors, après avoir
vu que la pensée sur l’art de la guerre romaine est bien plus aboutie qu’il n’y
paraît (et même si elle n’a pas toujours été formalisée par des traités), nous
allons nous interroger sur les forces et faiblesses des unités de combat de
Rome ainsi que sur leurs modes d’action.
La
tactique romaine et les légions.
L’équipement
des légionnaires est standardisé avec, en particulier, le bouclier ovale et
hémisphérique d’origine samnite, un casque et le couple glaive-javelot (gladius
et pilum) pour l’engagement. Cet ensemble contribue à la maîtrise du combat
individuel et facilite la protection du combattant qui peut frapper, à l’abri
des coups, avec un panel d’armes puissantes.
lundi 2 septembre 2013
Quelques réflexions sur la guerre des Gaules...(1/2)
Au détour de ma visite du musée consacré à Alésia, en Bourgogne (voir votre rubrique "Mémoire et évènements"), site qui est remarquablement bien pensé et conçu, j'ai voulu revenir sur ce conflit entre tribus gauloises et légions romaines. Cette guerre aura été tantôt asymétrique (embuscades, methode de la terre brûlée, prises d'otages,...) tantôt disymétrique voire symétrique (batailles de Gergovie, d'Avaricum, siège d'Uxellodunum...). Dans les lignes qui suivent, je m'attarderai ainsi uniquement sur le général de Rome qu'était César et sur ses légionnaires afin de savoir si ces derniers disposaient vraiment d'une supériorité tactique ou technique sur les armées gauloises et si cette confrontation ne pouvait qu'aboutir à une victoire militaire de Rome.
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