Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

samedi 28 décembre 2013

Lecture et enseignements : « César, chef de guerre » de Yann Le Bohec.


Cet ouvrage, publié en 2001, écrit par l’historien Yann Le Bohec, spécialiste de l’Antiquité romaine que l’on ne présente plus, demeure une réelle mine d’or pour celui qui s’intéresse aux fondements de la tactique. De la même façon, l’étude de César, en tant que chef militaire, permet de mettre en perspective les qualités d’un général telles qu’elles sont perçues à l’époque, qualités qui peuvent encore aujourd’hui, être transposées aux opérations contemporaines. Le livre de Yann Le Bohec, richement documenté mais également appuyé par les recherches les plus récentes en archéologie ou en histoire, s’articule en trois parties et ce, afin de démontrer que César était bien un stratège comme un tacticien accompli, de par son éducation (en particulier en poliorcétique), son parcours professionnel ou politique tout comme par son sens du terrain mais également sa faculté à adapter sa manœuvre à l’adversaire (barbare ou romain). Cette aptitude s’illustre grâce, en particulier, à une planification structurée des opérations, ces dernières pouvant parfois sortir ou prendre de la distance avec le carcan doctrinal de leur temps afin de surprendre et de déstabiliser l’ennemi au bon moment.
Il serait donc trop fastidieux de synthétiser l’ensemble de ce travail qui court de la jeunesse de César à la fin de la guerre civile avec Pompée, de l’Orient à la Gaule en passant par l’Italie, la Germanie ou l’Espagne mais nous tâcherons de mettre en exergue ce qui fait de César un général remarquable.

mercredi 25 décembre 2013

Joyeux Noël à tous les lecteurs.

 
En ce 25 décembre 2013, je souhaite un joyeux Noël à tous les lecteurs de "L'écho du champ de bataille" et je vous remercie de votre fidélité ainsi que de votre intérêt porté à toutes les problématiques soulevées dans notre blog, en lien avec l'histoire militaire, la stratégie, la tactique ou l'art opératif. Avec plus de 173 000 connexions depuis maintenant 2 ans d'existence mais aussi entre 250 et 500 visiteurs quotidiens, votre confiance me porte à continuer dans cette belle aventure et à poursuivre l'écriture d'articles de fond, de fiches de lecture ou tout simplement de réflexions sur des ouvrages ou de grands évènements touchant la mémoire, le souvenir voire, tout simplement, l'art de la guerre en général.
Une pensée également pour les militaires français déployés sur de nombreux théâtres d'opération (Afghanistan, Afrique, Liban, Vigipirate,...) et qui passent ses fêtes de fin d'année loin de leurs familles ou de leurs proches et ce, afin d'accomplir les difficiles et exigeantes missions qui leur sont confiées.
L'année 2014, qui va s'ouvrir, nous offrira aussi  l'opportunité d'évoquer encore davantage le centenaire du premier conflit mondial très riche en enseignements et en batailles illustres, ou méconnues, mais aussi le 70ème anniversaire de la Libération tout comme les réflexions de grands chefs militaires contemporains de ces combats, de Foch à Beaufre en passant par De Gaulle, Leclerc, Joukov ou Schlieffen.
A bientôt donc sur votre blog et, encore une fois, bonnes fêtes.

samedi 21 décembre 2013

"La guerre vue du ciel" : un ouvrage riche d'enseignements.

 
Nous vous proposons la lecture du livre du lieutenant-colonel Scheffler, de l'armée de l'air, qui décrit pour la première fois, avec réalisme et détails, son quotidien de  pilote de chasse. A l'occasion d'une passionnante présentation au 40ème RA de Suippes, l'auteur a ainsi illustré une partie de son ouvrage devant les artilleurs et, en particulier devant les membres des équipes FAC (Forward air controler) du régiment qui ont, pour nombre d'entre eux, servi et guidé des frappes air-sol sur les théâtres d'opération récents ou se préparent à partir en OPEX. Riche de son expérience aux commandes d'un Mirage 2000 D, à l'entraînement comme au dessus de l'Afghanistan ou de la Libye, cet officier démontre dans son livre la complexité de sa mission afin de maîtriser un système d'armes puissant, aux larges potentialités mais surtout capable d'apporter aux troupes au sol un appui  adapté à la menace, du tir canon au renseignement  tactique en passant par le largage de bombes de 250 kg ou des frappes dans la profondeur opérative. Son témoignage souligne la qualité des équipages français mais aussi la complémentarité comme la coordination interarmées symbolisées par le dialogue entre le FAC, l'unité de l'armée de terre agissant au contact  et l'équipage de l'avion. Si chacun perçoit le champ de bataille, le terrain, l'ennemi, la menace ou la situation à sa façon, tous les efforts convergent pour mener à la réussite de la mission et à la préservation des vies humaines civiles et militaires.
Dès lors, afin de vous donner un autre aperçu du livre, je fais suivre cette introduction par une fiche de lecture rédigée par un capitaine de l'armée de terre, FAC lui-même, engagé en Afghanistan en 2012 et qui a pu longuement échangé avec le lieutenant-colonel Scheffler. Gageons que nous verrons d'autres militaires partager, à l'avenir, leurs expériences opérationnelles pour profiter des enseignements que cela peut susciter. Bonne lecture... 

dimanche 15 décembre 2013

Il y a 69 ans, le 16 décembre 1944, les Allemands déclenchaient l'offensive des Ardennes.


Comme nous le faisons parfois, votre blog suit l'éphéméride de l'histoire bataille afin d'évoquer des principes de l'art de la guerre, des ouvrages ou encore des musées particuliers. Aussi, à la veille du 69ème anniversaire de la bataille des Ardennes, "L'écho du champ de bataille" vous propose dans la rubrique " Mémoire et évènements" un lien vers le musée dédié à cette campagne dans les environs de Bastogne en Belgique. Sur ce site, vous trouverez également une vidéo qui présente les riches collections  de cet établissement qui traite à la fois de l'offensive allemande, des poches de résistance américaine mais aussi des contre-offensives alliées du mois de janvier 1945. Dans ce cadre, nous avions déjà publié, il y a quelques semaines, un article sur le risque et la surprise en nous appuyant sur cette bataille hivernale http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2013/10/surprise-et-initiative-lexemple-de-la.html#more .
De la même façon, une fois n'est pas coutume, nous vous invitons également à visionner quelques extraits cinématographiques ou documentaires qui illustreront certaines caractéristiques tactiques propres à un conflit conventionnel symétrique, à savoir :

mardi 10 décembre 2013

Enseignements de la campagne du maréchal Leclerc au Sahara 1940-1943. (2)

 
Nous poursuivons et terminons notre lecture des enseignements de la campagne saharienne du maréchal Leclerc à la tête d'une poignée de combattants devenus forces françaises libres.
 
