Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

mercredi 26 décembre 2012

Quelques suggestions en cette fin d'année.

 
Avant de poursuivre notre étude des grands principes tactiques français et leur illustration au travers de nombreux exemples d'histoire-bataille, j'ai souhaité mettre à jour des rubriques de votre blog, mais aussi vous faire quelques suggestions de lectures. Mes pensées vont tout d'abord aux militaires français qui servent à l'extérieur de nos frontières, aux quatre coins du monde, avec désintéressement comme professionnalisme dans les différentes missions qui leur sont confiées, cherchant sans cesse à s'adapter aux nouvelles menaces.

dimanche 23 décembre 2012

Le principe de liberté d'action (2).


Prévoir et anticiper pour sauvegarder sa liberté d'action, Lord Chelmsford, qui commande les troupes britanniques en Afrique du Sud, a oublié de mettre en application ce principe lors de la bataille d'Isandhlwana.
En effet, ce général divise ses forces en trois colonnes malgré les contraintes logistiques d'un terrain sans routes ni ponts et surtout sans jamais savoir où se trouvent les troupes zoulou. Sous-estimant son adversaire et persuadé d'être capable de le contraindre à la bataille sur un lieu choisi, Chelmsford va commettre une série d'imprudences jusqu'à la tragédie.

mardi 18 décembre 2012

Le principe de liberté d'action (1).

 
Nous entamons donc notre revue des principes tactiques mis en oeuvre par l'armée de terre française. Dans ce cadre, nous allons développer les procédés d'application en lien avec la liberté d'action, la concentration des efforts et l'économie des moyens. Nous verrons également, en conclusion, que la surprise et l'incertitude sont privilégiées dans chacun des modes d'action inspirés par ces fondements doctrinaux.
 
Pour commencer, il s'agit de rappeler la définition de la liberté d'action : c'est la possibilité pour un chef de mettre en oeuvre ses moyens à tout moment et d'agir malgré l'adversaire et les contraintes imposées par le milieu et les circonstances en vue d'atteindre le but assigné. Il est donc essentiel, pour une force, de garder l'initiative sur l'ennemi, d'anticiper les frictions et d'éclaircir ce que l'on nomme le brouillard de la guerre, tout en se préservant la faculté de réagir face à l'imprévu.

lundi 17 décembre 2012

Mise à jour du blog et introduction aux principes tactiques et logistiques.

 

Avant de débuter une nouvelle série d'articles sur les principes tactiques et logistiques retenus par l'armée de terre française, ainsi que leur illustration par des exemples d'histoire-bataille, il me semble opportun de mettre à jour les rubriques de votre blog. Tout d'abord avec le dossier "Mémoire et évènements" et un lien vers le nouveau site du Musée de l'armée aux Invalides. Plus ergonomique et mieux illustré, il vous permet en effet d'accéder à l'actualité de ce lieu de mémoire et d'histoire militaire, tout en proposant des éclairages sur la recherche ou sur la biographie de personnalités célèbres.
Dans la rubrique "A lire", je vous propose l'ouvrage de l'historien suisse Dimitry Queloz "De la manoeuvre napoléonnienne à l'offensive à outrance 1871-1914" aux éditions Economica (2009). Ce livre étudie avec de nombreux détails l'évolution de la pensée tactique française après le désastre de 1870, réflexion tiraillée entre l'héritage impérial, la volonté de revanche tout comme les progrès techniques et leur influence sur la manoeuvre.
Enfin, dans "Paroles de chef", nous évoquons un des fondateurs de l'Ecole supérieure de guerre, le général Lewal, qui milite clairement pour la prépondérance du feu sur le choc et ce, à une époque où la force morale est érigée en principe.
Ces trois onglets m'offrent ainsi l'opportunité d'introduire une étude commentée des principes généraux ainsi que des fondements tactiques et logistiques français contemporains. Dès lors, si on prend la définition doctrinale de ces principes (document TTA106), ces derniers permettent "de cerner une posture intellectuelle, une attitude, une façon d'être. De l'ordre de la substance, de l'essence, du fondamental, ils doivent reposer sur du structurel. Enracinés dans l'absolu, ils sont permanents". Comme nous l'avons vu dans des articles antérieurs, l'Antiquité avait déjà mis à jour comme éléments structurants le principe d'économie des moyens et la surprise, le XVIIème siècle avec Montecuccoli puis avec de Guibert prônaient la liberté d'action alors que Napoléon, plus tard, appliquait empiriquement l'initiative et la concentration. Finalement, le maréchal Foch, dans ses écrits, innovait en défendant la sûreté et l'emploi des réserves. Parallèlement à ses théories, le principe de concentration des efforts était illustré par les feux d'artillerie meurtiers de la première guerre mondiale. De cet héritage, l'armée française finit par adopter aujourd'hui 3 principes tactiques (déclinés en 12 procédés d'exécution) et 9 principes logistiques. Dès demain, nous détaillerons donc ce socle de la pensée militaire du champ de bataille.

