Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

vendredi 23 décembre 2016

Un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année à tous !


Votre blog, "L'écho du champ de bataille", vous souhaite un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année, que l'année 2017 vous apporte les satisfactions que vous attendez pour vous comme pour vos proches. Quant à moi, malgré un rythme moins soutenu depuis plusieurs mois dû à des activités et responsabilités professionnelles plus importantes, j'aurai plaisir à vous proposer des nouveaux articles, ouvrages et autres réflexions sur notre histoire militaire ou les grands principes et concepts opérationnels.
Merci de votre fidélité et de vos commentaires, encore trop peu nombreux à mon goût, mais toujours d'un grand intérêt comme  des sources d'encouragement. 
Aujourd'hui, votre blog peut  ainsi compter sur 700 à 800 connexions quotidiennes, soient près de 16 000 vues par mois et, depuis 2011, 511 000 visites. Vous avez principalement marqué de l'intérêt pour les posts en lien avec les conflits récents comme l'Irak et l'Ukraine, sur les questions de prospective ou traitant de l'emploi des appuis feux comme l'artillerie. Mes écrits sur le premier conflit mondial avec Verdun, la Somme ou le quotidien des soldats paraissent également vous avoir intéresser. En outre, mon ouvrage "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis a effectivement attiré votre curiosité. D'ailleurs, sachez que mon livre a été classé dans le trio de tête du prix "L'Epée et la plume 2016" et ce, parmi 60 manuscrits en compétition. Ecrit avec cœur, il fait la synthèse entre les opérations du moment en Afrique et notre histoire mais il permet aussi d'aborder le sens de l'engagement des soldats français, hier comme aujourd'hui.
L'année qui vient nous permettra donc d'échanger encore un peu avec l'évocation de l'année 1917, l'étude d'auteurs militaires anciens mais aussi les allers et retours vers de grandes batailles. Enfin, les mois prochains seront peut-être l'occasion de proposer à la publication d'autres ouvrages traitant de sujets divers déjà initiés sur votre blog. Je rends hommage, à l'image de la photographie illustrant ce texte, au sacrifice de nos aînés qui, il y a 100 ans, résistaient aux assauts ennemis à Verdun et sur de nombreux fronts sous un déluge de feux et d'acier. 
J'ai bien évidemment une pensée particulière pour tous les militaires déployés en opérations aux quatre coins du monde et sur le territoire national ainsi que vers leurs familles. Merci pour leur disponibilité, leur engagement et leur dévouement pour assurer notre sécurité au loin comme sur notre terre de France.
A bientôt sur la toile et dans les passionnantes pages de notre histoire militaire.

Frédéric JORDAN

vendredi 16 décembre 2016

La bataille de Monte Cassino en 1944, quand la manœuvre permet le succès tactique.



Cette bataille de Monte Cassino en Italie au début 1944, démontre que l'action frontale, la mauvaise utilisation des appuis et du terrain mais surtout un emploi inadapté de l'arme aérienne sont autant de facteurs qui mettent à mal les principes de la manœuvre. En effet, face à un système défensif puissant et bien préparé, la confiance dans les effets des bombardements aériens ou la supériorité numérique entraînent de lourdes pertes alors même qu'une action au sol bien menée peut faciliter la saisie des objectifs. 

Contexte général :

Les Alliés cherchent  en ce début 1944, à rompre la ligne Gustav qui barre la péninsule italienne et ainsi s’ouvrir la route de Rome. La hauteur sur laquelle est érigé le monastère (435mètres) est la clef du massif du Monte Cassino, une position naturelle très forte. Pendant trois mois, le général von Senger und Etterlin a renforcé ses défenses, et le solide 14e Panzerkorps, ainsi que des bataillons d’élite de paras et d’infanterie, en font une noix dure à casser.

samedi 26 novembre 2016

Conflit russo-ukrainien ou le retour de l’artillerie.


A l’heure ou l’armée française déploie des canons ou mortiers sur de nombreux théâtres d’opérations, et alors que l’on a commémoré, l’année dernière, le 20ème anniversaire de l’engagement des canons AUF1 français du 40ème RA sur le Mont Igman pour mettre fin au siège de Sarajevo,  les combats dans le Donbass (2014-2015) mettent en lumière de nombreux enseignements opérationnels. En effet,  les « séparatistes russes » ont fait preuve d’une grande efficacité dans l’emploi de capacités blindés et surtout artillerie pour prendre l’ascendant sur les forces ukrainiennes.
Ces engagements de haute intensité se sont concentrés entre mai 2014 au moment de l’offensive lancée par Kiev pour rétablir la souveraineté de ce territoire à l’est de l’Ukraine suivi d’une contre-attaque russe à l’été et ce, jusqu'en septembre 2015, date à laquelle un statu quo s’est mis en place.

dimanche 6 novembre 2016

Les premières semaines de la guerre de Corée : les enseignements tactiques d'un conflit conventionnel. Fin


Comme nous l'avons vu sous le regard de Robert Leckie, les premières semaines, voire même les premiers mois du conflit coréen sont d'une grande richesse en termes d'enseignements tactiques. Ainsi, après les difficiles manœuvres de freinage engagées après l'offensive nord-coréenne, les troupes américaines ont permis aux divisions ROK de se réorganiser au sein de la très fragile poche de Pusan. Face au rideau US de plus en plus dense sur cette ligne de défense, les troupes de Pyong Yang se sont épuisées et ont vu leur capacité de combat largement réduite. Mac Arthur décide alors de planifier une opération amphibie d'envergure dans la région d'Inchon considérant, comme il le dit lui-même : "l'histoire militaire démontre que neuf fois sur dix les armées sont détruites quand leurs lignes de ravitaillement sont coupées. Toutes les munitions de l'ennemi, comme tout son matériel, passent par Séoul." 

mercredi 26 octobre 2016

Les premières semaines de la guerre de Corée : les enseignements tactiques d'un conflit conventionnel. (2/3)


Nous poursuivons notre étude du conflit coréen vu par un ancien Marines devenu journaliste. Il rapporte les difficultés pour l'armée de terre US, mal entraînée, sous-équipée et surprise par cette guerre conventionnelle alors même que le monde occidental croyait ce type de combat était mort avec 1945. D'ailleurs, les renforts américains peinent malgré tout à contenir les assauts nord-coréens : "pour les hommes de la 24ème division, les premiers jours de combat furent sanglants et chargés d'humiliations... Quand ils essayaient de se replier en suivant les routes, ils étaient soumis à des feux croisés venant des collines. Amers, hagards, en loques et épuisés, ils reculaient à travers une boue qui freinaient ou arrêtait totalement les véhicules. Le soldat qui, sous le feu ennemi, glissait dans les eaux répugnantes d'une rizière devait le plus souvent, pour se dégager de la vase, abandonner ses chaussures et continuer à se battre pieds nus. Et jamais il ne pouvait échapper à la pluie éternelle... elle tombait, trois ou quatre jours de suite, trempant les vêtements, couvrant l'équipement de moisissure et de rouille. La chaleur de l'été coréen et les inévitables mouches, puces et poux venaient accroître l'exaspération des soldats américains". 