Devant ce milieu si particulier que constituent les zones désertiques des confins du Tchad et de la Libye, le général Ingold décrit le combat au Sahara comme un long assaut sur un "océan" aride. C'est un "assaut vers un ennemi qu'ils ne voyaient pas, mais dont ils guettaient sans cesse l'apparition à l'horizon, comme le marin guette au loin la vision d'une escadre ennemie. Le mot d'ordre était alors de se jeter à sa poursuite et d'essayer, par la manœuvre, de lui couper la route, sa route à travers la mer de sable, tandis qu'aux pièces, pointeurs, tireurs déclenchaient le tir des armes".

jeudi 5 décembre 2013

Enseignements de la campagne du maréchal Leclerc au Sahara 1940-1943. (1)


Alors que depuis plus de 2 ans maintenant le centre de gravité des engagements de l'armée française s'est de nouveau porté en Afrique du Nord et dans la zone sahélienne en particulier (Libye, Mali, Tchad, ...), il m'est apparu intéressant de revenir sur les combats des forces françaises libres (FFL) conduites par Leclerc dans cette même région pendant le second conflit mondial. De la même façon, le 1er décembre dernier, une cérémonie aux Invalides rendait hommage à cet officier atypique et prestigieux dans le cadre des commémorations du 69ème anniversaire de sa mort (survenue le 28 décembre 1947 en Algérie) . 

lundi 2 décembre 2013

Sous le soleil d'Austerlitz...

Le 2 décembre demeure, pour les passionnés d'histoire militaire, l'anniversaire de l'éclatante victoire de Napoléon à Austerlitz en 1805. Cette bataille est un chef d'œuvre tactique de l'Empereur face aux armées austro-russes dans laquelle il distille les ingrédients de son art de la guerre : le choix du terrain, la surprise, la mobilité, la ruse, la maîtrise du temps mais aussi la force morale face à un ennemi numériquement supérieur tout comme la capacité à concentrer les efforts au bon moment (comme nous l'évoquions dans notre article paru il y a de cela un an pour saluer cet évènement http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/12/histoire-bataille-petit-clin-dil.html#more). Mais le 2 décembre est aussi célébré par les saint-cyriens à l'occasion du "2S" car c'est au cours des combats d'Austerlitz qu'ils perdirent le premier d'entre eux, formé au sein d'une école créée 3 ans plus tôt par le consul Bonaparte et ce, afin de préparer et d'instruire les jeunes cadres de son armée.  Aussi, chaque année, les jeunes élèves officiers reconstituent la bataille dans la lande bretonne et les officiers issus de Saint-Cyr honorent la mémoire de Napoléon et de leurs anciens au moment du lever de soleil de cette journée si particulière.

mercredi 27 novembre 2013

L'artillerie fête Sainte-Barbe...


Les 7 et 8 décembre prochains, l'artillerie fêtera sa sainte patronne et proposera, cette année encore, dans la cour du musée de l'Armée, des démonstrations de matériels d'hier et d'aujourd'hui. Sous l'œil attentif de Napoléon, le maître des lieux, les Invalides accueilleront un canon CAESAR, matériel engagé ces dernières années en opérations, du Liban au Mali, en passant par les Emirats arabes unis, mais aussi ses ancêtres plus anciens comme le Gribeauval si cher à l'empereur ou le canon de 75mm de la première guerre mondiale ainsi que le canon de 40mm Bofors anti-aérien. Quelle que soit l'époque, le feu des artilleurs a toujours constitué un appui indispensable pour les autres armes grâce à sa puissance de destruction, sa précision, son rôle dissuasif, sa portée et enfin, sa mobilité. Cette fonction opérationnelle demeure ainsi un outil indispensable pour garantir la liberté d'action du chef militaire.
L'artillerie a d'ailleurs renversé bien souvent le cours des batailles, que l'on pense à la bataille de Castillon en 1453 (qui met fin à la guerre de 100 ans), à Valmy en 1792, au siège de Toulon avec la "batterie des hommes sans peurs(voir dessin) d'un certain Bonaparte et également à Wagram en 1809 (pour percer le flanc du dispositif autrichien)  ou tout simplement, aux conflits des XXème et XXIème siècles.
Aussi, pour ceux qui le peuvent, profitez de cette présentation à Paris dont vous retrouverez tous les détails sur le lien de la rubrique "Mémoire et événements" de votre blog.

dimanche 24 novembre 2013

La défensive, l'héritage tactique de la première guerre mondiale : le combat de l'infanterie (Fin).


Nous terminons notre étude du livre du commandant Bouchacourt si caractéristique de la pensée tactique française de l'entre-deux-guerres avec une vision du champ de bataille à la fois construite autour de principes et procédés universels mais aussi sclérosée par un emploi étriqué des fantassins.
Dans les deux précédents articles, nous avons vu que l'auteur considère que l'attaque est principalement une œuvre de force en réunissant au point attaqué des effectifs et des moyens supérieurs à ceux des défenseurs. Pour l'armée française de 1927, il est dangereux d'opposer l'adresse (donc la manœuvre) à la force tout comme d'envisager qu'une percée locale peut permettre l'effondrement du dispositif adverses : "Si une unité pousse en flèche d'une manière trop sensible par rapport à sa voisine, elle se crée un flanc découvert et se trouve vite arrêtée dans sa progression". Malheureusement pour ces théoriciens, en 1940, devant Sedan, les Allemands, quant à eux, démontreront que des corps francs ou des unités du génie d'assaut (comme celui du lieutenant Wackernagel) sont capables de s'infiltrer et de briser une ligne de résistance.

lundi 18 novembre 2013

L'héritage tactique de la première guerre mondiale : le combat de l'infanterie.(2)


Nous poursuivons notre étude de l'ouvrage du commandant Bouchacourt, rédigé au sortir de la guerre et consacré à la tactique de l'infanterie et aux expériences opérationnelles des derniers mois du premier conflit mondial.
Dans l'attaque, après la phase de préparation et d'approche, il s'agit de faire irruption dans la position ennemie, moment clé de l'action pour prendre de court l'adversaire, le désorganiser et finalement disloquer son dispositif. L'action repose sur la surprise et sur de puissants moyens d'artillerie afin de développer un feu roulant continu, capable de masquer (et de protéger) les nombreuses troupes menant l'assaut. La surprise est obtenue par une mise en place des forces au dernier moment (nuit précédente), l'absence de terrassement (ou d'abris) ou de tirs d'artillerie de réglage.

jeudi 14 novembre 2013

L'héritage tactique de la première guerre mondiale : le combat de l'infanterie.(1)


