Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

jeudi 25 juin 2015

Idéé de visite pour cet été : le musée militaire du Périgord.

 
Comme nous le faisons régulièrement, nous vous proposons une exposition ou un site à découvrir ou à redécouvrir. Cette semaine, il s'agit du musée militaire du Périgord à Périgueux. C'est Napoléon Magne, un ancien officier, qui a contribué à le créer il y a plus de 100 ans. Sur le site internet la richesse des collections est mise en avant pour retracer l'histoire militaire au travers des armes, des tenues, des reconstitutions et le récit de batailles et diverses campagnes :" Sa création a été voulue, dès 1909, par les membres de la Fédération des Vétérans de la Dordogne, qui après avoir fondé une association à cet usage (JO du 15/01/1911) ont  pu ouvrir l’établissement dès la fin de l’année 1911. Le terme "Vétéran" désignait alors les anciens soldats des guerres de l’Empire, d’Algérie, de Crimée, d’Italie, du Mexique, de 1870-71 et des conquêtes coloniales : Tonkin, Afrique, Madagascar, ... Il a été supplanté après 1918 par le terme « Ancien Combattant »
Les fondateurs avaient assisté à la création du Musée de l’Armée aux Invalides et suivi  son développement. Leur  réflexion  sur les excès de la centralisation qui faisaient, déjà, tout converger vers la capitale, avait suscité chez eux le désir de créer à Périgueux, un endroit où seraient recueillis et exposés  les souvenirs militaires intéressants, ayant appartenus aux unités, villes, châteaux ou personnages ayant des attaches avec le Périgord.
L’idée a été fort appréciée par de nombreuses familles, heureuses de voir conserver dans la région la mémoire de leurs ancêtres et appréciant l’hommage public qui leur serait rendu. Des milliers d’objets de toute nature, armes, uniformes, décorations, documents, ont été ainsi confiés au musée depuis 1911.
Les conflits qui ont suivi, 1914/1918, 1939/1945, Indochine, Algérie ont apporté leur lot de souvenirs, parfois remis par l’Etat comme les canons et mitrailleuses, prises de guerre sur l‘ennemi d’alors, mais aussi et toujours par les combattants eux-mêmes ou leur famille.
Et le flot ne tarit pas puisque ces dernières années, des souvenirs d’ex Yougoslavie ou de la guerre Du Golfe ont été inscrits à l’inventaire du musée."
Bonne visite donc pour ceux qui croiseront la route de riche musée.

mercredi 17 juin 2015

Waterloo 1815 / 2015 : bicentenaire et enseignements tactiques.


Cette fin de semaine va être marquée par la commémoration du bicentenaire de la bataille de Waterloo (18 juin 1815) en Belgique, combat qui a vu la défaite de Napoléon face à une armée de Coalisés. Cette confrontation appartient, comme Austerlitz, Wagram ou la campagne de Russie à la légende napoléonienne qu'elle a participé à construire. En effet, il nous d'abord faut rappeler cette citation de Chateaubriand qui montre combien ce chef politique et militaire a joué un rôle majeure dans l'histoire de notre pays, au-delà des polémiques qui émergent ça et là : " Vivant il avait manqué le monde, mort il le conquiert".
De nombreux médias vont ainsi revenir sur le déroulement de la bataille mettant à profit les nombreux ouvrages, reconstitutions ou muséographies dédiés à cet évènement. Mon propos ne sera donc pas de relater une fois de plus le déroulement exacte de Waterloo mais d'essayer de mettre en exergue des enseignements tactiques tant du côté français que de celui des adversaires de l'armée impériale.
 

jeudi 11 juin 2015

Vietnam : la bataille d'Hamburger Hill - mai 1969

 
Aujourd'hui, votre blog vous propose de nous intéresser à une bataille dans un environnement contre-insurrectionnel. "Hamburger Hill" au Vietnam en 1969 permet de montrer la difficulté pour une armée conventionnelle de s'engager face à un adversaire asymétrique en associant objectifs tactiques et stratégiques dans un contexte médiatique contraint. Un retour d'expérience intéressant donc à analyser.
 
Contexte général :
Les Etats-Unis sont engagés sur le terrain depuis 1965 face au Vietcong et à l'armée nord-vietnamienne.
Début 1968 a eu lieu l’offensive du Têt, victoire militaire américaine, mais qui a accru le ressentiment de la population à propos de l’engagement des Etats-Unis au Viêtnam, de son efficcacité et de ses objetcifs. Les reportages des médias renforcent le doute au sein de la population américaine sur l’issue de cette guerre et le sens qui lui est donnée.
1969 : C'est l'année de la vietnamisation, avant le départ des troupes US, c'est à dire le renforcement et la consolidation de l'armée sud-vietnamienne sensée prendre les opérations à son compte. Il s'agit d'une étape de la guerre de contre-insurrection  correspondant à la re-construction des outils étatiques d'un pays en phase dite de stabilisation.. Les forces américaines sont néanmoins à leur maximum avec près de 543 000 soldats déployés.
Cette affrontement tactique va néanmoins démontrer l'inadéquation des objectifs aux différents niveaux et les faiblesses du déploiement américain face aux insurgés vietnamiens.
 

samedi 6 juin 2015

6 juin 1944 - la petite histoire derrière la grande.

