Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

mardi 21 juillet 2015

Exposition aux Invalides : dans l'honneur et par la victoire.


Du 27 juillet au 04 octobre 2015, le musée de l'Armée propose une nouvelle exposition consacrée à l'ordre de la Libération (en image la croix de la Libération), cette prestigieuse décoration qui n'aura été décernée qu'à 1 038 personnes, 5 villes et 18 unités combattantes. Elle a récompensé ceux qui ont œuvré pour la France Libre et contribué à libérer le territoire national par leur engagement, leurs actions ou leurs faits d'armes. L'unique grand maître de cet ordre combattant aura été le général De Gaulle lui-même qui a créé cette décoration le 16 novembre 1940 à Brazzaville au Congo afin de distinguer la poignée de Français qui avaient décidé de poursuivre la lutte.
Les unités concernées sont issues des trois armées avec, en particulier des régiments provenant de la 2ème DB (501ème RCC, RMT) qui s'est illustrée de l'Afrique à Strasbourg ou de la 1ère BFL (13ème DBLE) héroïne de Bir Hakeim. Le sous-marin Rubis comme le régiment de chasse Normandie-Niemen l'ont également reçue. A noter que Winston Churchill se l'est vue décerner par le général De Gaulle lui-même, illustrant par là la complicité et les liens particuliers qui ont unis, malgré les tempêtes, les humeurs et la guerre, ces deux hommes charismatiques.
Quant aux villes concernées, elles représentent des libérations ou combats symboliques comme ceux de Paris ou du maquis du Vercors.
Une exposition qui revient donc sur les qualités de résilience et de résistance des Français libres et de nos forces armées face à la défaite de 1940 comme nous le décrivons dans certaines articles de votre blog, à lire ou relire ci-dessous. Bonne visite à ceux qui pourront en profiter.
 

mercredi 15 juillet 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : juin-juillet 1915.


 
Nous renouons avec notre témoin privilégié du premier conflit mondial, le lieutenant-colonel ROUSSET, ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre avant 1914.
Début juin, les forces italiennes paraissent progresser avec rapidité dans le Trentin alors que les Russes font effort pour reprendre l'initiative. L'auteur condamne, à juste titre, l'ordre du consul allemand à Caïffa en Syrie qui a fait profaner les tombes des soldats de Bonaparte. Il diabolise ainsi, une fois de plus, un ennemi déjà accusé d'utiliser les gaz asphyxiants en dépit de toutes les lois de la guerre ou qui bombarde la cathédrale de Reims (la propagande s'intensifie encore un peu plus). La traduction d’un carnet d’un officier allemand mort semble montrer un effondrement moral des soldats adverses d’un bataillon, déduction généralisée à toute l’armée allemande sans précaution aucune par notre observateur averti, les troupes françaises étant persuadé d’avoir une supériorité notable en la matière avec l’héritage d’Ardant du Picq. L'effet dévastateur de la doctrine de l'offensive à outrance du début du conflit se poursuit.

mercredi 8 juillet 2015

L’impasse de la doctrine du général Douhet et ses effets sur l’arme aérienne.


 
C’est en relisant une vieille édition de 1935 du livre du colonel P.Vauthier préfacée par le maréchal Pétain sur la doctrine de guerre du général Douhet que j’ai pu constater combien cette vision de la guerre avait ces limites. En effet, il est curieux de constater que cet art de la guerre douhetien, malgré ses imperfections flagrantes, a influencé la guerre aérienne, d’abord pendant le second conflit mondial avec les abus du Bomber command allié (destruction des villes d’Hambourg et de Dresde) mais également dans les conflits qui ont suivi. Comment donc ne pas évoquer, dans ce cadre, les campagnes aériennes massives qui ont été lancées sur le Nord-Vietnam dans les années 1960-1970 (opération Rolling Thunder), la première guerre du Golfe en 1991, les bombardements pour le Kosovo en 1999, en Libye en 2011 ou les frappes du moment contre le groupe Daech. Ces opérations à dominante aérienne ont toute pour point commun d’avoir eu des résultats mitigés mais d’être les héritières de la pensée du général italien Douhet. Nous allons donc essayer de comprendre pourquoi les principes de ce théoriciens des années 1920-1930 ont eu et continuent d’avoir un tel impact sur la polémologie occidentale et nous analyserons ces concepts pour tenter de définir les faiblesses intrinsèques à ce corpus doctrinal.
 

dimanche 5 juillet 2015

Exposition "coups de pinceaux" au musée de l'artillerie.