L'étude des batailles du premier conflit mondial met souvent en avant les terribles assauts meurtriers, le combattant englué au fond de tranchées, le fracas et la puissance du feu d'artillerie qui annihile toute manœuvre. Néanmoins, certains auteurs ont démontré qu'en 1918, l'armée française s'était remarquablement adaptée pour renouer avec la guerre de mouvement avec une doctrine interarmes associant des fantassins mieux équipés, des appui feux coordonnés, des chars d'assaut ou une aviation maîtrisant le ciel. Il apparaît donc intéressant de se pencher sur l'héritage tactique, ou sa perception, voire son interprétation à la fin des années 1920. Pour cela, j'ai pu consulter un ouvrage rédigé par le commandant Bouchacourt (qui terminera sa carrière comme général commandant la 42ème division d'infanterie), en 1927, et édité aux éditions Lavauzelle. L'auteur y traite presque exclusivement de l'infanterie, dans l'attaque et la défense et cherche à théoriser l'emploi de cette arme pour les combats à venir en s'appuyant exclusivement sur les enseignements des combats de la Grande guerre et sur les textes réglementaires en vigueur au moment de l'écriture de son traité. Nous verrons que cette démarche le conduit, de fait, à faire preuve à la fois d'une belle clairvoyance sur certains principes fondateurs (surprise, audace, réserves,...) mais aussi d'une pensée quelque peu sclérosée dans les schémas proposés notamment pour les missions défensives, carcan que l'on retrouvera en 1940 lors de la campagne de France.  

samedi 9 novembre 2013

Bleuet, 11 novembre et artilleurs : quand le passé s'illustre au présent.


Alors que nous sommes à deux jours du 11 novembre, anniversaire de l'Armistice et que les commémorations du centenaire du premier conflit mondial font déjà la une des médias, l'armée de terre est attentive au devoir de mémoire et aux enseignements de l'histoire militaire issus de la Grande Guerre. C'est dans ce contexte que le 40ème régiment d'artillerie de Suippes a organisé, au profit de l'ensemble de cette prestigieuse unité, une présentation de la première guerre mondiale, le 8 novembre 2013. Au cours de cette activité de près de 3 heures, des cadres et des engagés volontaires du 40 ont, avec le soutien de monsieur Dodane, historien et collectionneur, ainsi qu'avec la participation des associations des "Poilus de la Marne" et de "La main de Massiges", réalisé un exposé à plusieurs voix associant cartes, images commentées, films, présentation d'équipements d'époque et surtout, lecture de lettres écrites par les combattants sur le champ de bataille. Ce travail de culture militaire et de mémoire a pris un écho tout particulier à l'évocation des combats du 40ème RA, créé en 1894, mais également cité plusieurs fois entre 1914 et 1918 pour ses faits d'armes à Verdun, en Argonne ou à la Malmaison. Cette conférence a fait l'unanimité parmi les militaires et civils de la Défense présents, en rappelant le déroulement des combats, l'effroyable rudesse du quotidien des soldats, le courage des Poilus et ce, au travers d'un exposé détaillé et illustré par des anecdotes parfois méconnues et des militaires portant les tenues du siècle dernier. En conclusion, le principal orateur a explicité l'histoire du "Soldat inconnu", sa genèse et le récit du choix difficile du soldat Auguste Thin qui désigna, en 1920, un des 8 cercueils recueillis dans chacun des 8 secteurs français sur le front (chacun contenant la dépouille d'un soldat français mais non identifiable).
 
 
L'ensemble du régiment arborait également un peu plus de 600 Bleuets de France, en hommage à tous les anciens blessés en opérations ou tombés au champ d'honneur, initiative qui permet également de soutenir les vétérans ou leurs familles comme les pupilles de guerre ou les victimes d'actes de terrorisme.

mardi 5 novembre 2013

Femmes de guerre et hommage aux Poilus.

 
Pour clore notre série d'articles consacrés aux femmes de guerre dans l'histoire militaire et, afin d'introduire une série de posts en lien avec le premier conflit mondial et ce, à quelques jours des commémorations du 11 novembre, votre blog vous propose un colloque ainsi qu'une évocation historique particulière.
Tout d'abord, dans la rubrique "Mémoire et évènements", vous trouverez le lien vers un séminaire à venir portant sur les femmes dans les armées. Cette étude est organisée par les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et son centre de recherche (CREC), les 12 et 13 novembre 2013, au Musée de l'armée à Paris. Il s'agira de réfléchir sur le déroulement de carrière des femmes militaires, sur leurs profils, sur les opportunités ou les contraintes qui les caractérisent mais aussi sur les différences avec leurs vis à vis à l'étranger.

vendredi 1 novembre 2013

Femmes et histoire militaire : illustration et actualité.

Comme je l'annonçais dans mon précédent article, votre blog vous propose une étude des femmes de guerre au cours de l'histoire au travers de quelques portraits, des écrits ou des manifestations relatant des épisodes mettant en avant ces combattantes. A quelques jours du 11 novembre 2013 mais aussi évidemment des commémorations préparatoires au centenaire du premier conflit mondial qui s'annonce l'année prochaine, "L'écho du champ de bataille" vous présente, dans la rubrique "A lire", la réédition des mémoires de l'héroïne impériale russe Yashka commentée par Stéphane Audoin-Rouzeau et Stéphane Werth.

mardi 29 octobre 2013

Femmes de guerre : une histoire ancienne et riche.


Cet article consacré aux « combattantes » a pour ambition d’introduire des portraits qui mettent en lumière des destins connus comme des faits d’armes plus confidentiels.  Chacun d’entre eux ont souvent fait l’objet d’ouvrages riches et largement documentés ou d’articles spécialisés. En effet, alors qu’aujourd’hui la présence des femmes dans les forces armées, y compris sur les champs de bataille modernes, parait comme une évidence, on oublie souvent que l’histoire militaire, de l’Antiquité jusqu’au XXème siècle, regorge d’exemples de femmes de guerre qui ont participé aux grands conflits à des postes allant de fantassin à pilote d’aéronefs en passant par espionne, infirmière ou commandant d’une unité.
Nous balaierons donc, dans les lignes qui suivent, quelques épisodes mettant en exergue cette engagement féminin dans la guerre.

mardi 22 octobre 2013

Salon du livre militaire ancien.


Les 16 et 17 novembre 2013 prochains, au Cercle National des Armées à Paris, se tiendra la 3ème édition du livre militaire ancien. De nombreux exposants feront découvrir, dans la salle des fêtes, leurs trésors cachés, des livres dits introuvables ou encore de vieux manuscrits, souvent passionnants, qui permettent de remettre en perspective tel ou tel grand chef militaire mais aussi de "redécouvrir" la pensée tactique ou stratégique d'une autre époque. Dans ce cadre, on se rend compte, bien souvent, qu'au-delà du contexte géopolitique du moment, les perceptions des auteurs sont souvent convergentes et mettent en exergue des principes, des procédés ou des analyses emprunts d'une certaine universalité.
Bref, pour les collectionneurs, les passionnés ou les apprentis historiens comme les "écrivains en herbe", c'est un rendez-vous à ne pas manquer. Bonne visite. 

jeudi 17 octobre 2013

La bataille de Leipzig, comme si vous y étiez....

