Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

mardi 21 avril 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : mars-avril 1915.

 
Comme à l'accoutumée, nous vous proposons de regarder le premier conflit mondial dans les yeux du lieutenant-colonel Rousset, contemporain de cette époque et commentateur militaire appliqué des opérations en cours sur tous les fronts.
 
Face aux échecs des offensives allemandes, notamment en Russie, le lieutenant-colonel Rousset, notre témoin, analyse l’échec ennemi comme l’illustration de sa tactique dépassée selon une structure « en bataille » (y compris au niveau opératif) digne des plus mauvais généraux de la Guerre de Sept ans. Le 03 mars, la population française découvre le premier train de soldats mutilés et prisonniers rentrant dans leurs familles après un séjour difficile dans des camps allemands. L’horreur de la guerre demeure graver dans leurs chairs. Une offensive russe de grande envergure laisse présager un moment clé avec des actions victorieuses à Grodno, en Bukovine ou dans les Carpathes. Parallèlement, 52 navires alliés sont entrés dans le détroit des Dardanelles en bombardant les positions turques tandis que 3 cuirassés contournent la presqu’île de Gallipoli pour frapper les lignes de Boulair. Sur ce nouveau théâtre d’opérations l’optimisme est à son comble et un effort est mené pour détruire les positions des forces turques alors même que l’effet de surprise est passé et que la Turquie attend un engagement au sol imminent. D’ailleurs son armée a été formée par les Allemands (Von de Goltz et Sanders sont cités par l’auteur).

jeudi 16 avril 2015

La bataille de la Horgne, 1940.


 

Cette semaine, votre blog se propose de revenir sur un combat de 1940, année où les batailles de l'armée françaises sont souvent caricaturées et réduites à une retraite générale, résultat d'une prostration due à ce qu'on appelle "La guerre éclair".
La bataille de la Horgne montre a contrario la combativité des forces françaises malgré des effectifs réduits et une capacité à construire une manœuvre cohérente et efficace.
 
Contexte général :
 
Le 13 mai 1940, le 19ème corps blindé du général Guderian, après avoir traversé la Belgique et le Luxembourg, attaque les français et franchit la Meuse dans la région de Sedan. Le 14 mai, tandis que la 10ème Panzer division passant à l’est de Sedan tente une action vers le sud, Guderian infléchit vers l’ouest l’axe d’attaque des 1ère et 2ème Panzer division, ouvre une brèche de 8 kilomètres entre les 2ème et 9ème armées françaises, entre Poix-Terron et Baâlons et s’apprête à foncer en direction de Rethel. Des renforcements sont attendus et on espère que les premiers éléments pourront s’engager le 15 mai au soir, mais la 3ème brigade de Spahis devra tenir jusque là.  Après cinq jours de combat en Belgique et sur la Meuse, les effectifs sont déjà fortement entamés.
 

mardi 7 avril 2015

Exposition-vente au profit des blessés de l'armée de Terre à Paris.


Du 09 au 12 avril 2015, la CABAT, cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre, organise une exposition dans les salons du gouverneur militaire de Paris (GMP), exceptionnellement ouverts au public. Des peintres, aquarellistes, sculpteurs, créateurs de bijoux, spécialistes de la céramique ou de la décoration vous proposent des œuvres qui seront vendus au profit des blessés en opération et des familles des camarades morts au combat. Venez nombreux pour admirer le travail de ces artistes au grand cœur, acheter le fruit de leur travail à partir de 15 euros et participer ainsi à cet évènement à la hauteur de la solidarité qui anime les femmes et les hommes engagés au sein de nos forces armées.
C'est aussi l'occasion de découvrir les salles prestigieuses du GMP adossées aux Invalides. Des informations complémentaires et le catalogue de l'exposition sont disponibles sur la page Facebook de la CABAT : https://fr-fr.facebook.com/pagecabat
 

mardi 31 mars 2015

"Ces Français, que nous fûmes contraints de jeter dans la bataille, ils ont des droits sur nous" : conférence au Conseil d'Etat sur la pension militaire (1914-1939)