A suivre...

mardi 11 décembre 2012

Les étapes du développement de la tactique : déploiements et modes d'action (2).

4-La Renaissance jusqu'au XIVème siècle : le feu et la manoeuvre.
 
Le XVème siècle est un tournant dans l'engagement des forces sur le champ de bataille. En effet, les armes à feu se développent tout comme l'artillerie et ce, à l'instar de Charles VIII qui emmène, en Italie, 140 canons et 126 pièces légères servis par 200 maîtres d'artillerie et 300 canonniers, sans compter les nombreux chevaux (7 animaux pour une pièce). En 1540, François Ier dispose, quant à lui, de 12 000 arquebuses et de 140 bouches à feu. A Marignan d'ailleurs, il anéantit, par une concentration de boulets, les rangs des mercenaires suisses qui l'attaquent.

jeudi 6 décembre 2012

Sainte Barbe 2012 : hommage aux artilleurs.

 
Cette semaine, les artilleurs, comme les sapeurs, fêtent Sainte-Barbe, leur sainte patronne, celle qui usa du feu pour punir ses tortionnaires. A cette occasion, les Invalides accueilleront, dans la cour du Musée de l'Armée les 8 et 9 décembre 2012, des matériels d'hier et d'aujourd'hui (canons, drones, chevaux, forge, soldats en uniformes d'époque) au profit du public avec, en particulier cette année, une évocation de la bataille de Valmy ou l'artillerie française fît sauter les réserves de poudre de son adversaire, provoquant l'effondrement moral des troupes prussiennes de Brunswick.
 
 
C'est l'occasion de rendre hommage à cette arme qui naquît au XIVème siècle pour se développer tout au long de l'histoire militaire, bénéficiant des progrés scientifiques (canons Gribeauval ou de 75) et des actions des plus célèbres artilleurs, de Napoléon à Brunbrouck en passant par Foch. Cette fonction opérationnelle a ainsi contribué à de nombreuses victoires sur les champs de bataille, comme à Wagram ou encore pendant la première guerre mondiale. Aujourd'hui, les appuis feux représentent toujours, pour le chef interarmes, une assurance vie garante de sa liberté d'action car ils apportent la force de frappe (avec différents lanceurs : canons, LRU, mortiers), le renseignement (drones, observateurs d'artillerie, radars de surveillance du champ de bataille) et la protection (défense sol-air). Les détachements de liason, d'observation et de liaison au contact peuvent également guider et employer les moyens feux aériens, hélicoptères ou navals. Ce panel de capacités favorise le traitement des cibles avec différents effets adaptés aux situations, à la menace comme aux exigences de précision des théâtres d'opérations actuels. Ainsi, l'artilleur peut neutraliser, détruire, aveugler, illuminer la zone d'action et dissuader (obus de semonce). Autant de raisons donc pour évoquer la Sainte-Barbe aujourd'hui dans notre rubrique "Mémoire et évènements" et de vous proposer, dans notre onglet "A lire" l'excellent ouvrage de Brancion sur l'artillerie française engagée  de 1943 à 1944 en Italie dans le corps expéditionnaire du général Juin. Au cours de cette campagne, les artilleurs, dans un terrain difficile, firent preuve d'un sens aigu de l'innovation et de l'adaptation afin d'appuyer les fantassins dans la difficile conquête des points d'appui ou des lignes de résistance de l'armée allemande. Leur action fut décisive tant dans l'application des feux que dans la recherche du renseignement. Bonne lecture.   

samedi 1 décembre 2012

Les étapes du développement de la tactique : déploiements et modes d’action (1).