 
Le 20 octobre prochain, plusieurs milliers de figurants vont se retrouver à Leipzig pour reconstituer, devant près de 30 000 spectateurs, ce qu'on a appelé la bataille des Nations, seconde défaite de Napoléon après Essling et tournant des guerres impériales. L'Empereur, affaibli par la retraite de Russie, voit se constituer, face à lui, la 6ème coalition avec ses alliés d'hier comme les Prussiens de Schwarzenberg ou certaines provinces allemandes.

jeudi 10 octobre 2013

Surprise et initiative : l’exemple de la campagne d’hiver en Europe 1944-1945.

 
Surprise et initiative peuvent affermir la liberté d’action mais peuvent être synonyme d’échec si les effets ne sont pas soutenus dans la durée. Les Allemands vont d’ailleurs en faire la cruelle expérience sur le front de l’ouest.
A la conférence interalliée de Québec en septembre 1944, alors qu’une grande partie de la France et de la Belgique est libérée, le général Eisenhower signale que la résistance allemande se fait de plus en plus forte à l’approche de la frontière. Il propose alors de frapper puissamment les régions vitales de la Ruhr et de la Sarre avec, comme objectif principal de garder l’initiative en obligeant les Allemands à y concentrer leurs forces et ainsi à s’exposer. Les troupes américaines et britanniques sont pourtant, de l’avis des généraux qui les inspectent, épuisés par la longue marche et les combats conduits depuis le débarquement. Le général Marshall souhaite d’ailleurs transférer des Etats-Unis 9 divisions fraîches pour relever les vétérans déployés en Europe, se dotant alors « d’une force et d’une puissance de choc accrues à nos armées qui allaient avoir à effectuer une campagne d’hiver des plus difficiles ».

dimanche 6 octobre 2013

Exposition à venir...

 
Dans quelques jours, le musée de l'armée propose une nouvelle exposition (lien dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog) sur les 100 ans de présence française en Indochine. Cette histoire tourmentée sera marquée par des échanges culturels, économiques et humains importants mais aussi des soubresauts politiques (affaires des piastres) comme par plusieurs conflits, de la conquête à la décolonisation en passant par l'occupation japonaise ou la guerre franco-thaïlandaise. Une belle invitation au voyage donc et de riches références d'histoire militaire...
Nous profitons de cette annonce pour introduire, avec une citation de Rommel une série d'articles à venir : "La dissimulation est d'une extrême importance dans la conduite des opérations. Elle assure en effet les conditions de surprise indispensables aux initiatives que l'on prend et donne la possibilité de mettre à profit le temps qu'il faut à l'ennemi pour réagir. Il est recommandé d'user de ruses, de subterfuges de toutes sortes, ne serait-ce que pour semer l'incertitude dans l'esprit du commandement ennemi, l'amener à se retenir, à hésiter".
Ces posts traiteront des notions tactiques de surprise, d'audace ou de prise de risque si dimensionnantes pour les principes de liberté d'action et de concentration des efforts . Pour cela, nous ferons un panorama de la pensée militaire dans ce domaine que nous illustrerons par certaines batailles significatives. Bonne lecture
 ...

mercredi 2 octobre 2013

Hommage à Tom Clancy : entre art de la guerre et uchronie.

 
Nous apprenons ce soir le décès de Tom Clancy, le célèbre auteur de romans militaires dont les titres ont presque tous été des "Best sellers" internationaux. Cet hommage, pour celui qui a suspendu l'attention de passionnés d'affaires militaires, de stratégie et de géopolitique depuis la fin des années 1980, devait être évoqué sur votre blog par un de ses lecteurs les plus assidus. En effet, comment ne pas saluer l'imagination de cet écrivain dont la connaissance historique, politique et technique de l'art de la guerre lui a permis d'écrire ce qu'on pourrait qualifier des plus belles uchronies en lien avec les armées. Sa précision, son sens de la mise en scène, le réalisme de ses descriptions de matériels comme de modes d'action terrestres, aériens ou navals sont incontestables et expliquent, en partie, son succès. Certes, certains ont mis en avant sa vision prémonitoire après le 11 septembre, voire l'ont accusé d'avoir susciter certaines formes de terrorisme, mais son œuvre demeure surtout une belle encyclopédie de l'armement illustrée par les aventures de son héros, Jack Ryan, qui débutera sa carrière fictive comme analyste à la CIA pour finir président des Etats-Unis.
Ses histoires verront se succéder le combat sous la mer avec "A la poursuite d'octobre Rouge", la troisième guerre mondiale avec "Tempête Rouge", la lutte contre les narco-trafiquants dans "Danger immédiat", le terrorisme avec "La somme de toutes les peurs" ou l'émergence de la puissance asiatique dans "Sur ordre".
A chaque fois, les unités, les lieux ou les problématiques géopolitiques répondent à l'actualité pour la mettre en perspective et proposer au lecteur des scénarii alternatifs. Merci donc à Tom Clancy d'avoir partagé avec nous ces milliers de pages haletantes...

dimanche 29 septembre 2013

Quand les Chinois et les Américains se battaient côte à côte...(2/2)

 
Nous poursuivons notre étude des opérations en Birmanie et en Asie du sud-est pendant la seconde guerre mondiale avec, en lumière, un focus sur les relations entre Américains et Chinois ainsi que sur le poids de la logistique dans la victoire militaire des Alliés face au Japon dans cette région.
 
Pendant que les forces du général Stilwell avancent sur Myitkynia, les troupes chinoises, aux ordres du maréchal Wei Li Haung, traversent le fleuve Salouen en venant de l’est pour chercher à faire jonction avec leurs alliés. Ils y parviennent à l’été 1944 aux abords de Tengchung. Néanmoins, les Japonais, dès l’automne 1943, prévoyant une offensive sur la Birmanie, avaient massées des unités afin de préparer une contre-attaque sur deux axes. Tout d’abord, ils tentent, sans succès de reprendre l’initiative à l’est pour couper la route « Lédo » puis ils font effort en direction de l’Inde avec un objectif opératif, celui de frapper les arrières et la logistique alliés. En effet, il s’agit de s’emparer de la base anglaise d’Imphale et ainsi d’interrompre le chemin de fer « Bengale-Assam » comme de réduire le pont aérien au-dessus de l’Himalaya, celui-là même qui apporte l’équipement nécessaire à Tchang Kai Cheik pour résister en territoire chinois.
 

mardi 24 septembre 2013

Quand les Chinois et les Américains se battaient côte à côte...(1/2)

 
En janvier 1943, à Casablanca, les chefs militaires alliés décident de rétablir les liaisons terrestres entre la Chine et l'Inde pour faire obstacle à l'hégémonie nipponne et ce, en dépit de la forte poussée japonaise en Birmanie et des priorités imposées par le théâtre méditerranéen.
En effet, en Asie, seule l'action de la Chine de Chang Kai Chek permet de tenir en respect les forces armées de Tokyo tout comme elle facilite la reconquête des îles du Pacifique par les Etats-Unis.
Les Alliés  et les Chinois vont alors associer leurs atouts militaires et techniques pour bousculer leurs adversaires et réaliser une brillante planification logistique comme opérative dans un milieu difficile et face à un ennemi opiniâtre.

jeudi 19 septembre 2013

Mise à jour du blog : évocation et exposition sur la libération de la Corse en 1943.


