Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

vendredi 29 avril 2016

Mission militaire française au Hedjaz 1916-1920 : des hommes d’exception.


 
Comme nous l’avons vu précédemment, la mission militaire française au Hedjaz de 1916 à 1920 ne va concerner que des effectifs réduits et ce, au regard des masses déployées en France par exemple. Pourtant, les cadres qui vont être plongés dans cette épopée militaire avec des conditions d’engagement d’une grande difficulté vont être les vrais acteurs du succès des opérations menées face aux Ottomans. Encadrant principalement des unités issues d’Afrique du Nord et composés de soldats algériens, marocains ou tunisiens, ces officiers et sous-officiers sont pour certains musulmans ou, pour d’autres iront jusqu’à se convertir à l’Islam pendant la mission. Certains d’entre eux ont été oubliés malgré leur héroïsme, leur sens de l’adaptation, leur faculté d’intégration auprès des troupes chériféennes et malgré leur grande intelligence tactique. Je vais donc m’attarder sur les personnalités et carrières de certains d’entre eux afin de saluer leur mémoire et saluer leurs qualités comme leurs parcours atypiques.
 

samedi 23 avril 2016

Mission militaire au Hedjaz : présentation au ministre de la défense de l’exposition à Amman en Jordanie.


Le 19 avril 2016, à Amman en Jordanie, j’ai eu la fierté et l’honneur de commenter au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, pendant près d’une heure, l’exposition consacrée à la participation française à la révolte arabe du Hedjaz de 1916 à 1918. A l’occasion de cette inauguration à la « Jordan National Gallery » étaient également présents le prince Fayçal frère du Roi, le chef d’état-major des armées jordaniens, le général El Zaben, ainsi que de nombreuses personnalités jordaniennes et françaises provenant des équipes gouvernementales respectives (culture et défense) ou de la sphère civile comme monsieur Ladreit de la Cherrière ou la journaliste Sonia Mabrouk.
Il s’agissait, devant près d’une cinquantaine de photographies inédites issues de fonds privés français et jordaniens comme de l’ECPAD, de revenir sur le bien mal connu engagement de soldats venus de France pour soutenir et appuyer les forces du chérif Hussein Ibn Ali en lutte contre l’Empire ottoman sur les territoires actuels de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie et de la Syrie.
Revenons donc, comme je l’ai fait, sur la chronologie des évènements avant d'aborder, dans de prochains articles, les personnalités et les enseignements tactiques en lien avec ce théâtre d’opérations.

mercredi 13 avril 2016

Les Français dans le Hedjaz, introduction d'une nouvelle thématique.


Dans les jours à venir, je vous proposerai plusieurs articles en lien avec les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale mais avec un focus bien différent tourné vers l'Orient. En effet, nous quitterons les champs de bataille russes et français mais aussi les Dardanelles pour nous pencher sur l'histoire méconnue des soldats français de la mission militaire au Hedjaz. Celle-ci a été engagée aux côtés de la dynastie hachémite qui a conduit la révolte arabe de 1916 à 1918 contre l'empire Ottoman. Très longtemps oublié ou méconnu, le déploiement de ces 45 officiers et près de 1000 sous-officiers et hommes de troupe a été déterminant dans la victoire obtenue par le Chérif Hussein ( et de ses fils) de Médine à Damas en passant par El Ouedj, Aquaba, Maan ou Deraa.

lundi 4 avril 2016

Exposition aux Invalides : Napoléon à Sainte-Hélène.

