Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

vendredi 22 mai 2015

De la victoire…, perspectives historiques et réflexions contemporaines. (1/2)


 
Aujourd’hui, que l’on parle de conflits, de guerres, d’opérations ou encore d’interventions militaires, nombre d’observateurs sont souvent prompts à parler d’enlisement, d’échec, de violence contenue, d’instabilité chronique et d’efforts inutiles. Le terme de victoire semble avoir disparu du vocabulaire, cette notion ne correspondant plus aux engagements contemporains  rythmés par des missions dites de stabilisation, d’interposition comme de gestion de crise.
Pourtant, la recherche de la victoire, ce nouvel équilibre politique et militaire, a toujours accompagné la conflictualité tout au long de l’histoire et permet de donner un sens à l’action, notamment à celle des forces armées (mais pas seulement) déployées face à un adversaire ou, plus globalement, à une menace. Il apparaît donc intéressant de s’interroger sur les raisons de ce désintérêt pour la victoire ou pour sa remise en question permanente tout en mettant en perspective cette évolution par l’examen de ce mot au travers des exemples du passé.
Nous montrerons que si les manifestations de la victoire ont évolué avec la guerre et l’accélération du temps, les fondements de ce vocable sont restés les mêmes et doivent être exploitées, dans tous les domaines, pour vaincre et légitimer le combat et ce, du niveau stratégique au niveau tactique.

jeudi 14 mai 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : avril -mai 1915.


 
Suivons une fois de plus le récit quotidien du lieutenant-colonel ROUSSET, ce contemporain du premier conflit mondial, spectateur averti (ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre) des combats que se livrent les Nations en guerre en ce début de XXème siècle.
A compter du 17 avril, dans les Carpathes ce sont quatre millions d'hommes qui sont aux prises sur un front de 300 km, les Allemands tentant de soutenir un allié autrichien en grande difficulté. Les combats s'annoncent rudes dans un terrain transformé par le printemps en un mas de boue où il est très difficile de circuler (et de ravitailler les unités). Les Russes, sur le plan stratégique, peuvent néanmoins compter exceptionnellement sur le port d'Argangelsk libéré très tôt des glaces  cette année, les ports de la Baltique et de la Mer Noire n'ayant plus de débouché. Le 18 avril, le célèbre pilote Roland Garros est fait prisonnier après avoir dû poser son appareil derrière les lignes allemandes suite à une panne moteur. En Belgique, les forces allemandes reprennent l'offensive et utilisent une fois de plus, dans la région de Ypres, des gaz de combat. Ces derniers créent encore le désordre chez les Français (ce qui montre une incapacité à prendre en compte cette menace et à trouver des parades efficaces) qui abandonnent leurs positions. Notre témoin décrit ensuite longuement la lutte dans les "sapes de la Fontenelle" décrivant cette guerre souterraine où les travaux des sapeurs tentent de faire obstacle à l'ennemi et où l'horreur des explosions créent la terreur chez les combattants.

vendredi 8 mai 2015

8 mai 2015 : hommage aux combats français de la seconde guerre mondiale, Monte Cassino 1944.



En ce jour de commémorations des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale, votre blog revient sur les combats d'Italie où les soldats français deforces françaises libres se sont illustrées par une vision tactique originale et une opiniâtreté au combat. En ce jour de mémoire, rendons hommage à ceux qui ont défendu la liberté, sur terre, sur mer et dans les airs.
 
Contexte général :
 
04 janvier 1944 – 22 mai 1944
 
Les Alliés cherchent à rompre la ligne Gustav qui barrait la péninsule italienne et ainsi à s’ouvrir la route de Rome. La hauteur sur laquelle est érigé le monastère (435 mètres) est la clef du massif du Monte Cassino comme une position naturelle très forte. Pendant trois mois, le général  allemand von Senger und Etterlin avait renforcé ses défenses, et le solide 14ème Panzerkorps, ainsi que des bataillons d’élite de parachutistes et d’infanterie, en font un point d'appui fortifié. 
Les opérations préliminaires contre la ligne Gustav commencent au début de janvier 1944, par une succession de raids de 3000 bombardiers alliés contre les voies de communication allemandes. Le 15 janvier, le 2e corps américain du général Keyes, appuyé par le corps expéditionnaire français, s’empare du Mont Trocchio, un bon poste d’observation face à la ligne défensive ennemie.

lundi 4 mai 2015

Bicentenaire de la Légion d'Honneur à Chalon sur Saône.