Le Musée de l'armée à Paris propose une nouvelle exposition sur la libération de la Corse en 1943. Vous retrouvez le lien vers le site dédié à cette manifestation dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog. En effet, ce fait d'armes de l'armée française et de la Résistance demeure méconnu alors qu'il représente le premier territoire français libéré par les FFL et ce, conjointement avec la population locale sans aide majeure des troupes anglo-américaines.
L'opération "Vésuve" est commandée par le général Martin qui dispose du 1er bataillon parachutiste de choc, du 1er régiment de tirailleurs marocains, du 2ème groupe de tabors marocains ainsi que de deux escadrons du 4ème régiment de spahis marocains. Des navires assurent également l'appui feu naval et le transport à l'instar des croiseurs "Fantasque" ou "Jeanne d'Arc". Ces combattants sont renforcés par les unités italiennes qui occupaient l'île mais  qui ont rejoint les Alliés après l'effondrement du régime de Mussolini (près de 80 000 hommes). Face à eux, deux divisions allemandes, incomplètes certes (entre 10 et 30 000 soldats) mais encore disciplinées et manœuvrières.
A partir du 8 septembre, les résistants français de Corse s'emparent d'Ajaccio, accueillent les premières unités FFL qui débarquent et harcèlent les troupes allemandes. Celles-ci sont d'ailleurs rejointes par les éléments stationnés en de Sardaigne. Après avoir tenté de reprendre pieds au sud, les forces de Berlin se replient le long de la côte orientale, imposant aux forces franco-italiennes de mener un large débordement pour prendre l'adversaire de vitesse. Après d'âpres combats sur les cols mais aussi l'action déterminante des maquis, les Allemands évacuent l'île.  La Corse est alors reconquise le 5 octobre 1943, devenant le premier département de France métropolitaine libéré.
 
 

dimanche 15 septembre 2013

Pourquoi les aviateurs français n'ont-ils pas su s'imposer en mai 1940 ?

Comme je souhaitais l'évoquer, cet article va aborder la problématique de l'aviation française en 1940 et son échec face aux opérations interarmées allemandes. En effet, dans de nombreux témoignages et ouvrages, il est fait état d'une absence remarquée des avions français dans le ciel de la bataille qui se joue de Breda à Sedan et ce, tant dans le domaine du renseignement que de celui de la supériorité aérienne ou du bombardement. Pourtant, les aviateurs revendiqueront plusieurs centaines de victoires (quelles que soient les sources et la polémique qui persiste sur ces chiffres) mais perdront 40% de leurs officiers et 20% des sous-officiers. Nous verrons donc, qu'au-delà du courage et de l'engagement des pilotes, personnels navigants et troupes au sol en 1940, l'armée de l'air française a payé son impréparation technique et doctrinale face à une Luftwaffe mieux organisée et aguerrie.

mercredi 11 septembre 2013

Quelques réflexions sur la guerre des Gaules...(2/2)

 
Nous achevons notre réflexion sur la guerre des Gaules afin de savoir si César et ses légions auraient pu être tenus en échec par les combattants et armées celtes auxquels ils ont été opposés pendant la campagne. Dès lors, après avoir vu que la pensée sur l’art de la guerre romaine est bien plus aboutie qu’il n’y paraît (et même si elle n’a pas toujours été formalisée par des traités), nous allons nous interroger sur les forces et faiblesses des unités de combat de Rome ainsi que sur leurs modes d’action.

 
La tactique romaine et les légions.
L’équipement des légionnaires est standardisé avec, en particulier, le bouclier ovale et hémisphérique d’origine samnite, un casque et le couple glaive-javelot (gladius et pilum) pour l’engagement. Cet ensemble contribue à la maîtrise du combat individuel et facilite la protection du combattant qui peut frapper, à l’abri des coups, avec un panel d’armes puissantes.

lundi 2 septembre 2013

Quelques réflexions sur la guerre des Gaules...(1/2)

Au détour de ma visite du musée consacré à Alésia, en Bourgogne (voir votre rubrique "Mémoire et évènements"), site qui est remarquablement bien pensé et conçu, j'ai voulu revenir sur ce conflit entre tribus gauloises et légions romaines. Cette guerre aura été tantôt asymétrique (embuscades, methode de la terre brûlée, prises d'otages,...) tantôt disymétrique voire symétrique (batailles de Gergovie, d'Avaricum, siège d'Uxellodunum...). Dans les lignes qui suivent, je m'attarderai ainsi uniquement sur le général de Rome qu'était César et sur ses légionnaires afin de savoir si ces derniers disposaient vraiment d'une supériorité tactique ou technique sur les armées gauloises et si cette confrontation ne pouvait qu'aboutir à une victoire militaire de Rome.

jeudi 29 août 2013

Chronique du jour : un ouvrage à ne pas manquer...

Exceptionnellement, une petite chronique afin de saluer la sortie, aujourd'hui, du livre "L'offensive du Têt, le tournant de la guerre du Vietnam" de Stéphane Mantoux. Ce dernier est, comme moi, membre de "L'Alliance géostratégique" et anime un blog de belle facture "Historicoblog" sur l'histoire militaire.
Dans son ouvrage, il traite d'un sujet rarement évoqué dans le monde francophone mais qui apporte de remarquables éclairages sur la guerre insurrectionnelle ou asymétrique, ses moyens, ses principes comme ses modes d'action ou les ripostes possibles. En effet, si la puissance militaire américaine, en 1968, croyait encore pouvoir vaincre le Vietcong, elle ignore que le général Giap, ministre de la Défense du Nord-Vietnam, planifie une opération qui va bouleverser l'échiquier vietnamien. L'offensive du Têt surprend Saigon et Washington par sa brutalité, son envergure et sa surprise. Même si les Américains et les Sud-vietnamiens remportent des batailles tactiques symboliques jusqu'en mai 1968, comme à Huê ou à Khe Sahn, cette attaque préfigure le lent effondrement moral, politique et militaire du Sud-Vietnam dans une agonie qui durera jusqu'en 1975.
En bref, un livre à ne pas manquer, réalisé sur la base de documents anglo-saxons très riches et synthétisé de main de maître par Stéphane Mantoux qui apporte sa réflexion sur cet évènement "pivot" d'un conflit majeur de la fin du XXème siècle.
Bonne lecture...

mardi 27 août 2013

Singapour 1941-1942 : le Sedan britannique.