J'accueille une nouvelle fois sur votre blog Nathalie Barraillé et la remercie pour la contribution qui suit et rend hommage à ceux de la Grande guerre meurtris par les combats.
Le 27 mars dernier, dans le cadre du cycle des « Conférences Vincent Wright » consacrées à l’histoire administrative et organisées, depuis 2005, par le comité d’histoire du Conseil d’Etat et de la juridiction administrative[1], Pascal Mounien, docteur en droit et avocat, a dispensé une conférence sur le thème : « la pension militaire et l’émergence du droit à réparation 1914-1939 ».
Cette conférence, qui s’est tenue au Palais-Royal, a permis d’aborder un sujet essentiel autour de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, celui du rôle majeur assuré par le Conseil d’Etat, dans la compréhension, à la lumière de sa jurisprudence, de l’émergence de ce droit à réparation, pendant la période allant du Premier conflit mondial à l’entre-deux guerres.
Dès les propos introductifs de cette conférence, un hommage appuyé a été rendu à René Cassin, vice-président du Conseil d’Etat de 1944 à 1959, qui fut, tout au long de sa vie, un fervent militant de ce droit à réparation puisque grièvement blessé en octobre 1914 au cours de la bataille de Saint-Mihiel.

jeudi 26 mars 2015

Opération "Market Garden " en 1944 : la catastrophe d'Arhem.


Contexte général :
Après l’opération Overlord en Normandie déclenchée le 6 juin 1944, les Alliés ont exploité leurs premiers succés vers l’Ouest et libéré une partie du Nord-Est de la France et de la Belgique. Pendant les mois de juillet et août 1944, les forces Allemandes se replient vers leur frontière. Le général Eisenhower décide alors de poursuivre l’offensive vers l’Allemagne avec comme objectif principal la Ruhr, poumon industriel du IIIème Reich. Pour entrer en Allemagne, 2 options s'offrent à lui : une approche directe vers la ligne Siegfried par le Sud, une approche indirecte au Nord via les Pays-Bas. L’objectif secondaire est de s’emparer d’un port pour raccourcir les délais d’approvisionnement des Alliés dont les lignes de communication s’étirent à partir de la Normandie. Le général Eisenhower choisit finalement le plan Nord défendu par le général britannique Montgomery qui demande la priorité pour planifier, préparer et concentrer les moyens nécessaires à cette action tactique. Celle-ci appraît certes risquée mais qui offre une opportunité d’atteindre rapidement les 2 objectifs même si le général américain Patton montre dans sa zone d'action une fulgurance et une manouvrabilité plus concrète.

dimanche 22 mars 2015

Exposition aux Invalides : Churchill et De Gaulle.

 
 
A compter du 10 avril, au musée de l'Armée, à Paris, une exposition rendra hommage aux liens complexes entre De Gaulle et Churchill (dont ce sera le 50ème anniversaire de la mort cette année), notamment au moment de la seconde guerre mondiale. Ces deux figures aux caractères bien trempés sont les deux figures de la résistance face au nazisme et qui s'èlèvent devant les premières victoires des troupes allemandes en Europe. Leur sens de l'Etat, leur foi dans le destin de leurs deux Nations leur ont permis de mobiliser des femmes et des hommes pour redresser la tête puis, avec le soutien américain, de remporter les victoires de la bataille d'Angleterre, celles de la campagne d'Afrique du Nord et de la Libération. Certes ils n'ont pas toujours été d'accord sur le plan politique, notamment concernant le rôle du lien transatlantique, mais votre blog tenait à souligner leur même engouement pour l'histoire militaire, riche, selon eux, d'enseignements dans la conduite de la guerre comme dans les décisions relatives aux affaires du monde. Je conclurai donc avec cette citation de Churchill qui m'anime dans l'écriture des articles que vous lisez au quotidien : "Ceux qui oublient leur passé se condamnent à le revivre". En attendant, n'hésitez pas à prendre le temps de visiter cette exposition dont le détail est disponible sur le lien suivant sur le site des Invalides : http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/churchill-de-gaulle.html
Bonne visite...

mardi 17 mars 2015

Et si Napoléon avait combattu Daech ? Etude uchronique.