 
Après avoir traité de l’évolution de la pensée tactique au travers des âges, de ses conséquences dans les choix doctrinaux voire dans l’acquisition ou l’abandon de tel ou tel armement, je vous propose de revenir sur cette perspective historique afin d’étudier la mise en œuvre concrète sur les champs de bataille des concepts de chaque grande période de l’histoire militaire. Nous verrons que si l’évolution a été longue et très progressive de 3000 avant JC jusqu’au XVIème siècle, elle a connu une nette accélération de la Renaissance à nos jours. Cette étude démontrera également que les armées ont régulièrement penché successivement vers le choc ou vers le feu avant d’introduire formellement la notion de manœuvre et finalement d’adapter la tactique au terrain comme à l’ennemi. Il s’agira donc d’évoquer les différents modes d’action, déploiements ou emplois des fonctions opérationnelles en prenant des exemples concrets et illustratifs de choix réalisés par les forces en présence.




dimanche 25 novembre 2012

Spécificité du soutien médical dans le combat en zone urbaine.


 
Avant de poursuivre notre étude sur les développements de la tactique au cours de l'histoire, ses principes, ses applications concrètes et ses évolutions, je saisis l'occasion de partager une lecture sur le soutien médical au profit des combattants engagés en ZURB (zone urbaine). Voici donc une synthèse d'un article paru dans le dernier numéro de "Médecine et armées" (tome 40, n°4 octobre 2012) qui a soulevé mon intérêt et ma curiosité.

dimanche 18 novembre 2012

La tactique : histoire et fondements. (7)


 
Nous continuons notre revue de la pensée tactique dans l'histoire militaire avant d'aborder les principales évolutions concrètes de cet art sur le terrain. Je mets également à jour la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog avec un lien vers l'exposition sur "l'art en guerre" au musée d'art moderne de la ville de Paris. C'est en effet une autre manière de percevoir la conflictualité et ce, au travers des oeuvres d'artistes traduisant les sentiments, les peurs voire les impressions des contemporains face à l'avènement du second conflit mondial.
 
 
2-5 La naissance de l’art opératif, l’avènement des blindés et la période contemporaine.
 
La pensée opérative apparaît, dès le XIXème siècle, dans la manœuvre napoléonienne mais aussi dans ses écrits. En effet, ces derniers évoquent cette perception de la guerre sous un prisme plus large (notamment dans la correspondance à destination de ses généraux[1]) empreinte de références au centre de gravité ou aux lignes d’opération. On la retrouve dans l’œuvre de penseurs comme Jomini, dont la « grande tactique » avec sa science des mouvements des armées en dehors du champ de bataille élargit l’espace du combat. La guerre de sécession américaine sera ainsi l’héritière de cette vision car conduite sur un théâtre d’opérations immense où cohabitent plusieurs fronts et où les lignes de communication, la mobilité mais également l’économie des forces seront cruciales pour obtenir la victoire. En guise d’illustration, il suffit de faire un « focus » le raid du général nordiste Sherman qui réussira par une  audacieuse (mais destructrice) manœuvre de débordement opérative à couper en deux les arrières Confédérés.

samedi 10 novembre 2012

Commémorations du 11 novembre : 94ème anniversaire de l'Armistice de 1918 et hommage à tous les morts pour la France.

 

 
Demain, dimanche 11 novembre 2012, la République fête le 94ème anniversaire de l’Armistice de 1918 et à l’occasion de cette journée de commémoration de la Victoire et de la Paix, elle rend également un hommage à tous les "morts pour la France", qu’ils soient civils ou militaires, qu’ils aient péri dans des conflits actuels ou des conflits anciens.
 
Ce jour de mémoire permet notamment d’honorer tous les soldats qui sont tombés dans l’accomplissement de leur devoir, au cours d’opérations extérieures, comme le prévoit la loi du 28 février 2012 qui fait dès lors évoluer la portée symbolique de cette journée nationale du 11 novembre.

La tactique : histoire et fondements (6).