Le 15 février 1942, le général Percival, qui commande les troupes britanniques en Malaisie, donne sa reddition aux Japonais alors que l'on considérait Singapour comme une forteresse inexpugnable.  
De la même facon, si l'armée française de 1940 concentre souvent les critiques quant à son incapacité à arrêter la "guerre éclair" allemande dans les Ardennes, "les soldats de sa Majesté" démontrent, en décembre 1941, qu'ils souffrent des mêmes insuffisances matérielles, psychologiques et tactiques face à une force japonaise manoeuvrière et audacieuse.
Nous verrons donc, au travers de cette évocation historique, que les Britanniques en Malaisie, comme les Français de Sedan, font montre d'une mauvaise analyse du terrain, d'une sous-estimation de leur adversaire, d'un système défensif inefficace, d'un matériel défaillant et finalement d'un commandement dépassé.

mercredi 21 août 2013

Lecture et enseignements : "Tsahal, nouvelle histoire de l'armée israélienne" de Pierre Razoux.

 
A l'heure où le Proche-Orient connaît de nombreux soubresauts, il m'est apparu intéressant de revenir sur l'ouvrage très complet de Pierre Razoux sur l'armée israélienne qui vient d'être réédité récemment après une première parution en 2006. Cette force militaire, quoique jeune dans sa formation, a connu de nombreuses étapes dignes d'intérêt, de la création aux combats asymétriques en passant par des conflits conventionnels de haute intensité. J'ai également publié cet article sur le blog de "L'Alliance géostratégique" à laquelle j'appartiens depuis plusieurs mois.
 
Au regard de la richesse de l’ouvrage, j'ai choisi de ne pas évoquer, dans cette fiche de lecture, les aspects géopolitiques israéliens, l’évolution des alliances entre Tel Aviv et la communauté internationale ainsi que les nombreux évènements touchant aux officiers généraux très influents dans la vie politique du pays. L’accent sera également mis sur les forces terrestres et la coopération interarmées, en écartant de l’analyse la marine, l’armée de l’air et les nombreux services de renseignement stratégiques.

dimanche 18 août 2013

Mise à jour du blog et quelques réflexions.


 
Comme je vous le propose à intervalles réguliers, je mets à jour, en cette période estivale, deux rubriques de votre blog afin de susciter la réflexion mais aussi d'introduire de nouvelles thématiques qui feront l'objet d'articles à venir. Aujourd'hui, dans la rubrique "Mémoire et évènements" vous pourrez suivre un lien vers le musée de Condé-Vraux dans la Marne. Cet ancien aérodrome militaire a été transformé en site historique traitant de l'aviation militaire de la seconde guerre mondiale puisqu'il a servi, successivement, de 1939 à 1945, de base pour les forces aériennes françaises, britanniques (campagne de France) puis allemandes (escadrilles de Stukas et de Me 109 G) et enfin américaines (appui tactique de l'armée de Patton). Cette évocation me permettra de revenir sur les raisons des difficultés rencontrées par l'armée de l'air française en 1940 pour contrer la Luftwaffe et appuyer les troupes au sol, en particulier pendant la percée des blindés allemands à Sedan.
Dans un autre registre, la citation du maréchal Gallieni dans la rubrique "Paroles de chef" suscite des études tactiques avec une perspective historique plus large : "Le système des grands postes, comme le prouve l'expérience, ne permet pas d'obtenir des résultats pratiques du point de vue de la pacification. Il doit donc être modifié pour se prêter aux circonstances du pays et des hommes au milieu desquels nous nous trouvons".  Si le commandant en chef du corps expéditionnaire à Madagascar développe sa vision locale du maillage d'un territoire, d'autres conflits vont à l'encontre de cette affirmation. En effet, dans le cadre de la guerre de contre-insurrection, le Maroc, l'Indochine, l'Algérie ou, plus récemment l'Afghanistan mettent en avant des retours d'expérience divergents quant à l'emploi d'autres modes d'action et de la répartition des postes, COP (combat outposts) ou autres  FOB (forward operational base).
Voici donc de belles occasions d'initier des articles et des commentaires dans les semaines à venir.
Bonne lecture...

Image : Site officiel de "Cherbourg maquettes".

lundi 12 août 2013

Armée Rouge : combat en zone urbaine.


Pour ce dernier article de l’été (nous y reviendrons à la rentrée) consacré à l’armée Rouge, j’évoquerai la vision tactique du combat en zone urbaine telle qu’elle était perçue par les militaires soviétiques. Ces derniers considèrent, de manière surprenante, que la conquête par la force des villes ou des concentrations de peuplement n’est envisagée qu’en dernière extrémité et ne doit se faire que sur un rythme soutenu afin de ne pas ralentir la progression.
Nous verrons donc que la réflexion interarmes est certes déjà aboutie pour l’époque mais que les modes d’action demeurent, pour ce milieu complexe, simplistes et linéaires, tout en marquant un héritage fort vis-à-vis de l’expérience issue du dernier conflit mondial.
Après avoir énoncé les généralités de la vision soviétique de la guerre « en zone urbanisée » (pour utiliser le terme employé dans les écrits militaires), nous détaillerons la doctrine générale avant de développer certains procédés de combat à l’échelon tactique.

mardi 6 août 2013

Armée Rouge : du combat linéaire vers le combat zonal dispersé.


Ce nouvel article d’une série initiée depuis une dizaine de jours, consacré aux forces soviétiques, à leurs doctrines, leurs modes d’action tactiques et leur perception du combat, nous permet de découvrir, qu’en 1991, malgré l’effondrement progressif de l’URSS, l’armée Rouge continue sa réflexion sur l’art de la guerre.
Face aux enjeux polémologiques que Moscou perçoit à la fin du XXème  siècle, son état-major considère inévitable la fin du combat linéaire et l’avènement rapide du « combat zonal dispersé » défini aujourd’hui par les Occidentaux comme le combat lacunaire. Ce constat visionnaire issu d’une armée en faillite et ce, à l’époque de la rédaction des documents doctrinaux dont il est question, souligne la richesse de la pensée militaire soviétique.
Nous verrons donc qu’au-delà d’une analyse claire des évolutions tactiques futures, l’armée Rouge conceptualise un nouvel emploi de ses unités interarmes ainsi que le rôle des appuis, tout en réfléchissant à une modélisation scientifique et mathématique des opérations.

samedi 3 août 2013

Tactique soviétique en 1966 : un combat interarmes maîtrisé (2).


Nous poursuivons la réflexion sur la doctrine d'attaque soviétique dans les années 1960 et sa formalisation dans les procédés tactiques.