dimanche 16 octobre 2016

Les premières semaines de la guerre de Corée : les enseignements tactiques d'un conflit conventionnel. (1/3)


Cette semaine, nous revenons sur la guerre de Corée, ce conflit qui, pourtant limité à la péninsule coréenne, a bien failli entraîner une confrontation mondiale. Ces combats conventionnels des premiers mois de conflit furent un condensé d'art opératif et d'emploi tactico-opérationnel de toutes les fonctions interarmes et interarmées. Très riche en enseignement comme nous l'avions déjà vu dans un précédent article http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2013/04/coree-en-guerre-enseignements-tactico.html, je vous propose cette fois de revenir sur cette guerre au travers d'un autre prisme, celui du journaliste Robert Leckie qui y consacra un ouvrage en 1962. La particularité de cet auteur que certains d'entre vous connaissent peut-être c'est qu'il a servi dans le corps des Marines pendant les opérations menées dans le Pacifique entre 1941 et 1945. Il est d'ailleurs un des héros de la série télévisée "Band of brothers Pacific produite par Steven Spielberg et Tom Hanks. Ainsi, son regard de vétéran nous apporte une autre vision de ces batailles conventionnelles qui rappellent que la guerre se gagne d'abord au sol, au niveau des petites unités, même quand l'un des belligérants croit disposer d'une certaine supériorité technique ou tactique.

vendredi 30 septembre 2016

Exposition à venir : guerres secrètes au Musée de l'Armée.



A partir du 12 octobre et jusqu'au 29 janvier 2017, le Musée de l'Armée propose une exposition consacrée aux guerres secrètes, à ces formes d'opérations souterraines ou clandestines qui complètent souvent l'action des forces conventionnelles. Ci-dessous le résumé proposé sur le site officiel : 

http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/guerres-secretes.html

L'exposition aborde pour la première fois le sujet des guerres secrètes à travers leurs enjeux, leurs mécanismes, leurs moyens ainsi que les hommes et les femmes qui en sont les acteurs. Confrontant la réalité et la fiction, elle vous invite à découvrir les grandes heures de l’espionnage et du contre-espionnage, les actions clandestines et subversives, les opérations d’intoxication et de propagande, en temps de guerre comme en temps de paix. 
Si l’objectif n’est pas de lever le voile sur les grandes affaires d’espionnage, le parcours proposé offre des clefs de lecture pour mieux démêler le vrai du faux en s’appuyant sur des archives audiovisuelles et des extraits de films de fiction. Opposant l’ombre et la lumière, le visible et l’invisible, la transparence et l’opacité, elle permet d’appréhender la réalité complexe du renseignement et de l’action clandestine.

La période couverte s’ouvre avec le Second Empire, au cours duquel se mettent en place les premières institutions destinées au renseignement ; elle se termine à la chute de l’Union soviétique en 1991. La Seconde Guerre mondiale tout comme la guerre froide tiennent une place essentielle dans l’exposition. Si la France en constitue le fil directeur, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les États-Unis et l’Union soviétique sont également représentés.


Bonne visite à ceux qui pourront en profiter...

samedi 24 septembre 2016

L'artillerie des avant-postes : perspectives historiques - 2ème partie.


Nous l'avons vu, en Algérie, l'artillerie des avant-postes, participe à l'action interarmes en apportant ses moyens d'acquisition mais aussi ses effets psychologiques ou "cinétiques". Au delà de ce simple exemple, dans l'histoire militaire, la puissance de feux  au plus près des unités de mêlée, sur des positions avancées, a toujours été mise en oeuvre avec efficacité. Cet emploi, tactiquement pertinent, faisait l'unanimité et entrait en cohérence avec les principes militaires majeurs de Foch (et de ses élèves) que sont la liberté d'action, la concentration des efforts, l'économie des moyens et la sûreté. Aucun chef militaire ne pouvait envisager un déploiement sans appui de bouches à feu.

dimanche 18 septembre 2016

L'artillerie des avant-postes : perspectives historiques - 1ère partie.


A la demande de plusieurs lecteurs assidus de votre blog, je débute aujourd'hui une série d'articles consacrés à l'emploi de l'artillerie dans les avant-postes. En effet, l'emploi des canons et mortiers français à partir des FOB (Forward Operations Base) en Afghanistan de 2008 à 2012, le déploiement d'AUF1 sur le Mont Igman aux côtés de la FRR (force de réaction rapide) en ex-Yougoslavie en 1995 puis l'engagement, durant quelques années, de pièces de 155 mm au sein du contingent français de la FINUL au Liban ont montré tout l'intérêt de disposer d'appui feux au plus près des postes tenus par l'interarmes. Plus récemment, dans la bande sahelo-saharienne, les mortiers de 120 mm, les CAESAR et même les LRU ont appuyé les manœuvres conduites à partir de Gao, Kidal ou Tessalit. Enfin, la crise au Levant, en Syrie comme en Irak, illustre le besoin de pièces d'artillerie pour prendre l'ascendant, reprendre l'initiative et frapper des objectifs dans la profondeur face à des adversaires irréguliers ou hybrides.
Aussi, au travers d'exemples historiques, nous verrons que l'emploi des feux indirects sur les avant-postes a , de tous temps, été une vraie plus-value afin de garantir la liberté d'action du chef interarmes ou contribuer au principe de concentration des efforts. Le premier de ces exemples réside dans la mission confiée au artilleurs lors de la guerre d'Algérie.

samedi 10 septembre 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : été 1916.


En ce centenaire du premier conflit mondial, nous retrouvons le témoignage du lieutenant-colonel Rousset, contemporain de cette guerre et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Il commente à chaud les combats de tous les théâtres d'opérations avec le regard aiguisé, quoique pas toujours objectif, du spécialiste de la polémologie.
Il nous décrit les combats de l'été 1916.
Les 3 et 4 juin 1916, les Allemands poursuivent leur poussée vers le fort de Vaux et multiplient les assauts sur cet ouvrage malgré les pertes que leur infligent l'artillerie et les mitrailleuses françaises. Les hommes du commandant Raynal résistent toujours malgré les bombardements puissants :"depuis la soirée de samedi jusqu'à la matinée de lundi, les attaques n'ont pour ainsi dire pas cessé et leur violence est toujours allée en s'accentuant. Cette tuerie a quelque chose d'infernal. Quant au courage de nos soldats, il est toujours égal à lui-même, c'est-à-dire supérieur au plus haut. Quel spectacle que celui de la petite garnison du fort, résistant à tous les assauts, défiant les jets de liquides enflammés et gardant fièrement des ruines qui ne peuvent même plus l'abriter..." 

vendredi 26 août 2016

La seconde bataille de Paris de la 2ème DB : 26-28 août 1944.