 
 
Néanmoins, la défaite de 1870 impose aux penseurs tactiques de faire le choix entre l’héritage du passé ou la rupture avec les dogmes passés. En France, Clausewitz a largement influencé les jeunes officiers français qui vont entretenir le mythe de l’offensive à outrance censée faire reculer l’adversaire par des modes d’action alliant masse, assauts frontaux, choc et artillerie de campagne exclusivement dédiée à l’appui des troupes au contact. Ce que l’on appelle les "jeunes Turcs" -très bien décrits dans l’ouvrage du colonel Goya ("La chair et l’acier")- conduits par le colonel Grandmaison sont ainsi les apôtres de ces théories : "Dans l’offensive, l’imprudence est la meilleure des sûretés… Il faut se préparer à la méthode qui puisse forcer la victoire en cultivant, avec passion, avec exagération et jusque dans les détails les plus intimes de l’instruction, tout ce qui porte, si peu que ce soit, la marque de l’esprit offensif. Allons jusqu’à l’excès et ce ne sera peut-être pas assez".

 

lundi 29 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (5).

 


Voici donc la suite de notre réflexion sur la tactique.


-Napoléon et ses disciples (suite).
 
Nous avons synthétisé la pensée napoléonienne mais nous reviendrons dans un prochain article sur sa vison tactique et ce, en illustrant notre propos au travers du remarquable ouvrage de Bruno Colson "Napoléon, de la guerre" que nous avions évoqué dans un post sur votre blog (dans la rubrique "A lire") il y a quelques mois (http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/citation-et-lecture-pour-initier-un.html).
Clausewitz, disciple contestataire, a servi et combattu Napoléon. Piètre tacticien sur le terrain, il se révèle néanmoins un remarquable penseur de la guerre dont il travaille à une définition et réfléchit à sa place dans la société ou la vie des Etats. Sur le plan de la tactique, il veut démontrer l'usure du système napoléonien qu'il qualifie de "finasseries".

lundi 22 octobre 2012

Intermède historique et mise à jour du blog.

 
Avant de continuer nos articles sur l'évolution de la pensée tactique tout au long de l'histoire puis sur ses fondements, j'ai choisi de mettre à jour les autres rubriques de votre blog. Aussi, toujours en lien avec notre thématique du moment, dans la rubrique "paroles de chef", je vous propose une citation du comte de Guibert, un des premiers à avoir chercher à formaliser les grands principes de la manoeuvre :" Il faut manoeuvrer tous à la fois, s'étendre sans se mettre en prise, embrasser sans se désunir, et ne pas faire de détachements permanents". Cette pensée innovante pour son époque inspirera Napoléon et son état-major afin de mettre en musique l'action d'ensemble des unités tout en gardant l'initiative et le temps d'avance sur son adversaire. De même, les corps d'armée constitués par l'Empereur en fonction du terrain, de la menace ou de la mission, répondent à cet appel à la modularité.
Dans la rubrique "A lire", nous vous invitons à feuilleter le premier numéro des "Hors série" des grands dossiers des sciences humaines consacré à la guerre, des origines à nos jours. Les chapitres sur l'Antiquité et l'Asie apportent en effet de nouveaux éclairages sur la culture guerrière des civilisations orientales.
Enfin, dans la rubrique "Mémoire et évènements" nous vous invitons à découvrir l'exposition du musée de l'armée sur les mouchoirs d'instruction que les troupes ont utilisées jusqu'au XXème siècle. Cet outil simple et pratique permettait d'instruire la troupe et d'illustrer les savoir-faire techniques ou tactiques quelque soient les circonstances au quartier comme en campagne.
 
Bonne lecture...

mercredi 17 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (4).



2.2 La grande évolution, l'âge d'or de la tactique (fin XVIIIème début XIXème siècle).Les progrès de l'artillerie, l'émergence de nouvelles théories, l'influence de généraux brillants va faire de cette période l'âge d'or de la tactique et le fondement majeur des grands principes de l'engagement militaire sur le terrain.

-Vauban
 
Depuis la Renaissance, les murailles ont vu leur épaisseur croître pour résister aux effets de l'artillerie. Vauban a étudié les fortifications bastionnées mises en oeuvre par les ingénieurs italiens pour dissuader l'assaillant de mener des assauts frontaux. Il va en déduire de nouvelles techniques d'attaque des places fortes. Tout d'abord en inventant un dispositif basé sur trois tranchées parallèles reliées les unes aux autres (aux rôles et conceptions différents), comme nous le précisions dans notre article sur la poliorcétique.

dimanche 14 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (3).


Nous continuons notre revue de la pensée tactique au travers de l'histoire militaire.
 