2- Les différentes formations des unités de mêlée

Pour mener ces actions offensives, l’armée rouge a pris le parti de distinguer 3 formations principales, elles-mêmes découpées en 3 ou 4 dispositifs élémentaires. Ces évolutions simples permettent aux unités de s’entraîner facilement puis de bénéficier d’automatismes rôdés. Ces derniers sont la condition sine qua non pour assurer une manœuvre rapide et continue telle qu’elle est préconisée par la doctrine.

mardi 30 juillet 2013

Tactique soviétique en 1966 : un combat interarmes maîtrisé (1).


J’initie aujourd’hui une série d’articles consacrés à l’armée de terre soviétique à la fin des années 1960 grâce à une lecture approfondie des textes de référence doctrinaux rédigés, en 1966, par les autorités militaires de Moscou.
Au-delà de l’intérêt purement historique sur l’art militaire des forces de l’URSS en pleine guerre froide, ces documents montrent une réflexion aboutie sur les modes d’action à mettre en œuvre pour obtenir une victoire tactique rapide face à l’adversaire et ce, avec une coopération interarmes efficace et organisée. En laissant de côté l’utilisation de l’arme nucléaire au profit des forces conventionnelles, la doctrine de cette époque semble bénéficier de l’héritage de la riche pensée militaire soviétique des années 1930, tout comme de l’expérience acquise pendant le second conflit mondial face aux Allemands.
Aussi verrons-nous que pour l’armée Rouge, l’attaque dans la profondeur, sur un rythme élevé, demeure un procédé majeur et qu’elle s’accompagne d’un rôle prépondérant du feu pour appuyer des manœuvres simples mais pragmatiques.

jeudi 25 juillet 2013

De l'autre côté du miroir, la vision d'un soldat allemand à Omaha Beach le 6 juin 1944.



Comme nous l'avions fait en évoquant le témoignage d'un officier du Vietminh pendant la guerre d'Indochine afin de recueillir sa perception tactique de ce conflit asymétrique en Asie du sud-est : http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/01/de-lautre-cote-du-miroir-la-vision-dun.html, nous repassons de l'autre côté du miroir. Cette fois, nous bénéficions du récit d'un jeune soldat allemand, Franz Gockel, affecté en 1944 à l'ouvrage fortifié WN62 du "Mur de l'Atlantique". Son poste se situe sur ce qui allait devenir, le matin du 6 juin 1944, la plage d'"Omaha Beach". Ce vétéran, qui a depuis tissé des liens très forts avec les soldats américains qui ont débarqué face à lui, détaille sa formation de combattant, sa vie quotidienne, l'état d'esprit de son unité, le renforcement des défenses côtières et enfin les circonstances du violent combat qui débuta le "D.Day". Loins de certaines images d'Epinal sur cette bataille, ses propos relatent les forces et les faiblesses des unités allemandes tout comme la puissance de l'assaut allié mais aussi la résistance organisée des défenseurs.

lundi 22 juillet 2013

Résistance face à l'occupant : enseignements tactiques (2).

Nous poursuivons notre étude des modes d'action de la guerre clandestine que mène la Résistance française face à l'occupant allemand mais aussi contre le gouvernement de Vichy.
2-La nécessité d'unir les mouvements.
Face au développement des réseaux de résistants, à celui des maquis et devant une certaine anarchie dans la collecte du renseignement ou dans les opérations armées, les Alliés et les responsables des FFL (Forces françaises libres) soulignent rapidement la nécessité de coordonner cet ensemble disparate.
Jean Moulin, qui a tenu tête aux troupes allemandes alors qu'il était préfet de l'Eure-et-Loir en 1940, rentre en contact avec les chefs principaux des grands mouvements comme Henri Frenay ou François de Menthon. Il rejoint ensuite Londres le 25 octobre 1941 et offre ses services au général De Gaulle qui le nomme délégué du comité national français en zone libre (ZL). Parachuté en Provence le 2 janvier 1942, sa mission consiste à fédérer les principaux mouvements majoritaires de cette ZL et à mettre sur pied une armée clandestine.

vendredi 19 juillet 2013

Résistance face à l'occupant : enseignements tactiques (1).


Alors que depuis quelques jours, le 27 mai, date anniversaire de la création du CNR (conseil national de la résistance) par Jean Moulin, est devenu la journée de commémoration nationale de la Résistance française, il m'est apparu intéressant de revenir sur les diverses missions de cette "armée des ombres". En effet, loin de certaines images d'Epinal, les réseaux ont fait évoluer leurs modes d'action au cours du temps, en fonction de leur niveau de développement mais aussi de la réaction allemande, des besoins des Alliés ou encore des équipements mis à leur disposition.
S'ils ont tâtonné à partir de 1940, les Résistants se sont peu à peu structurés cherchant principalement à entraver la liberté d'action de l'occupant ou à favoriser la collecte du renseignement, d'abord de manière anarchique puis avec la recherche d'un effet final recherché centralisé.


mercredi 17 juillet 2013

Retour sur la toile, bilan et salon du livre militaire à Coëtquidan.

Après quelques jours de pause opérationnelle et un peu de repos estival, "L'écho du champ de bataille" reprend le "sentier de la guerre" pour vous proposer réflexions, lectures et études sur l'histoire militaire et, en particulier, sur la tactique, la stratégie et l'art opératif. Tout d'abord, un petit bilan après cette année scolaire bien remplie. Votre blog enregistre aujourd'hui, avec 1 an et 9 mois d'existence, près de 120 000 connexions, entre 200 et 400 visiteurs quotidiens et des articles qui remportent de larges succès :
Mais également bien d'autres sur les problématiques liées à l'artillerie, celles traitant de la stratégie anti-accès, de Verdun, de l'armée sénégalaise ou des grandes batailles de l'histoire (Koursk, Wagram, ...). Le blog a également eu l'honneur d'être intégré au sein de la communauté de "L'Alliance géostratégique" dont la richesse et la diversité en ont fait un acteur incontournable de la toile, reconnu et largement suivi. Le fil twitter de votre blog, quant à lui, https://twitter.com/echochampbatail, atteint maintenant 342 abonnés et 948 tweets, tous en lien avec nos articles mais aussi largement élargis aux autres acteurs de la réflexion historique ou militaire sur internet. Aussi, je vous remercie de votre fidélité, de vos commentaires souvent pertinents, ou suscitant ma curiosité, voire élargissant mon champ de recherche. L'année qui s'annonce nous permettra donc d'aborder de nouveaux sujets et d'approfondir les domaines que nous avons déjà évoqués tout en explorant encore un peu plus les enseignements de l'histoire-bataille.
Pour cette reprise, je vous invite à visiter, pour ceux qui passeraient en landes bretonnes, le 4ème salon international du livre militaire qui met en avant les auteurs français et étrangers issus du monde de la défense. Cette année, ce salon se déroule sous le patronnage du général Macary, lauréat des cadets 2012, pour son livre sur les liens entre argent et guerre dans l'histoire. En suivant le lien ci-après, vous pourrez découvrir les nombreux auteurs présents ainsi que leurs ouvrages, tous d'une grande qualité ou forts de témoignages poignants comme "Cyberstratégie" de Bertrand Boyer, "Leclerc" de Karine Donate ou "Sun Tzu en France" de Yann Couderc.
http://www.calameo.com/read/000461091fc83d315fecf.
Bonnes vacances à ceux qui y sont encore et bonnes lectures ou visites...

samedi 6 juillet 2013

Défense militaire de Paris : perspective historique.