Si on connaît bien le déroulement de la Libération de Paris en elle-même, dont on vient de commémorer le 72ème anniversaire, on oublie souvent que les éléments de la 2ème DB ont poursuivi le combat au nord de la capitale et ce, du 26 au 28 août 1944, face à de puissantes contre-attaques allemandes dont certaines unités, initialement prévues pour participer à la reprise de la ville, sont installées sur une ligne défensive face aux troupes alliées.
Voici donc un rappel de cette « seconde bataille » de Paris où la célèbre division du général Leclerc subira des pertes sévères pour protéger les Parisiens tout juste libérés.

vendredi 19 août 2016

Histoire de la première armée française, hommage au maréchal De Lattre de Tassigny (3/3)


Nous poursuivons et terminons sur l’épopée de la 1ère armée française du général De lattre de 1944 à 1945.
En effet, avec l’automne, c’est « l’amalgame » qui doit se construire, processus jugé par le général « fort complexe et délicat ». En effet, il considère que « A aucun prix, nous ne devons décevoir ces hommes et laisser s’éteindre cette flamme admirable qui s’est allumée. Par conséquent, tout de suite  ces garçons des FFI peuvent former des unités supplétives venant au combat avec notre armée régulière. J’insiste sur ce fait que ce ne peut être une intégration dans l’avenir, mais une synthèse où ils garderont leur particularisme et leur autonomie ». 

mercredi 10 août 2016

Histoire de la première armée française, hommage au maréchal De Lattre de Tassigny. (2/3)


Nous poursuivons notre évocation historique de l'épopée de la 1ère armée française à partir de l'été 1944 sous les ordres du général De Lattre de Tassigny.
Le 15 août 1944, la flotte alliée de près de 2 000 bâtiments appuie (16 000 obus tirés) ou débarque les troupes, véhicules et munitions franco-américains après avoir leurré les Allemands et ce,  en simulant un assaut amphibie sur Gênes. 
Dans la nuit, les unités commandos françaises comme celles du commandant Rigaud au Rayol ou du capitaine Ducournau au cap Nègre, s'emparent des plages ou des batteries. En parallèle, deux opérations de diversion (nom de code Ferdinand) sont menées à Cannes et à La Ciotat. 

vendredi 29 juillet 2016

Histoire de la première armée française, hommage au maréchal De Lattre de Tassigny. (1/3)


Après une pause estivale, votre blog reprend son activité et vous propose un article sur l'épopée, souvent méconnue (et bien peu évoquée), de la Première Armée française conduite par le maréchal De Lattre de Tassigny en 1944 et 1945. En effet, à quelques jours du 72ème anniversaire du débarquement de Provence, je souhaitais revenir sur l'action des unités françaises (et américaines) engagées sur ce second front, troupes qui ont libéré une grande partie de la France, des côtes varoises jusqu'à l'Alsace en passant par le Roussillon, la Bourgogne, les Alpes et le Jura et ce, avant d'entrer en Allemagne.
Dans son ouvrage de 1949 "Histoire de la première armée française, Rhin et Danube", le maréchal De Lattre met d'ailleurs bien en exergue ce nécessaire témoignage, à la fois pour faire connaître (et développer ce que nous appelons maintenant la résilience) et pour rendre hommage au sacrifice, comme au courage, de ces soldats de la France Libre : "Si la France en avait été mieux informée, sans doute aurait-elle aujourd'hui un sens plus vif de sa victoire et une plus grande confiance que celle-ci lui a ouvert. Elle aurait aussi, je le crois, un plus juste respect pour son Armée et plus de foi en sa jeunesse qui prouvèrent l'une et l'autre de façon magnifique la permanence de nos vertus nationales (...) Aussi est-ce à mes soldats que j'ai tenu à dédier ce récit, avec l'ardent désir qu'ils y trouvent une preuve de l'affection de leur ancien chef, le témoignage de son admiration pour leur vaillance et une image point trop imparfaite de leurs exploits."

jeudi 7 juillet 2016

Forces terrestres britanniques en Irak : le rapport Chilcot.


Sir Chilcot, parlementaire de sa gracieuse majesté, a enfin rendu hier son rapport d'enquête sur l'intervention britannique en Irak en 2003, aux côtés des Etats-Unis. Très critique sur les choix stratégiques des dirigeants nationaux du moment, ce rapport très long, disponible sur le site http://www.iraqinquiry.org.uk/, met, en avant, au milieu des nombreuses auditions et autres dossiers déclassifiés, de riches enseignements tactico-opérationnels. Aussi, notre propos ne sera pas de rentrer dans les diverses polémiques ou de commenter les décisions politiques et internationales prises par les responsables de Grande Bretagne, en charge des affaires de leur pays à l'époque, mais uniquement de mettre en relief le retour d'expérience militaire concernant les opérations conduites au sol.

vendredi 1 juillet 2016

Il y a 100 ans commençait la bataille de la Somme.


En cet anniversaire du début de la bataille de la Somme, combat le plus meurtrier de l'histoire britannique, je vous propose la réédition d'un article que j'avais publié il y a 2 ans. De nombreuses commémorations ont lieu à compter d'aujourd'hui pour rendre hommage à nos frères d'armes d'outre manche sans oublier les dizaines de milliers de Français tombés sur ce champs de bataille.
Rien ne prédisposait la Somme, plus particulièrement une zone s'tendant de Bapaume à Chaulnes en passant par Albert, Bray sur Somme, Péronne et Rosière en Santerre, à devenir une bataille symbolique de la première guerre mondiale. Et pourtant, si en 1914, ce secteur ne devait être dans les plans de chaque belligérants qu'un simple axe de passage, il fera l'objet en 1916, puis en 1918 (offensives Ludendorff), de combats terriblement meurtriers mais aussi d'une réelle coopération opérative entre Britanniques et Français qui se battaient jusque là côte à côte sans réelle coordination.
Elle est également le symbole de la dimension mondiale de ce conflit puisque des soldats français, allemands, britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais, sud-africains, indiens ou africains s'y battront sans compter les travailleurs chinois, indochinois ou malgaches.

dimanche 26 juin 2016

Exposition "Levés avant le jour", les Brigades internationales entre Espagne et France.


A partir du 28 juin 2016, le Musée du Maréchal Leclerc et de la Libération de Paris propose une exposition consacrée aux Brigades internationales. Elle reprend le titre du célèbre documentaire de M. Dunoyer, produit en 1948, en hommage à ces combattants (http://parcours.cinearchives.org/Les-films-731-153-0-0.html). Ce reportage en noir et blanc, réalisé selon un point de vue communiste (avec parfois un manque d'objectivité historique flagrant) et en pleine guerre Froide, retrace l'histoire des Brigades Internationales et de la guerre d'Espagne, présentée comme prélude à la seconde guerre mondiale. Le conflit apparaît, non pas comme une guerre civile qui opposerait franquistes et républicains, mais comme un conflit mondial dirigé par les puissances fascistes italienne et allemande.

dimanche 19 juin 2016

L'artillerie des stratagèmes, le livre du colonel Fort.