- Frontin, quand le stratège devient stratégiste.
 
Frontin, consul et général romain né en 40 après JC, aurait déjà écrit un ouvrage sur l'art de la guerre, livre malheureusement perdu. Heureusement, il rédige ensuite, pour illustrer ses considérations théoriques, "Strategematon" dont les références historiques s'appuient sur ses campagnes contre les Parthes en Asie. Il y défend un art militaire fondé sur la ruse et les stratagèmes.




lundi 8 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (2).

 
Poursuivons ce voyage dans l'histoire de la pensée tactique et de l'art de la guerre.
 
 
2.1 Les pionniers de la pensée tactique.
 
-Sun Tzu et l'héritage asiatique : des principes et des concepts.
 
La culture chinoise conserve une part d'ombre dans la mesure où tous les traducteurs de Sun Tzu par exemple ("L'art de la guerre") ont cherché à interpréter l'auteur en dévoyant parfois sa pensée avec bon nombre d'imprécisions. Aujourd'hui encore, les auteurs qui tentent de s'exprimer sur ce vieil écrit sombrent rapidement dans l'ésotérisme ou la philosophie pour leur approche polémologique. Pourtant, les principes de Sun Tzu relève souvent du bon sens et sont d'abord un cadre de pensée avant d'être une doctrine à appliquer stricto sensu.




mercredi 3 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (1).

 
 
Cet article est le premier d'une série consacrée à la tactique, son histoire, son évolution, son enseignement et ses principes fondateurs. Ces posts n'ont pas pour vocation de donner des recettes toutes faites sur la manoeuvre, les modes d'action mais d'envisager les situations tactiques sous tous les angles, en gardant en tête, comme fil directeur, les principes de la guerre mais aussi les diverses approches possibles de ce qui représente, pour certains un art, pour les autres une science.
J'ai choisi de mener cette réflexion sous le prisme de l'histoire militaire, source d'enseignements et d'éclairages sur le combat interarmes. En effet, comme le disait le colonel Suire : "L'histoire militaire permet d'apprendre à sentir et penser en soldat, tout en dominant la variété des techniques et la rigidité des règlements". Cet officier de cavalerie méconnu, qui a écrit dans les années 1960 sous de nombreux pseudonymes, avait bien compris la nécessité d'enrichir sa culture militaire doctrinale d'un vernis historique. C'est donc fort de cette perspective que j'aborderai, tour à tour, les penseurs tactiques, l'histoire et les cultures tactiques avant d'aborder, dans le détail, la dissection des principes tactico-opératifs retenus par l'armée française.


mardi 25 septembre 2012

Mise à jour des rubriques et nouvelle thématique.

 
Après une série d'articles sur le premier conflit mondial, les enseignements tactiques, les équipements ou les figures illustres de cette guerre, je vous propose une nouvelle thématique et des réflexions sur l'histoire de la formation militaire mais aussi sur l'évolution de la doctrine des armées au cours des âges. Aussi, dans ce cadre, je mets à jour les rubriques "Paroles de chef" et "A lire" pour initier le débat et introduire mon propos. Tout d'abord avec une citation de Gérard Chaliand, spécialiste des questions de stratégie, "Les guerres sont le reflet des sociétés qui les mènent" puis en proposant à la lecture l'ouvrage de François Cochet : "Expérience combattante, former les soldats au feu tome 1" aux éditions Riveneuve. Dans ce livre, l'auteur cherche à mieux cerner les comportements des combattants de différentes armées face à l'environnement hostile du champ de bataille. Il y est question également des formations théoriques des soldats depuis deux siècles comme de la prise en considération de la préparation opérationnelle des troupes d'élite ou conventionnelles. Ce travail remarquable se veut une étude pluridisciplinaire de l'homme et des choix de commandement pour préparer le combat face à divers environnements ou adversaires.
Quant à moi, au cours de mes posts à venir, je vous livrerai une histoire de la tactique et des grands principes de la guerre mais aussi de la logistique et ce, au travers de l'histoire bataille. Bonne lecture...

vendredi 21 septembre 2012

Un site de la première guerre mondiale riche en enseignements défensifs : le fort de la Pompelle.