 

Sur votre blog nous rappelons souvent que l’histoire militaire peut parfois nous apporter des enseignements ou des clés de compréhension au sujet des campagnes contemporaines. Certes, il est probable, qu’avec le temps, certains modes d’action ou constructions opérationnelles soient devenues anachroniques du fait des progrès techniques, de l’évolution de la menace ou des limites éthiques. Néanmoins, certains penseurs et praticiens peuvent garder toute leur pertinence dans la manière de conduire une guerre aujourd’hui. Aussi, en s’appuyant sur le remarquable livre de Bruno Colson : « Napoléon, de la guerre »,  ouvrage apocryphe sensé formaliser la pensée militaire de l’Empereur au travers de divers documents, nous nous proposons de réfléchir à ce qu’aurait pu être les choix de Napoléon pour faire face, en Irak et en Syrie, à Daech. Ce groupe est aujourd’hui défini comme étant un ennemi hybride, associant des équipements et des actions conventionnelles à des attaques de type asymétriques (guérilla, terrorisme) mais disposant d’une structure organisée et d’un matériel moderne et performant. L’Empereur a eu des expériences proches de la situation actelle  à savoir, en Egypte, pour le terrain désertique et les rapports au monde musulman ou, en Espagne, face à des combattants irréguliers.

mercredi 11 mars 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier - mars 1915.


 
Nous renouons avec notre étude de la première guerre mondiale au travers de ses opérations et du témoignage du lieutenant-colonel Rousset, contemporain de l'époque et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Les semaines et mois présentés mettent en évidence une pensée tactique voire stratégique étriquée ainsi qu'une analyse largement influencée par la propagande.
Dès le 20 janvier, les communiqués ne semblent plus parler que d'offensives mineures à l'échelon locale engageant une à deux divisions comme dans la région de Crouy par exemple, ou à Notre-Dame de Lorette où l'auteur s'inquiète de la prise d'une  seule tranchée par les Allemands. On perçoit ainsi le drame de la guerre de position qui débute avec des attaques meurtières sur des compartiments de terrain très limités.

jeudi 5 mars 2015

Quand l'histoire militaire rencontre le jeu...

 
Du 20 au 22 mars 2015, aura lieu à la mairie du 9ème arrondissement de Paris le premier Open des jeux d'histoire. Comme nous l'avions déjà indiqué dans un post consacré aux jeux de stratégie ou liés aux combats de l'antiquité au XXème siècle  http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/10/debat-le-best-seller-des-wargames-sur.html, ces supports ludiques sont un excellent outil pour appréhender l'art de la guerre, la tactique et la stratégie au sens large. Cette rencontre, notamment animée par la fédération française du best seller des jeux sur la seconde guerre mondiale "Mémoire 44", devrait démontrer, une fois de plus l'intérêt à porter à cette gamme de jeux, y compris pour la formation des cadres issus des forces armées. D'ailleurs, l'Ecole de guerre ne s'y était pas trompé en organisant en mai 2012  une activité centrée sur les "Wargames" sur le site de l'école militaire http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/05/lecole-de-guerre-renoue-avec-le-wargame.html. En bref, une activité pleine de promesses...
J'en profite pour donner quelques orientations sur les articles à venir sur votre blog. Tout d'abord, nous renouerons avec la première guerre mondiale au jour le jour en nous intéressant aux mois de janvier à mars 1915 et le début de la guerre de position, puis nous esssaierons de mettre les grands penseurs et praticiens (et leurs systèmes) face aux menaces contemporaines afin de tirer des enseignements comme de marquer les évolutions (concepts, principes, manoeuvres). Enfin, nous nous pencherons, tout en suivant l'actualité historique, sur le bicentenaire des 100 jours et la route jusqu'à Waterloo. Bonne lecture...


vendredi 27 février 2015

Stratégie : Sun Tzu face aux conflits modernes, un café U235 à ne pas manquer.

 
Mardi 3 mars à 19h00, venez nombreux au café Concorde pour écouter Yann Couderc, spécialiste de Sun Tzu, auteur de l'ouvrage "Sun Tzu en France" et animateur du blog "http://suntzufrance.fr/". J'aurai l'honneur d'animer ce débat qui nous permettra de confronter le stratège chinois aux formes de conflictualité contemporaines. Cet échange nous permettra de réfléchir sur la pertinence de principes écrits il y a 2500 ans, souvent considérés comme le socle de la pensée stratégique moderne. Il sera également intéressant de nous interroger sur la valeur de l'enseignement d'un stratégiste si ancien dans les armées occidentales d'une part, mais aussi au sein de forces militaires de pays émergents.
Nul doute que le regard de cet officier, breveté de l'Ecole de guerre, apportera des clés de compréhension sur cette thématique et ce, comme il l'avait fait en publiant sur votre blog deux contributions : http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/11/sun-tsu-pourquoi-les-chinois.html et http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/12/vous-reprendrez-bien-un-peu-de-sun-tzu.html
 
Bonne lecture et à mardi au café Concorde...