 
A partir du 6 avril 2016, vous pourrez découvrir au Musée de l'Armée, une exposition consacrée à l'Empereur et à ses dernières années d'exil. Comme le détaille la présentation ci-dessous, il s'agit, au travers du mobilier ainsi que des écrits et méditations de ce célèbre détenu, de mettre en relief l'homme qu'il fut comme le souverain et le chef de guerre dont chacun connaît l'épopée. Une approche originale donc pour mettre en exergue les vraies victoires de Napoléon, dans le domaine militaire certes mais aussi dans une volonté farouche de faire rayonner la France, sa culture, son économie, ses valeurs tout en bâtissant, avec lucidité et clairvoyance , la légende d'un des plus grands hommes de notre histoire. Aujourd'hui encore, on peut puiser dans ce sentiment de grandeur et ces rêves de gloire les sources de l'esprit de résilience si nécessaires face aux défis contemporains. Une "peinture éphémère" à vivre pleinement aux Invalides :
"18 juin 1815, la bataille de Waterloo sonne le glas de l’Empire. Napoléon, vaincu, prend la route de l’exil. Craignant un éventuel retour de l’homme des Cent Jours, l’Angleterre fait le choix de la dernière demeure de l’Empereur : ce sera Sainte-Hélène, petite île hérissant ses reliefs hostiles au milieu de l’Océan Atlantique. Napoléon y débarque avec ses plus fidèles compagnons et s’installe à Longwood House, logis pour le moins modeste dans lequel il finira ses jours.
Organisée autour de l’opération exceptionnelle de restauration des meubles de Longwood House, l’exposition Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire offre au public français l’occasion unique de venir contempler le mobilier qui entourait l’Empereur au moment de sa mort. Les vestiges impériaux, que Napoléon a réussi à emporter avec lui, entrent en résonnance avec la précarité de sa condition de prisonnier. Que reste-t-il alors de l’Empereur, que reste-t-il de l’homme ? Napoléon se lance dans sa dernière conquête, celle de la postérité et fait de Sainte-Hélène le lieu de l’écriture de la légende, dès avant sa mort, le 5 mai 1821."
Bonne visite à ceux qui auront la chance de voir cette exposition.

mardi 29 mars 2016

L'écho du champ de bataille rejoint la communauté THEATRUM BELLI.

 
Un petit intermède pour vous annoncer que votre blog a rejoint la communauté THEATRUM BELLI dont vous trouverez le lien vers le site internet ci-contre. D'une grande richesse, THEATRUM BELLI (TB) se propose de renforcer le lien citoyen de défense au travers de réflexions et d'articles touchant à l'histoire militaire, à la sécurité,  au renseignement, à l'évolution de l'armement mais aussi au contexte géopolitique du moment. Il recense également de nombreux ouvrages dans une large bibliothèque numérique (dont mon ouvrage) et participe aux nombreuses initiatives mémorielles (Centenaire de la Grande Guerre) si importantes à l'aune de ces dernières années.
Depuis maintenant 10 ans, son fondateur, Stéphane Gaudin accompagne le monde de la défense, en particulier en soutenant les soldats en opérations par de nombreux courriers comme les blessés militaires, à l'image des défis qu'il relève aux côtés du sergent Vincent Dorival. Comme d'autres blogs (Guerres et conflits) et d'autres contributeurs (Olivier Entraygues, les stagiaires de l'Ecole de guerre ou Caroline Galacteros par exemple), "L'écho du champ de bataille" est heureux de faire partie de la communauté TB. Bonne lecture...

lundi 28 mars 2016

Revenir sur la bataille de Verdun : l'ouvrage d'A. Prost et G. Krumeich.

 
 
Cette semaine, pour revenir sur la bataille de Verdun en 1916, je vous propose cet ouvrage de synthèse écrit par deux historiens, l'un français et l'autre allemand. Cette étude apporte une vision politico-militaire globale de cette campagne et ce, même si les dernières pages lassent un peu le lecteur par une réflexion trop marquée sur les conséquences mémorielles de cette confrontation si symbolique, d'abord en France jusqu'à aujourd'hui puis en Allemagne dans les années 1930 afin de soutenir  l'idéologie nazie.
En effet, Verdun "n'est pas une bataille comme les autres, c'est la grande bataille de la Grande Guerre". Ces mois passés sous un  déluge de feu et d'acier deviennent "une métaphore de toute la guerre qui ne peut se terminer qu'après la reprise du terrain perdu en 1914 mais aussi en 1871. Verdun, symbole d'un patriotisme terrien et défensiste, pour lequel gagner est regagner ce que l'on a perdu".