 
Conformément aux plans du général Séré de Rivières, que nous avons déjà évoqué à l’occasion d’un article sur la poliorcétique, ce fort fut construit en 1883 pour compléter la ceinture fortifiée de Reims. Doté initialement de 6 canons de 155mm (modèle 1877 de Bange), de 4 canons de 138mm, de pièces de flanquement et de mitrailleuses, l’ensemble servi par 277 artilleurs, il fut désarmé avant la première guerre mondiale.

Néanmoins, il est occupé par les Allemands, le 4 septembre 1914, avant d’être reconquis, après la bataille de la Marne, par le 138ème régiment d’infanterie, le 24 septembre, de la même année. Il devient alors la clé de voûte de la défense du secteur de Reims.
Pièce principale d’un dispositif défensif convoité par les forces allemandes, il résistera pendant quatre ans sous l’impulsion d’un chef militaire illustre mais également avec l’appui  de moyens feux originaux ou encore, grâce à la bravoure des brigades spéciales impériales russes déployées sur place en 1916. Ce site est aujourd’hui un remarquable lieu de mémoire pourvu de pièces d’époque rares.

lundi 10 septembre 2012

« Agents de transmissions par excellence dans les situations difficiles » : la colombophilie militaire dans l’histoire.

 
Le 24 juillet 2012, monsieur Decool, député à l’Assemblée nationale, posait une question parlementaire quelque peu originale en interpellant le ministère de la défense sur l’état de son potentiel colombophile et ce, à l’heure où la Chine semblait annoncer la formation de plusieurs centaines de milliers de pigeons voyageurs pour palier une interruption possible des moyens de communication militaires. Interpellé par ce sujet, j’ai ainsi voulu revenir sur l’histoire des pigeons pour comprendre leur rôle dans l’évolution des moyens de transmissions mais aussi, afin de mieux appréhender ce que pourrait être l’usage militaire contemporain de ces oiseaux messagers.
Nous verrons donc, dans les lignes qui suivent que les pigeons voyageurs sont liés depuis longtemps à la guerre mais que l’âge d’or de la colombophilie se situe au XXème siècle. Dès lors, un emploi de ce vecteur aérien animal sur les théâtres d’opération actuels paraît délicat voire anachronique.


jeudi 6 septembre 2012

1914-1918, citation et mémoire.

 
Cette semaine dans votre blog, je reviens sur le premier conflit mondial pour inaugurer une nouvelle série d'articles sur cette "Grande Guerre". Tout d'abord avec cette citation de Clausewitz (rubrique "Paroles de chef" : "La loi suprême et la plus simple de la stratégie consiste à concentrer ses forces") qui aura peut-être influencé les stratèges de l'époque confondant longuement "concentration des efforts" avec "concentration des moyens", lançant des vagues humaines sur des champs de bataille meurtriers et finalement, laissant de côté bon nombre de principes et de fondamentaux de la tactique et ce, tout en innovant dans l'armement ou les techniques de commandement. D'autre part, dans la rubrique "Mémoire et évènements", je vous propose un lien vers le site dédié aux tranchées reconstituées de la Main de Massiges. Dans ce petit village champenois près de Suippes, une association a recréé à l'endroit même des combats les boyaux et abris de la ligne de front avec un étonnant réalisme. Ce lieu de mémoire est ouvert au public gratuitement et permet d'appréhender le quotidien des "poilus" tout en bénéficiant d'un très beau point de vue ainsi que d'un aperçu historique de la bataille qui s'y déroula. Pour l'anecdote, un des passionnés qui travaille sur le site a ainsi découvert, lors des travaux de reconstitution, 3 corps dont celui d'un officier français. Ce dernier a pu être identifié et ses effets personnels encore intacts ont été rendus aux descendants de sa famille. L'histoire militaire a ainsi contribué au "souvenir" dans sa dimension strictement humaine. Bonne lecture.

lundi 3 septembre 2012

La bataille de la Moskova-7 septembre 1812.