Il y a 200 ans, le 22 mai 1815, la ville de Chalon sur Saône en Bourgogne recevait, par décret impérial, la Légion d'Honneur, la plus haute distinction française. Napoléon voulait récompenser ainsi la défense héroïque de la ville près d'un an plus tôt, en février 1814, face aux forces coalisées (Autrichiens, Prussiens, Russes) qui attaquaient la France. En effet, face à la menace, les habitants de la cité mais aussi quelques 500 hommes (gardes nationaux, recrues, vétérans et volontaires) sous les ordres du général LE GRAND, baron de Mercey, reprirent un temps la ville de Macon puis défendirent Chalon et Tournus des assauts autrichiens. Leur résistance héroïque et le courage de leur chef comme de ses hommes furent des exemples de patriotisme, d'engagement et d'honneur. Chalon fut une des trois premières villes françaises à recevoir la Légion d'Honneur (seulement 64 municipalités actuellement) et a décidé de commémorer cet évènement.

jeudi 30 avril 2015

Camerone 2015.


En ce 30 avril, nous fêtons Camerone, fête de la Légion étrangère qui commémore les combats que menèrent ces étrangers au service de la France lors de la campagne du Mexique.  Nous avions déjà évoqué cette expédition peu connue pour traiter de la contre-insurrection avec des figures  emblématiques comme le colonel Du Pin http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2013/04/camerone-ou-la-france-en-guerre-au.html.  Ce fait d'armes datant de 1863  représente les valeurs portées par les légionnaires, notamment la fidélité, le culte de la mission et le courage face à l'ennemi. Ces valeurs porteront ces combattants dans toutes les guerres de la France, sur son sol, dans ses colonies ou dans des pays plus ou moins lointains comme la Norvège (combats de Narvik) ou le Zaïre (bataille de Kolwezi). Cette année, Camerone rend également hommage aux hommes de la Légion qui participèrent à la victoire lors de la seconde guerre mondiale comme à Bir Hakeim au côté du général Koenig, en Tunisie, en Italie et enfin en France puis en Allemagne. Dans ces combats, la Légion étrangère paiera un lourd tribut, en particulier le RMLE et la 13ème DBLE qui combattront avec vigueur devant Strasbourg et Colmar face à des Allemands déterminés http://www.legionetrangere.fr/index.php/79-infos-fsale/389-histoire-janvier-fevrier-1945-la-legion-dans-la-bataille-de-strasbourg-et-dans-la-bataille-de-colmar
A Aubagne et dans toutes les garnisons où des unités de Légion sont implantées, de nombreuses festivités et cérémonies ponctueront donc la journée sous la devise Legio Patria Nostra.

mardi 21 avril 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : mars-avril 1915.

 
Comme à l'accoutumée, nous vous proposons de regarder le premier conflit mondial dans les yeux du lieutenant-colonel Rousset, contemporain de cette époque et commentateur militaire appliqué des opérations en cours sur tous les fronts.
 
Face aux échecs des offensives allemandes, notamment en Russie, le lieutenant-colonel Rousset, notre témoin, analyse l’échec ennemi comme l’illustration de sa tactique dépassée selon une structure « en bataille » (y compris au niveau opératif) digne des plus mauvais généraux de la Guerre de Sept ans. Le 03 mars, la population française découvre le premier train de soldats mutilés et prisonniers rentrant dans leurs familles après un séjour difficile dans des camps allemands. L’horreur de la guerre demeure graver dans leurs chairs. Une offensive russe de grande envergure laisse présager un moment clé avec des actions victorieuses à Grodno, en Bukovine ou dans les Carpathes. Parallèlement, 52 navires alliés sont entrés dans le détroit des Dardanelles en bombardant les positions turques tandis que 3 cuirassés contournent la presqu’île de Gallipoli pour frapper les lignes de Boulair. Sur ce nouveau théâtre d’opérations l’optimisme est à son comble et un effort est mené pour détruire les positions des forces turques alors même que l’effet de surprise est passé et que la Turquie attend un engagement au sol imminent. D’ailleurs son armée a été formée par les Allemands (Von de Goltz et Sanders sont cités par l’auteur).

jeudi 16 avril 2015

La bataille de la Horgne, 1940.


 

Cette semaine, votre blog se propose de revenir sur un combat de 1940, année où les batailles de l'armée françaises sont souvent caricaturées et réduites à une retraite générale, résultat d'une prostration due à ce qu'on appelle "La guerre éclair".
La bataille de la Horgne montre a contrario la combativité des forces françaises malgré des effectifs réduits et une capacité à construire une manœuvre cohérente et efficace.
 