En ce jour de commémoration du débarquement en Normandie qui préfigurera la bataille de France et la Libération, il s'agit bien sûr de rendre hommage à ces soldats, marins et aviateurs alliés qui se sont battus lors de cette confrontation cruciale face aux troupes de l'Axe. Mais cette formidable opération "Overlord" n'aurait pas pu être pleine et entière sans l'apport de la France Libre (FFL et FFI) qui s'est engagée pleinement dans ces combats. Ces soldats de l'ombre, irréguliers ou conventionnels ont ainsi contribué à l'application des principes mis en œuvre pour mener au succès : surprise, liberté d'action, déception et économie des moyens.

lundi 1 juin 2015

L'artillerie dans les guerres de contre-insurrection : le livre...


Cet ouvrage vient de paraître aux éditions Economica et a été rédigé par des officiers de l'école d'artillerie de Draguignan sous la direction du général Benoît ROYAL commandant cet organisme de formation de l'armée de Terre.
Je suis ravi de saluer cette publication à deux titres, d'abord comme artilleur mais aussi parce que je suis cité dans le livre avec, en particulier, la référence à votre blog "L'écho du champ de bataille".
Le manuscrit apporte un nouvel angle de réflexion sur les conflits contemporains dits asymétriques en mettant en avant l'artillerie et ses effets pour participer à la lutte contre les combattants irréguliers. Enrichi de nombreux témoignages, le propos met en perspective les principes de la guerre contre-insurrectionnelle avec des exemples extraits des engagements français au Liban, dans les Balkans mais également en Afghanistan ou en Afrique. Les appuis feux coordonnés par les artilleurs comme les diverses opportunités offertes par les canons, mortiers, roquettes, radars ou drones de l'artillerie offrent ainsi un large spectre de solutions à l'interarmes pour neutraliser, renseigner, dissuader, appuyer, influencer, ratisser tout en participant aux actions de déception et à ce que l'on nomme les stratagèmes dans l'art de la guerre. Cette arme a su évoluer avec le contexte opérationnel, les innovations technologiques pour demeurer un atout incontournable pour le chef.
D'ailleurs, certaines thématiques évoquées et largement démontrées dans ce livre avaient également fait l'objet de divers articles sur votre blog :
 
 
-l'artillerie et son rôle dans la dissuasion conventionnelle. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/lartillerie-un-outil-cle-dans-le-cadre.html
 
 
-l'artillerie et ses moyens dans la déconfliction des effets sur le champ de bataille. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/le-systeme-martha-la-solution.html

-l'artillerie dans une nouvelle perspective d'emploi par les forces conventionnelles de stratégème et de manoeuvres de déception.
http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/11/pour-revenir-sur-la-citation-de-cette.html

 
Un livre donc à lire pour découvrir, ou redécouvrir cette fonction opérationnelle et ses potentialités dans les engagements d'aujourd'hui et de demain.
Bonne lecture...






mercredi 27 mai 2015

De la victoire..., perspectives historiques et réflexions contemporaines. (2/2)

 
Nous poursuivons notre réflexion initiée sur la victoire.
 
Les fondements de la victoire
La victoire, nous l’avons vu au travers de l’histoire, repose sur des fondements et des invariables quelle que soit l’époque ou l’influence culturelle. Elle joue un rôle dans la vie de la Cité au sens large, dans l’institution militaire mais aussi dans la perception de l’ennemi ou de la conflictualité.
En effet, être victorieux, c’est :
- Protéger
Une population, des ressources ou des frontières et au-delà, c’est préserver la souveraineté d’un Etat, son indépendance, ses idées, ses valeurs ou un patrimoine, physique ou immatériel.

vendredi 22 mai 2015

De la victoire…, perspectives historiques et réflexions contemporaines. (1/2)