 

Aujourd’hui encore, la défense (ou la conquête) des zones urbaines et, en particulier, celle des grandes agglomérations, demeure une préoccupation des militaires engagés dans des villes de plus en plus nombreuses et aux échelles démesurées. Ces dernières années d’ailleurs, que l’on évoque Sarajevo, Mogadiscio, Grozny, Kaboul, Bagdad ou Falloudjah, la guerre en ZURB a ouvert de nombreux débats doctrinaux ainsi que des évolutions techniques importantes. Plus loin dans le passé, certaines cités ont été le centre de gravité de batailles ou de conflits conventionnels, voire asymétriques, et ce, au travers d’exemples célèbres comme Troie, Carthage, Orléans, La Rochelle, Madrid, Stalingrad et Berlin.
Aussi, était-il intéressant d’analyser les choix tactiques opérés au cours des âges pour défendre une ville majeure face à des adversaires aux modes d’action différenciés. Paris et son histoire tourmentée apparaît alors comme une illustration concrète de cette recherche d’un système défensif efficient. Par conséquent, nous verrons que cette défense s’est fondée sur la topographie des lieux mais aussi sur la volonté de freiner ou d’arrêter l’ennemi potentiel au plus loin des premières habitations, avec des effectifs parfois réduits et des armements limités. Nous observerons également que nombre de projets militaires ne seront jamais achevés au bénéfice de déploiements de circonstance.

jeudi 4 juillet 2013

Wagram : fête de l'artillerie.


Hier soir, mercredi 3 juillet 2013, l'Ecole de l'artillerie fêtait l'anniversaire de la bataille de Wagram remportée par Napoléon (et ses canons) sur les Autrichiens en 1809, comme nous l'évoquions dans un article publié dans la rubrique "Batailles et enseignements" de votre blog.
Fiche bataille sur Wagram.
A cette occasion, les artilleurs de l'armée de Terre ont organisé une université de l'artillerie à Draguignan consacrée à la coopération interalliée dans le domaine des appuis feux et du renseignement d'origine image (drones) avec le concours d'officiers allemands et britanniques ainsi que de représentants de la brigade franco-allemande. Chaque nation a ainsi pu partager sa perception de l'interopérabilité, ses modes d'action, ses structures ainsi que ses évolutions à cours et moyen termes (acquisition du drone Watch Keeper par la France par exemple).
Le nouveau musée de l'artillerie a également été inauguré en présence du chef d'état-major de l'armée de terre, lieu de mémoire très riche pour une arme qui a traversé les âges et a su évoluer au rythme de la conflictualité et des progrès techniques.
Enfin, une cérémonie nocturne a clos cette journée avec l'évocation des combats de Wagram, la mise à l'honneur des régiments de l'arme et la remise de décorations, pour les actions collectives conduites en Afghanistan, aux étendards des 40ème régiment d'artillerie (unité héritière du 40ème RANA de la 2ème DB du général Leclerc) et du 68ème régiment d'artillerie d'Afrique.
Cet évènement rappelle l'importance des appuis pour garantir le principe de liberté d'action du chef interarmes tant dans l'acquisition des objectifs que dans les effets variés apportés par les feux sol-sol et sol-air dans les engagements d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

dimanche 30 juin 2013

Mise à jour du blog et suggestions estivales.


En cette veille de vacances estivales pour nombre d'entre nous, je vous propose quelques suggestions dans les rubriques "A lire" et "Mémoire et évènements" de votre blog. Tout d'abord avec une thématique qui nous est chère sur "L'écho du champ de bataille", à savoir l'uchronie historique en évoquant un roman de Joseph Heywood : "L'aigle de Sibérie". Dans cet ouvrage, l'auteur imagine la fuite d'Hitler, à travers une Europe, escorté par les troupes d'élite aéroportées d'Otto Skorzeny (bien connu pour son action dans l'opération "Eiche" et la libération de Mussolini). Pour les traquer, un officier des renseignements de l'armée Rouge cherche toutes les pistes et les indices, persuadé que le chancelier allemand n'est pas mort dans les ruines de Berlin. Ce livre, fort bien documenté sur l'organisation militaire de la seconde guerre mondiale, devrait vous tenir en haleine avec ses nombreux  rebondissements et sa description des combats de 1945.
Nous vous invitons également à visiter, pour ceux qui en aurait l'opportunité, l'exposition du château de Blois consacrée à la guerre et à l'histoire des armes de l'âge de bronze à l'ère atomique. Comme nous l'avons écrit dans nos articles consacrés à la tactique, la doctrine comme la pensée militaire influencent ou, selon l'époque, évoluent en fonction des armements et des progrès techniques du moment. Du 06 juillet au 03 novembre 2013, cet évènement vous proposera un riche panel d'équipements allant de l'épée de François 1er au célèbre fusil d'assaut AK47 Kalachnikov avec de nombreux supports numériques et une filmographie illustrative de belle qualité.
Votre blog, dans les jours à venir abordera le combat en zone urbaine avec la défense de Paris telle qu'elle a été réfléchie à différentes époques avec des résultats plus ou moins efficients. 
En attendant, bonne lecture, bonnes vacances aux plus chanceux et belle visite...

mercredi 26 juin 2013

Enseignements stratégiques et tactiques : la vision du général Marshall (fin).


Nous achevons notre série d'articles consacrés à l'analyse militaire de la seconde guerre mondiale par le général Marshall, alors chef d'état-major des armées américaines.
 
Le prix de la victoire.
 
Le général Marshall constate que, malgré l'effort de guerre allié et une supériorité incontestée sur les forces de l'Axe en termes de puissance de feu, les Etats-Unis auront perdu près de 772 626 hommes dont 160 045 tués en Europe mais aussi 170 596 soldats dont 41 322 morts dans le Pacifique.
Cela représente davantage de pertes qu'au moment de la guerre civile américaine (1861-65) réputée pourtant meurtrière avec 184 594 combattants mortellement touchés. 
Après un premier semestre 1944 où  les Américains perdirent jusqu'à 13 700 hommes par mois en Italie, dans la foulée du débarquement de Normandie, le taux atteignit entre 48 000 et 81 000 soldats mis hors de combat mensuellement. Les unités les plus exposées furent les divisions combattantes (81% du total des pertes) et les équipages d'avions (campagnes de bombardement).