lundi 21 mars 2016

Paratroupes : tactique des troupes aéroportées par le lieutenant-colonel MIKSCHE. (2/2)


Nous poursuivons l'étude des écrits de l'officier tchèque (et français de coeur), le lieutenant-colonel MIKSCHE qui revient, en 1946, sur l'histoire et l'emploi des troupes aéroportées.
A partir du 4ème chapitre, l'auteur recentre son propos sur l'aspect doctrinal et la dimension tactique des "Paratroupes", unités regroupant les parachutistes, les unités commandos ou les forces conventionnelles projetées voire débarquées à terre avec des aéronefs.
S'il n'ignore pas que "les situations militaires s'accompagnent d'une telle variété de conditions qu'il est impossible d'en trouver deux de semblables. De ce fait, les plans d'opérations et les décisions du champ de bataille ne peuvent se calquer sur des schéma." il souhaite néanmoins donner des cadres type d'emploi des troupes aéroportées.

mercredi 16 mars 2016

Paratroupes : tactique des troupes aéroportées par le lieutenant-colonel MIKSCHE. (1/2)

 
En 1946, un officier tchèque, le lieutenant-colonel MIKSCHE, qui a rejoint la France Libre pendant le second conflit mondial, participe au renouveau de la pensée militaire française. S'appuyant sur l'histoire militaire, il rédigera de nombreux ouvrages et articles pour alimenter la réflexion opérationnelle et donner aux jeunes officiers les bases  ou paradigmes propre à la réflexion sur les conflits à venir. C'est dans ce cadre que paraît "Paratroupes", une étude passionnante sur l'histoire, l'organisation et l'emploi tactique des forces aéroportées (au sens large). Au travers de ces écrits, on devine les engagements à venir (Indochine, Suez) mais aussi les déploiements depuis les airs plus contemporains. En revanche, certaines idées méritent d'être aujourd'hui revisitées pour redonner à "l'enveloppement vertical" une nouvelle dynamique.

dimanche 6 mars 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier - février 1916. (2/2)

 
Le lieutenant-colonel Rousset décrit le déroulement du conflit mondial sur la période de janvier-février 1916, moment crucial de la guerre et ce, notamment au regard du nombre de fronts ouverts et des opérations lancées, ou en préparation.
Le 1er février, le camp retranché de Salonique est vu, au même titre que les Dardanelles en 1915, comme l'opportunité de renverser la situation même si, début 1916, cela demeure une illusion stratégique (malgré les efforts du général Sarrail pour créer les conditions de la victoire sur ce théâtre d'opérations). A tel point que notre témoin parle de "l'impuissance ennemie", y compris en Artois et en Picardie, ce qui paraît quelque peu en décalage avec les réalités du terrain.

mercredi 2 mars 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier et février 1916 (1/2).

 
Nous renouons avec le récit du lieutenant-colonel Rousset, contemporain du premier conflit mondial et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Son récit, mis en perspective de notre analyse contemporaine des évènements offre, à la fois un formidable regard averti sur la Grande Guerre, mais aussi de véritables axes de réflexion sur la tactique et les enseignements opérationnels. Il aborde cette fois les importants combats, sur tous les fronts de janvier et février 1916 qui auront des conséquences décisives.
Les 1er et 2 janvier 1916, au Cameroun, les Anglais venus du nord-ouest et les Français arrivant du Tchad et du Congo poussent les Allemands à se replier au-delà de Gaundé. Des pièces à longue portée allemande frappent des villes importantes comme à Nancy avec un objectif stratégique et des effets proches de la guerre psychologique. Sur mer, le bilan 1915 montre que, notamment, les sous-marins de la marine allemande demeurent une menace sérieuse après avoir coulé 231 navires britanniques et 212 autres étrangers.