Les éditions Economica viennent de publier l'ouvrage du colonel Fort, artilleur et chef de la direction des études et de la prospective de l'Ecole d'artillerie. Son "'artillerie des stratagèmes" est un livre passionnant et très bien documenté, riche en références historiques comme en exemples contemporains, mais aussi écrit avec un style fluide qui facilite la compréhension des arguments techniques. On regrettera juste l'absence d'annexes permettant, avec quelques cartes et extraits, d'illustrer certains témoignages évoqués dans le propos. L'auteur démontre, s'il en était besoin, le rôle majeur que peut jouer l'artillerie dans les manœuvres de déception. En effet, "l'association entre l'artillerie et la déception peut apparaître paradoxale. Pourtant, avec l'avènement des trajectoires indirectes il y a un siècle, l'emploi de l'artillerie à des fins de déception s'est vu ouvrir de multiples perspectives (...) Or, se priver de la puissance de feux c'est se priver d'un avantage majeur. L'artillerie est l'arme de la surprise et l'emploi de la déception artillerie dans le récent conflit afghan a montré sa pertinence."

samedi 11 juin 2016

Le maréchal de Turenne, ce grand capitaine vu par le général Weygand.


En 1929, le général Weygand contribue à une série d'ouvrages consacrés aux "Grands cœurs" (éditions Flammarion) de l'histoire de France et ce, en rédigeant un livre sur le maréchal de Turenne. Pour l'auteur, il s'agit d'un chef militaire remarquable qui fait référence pour les officiers du moment, en particulier Foch par qui, si on en croit la dédicace, le général Weygand a appréhendé l'influence majeure de ce contemporain de Louis XIII et de Louis XIV.
Dans cet ouvrage, on peut d'emblée noter que le jeune héritier de la maison de Bouillon va rentrer au service du royaume de France dès son plus jeune âge et gravir les échelons au rythme de ses campagnes, d'abord à la tête d'une compagnie, puis d'un régiment avant de se voir confier une armée. Il deviendra un grand tacticien et participera aux grandes évolutions dans la conduite de la guerre au cours de cette période charnière de l'histoire militaire.

samedi 4 juin 2016

Faire la guerre autrement demain : illusion ou prospective ?

Dans les armées occidentales comme chez certains spécialistes de la polémologie, des réflexions sont aujourd'hui menées pour répondre aux évolutions de la tactique dans la décennie à venir. En effet, la robotisation, l'infovalorisation, la notion de "soldat augmenté", les nouveaux équipements, les évolutions capacitaires sur terre, dans les airs et sur mer paraissent ouvrir de nouvelles perspectives pour faire la guerre autrement et vaincre les adversaires potentiels de demain. Pourtant, ces progrès techniques peuvent-ils vraiment se substituer à la tactique et surtout aux principes de la guerre, à leurs corollaires et à leurs procédés. Sont-ils des  multiplicateurs opérationnels, sorte de boîte à outils, ou se suffisent-ils à eux-mêmes ? Enfin, pourront-ils être efficaces face aux nouvelles formes d'ennemi ?
Une rapide étude semble démontrer qu'il ne faut pas compter sur la supériorité technologique pour remporter la victoire mais qu'il est impératif de confronter les modes d'action envisagés avec les fondements de l'art de la guerre.

samedi 28 mai 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : mars à mai 1916. (2/2)

 
Le lieutenant-colonel Rousset poursuit sa description des combats sur tous les fronts au cours du printemps 1916. La bataille de Verdun continue avec quelques pans de terrain repris aux Allemands par une attaque brusquée française au sud de Douaumont le 15 avril mais sans effet majeur sur l'évolution des opérations. Dans le Caucase, les Russes bousculent une fois de plus  les Turcs sur la rive gauche du Kara-Déré alors que les Italiens, près du lac de Garde  (pentes du Monte Sperone), avancent lentement. Dans le même temps, les Autrichiens contre-attaquent sans succès avec 14 bataillons dans la vallée de la Brenta.

samedi 21 mai 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : mars à mai 1916. (1/2)

 
Nous revenons sur le témoignage du lieutenant-colonel Rousset qui commente, au jour le jour, le premier conflit mondial avec ces mois de mars à mai 1916 où la bataille de Verdun, notamment, fait rage depuis plusieurs jours. Ainsi, les 1er et 2 mars, sur les côtes de Meuse, une accalmie semble avoir lieu, les Allemands relevant leurs unités épuisées ou décimées. D'ailleurs, un prisonnier allemand témoigne : " le 21 février, alors que ma compagnie n'avait pas encore été engagée, elle comptait 200 fusils. Vingt-quatre heures plus tard, elle était réduite à un officier et 70 hommes. C'est miracle que mes camarades et moi-même ayons échappé au massacre. Le feu de l'artillerie et la précision du tir de l'infanterie française ont causé de semblables ravages dans presque toutes les autres compagnies".
Le président de la République se rend à Revigny pour rendre hommage aux hommes (adjudant Grameling et ses canonniers) qui ont abattu, avec leur autocanon, le zeppelin ennemi L-Z 77. Dans le Caucase, les Russes poursuivent leur progression dans des conditions difficiles (neige et froid), prennent la ville de Bitlis au sud du lac de Van (affluent du Tigre) et s'ouvrent alors la route de Bagdad.

dimanche 15 mai 2016

Un livre à ne pas manquer : "L'ultime champ de bataille, combattre et vaincre en ville".


C'est avec plaisir que je vous présente aujourd'hui l'ouvrage de Frédéric Chamaud et de Pierre Santoni, tous  deux officiers expérimentés et dont la carrière les a amenés à commander ou à organiser le centre d'entraînement aux actions en zone urbaine-94ème RI (CENZUB) de l'armée de Terre à Sissonne. Ce livre, "L'ultime champ de bataille, combattre et vaincre en ville" aux éditions Pierre de Taillac, est inédit dans son approche liée au milieu urbain et confiné car il s'appuie sur de riches exemples historiques ou contemporains permettant ainsi d'aborder toutes les problématiques de l'emploi tactique des unités confrontées à des combats en ville mais aussi dans les "zones vertes" ou les grottes afghanes, dans la jungle ou au cœur de régions agricoles compartimentées.

jeudi 5 mai 2016

Enseignements tactiques : la mission militaire française au Hedjaz 1916-1920.