 

A l'occasion de la fête de Wagram à l'école d'artillerie de Draguignan, commémoration annuelle qui salue cette victoire de Napoléon sur les Autrichiens en 1809 grâce notamment à la "grande batterie" de 112 canons concentrés par l'Empereur, le musée de l'artillerie a inauguré, le 2 juillet 2015, l'exposition "Coups de pinceaux, des peintres montrent la guerre".
Comme l'explique le conservateur dans le journal de l'exposition, les œuvres permettent d'insister sur le lien entre l'artiste et la guerre avec la volonté de "créer sans trahir" en gérant le rapport entre la réalité et l'esthétisme et ce, tout en témoignant du pire sans tomber dans la laideur. Les nombreuses peintures ou sculptures présentées montrent l'évolution de cet art en lien avec l'histoire militaire, depuis les scènes antiques glorifiant les héros jusqu'aux opérations contemporaines en passant par les monarques mis en scène pour des raisons politiques ou les illustrations des combats des deux conflits mondiaux.

jeudi 25 juin 2015

Idéé de visite pour cet été : le musée militaire du Périgord.

 
Comme nous le faisons régulièrement, nous vous proposons une exposition ou un site à découvrir ou à redécouvrir. Cette semaine, il s'agit du musée militaire du Périgord à Périgueux. C'est Napoléon Magne, un ancien officier, qui a contribué à le créer il y a plus de 100 ans. Sur le site internet la richesse des collections est mise en avant pour retracer l'histoire militaire au travers des armes, des tenues, des reconstitutions et le récit de batailles et diverses campagnes :" Sa création a été voulue, dès 1909, par les membres de la Fédération des Vétérans de la Dordogne, qui après avoir fondé une association à cet usage (JO du 15/01/1911) ont  pu ouvrir l’établissement dès la fin de l’année 1911. Le terme "Vétéran" désignait alors les anciens soldats des guerres de l’Empire, d’Algérie, de Crimée, d’Italie, du Mexique, de 1870-71 et des conquêtes coloniales : Tonkin, Afrique, Madagascar, ... Il a été supplanté après 1918 par le terme « Ancien Combattant »
Les fondateurs avaient assisté à la création du Musée de l’Armée aux Invalides et suivi  son développement. Leur  réflexion  sur les excès de la centralisation qui faisaient, déjà, tout converger vers la capitale, avait suscité chez eux le désir de créer à Périgueux, un endroit où seraient recueillis et exposés  les souvenirs militaires intéressants, ayant appartenus aux unités, villes, châteaux ou personnages ayant des attaches avec le Périgord.
L’idée a été fort appréciée par de nombreuses familles, heureuses de voir conserver dans la région la mémoire de leurs ancêtres et appréciant l’hommage public qui leur serait rendu. Des milliers d’objets de toute nature, armes, uniformes, décorations, documents, ont été ainsi confiés au musée depuis 1911.
Les conflits qui ont suivi, 1914/1918, 1939/1945, Indochine, Algérie ont apporté leur lot de souvenirs, parfois remis par l’Etat comme les canons et mitrailleuses, prises de guerre sur l‘ennemi d’alors, mais aussi et toujours par les combattants eux-mêmes ou leur famille.
Et le flot ne tarit pas puisque ces dernières années, des souvenirs d’ex Yougoslavie ou de la guerre Du Golfe ont été inscrits à l’inventaire du musée."
Bonne visite donc pour ceux qui croiseront la route de riche musée.

mercredi 17 juin 2015

Waterloo 1815 / 2015 : bicentenaire et enseignements tactiques.


Cette fin de semaine va être marquée par la commémoration du bicentenaire de la bataille de Waterloo (18 juin 1815) en Belgique, combat qui a vu la défaite de Napoléon face à une armée de Coalisés. Cette confrontation appartient, comme Austerlitz, Wagram ou la campagne de Russie à la légende napoléonienne qu'elle a participé à construire. En effet, il nous d'abord faut rappeler cette citation de Chateaubriand qui montre combien ce chef politique et militaire a joué un rôle majeure dans l'histoire de notre pays, au-delà des polémiques qui émergent ça et là : " Vivant il avait manqué le monde, mort il le conquiert".
De nombreux médias vont ainsi revenir sur le déroulement de la bataille mettant à profit les nombreux ouvrages, reconstitutions ou muséographies dédiés à cet évènement. Mon propos ne sera donc pas de relater une fois de plus le déroulement exacte de Waterloo mais d'essayer de mettre en exergue des enseignements tactiques tant du côté français que de celui des adversaires de l'armée impériale.
 

jeudi 11 juin 2015

Vietnam : la bataille d'Hamburger Hill - mai 1969

 
Aujourd'hui, votre blog vous propose de nous intéresser à une bataille dans un environnement contre-insurrectionnel. "Hamburger Hill" au Vietnam en 1969 permet de montrer la difficulté pour une armée conventionnelle de s'engager face à un adversaire asymétrique en associant objectifs tactiques et stratégiques dans un contexte médiatique contraint. Un retour d'expérience intéressant donc à analyser.
 