 
Contexte :
 
La paix de Tilsit rompue, Napoléon rassemble ses forces avec près de 600 000 hommes et environ 1000 canons et franchit le Niémen le 24 juin 1812 pour envahir la Russie. La Grande Armée composée essentiellement de contingents étrangers ne tarde pas à perdre de nombreux effectifs dans les steppes russes d’autant que les troupes du Tsar, aux ordres de Bagration et de Barclay de Tolly, refusent le combat pour reculer en bon ordre et afin de pratiquer la politique de la « terre brulée ». Les Français échouent à encercler leurs ennemis devant Smolensk et s’enfoncent un peu plus vers Moscou. Le maréchal Koutouzov prend alors le commandement de l’armée russe et s’installe sous les hauteurs de Borodino, début septembre, pour combattre Napoléon.
 

dimanche 2 septembre 2012

Bataille de Borodino : la Russie organise une reconstitution majeure pour le bicentenaire.

 
Aujourd'hui, 2 septembre 2012, la Russie, à l'occasion du bicentenaire de la bataille de Borodino, organise une reconstitution des combats de la Moskova en 1812 (selon la dénomimation française). Succès tactique français en demie-teinte, il est célébré par les Russes comme une victoire stratégique, l'armée du Tsar se retirant en bon ordre devant Napoléon qui atteindra Moscou avant d'entreprendre la terrible retraite sous les assauts du "général hiver". Cette bataille fera également l'objet d'un article et d'enseignements dans un post à venir car elle met en lumière des modes d'action défensifs particuliers avec les "flèches de Bagration" et la "grande redoute" ainsi qu'une utilisation particulière de l'artillerie.
En attendant, pour avoir les détails de cet évènement de mémoire et d'histoire militaire contemporain dans les steppes russes présidé par Vladimir Poutine, je vous invite à lire la description détaillée de la manifestation sur le site spécialisé :  http://artcorusse.org/?p=2924.
Bonne lecture...

mardi 28 août 2012

De la poliorcétique au combat en zone urbaine : évolutions et permanences tactiques (3/3).

 
 
Voici le dernier volet de cette série d’articles consacrée à l’histoire de la poliorcétique, étude ayant bien pour objectif de définir les liens entre l’histoire militaire et les opérations en ZURB contemporaines.
 
 5- Le XXe siècle, transition et nouvelles approches.
 
A la fin du XIXème siècle, les villes sont de nouveau convoitées car elles sont désormais au cœur de la révolution industrielle et elles structurent, de fait, le nouveau maillage créé par le chemin de fer. La guerre de sécession (siège de Petersberg, raids de cavalerie de Sherman), la guerre russo-japonaise (1904-05) montrent clairement que les opérations sont conduites au travers du contrôle des voies de communication et donc des centres urbains les plus importants (logistique, télégraphe, ports, train). Les militaires décident alors de protéger  ces infrastructures à partir de la périphérie des villes et ce, en construisant des ceintures défensives fortifiées comme celles du général (et ingénieur du génie) Séré de Rivières. En effet, ce dernier prend en compte les progrès de l’artillerie (obus chargés avec un explosif puissant, la mélinite) et surtout, la découverte du béton. Il lance la construction de places fortes modernes le long de la frontière afin de canaliser, de freiner l’ennemi ou même de gagner du temps pour mobiliser les troupes avant de contre-attaquer. Ces forts, qui protègent les zones urbaines de l’est de la France, peuvent s’appuyer mutuellement et sont lourdement armés, à l’image des forteresses de Douaumont ou de Vaux autour de Verdun. On y découvre les premiers cuirassements (tourelles de mitrailleuses, observatoires) en fonte puis en acier. Au cours de la première guerre mondiale, ces fortins seront donc l’enjeu de durs combats autour des réseaux de tranchées de la guerre de position, préservant bon nombre de cités d’une destruction totale. De fait, quand les villes sont visées par les bombardements, c’est principalement dans le but d’atteindre les centres logistiques (exemple de la ville de Laon et de sa gare de triage) ou encore, pour terroriser les populations civiles (canons géants allemands tirant sur Paris par exemple). Progressivement, même si les combats se concentrent en rase campagne, la poliorcétique devient combat en zone urbaine, n’épargnant ni les infrastructures, ni les habitants et ni les soldats. Le second conflit mondial illustrera tragiquement cette évolution au travers d’exemples célèbres comme Varsovie, Sébastopol, Stalingrad, Aix La Chapelle ou Berlin. A chaque fois, des troupes appuyées par des moyens blindés, par des unités du génie, des appuis feux (avions et artillerie), vont se battre dans des cités en ruine ou dévastées, au milieu de non-combattants livrés à la violence des protagonistes. Seule la libération de Paris en 1944 fera figure d’exception (et de retour en arrière), les Allemands ayant choisi de défendre la capitale française en périphérie ou à partir de points d’appui (jardins des Tuilerie et du Luxembourg) pendant que le général Leclerc lance la 2ème DB directement sur le centre de gravité ennemi (à savoir la saisie du PC adverse et la capture du général Von Choltitz à l’hôtel Meurice).

vendredi 24 août 2012

Petit intermède historique : la libération de Paris en 1944.