Cet article est le dernier de notre série consacrée à l'engagement français aux côtés de la grande révolte arabe pour chasser les Ottomans du Levant et de ce que l'on appelait alors l'Arabie. Cette étude permet de tirer les enseignements tactico-opératifs de ce déploiement français méconnu. Nous verrons que les grands principes s'y sont appliqués et que les modes d'action choisis font écho à ceux employés aujourd'hui sur de nombreux théâtres d'opération.

dimanche 1 mai 2016

Enquête de l'IRSEM sur votre blog, merci de prendre queqlues minutes pour y participer...


Chers lecteurs, votre blog participe à une étude de l'IRSEM sur la blogosphère "Défense", merci encore de votre fidélité, de votre intérêt pour les sujets que je traite et je vous remercie par avance de participer à cette enquête qui sera consultable pendant 6 semaines sur "L'Echo du champ de bataille" dans ce post ou via le lien associé à l'IRSEM ci-contre.
 
L’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM) conduit une étude sur les blogs qui traitent des sujets de défense, au sens large, en France. L'objectif est de cartographier ces blogs afin de mieux comprendre la dynamique associée à ce vecteur de communication mais aussi la place de celui-ci dans l’offre d’informations qui est disponible sur les sujets de défense. Pour ce faire, il est donc important de mieux connaître le lectorat de ces blogs. C’est l’objectif de ce sondage, qui ne prendra que quelques minutes.
Pour débuter le sondage suivez ce lien :  http://prod1-mindef-dreamv.integra.fr/index.php/766298?lang=fr
 

vendredi 29 avril 2016

Mission militaire française au Hedjaz 1916-1920 : des hommes d’exception.


 
Comme nous l’avons vu précédemment, la mission militaire française au Hedjaz de 1916 à 1920 ne va concerner que des effectifs réduits et ce, au regard des masses déployées en France par exemple. Pourtant, les cadres qui vont être plongés dans cette épopée militaire avec des conditions d’engagement d’une grande difficulté vont être les vrais acteurs du succès des opérations menées face aux Ottomans. Encadrant principalement des unités issues d’Afrique du Nord et composés de soldats algériens, marocains ou tunisiens, ces officiers et sous-officiers sont pour certains musulmans ou, pour d’autres iront jusqu’à se convertir à l’Islam pendant la mission. Certains d’entre eux ont été oubliés malgré leur héroïsme, leur sens de l’adaptation, leur faculté d’intégration auprès des troupes chériféennes et malgré leur grande intelligence tactique. Je vais donc m’attarder sur les personnalités et carrières de certains d’entre eux afin de saluer leur mémoire et saluer leurs qualités comme leurs parcours atypiques.
 

samedi 23 avril 2016

Mission militaire au Hedjaz : présentation au ministre de la défense de l’exposition à Amman en Jordanie.


Le 19 avril 2016, à Amman en Jordanie, j’ai eu la fierté et l’honneur de commenter au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, pendant près d’une heure, l’exposition consacrée à la participation française à la révolte arabe du Hedjaz de 1916 à 1918. A l’occasion de cette inauguration à la « Jordan National Gallery » étaient également présents le prince Fayçal frère du Roi, le chef d’état-major des armées jordaniens, le général El Zaben, ainsi que de nombreuses personnalités jordaniennes et françaises provenant des équipes gouvernementales respectives (culture et défense) ou de la sphère civile comme monsieur Ladreit de la Cherrière ou la journaliste Sonia Mabrouk.
Il s’agissait, devant près d’une cinquantaine de photographies inédites issues de fonds privés français et jordaniens comme de l’ECPAD, de revenir sur le bien mal connu engagement de soldats venus de France pour soutenir et appuyer les forces du chérif Hussein Ibn Ali en lutte contre l’Empire ottoman sur les territoires actuels de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie et de la Syrie.
Revenons donc, comme je l’ai fait, sur la chronologie des évènements avant d'aborder, dans de prochains articles, les personnalités et les enseignements tactiques en lien avec ce théâtre d’opérations.

mercredi 13 avril 2016

Les Français dans le Hedjaz, introduction d'une nouvelle thématique.


Dans les jours à venir, je vous proposerai plusieurs articles en lien avec les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale mais avec un focus bien différent tourné vers l'Orient. En effet, nous quitterons les champs de bataille russes et français mais aussi les Dardanelles pour nous pencher sur l'histoire méconnue des soldats français de la mission militaire au Hedjaz. Celle-ci a été engagée aux côtés de la dynastie hachémite qui a conduit la révolte arabe de 1916 à 1918 contre l'empire Ottoman. Très longtemps oublié ou méconnu, le déploiement de ces 45 officiers et près de 1000 sous-officiers et hommes de troupe a été déterminant dans la victoire obtenue par le Chérif Hussein ( et de ses fils) de Médine à Damas en passant par El Ouedj, Aquaba, Maan ou Deraa.

lundi 4 avril 2016

Exposition aux Invalides : Napoléon à Sainte-Hélène.

 
A partir du 6 avril 2016, vous pourrez découvrir au Musée de l'Armée, une exposition consacrée à l'Empereur et à ses dernières années d'exil. Comme le détaille la présentation ci-dessous, il s'agit, au travers du mobilier ainsi que des écrits et méditations de ce célèbre détenu, de mettre en relief l'homme qu'il fut comme le souverain et le chef de guerre dont chacun connaît l'épopée. Une approche originale donc pour mettre en exergue les vraies victoires de Napoléon, dans le domaine militaire certes mais aussi dans une volonté farouche de faire rayonner la France, sa culture, son économie, ses valeurs tout en bâtissant, avec lucidité et clairvoyance , la légende d'un des plus grands hommes de notre histoire. Aujourd'hui encore, on peut puiser dans ce sentiment de grandeur et ces rêves de gloire les sources de l'esprit de résilience si nécessaires face aux défis contemporains. Une "peinture éphémère" à vivre pleinement aux Invalides :
"18 juin 1815, la bataille de Waterloo sonne le glas de l’Empire. Napoléon, vaincu, prend la route de l’exil. Craignant un éventuel retour de l’homme des Cent Jours, l’Angleterre fait le choix de la dernière demeure de l’Empereur : ce sera Sainte-Hélène, petite île hérissant ses reliefs hostiles au milieu de l’Océan Atlantique. Napoléon y débarque avec ses plus fidèles compagnons et s’installe à Longwood House, logis pour le moins modeste dans lequel il finira ses jours.
Organisée autour de l’opération exceptionnelle de restauration des meubles de Longwood House, l’exposition Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire offre au public français l’occasion unique de venir contempler le mobilier qui entourait l’Empereur au moment de sa mort. Les vestiges impériaux, que Napoléon a réussi à emporter avec lui, entrent en résonnance avec la précarité de sa condition de prisonnier. Que reste-t-il alors de l’Empereur, que reste-t-il de l’homme ? Napoléon se lance dans sa dernière conquête, celle de la postérité et fait de Sainte-Hélène le lieu de l’écriture de la légende, dès avant sa mort, le 5 mai 1821."
Bonne visite à ceux qui auront la chance de voir cette exposition.

mardi 29 mars 2016

L'écho du champ de bataille rejoint la communauté THEATRUM BELLI.