Contexte général :
 
Le 13 mai 1940, le 19ème corps blindé du général Guderian, après avoir traversé la Belgique et le Luxembourg, attaque les français et franchit la Meuse dans la région de Sedan. Le 14 mai, tandis que la 10ème Panzer division passant à l’est de Sedan tente une action vers le sud, Guderian infléchit vers l’ouest l’axe d’attaque des 1ère et 2ème Panzer division, ouvre une brèche de 8 kilomètres entre les 2ème et 9ème armées françaises, entre Poix-Terron et Baâlons et s’apprête à foncer en direction de Rethel. Des renforcements sont attendus et on espère que les premiers éléments pourront s’engager le 15 mai au soir, mais la 3ème brigade de Spahis devra tenir jusque là.  Après cinq jours de combat en Belgique et sur la Meuse, les effectifs sont déjà fortement entamés.
 

mardi 7 avril 2015

Exposition-vente au profit des blessés de l'armée de Terre à Paris.


Du 09 au 12 avril 2015, la CABAT, cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre, organise une exposition dans les salons du gouverneur militaire de Paris (GMP), exceptionnellement ouverts au public. Des peintres, aquarellistes, sculpteurs, créateurs de bijoux, spécialistes de la céramique ou de la décoration vous proposent des œuvres qui seront vendus au profit des blessés en opération et des familles des camarades morts au combat. Venez nombreux pour admirer le travail de ces artistes au grand cœur, acheter le fruit de leur travail à partir de 15 euros et participer ainsi à cet évènement à la hauteur de la solidarité qui anime les femmes et les hommes engagés au sein de nos forces armées.
C'est aussi l'occasion de découvrir les salles prestigieuses du GMP adossées aux Invalides. Des informations complémentaires et le catalogue de l'exposition sont disponibles sur la page Facebook de la CABAT : https://fr-fr.facebook.com/pagecabat
 

mardi 31 mars 2015

"Ces Français, que nous fûmes contraints de jeter dans la bataille, ils ont des droits sur nous" : conférence au Conseil d'Etat sur la pension militaire (1914-1939)


J'accueille une nouvelle fois sur votre blog Nathalie Barraillé et la remercie pour la contribution qui suit et rend hommage à ceux de la Grande guerre meurtris par les combats.
Le 27 mars dernier, dans le cadre du cycle des « Conférences Vincent Wright » consacrées à l’histoire administrative et organisées, depuis 2005, par le comité d’histoire du Conseil d’Etat et de la juridiction administrative[1], Pascal Mounien, docteur en droit et avocat, a dispensé une conférence sur le thème : « la pension militaire et l’émergence du droit à réparation 1914-1939 ».
Cette conférence, qui s’est tenue au Palais-Royal, a permis d’aborder un sujet essentiel autour de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, celui du rôle majeur assuré par le Conseil d’Etat, dans la compréhension, à la lumière de sa jurisprudence, de l’émergence de ce droit à réparation, pendant la période allant du Premier conflit mondial à l’entre-deux guerres.
Dès les propos introductifs de cette conférence, un hommage appuyé a été rendu à René Cassin, vice-président du Conseil d’Etat de 1944 à 1959, qui fut, tout au long de sa vie, un fervent militant de ce droit à réparation puisque grièvement blessé en octobre 1914 au cours de la bataille de Saint-Mihiel.

jeudi 26 mars 2015

Opération "Market Garden " en 1944 : la catastrophe d'Arhem.


Contexte général :
Après l’opération Overlord en Normandie déclenchée le 6 juin 1944, les Alliés ont exploité leurs premiers succés vers l’Ouest et libéré une partie du Nord-Est de la France et de la Belgique. Pendant les mois de juillet et août 1944, les forces Allemandes se replient vers leur frontière. Le général Eisenhower décide alors de poursuivre l’offensive vers l’Allemagne avec comme objectif principal la Ruhr, poumon industriel du IIIème Reich. Pour entrer en Allemagne, 2 options s'offrent à lui : une approche directe vers la ligne Siegfried par le Sud, une approche indirecte au Nord via les Pays-Bas. L’objectif secondaire est de s’emparer d’un port pour raccourcir les délais d’approvisionnement des Alliés dont les lignes de communication s’étirent à partir de la Normandie. Le général Eisenhower choisit finalement le plan Nord défendu par le général britannique Montgomery qui demande la priorité pour planifier, préparer et concentrer les moyens nécessaires à cette action tactique. Celle-ci appraît certes risquée mais qui offre une opportunité d’atteindre rapidement les 2 objectifs même si le général américain Patton montre dans sa zone d'action une fulgurance et une manouvrabilité plus concrète.