 
Aujourd’hui, que l’on parle de conflits, de guerres, d’opérations ou encore d’interventions militaires, nombre d’observateurs sont souvent prompts à parler d’enlisement, d’échec, de violence contenue, d’instabilité chronique et d’efforts inutiles. Le terme de victoire semble avoir disparu du vocabulaire, cette notion ne correspondant plus aux engagements contemporains  rythmés par des missions dites de stabilisation, d’interposition comme de gestion de crise.
Pourtant, la recherche de la victoire, ce nouvel équilibre politique et militaire, a toujours accompagné la conflictualité tout au long de l’histoire et permet de donner un sens à l’action, notamment à celle des forces armées (mais pas seulement) déployées face à un adversaire ou, plus globalement, à une menace. Il apparaît donc intéressant de s’interroger sur les raisons de ce désintérêt pour la victoire ou pour sa remise en question permanente tout en mettant en perspective cette évolution par l’examen de ce mot au travers des exemples du passé.
Nous montrerons que si les manifestations de la victoire ont évolué avec la guerre et l’accélération du temps, les fondements de ce vocable sont restés les mêmes et doivent être exploitées, dans tous les domaines, pour vaincre et légitimer le combat et ce, du niveau stratégique au niveau tactique.

jeudi 14 mai 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : avril -mai 1915.


 
Suivons une fois de plus le récit quotidien du lieutenant-colonel ROUSSET, ce contemporain du premier conflit mondial, spectateur averti (ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre) des combats que se livrent les Nations en guerre en ce début de XXème siècle.
A compter du 17 avril, dans les Carpathes ce sont quatre millions d'hommes qui sont aux prises sur un front de 300 km, les Allemands tentant de soutenir un allié autrichien en grande difficulté. Les combats s'annoncent rudes dans un terrain transformé par le printemps en un mas de boue où il est très difficile de circuler (et de ravitailler les unités). Les Russes, sur le plan stratégique, peuvent néanmoins compter exceptionnellement sur le port d'Argangelsk libéré très tôt des glaces  cette année, les ports de la Baltique et de la Mer Noire n'ayant plus de débouché. Le 18 avril, le célèbre pilote Roland Garros est fait prisonnier après avoir dû poser son appareil derrière les lignes allemandes suite à une panne moteur. En Belgique, les forces allemandes reprennent l'offensive et utilisent une fois de plus, dans la région de Ypres, des gaz de combat. Ces derniers créent encore le désordre chez les Français (ce qui montre une incapacité à prendre en compte cette menace et à trouver des parades efficaces) qui abandonnent leurs positions. Notre témoin décrit ensuite longuement la lutte dans les "sapes de la Fontenelle" décrivant cette guerre souterraine où les travaux des sapeurs tentent de faire obstacle à l'ennemi et où l'horreur des explosions créent la terreur chez les combattants.

vendredi 8 mai 2015

8 mai 2015 : hommage aux combats français de la seconde guerre mondiale, Monte Cassino 1944.



En ce jour de commémorations des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale, votre blog revient sur les combats d'Italie où les soldats français deforces françaises libres se sont illustrées par une vision tactique originale et une opiniâtreté au combat. En ce jour de mémoire, rendons hommage à ceux qui ont défendu la liberté, sur terre, sur mer et dans les airs.
 
Contexte général :
 
04 janvier 1944 – 22 mai 1944
 
Les Alliés cherchent à rompre la ligne Gustav qui barrait la péninsule italienne et ainsi à s’ouvrir la route de Rome. La hauteur sur laquelle est érigé le monastère (435 mètres) est la clef du massif du Monte Cassino comme une position naturelle très forte. Pendant trois mois, le général  allemand von Senger und Etterlin avait renforcé ses défenses, et le solide 14ème Panzerkorps, ainsi que des bataillons d’élite de parachutistes et d’infanterie, en font un point d'appui fortifié. 
Les opérations préliminaires contre la ligne Gustav commencent au début de janvier 1944, par une succession de raids de 3000 bombardiers alliés contre les voies de communication allemandes. Le 15 janvier, le 2e corps américain du général Keyes, appuyé par le corps expéditionnaire français, s’empare du Mont Trocchio, un bon poste d’observation face à la ligne défensive ennemie.

lundi 4 mai 2015

Bicentenaire de la Légion d'Honneur à Chalon sur Saône.


Il y a 200 ans, le 22 mai 1815, la ville de Chalon sur Saône en Bourgogne recevait, par décret impérial, la Légion d'Honneur, la plus haute distinction française. Napoléon voulait récompenser ainsi la défense héroïque de la ville près d'un an plus tôt, en février 1814, face aux forces coalisées (Autrichiens, Prussiens, Russes) qui attaquaient la France. En effet, face à la menace, les habitants de la cité mais aussi quelques 500 hommes (gardes nationaux, recrues, vétérans et volontaires) sous les ordres du général LE GRAND, baron de Mercey, reprirent un temps la ville de Macon puis défendirent Chalon et Tournus des assauts autrichiens. Leur résistance héroïque et le courage de leur chef comme de ses hommes furent des exemples de patriotisme, d'engagement et d'honneur. Chalon fut une des trois premières villes françaises à recevoir la Légion d'Honneur (seulement 64 municipalités actuellement) et a décidé de commémorer cet évènement.