 
Un petit intermède pour vous annoncer que votre blog a rejoint la communauté THEATRUM BELLI dont vous trouverez le lien vers le site internet ci-contre. D'une grande richesse, THEATRUM BELLI (TB) se propose de renforcer le lien citoyen de défense au travers de réflexions et d'articles touchant à l'histoire militaire, à la sécurité,  au renseignement, à l'évolution de l'armement mais aussi au contexte géopolitique du moment. Il recense également de nombreux ouvrages dans une large bibliothèque numérique (dont mon ouvrage) et participe aux nombreuses initiatives mémorielles (Centenaire de la Grande Guerre) si importantes à l'aune de ces dernières années.
Depuis maintenant 10 ans, son fondateur, Stéphane Gaudin accompagne le monde de la défense, en particulier en soutenant les soldats en opérations par de nombreux courriers comme les blessés militaires, à l'image des défis qu'il relève aux côtés du sergent Vincent Dorival. Comme d'autres blogs (Guerres et conflits) et d'autres contributeurs (Olivier Entraygues, les stagiaires de l'Ecole de guerre ou Caroline Galacteros par exemple), "L'écho du champ de bataille" est heureux de faire partie de la communauté TB. Bonne lecture...

lundi 28 mars 2016

Revenir sur la bataille de Verdun : l'ouvrage d'A. Prost et G. Krumeich.

 
 
Cette semaine, pour revenir sur la bataille de Verdun en 1916, je vous propose cet ouvrage de synthèse écrit par deux historiens, l'un français et l'autre allemand. Cette étude apporte une vision politico-militaire globale de cette campagne et ce, même si les dernières pages lassent un peu le lecteur par une réflexion trop marquée sur les conséquences mémorielles de cette confrontation si symbolique, d'abord en France jusqu'à aujourd'hui puis en Allemagne dans les années 1930 afin de soutenir  l'idéologie nazie.
En effet, Verdun "n'est pas une bataille comme les autres, c'est la grande bataille de la Grande Guerre". Ces mois passés sous un  déluge de feu et d'acier deviennent "une métaphore de toute la guerre qui ne peut se terminer qu'après la reprise du terrain perdu en 1914 mais aussi en 1871. Verdun, symbole d'un patriotisme terrien et défensiste, pour lequel gagner est regagner ce que l'on a perdu".

lundi 21 mars 2016

Paratroupes : tactique des troupes aéroportées par le lieutenant-colonel MIKSCHE. (2/2)


Nous poursuivons l'étude des écrits de l'officier tchèque (et français de coeur), le lieutenant-colonel MIKSCHE qui revient, en 1946, sur l'histoire et l'emploi des troupes aéroportées.
A partir du 4ème chapitre, l'auteur recentre son propos sur l'aspect doctrinal et la dimension tactique des "Paratroupes", unités regroupant les parachutistes, les unités commandos ou les forces conventionnelles projetées voire débarquées à terre avec des aéronefs.
S'il n'ignore pas que "les situations militaires s'accompagnent d'une telle variété de conditions qu'il est impossible d'en trouver deux de semblables. De ce fait, les plans d'opérations et les décisions du champ de bataille ne peuvent se calquer sur des schéma." il souhaite néanmoins donner des cadres type d'emploi des troupes aéroportées.

mercredi 16 mars 2016

Paratroupes : tactique des troupes aéroportées par le lieutenant-colonel MIKSCHE. (1/2)

 
En 1946, un officier tchèque, le lieutenant-colonel MIKSCHE, qui a rejoint la France Libre pendant le second conflit mondial, participe au renouveau de la pensée militaire française. S'appuyant sur l'histoire militaire, il rédigera de nombreux ouvrages et articles pour alimenter la réflexion opérationnelle et donner aux jeunes officiers les bases  ou paradigmes propre à la réflexion sur les conflits à venir. C'est dans ce cadre que paraît "Paratroupes", une étude passionnante sur l'histoire, l'organisation et l'emploi tactique des forces aéroportées (au sens large). Au travers de ces écrits, on devine les engagements à venir (Indochine, Suez) mais aussi les déploiements depuis les airs plus contemporains. En revanche, certaines idées méritent d'être aujourd'hui revisitées pour redonner à "l'enveloppement vertical" une nouvelle dynamique.

dimanche 6 mars 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier - février 1916. (2/2)

 
Le lieutenant-colonel Rousset décrit le déroulement du conflit mondial sur la période de janvier-février 1916, moment crucial de la guerre et ce, notamment au regard du nombre de fronts ouverts et des opérations lancées, ou en préparation.
Le 1er février, le camp retranché de Salonique est vu, au même titre que les Dardanelles en 1915, comme l'opportunité de renverser la situation même si, début 1916, cela demeure une illusion stratégique (malgré les efforts du général Sarrail pour créer les conditions de la victoire sur ce théâtre d'opérations). A tel point que notre témoin parle de "l'impuissance ennemie", y compris en Artois et en Picardie, ce qui paraît quelque peu en décalage avec les réalités du terrain.

mercredi 2 mars 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier et février 1916 (1/2).

 
Nous renouons avec le récit du lieutenant-colonel Rousset, contemporain du premier conflit mondial et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Son récit, mis en perspective de notre analyse contemporaine des évènements offre, à la fois un formidable regard averti sur la Grande Guerre, mais aussi de véritables axes de réflexion sur la tactique et les enseignements opérationnels. Il aborde cette fois les importants combats, sur tous les fronts de janvier et février 1916 qui auront des conséquences décisives.
Les 1er et 2 janvier 1916, au Cameroun, les Anglais venus du nord-ouest et les Français arrivant du Tchad et du Congo poussent les Allemands à se replier au-delà de Gaundé. Des pièces à longue portée allemande frappent des villes importantes comme à Nancy avec un objectif stratégique et des effets proches de la guerre psychologique. Sur mer, le bilan 1915 montre que, notamment, les sous-marins de la marine allemande demeurent une menace sérieuse après avoir coulé 231 navires britanniques et 212 autres étrangers.

dimanche 28 février 2016

Quand "L'écho du champ de bataille" rayonne et garde votre confiance !