Contexte général :
Les Etats-Unis sont engagés sur le terrain depuis 1965 face au Vietcong et à l'armée nord-vietnamienne.
Début 1968 a eu lieu l’offensive du Têt, victoire militaire américaine, mais qui a accru le ressentiment de la population à propos de l’engagement des Etats-Unis au Viêtnam, de son efficcacité et de ses objetcifs. Les reportages des médias renforcent le doute au sein de la population américaine sur l’issue de cette guerre et le sens qui lui est donnée.
1969 : C'est l'année de la vietnamisation, avant le départ des troupes US, c'est à dire le renforcement et la consolidation de l'armée sud-vietnamienne sensée prendre les opérations à son compte. Il s'agit d'une étape de la guerre de contre-insurrection  correspondant à la re-construction des outils étatiques d'un pays en phase dite de stabilisation.. Les forces américaines sont néanmoins à leur maximum avec près de 543 000 soldats déployés.
Cette affrontement tactique va néanmoins démontrer l'inadéquation des objectifs aux différents niveaux et les faiblesses du déploiement américain face aux insurgés vietnamiens.
 

samedi 6 juin 2015

6 juin 1944 - la petite histoire derrière la grande.

En ce jour de commémoration du débarquement en Normandie qui préfigurera la bataille de France et la Libération, il s'agit bien sûr de rendre hommage à ces soldats, marins et aviateurs alliés qui se sont battus lors de cette confrontation cruciale face aux troupes de l'Axe. Mais cette formidable opération "Overlord" n'aurait pas pu être pleine et entière sans l'apport de la France Libre (FFL et FFI) qui s'est engagée pleinement dans ces combats. Ces soldats de l'ombre, irréguliers ou conventionnels ont ainsi contribué à l'application des principes mis en œuvre pour mener au succès : surprise, liberté d'action, déception et économie des moyens.

lundi 1 juin 2015

L'artillerie dans les guerres de contre-insurrection : le livre...


Cet ouvrage vient de paraître aux éditions Economica et a été rédigé par des officiers de l'école d'artillerie de Draguignan sous la direction du général Benoît ROYAL commandant cet organisme de formation de l'armée de Terre.
Je suis ravi de saluer cette publication à deux titres, d'abord comme artilleur mais aussi parce que je suis cité dans le livre avec, en particulier, la référence à votre blog "L'écho du champ de bataille".
Le manuscrit apporte un nouvel angle de réflexion sur les conflits contemporains dits asymétriques en mettant en avant l'artillerie et ses effets pour participer à la lutte contre les combattants irréguliers. Enrichi de nombreux témoignages, le propos met en perspective les principes de la guerre contre-insurrectionnelle avec des exemples extraits des engagements français au Liban, dans les Balkans mais également en Afghanistan ou en Afrique. Les appuis feux coordonnés par les artilleurs comme les diverses opportunités offertes par les canons, mortiers, roquettes, radars ou drones de l'artillerie offrent ainsi un large spectre de solutions à l'interarmes pour neutraliser, renseigner, dissuader, appuyer, influencer, ratisser tout en participant aux actions de déception et à ce que l'on nomme les stratagèmes dans l'art de la guerre. Cette arme a su évoluer avec le contexte opérationnel, les innovations technologiques pour demeurer un atout incontournable pour le chef.
D'ailleurs, certaines thématiques évoquées et largement démontrées dans ce livre avaient également fait l'objet de divers articles sur votre blog :
 
 
-l'artillerie et son rôle dans la dissuasion conventionnelle. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/lartillerie-un-outil-cle-dans-le-cadre.html
 
 
-l'artillerie et ses moyens dans la déconfliction des effets sur le champ de bataille. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/le-systeme-martha-la-solution.html

-l'artillerie dans une nouvelle perspective d'emploi par les forces conventionnelles de stratégème et de manoeuvres de déception.
http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/11/pour-revenir-sur-la-citation-de-cette.html

 
Un livre donc à lire pour découvrir, ou redécouvrir cette fonction opérationnelle et ses potentialités dans les engagements d'aujourd'hui et de demain.
Bonne lecture...






mercredi 27 mai 2015

De la victoire..., perspectives historiques et réflexions contemporaines. (2/2)

 
Nous poursuivons notre réflexion initiée sur la victoire.
 
Les fondements de la victoire
La victoire, nous l’avons vu au travers de l’histoire, repose sur des fondements et des invariables quelle que soit l’époque ou l’influence culturelle. Elle joue un rôle dans la vie de la Cité au sens large, dans l’institution militaire mais aussi dans la perception de l’ennemi ou de la conflictualité.
En effet, être victorieux, c’est :
- Protéger
Une population, des ressources ou des frontières et au-delà, c’est préserver la souveraineté d’un Etat, son indépendance, ses idées, ses valeurs ou un patrimoine, physique ou immatériel.