 
Chers lecteurs, quelques lignes pour vous faire un point d'étape sur votre blog mais aussi afin de vous donner des nouvelles quant à son rayonnement ou à la publication de mes écrits sur d'autres supports. Merci de votre fidélité et de votre confiance qui donnent envie de poursuivre cette belle aventure comme de partager la passion de l'histoire militaire, de la stratégie et de la tactique.
En cette fin février 2016, votre blog a atteint les 402 000 connexions après un peu plus de 4 années d'existence avec, en moyenne, de 250 à 700 visites quotidiennes. En outre, cet intérêt se prolonge largement au travers de mon fil et compte Twitter https://twitter.com/echochampbatail et ses 724 abonnés permettant ainsi de prolonger la réflexion avec des liens vers d'autres auteurs ou articles.
Des articles que je vous ai proposés sur "L'écho du champ de bataille" sont également publiés sur d'autres médias comme "Et si Napoléon avait combattu Daech ?" qui est paru sur le dernier numéro (n°42 décembre 2015) des "Cahiers du CESAT" (Centre d'études stratégiques de l'armée de Terre) page 54 https://drive.google.com/file/d/0B1k5Gba_7L7PbHlHUzJMVko4WEk/view 
et bientôt sur le numéro 206 (mars 2016) du "Carnet de la Sabretache" http://lasabretache.fr/.

lundi 22 février 2016

Il y a 100 ans, la bataille de Vedrun (2/2).


 
Pour poursuivre avec les commémorations de la bataille de Verdun initiées hier, il semble important de revenir sur un certain nombre d'enseignements opérationnels tout en saluant la valeur des soldats français engagés. Ces derniers, même s'ils ont vécu un enfer pendant près de 10 mois, sous un orage d'acier pour paraphraser Ernst Jünger, avaient bien compris la valeur et l'importance de leur dévouement et de leur sacrifice en cette hiver 1916. En effet, comme on peut le lire dans l'ouvrage "Verdun" d'Antoine Prost et Gerd Krumech, quand les Poilus du 95ème RI montent en ligne le 22 février, ils sont exténués après une marche de 50 km en 36 heures le ventre vide. Les traits sont tirés, les corps douloureux mais, alors qu'ils croisent ceux qui arrivent des tranchées du front et que ces derniers leur font part de l'enjeu du combat qui s'annonce, les fantassins du 95 retrouvent de la vigueur, oublient la fatigue pour se lancer dans la fournaise sans état d'âme. Sans omettre la sauvagerie de ces combats, leur aspect inhumain à bien des égards, ne faisons donc pas un procès a posteriori en analysant uniquement cette confrontation que sous le prisme de nos perceptions contemporaines, celles-là même qui rejettent souvent la mort, le sens de l'intérêt général, le patriotisme ou encore le courage désintéressé.
En outre, cette bataille souligne également le rôle clé de la préparation, de l'anticipation tactique et du renseignement, aptitudes qui doivent donner au chef le temps d'avance comme sa capacité à reprendre l'initiative et l'ascendant dès que l'ennemi culmine et ce, pour utiliser un terme cher au général Yakovleff ("dans son livre Tactique théorique").

dimanche 21 février 2016

Il y a 100 ans, la bataille de Vedrun (1/2).

 
Le 21 février 1916, la 5ème armée allemande se lance à l'assaut des lignes françaises autour de Verdun après une exceptionnelle préparation d'artillerie de près de 1200 canons dont plus de 500 pièces lourdes. Sans revenir sur le choix tactique des Allemands et le contexte des opérations après plus d'un an et demi de combat, cette bataille concentre à elle seule, en quelques mois, les éléments principaux constituant la physionomie de la première guerre mondiale. En outre, elle demeure forte de symbole et, pour ne plus céder à "la victimisation" du soldat, cette commémoration du centenaire doit être l'occasion de revenir sur certains enseignements opérationnels mais surtout sur la bravoure, la force et l'esprit de résistance du soldat français face à l'ennemi allemand, ce dernier étant persuadé qu'il pourra vaincre grâce à la puissance de ses armes comme à la supériorité numérique.
 
Rendons donc hommage à nos Poilus, à ses 30 000 soldats assaillis, sur  quelques dizaines  de kilomètres de front, après un orage de feu jamais vu, par 60 000 combattants allemands . Comment ne pas évoquer ses hommes qui, autour de chefs comme le colonel Driant au Bois des Caures, comme le commandant Raynal au fort de Vaux ou comme le lieutenant Dupuy au fort de Souville, vont résister malgré le froid, la boue, l'épuisement, le terrain ravagé, le fracas des assauts et l'air vicié par les gaz. Ce sont des héros, des symboles de ce que la France a de meilleur quand elle est unie par un patriotisme profond, une volonté de défendre ses valeurs, sa terre, ses enfants mais aussi sa culture, son héritage et son patrimoine. Aussi, en mémoire à ses soldats français, mettons donc aujourd'hui en exergue cette force morale et cette "résilience" nationale, cet esprit guerrier qui, loin d'être une violence aveugle, donne la force de lutter contre une menace. Ce devoir de mémoire est essentiel en ces jours difficiles et ce, avant de commémorer une identité européenne ou une réconciliation franco-allemande.
 
A suivre...

dimanche 14 février 2016

22 février 2016, réouverture du Mémorial de Verdun au public.

 
Fermé depuis 2013 après de longues décennies d'existence, le Mémorial de Verdun ouvrira de nouveau ses portes, le 22 février prochain, au lendemain du centenaire de la bataille. Déjà de grande qualité avant sa rénovation, ce site de mémoire a revu entièrement sa scénographie et son parcours de visite et ce, afin de donner aux visiteurs une compréhension de la bataille mais aussi pour rendre hommage aux combattants. Mais au-delà de ce travail pédagogique, les responsables du Mémorial ont voulu garder le sens porté par ses créateurs qui, comme Maurice Genevoix (vétéran de la Grande Guerre et écrivain célèbre) ont considéré que : "  ce Mémorial a été édifié par les survivants de Verdun, en souvenir de leurs camarades tombés dans la bataille pour que ceux qui viennent se recueillir et méditer aux lieux mêmes de leur sacrifice, comprennent l’idéal et la foi qui les ont inspirés et soutenus ". Ainsi, Le parcours du nouveau Mémorial place le visiteur au cœur du champ de bataille. Le rez-de-chaussée est dédié à l’expérience des combattants en première ligne. Au premier étage, vous pourrez découvrir  l’environnement de la bataille et les contextes des pays en guerre. Le champ de bataille se découvre ensuite depuis les terrasses du dernier étage où il est possible d'y décrypter les traces de la bataille dans le paysage environnant. Le visiteur sera, tout au long de cette expérience, le témoin de la violence du feu de l'artillerie, de l'effort logistique consenti sur la "Voie sacrée" et du quotidien des soldats dans cet enfer de feu et d'acier. Un lieu à voir ou à revoir donc, pour rendre hommage à ces hommes si courageux et pour tirer les enseignements opérationnels de cette confrontation si violente.
Bonne visite à ceux qui pourront le découvrir.
En savoir plus : http://memorial-verdun.fr/

mardi 9 février 2016

Documentaire "Verdun, ils ne passeront pas" sur ARTE ce soir.



Ce soir sur ARTE, et alors que l'on se rapproche le 21 février 2016, jour du centième anniversaire de la bataille de Verdun, sera diffusé le nouveau documentaire de Serge de Sampigny "Verdun, ils ne passeront pas". Ayant eu la chance de le visionner en avant-première à l'Ecole militaire le 27 janvier dernier, ce documentaire aborde cette confrontation si symbolique avec un regard nouveau, des images inédites fournies par l'ECPAD, des animations 3D pour visualiser le théâtre d'opérations et quelques films colorisés qui rapprochent le spectateur des soldats de l'époque.
Les cinéastes, conseillés par l'historien américain Paul Jankowski, ont essayé de comprendre les ressorts de cette bataille si meurtrière même si une des conclusions majeures tient à une impression d'emballement tout au long des 8 mois d'affrontement. Le documentaire met l'accent sur les perceptions de l'autre vu de chaque belligérant, sur leurs ressorts internes (symbolique, humiliation, revanche, sentiment de supériorité, enjeux politiques et militaires, ...) mais aussi sur les choix tactico-opératifs. Le réalisateur n'hésite pas à mettre en avant certaines figures issues des deux camps (Driant, Pétain, ...), notamment dans les états-majors mais peut aussi faire un procès à charge quand il juge les choix dénués de sens. Dans le même temps, la lecture de lettre de soldats français et allemands humanise le récit et permet de rendre hommage au sacrifice de ces hommes plongés dans un combat dantesque où la puissance des feux de l'artillerie ravage les lignes. Une diffusion à ne pas manquer pour renouer avec Verdun, ce symbole si fort et si riche de sens dans notre inconscient collectif national.

samedi 6 février 2016

2016 : année de la Marseillaise, son histoire, son symbole.

 
En cette semaine d'anniversaire pour notre hymne national, "La Marseillaise", et alors que le président de la République a décidé de faire de 2016 l'année de ce chant si chargé de symbole pour les Français comme pour le monde, j'ai souhaité revenir sur son histoire. En effet, si l'on envisage le temps long, la Marseillaise, tout en conservant, contre vents et marées, ses paroles et sa vigueur, elle a su également s'adapter aux évolutions, aux époques et ce, tout en donnant du sens aux grandes étapes de l'histoire de France.
Elle est née à une période tragique où la France, en proie à des évolutions sociétales majeures, était également menacée à ses frontières. Aussi, son auteur, Rouget de Lisle en a fait "le cri de vengeance et d'indignation du noble peuple qui venait de proclamer les Droits de l'Homme et qui se refusait à ployer le genou devant l'étranger." Mais au-delà de cette perception nationale qui n'a pas toujours été la même, la Marseillaise a dépassé les frontières, à l'instar de ces paroles de Poincaré qui déclarait en 1915 : "Partout où elle retentit, la Marseillaise évoque l'idée d'une nation souveraine qui a la passion de l'indépendance et dont les fils préfèrent délibérément la mort à la servitude. ce n'est pas seulement pour nous autres Français que la Marseillaise a cette signification grandiose. ses notes éclatantes parlent une langue universelle et elles sont aujourd'hui comprises du monde entier".

mercredi 3 février 2016

1911-1916, avec Joffre, le récit du colonel Alexandre. (2/2)

 
Avec le début du premier conflit mondial, le colonel Alexandre, qui accompagne le général Joffre depuis 1911, poursuit son récit pour tenter de mettre en avant ou comprendre les décisions du moment, les enseignements et les choix des chefs militaires et politiques de 1914 à 1916.
Avec la mobilisation générale, tous les hommes politiques, comme certains députés devenus officiers, souhaitent rejoindre le grand quartier général pensant pouvoir influer sur les manœuvres et stratégies à venir. Les plans sont confirmés, malgré les réserves de certains militaires, par le gouvernement avec une volonté de "défense de l'avant" et un déploiement à 10 km de la frontière : "au point de vue militaire, cette mesure présentait des inconvénients très sérieux, mais il n'y avait qu'à s'incliner". Avec la bataille des frontières, les premières observations montrent ensuite les limites des différentes armées.

samedi 30 janvier 2016

1911 – 1916, avec Joffre, le récit du colonel Alexandre. (1/2)


 
En 1932, le colonel Alexandre, qui a servi de 1911 à 1916 comme officier d’état-major aux côtés du maréchal Joffre, livre son récit sur les décisions de son chef pour préparer, puis conduire le premier conflit mondial. Il revient sur l’impréparation de l’armée française, ses qualités et ses défauts ainsi que les tensions dans les choix tactiques et opératifs du côté des alliés.
Après avoir brossé un portrait bien peu objectif de son chef, en particulier par une succession de qualités tant intellectuelles que militaires, l’auteur considère que le général en chef avait anticipé les difficultés à venir et qu’il fît le maximum pour combler les lacunes des forces armées sous son commandement avant le choc avec les Allemands.

mardi 26 janvier 2016

Pour une imagination opérationnelle fondée sur l’histoire, les principes et non sur l’illusion technologique. (2/2)


Suite de notre article consacré à l'imagination opérationnelle.
 
Il a donc fallu dépoussiérer certains enseignements du passé et réintroduire des doctrines comme la contre-insurrection en relisant des écrivains militaires (parfois diabolisés) de la génération des Trinquier ou Galula mais aussi en rédigeant des manuels de contre-rébellion (FT13). La seconde guerre d’Irak et l’intervention en Afghanistan ont initié à l’OTAN ainsi que chez nos alliés américains et britanniques de grandes évolutions doctrinales et de nombreux documents attestant des diverses expérimentations opérationnelles opérées par des généraux comme Petraus et Mac Chrystal.

Même au niveau politique, certains échecs ou revers ont incité les Etats à faire leur propre introspection quant à la capacité de leurs soldats à faire face aux conflits dits asymétriques. Ce fut le cas en Israël avec la commission Winograd en 2007, en France après l’embuscade d’Uzbeen en 2008 ou la projection d’un Surge américain en Irak.

Le retour d’expérience (RETEX) et la recherche opérationnelle ont fait de nouvelles émules avec la multiplication de publications et autres colloques revenant sur les combats du Vietnam dans les années 1970, les troupes auxiliaires des montagnes d’Indochine, la pensée de Lyautey ou l’intervention britannique en Malaisie de 1952 à 1954… Un vocabulaire ignoré pendant la Guerre froide a refait surface avec les notions de villages stratégiques, de guerre psychologique, d’assistance militaire opérationnelle, de forces partenaires, d’approche globale et de règles d’engagement.

Forts de ces constats, les corps expéditionnaires ont fait évoluer leur entraînement, leurs structures et leurs engagements afin d’être les plus efficaces possibles sur une période de plus en plus contrainte et avec des agendas politiques pas toujours synchronisés avec le tempo de conflits s’inscrivant toujours sur le temps long.