 
Avant de vous livrer, ce WE, le troisième et dernier volet de mon étude historique sur la poliorcétique, il me paraît opportun de faire un détour par le rappel d'une bataille majeure livrée en zone urbaine pendant la seconde guerre mondiale. Il s'agit du 68ème anniversaire de la libération de Paris en août 1944 qui aura lieu demain. Dans votre rubrique "Mémoire et évènements" vous trouverez donc un lien vers le site officiel de la mairie de Paris dédié à cette manifestation.
En outre, à l'occasion de ce fait d'armes de la 2ème DB du général Leclerc, et afin de m'écarter quelque peu des images bien connues des chars entrant dans Paris pour appuyer les FFI, je souhaite évoquer l'action de l'artillerie dans cette opération. En effet, les unités du 40ème régiment d'artillerie nord-africain seront engagées, dès le 23 août 1944, en appui des groupements tactiques Langlade et Massu au plus près des unités de mêlée. Le 24 août, les batteries tirent 1200 obus à vue pour neutraliser les pièces anti-chars allemandes aux abords du pont de Sèvres ou du sud parisien, le 25, elles pénètrent dans la ville, participent aux combats de rue et détruisent des armes anti-aériennes et des canons ennemis dans le bois de Vincennes. Après avoir rendu les honneurs au général De Gaulle sur le parvis de Notre Dame le 26 août, les artilleurs sont déployés au nord de la capitale face aux contre-attaques allemandes dans la région du Bourget qu'ils contribuent à arrêter lors de violents combats. Les appuis feux auront donc joué un rôle non négligeable dans la saisie de Paris par les FFL même si cet effet tactique de l'artillerie demeure discret dans les descriptions historiques ou les récits militaires.
 
Source image : site Libération de Paris-gilles primout.fr

vendredi 17 août 2012

De la poliorcétique au combat en zone urbaine : évolutions et permanences tactiques (2/3).




Nous continuons notre voyage historique de la poliorcétique avant de retenir, dans une troisième et dernière partie à venir, les enseignements contemporains de cet ancêtre du combat en zone urbaine.


3-De la Renaissance à Vauban : progrès et innovations.


Le canon et ses projectiles de plus en plus puissants transforment la poliorcétique dès la Renaissance, imposant aux forteresses d’innover dans leur conception et leurs équipements (angles des remparts, épaisseur des murs). L’armée qui  assiège, elle aussi, se voit contrainte d’inventer de nouveaux modes d’action pour surprendre le défenseur et s’approcher des villes fortifiées. Ainsi, au XVIème  siècle, dans le but de contrer le feu, la mitraille et les boulets, les militaires font appel aux mathématiciens italiens et à la géométrie pour créer des bastions en étoiles (les remparts ne sont plus linéaires) dont les 5 côtés permettent un feu croisé contre l’assaillant et créent des trajectoires délicates pour les artilleurs adverses. De telles places fortes sont donc bâties sur ce modèle à Turin entre 1564 et 1568 ou encore à Anvers entre 1567 et 1569. D’ailleurs, en mai 1534, pour mettre fin aux pillages des hommes de Barberousse, Charles Quint s’empare facilement de la ville de Tunis et du fort de la Goulette (pourtant défendu par 600 canons) car les murailles de la cité n’ont que peu évoluées depuis le Moyen-Age.
Néanmoins, c’est bien encore la tactique et les choix du chef, son analyse de la situation ou sa faculté à saisir l’opportunité qui font la différence au cours des sièges. Ainsi, à Pavie en 1525, alors que les Français avaient repoussé une tentative de sortie de la garnison impériale grâce à leurs nombreuses pièces d’artillerie, le Roi de France décide de charger, sans l’appui de ses bombardes, les Lansquenets qui reculent vers l’abri de la ville avant de s’échouer dans les marécages qui bordent la Cité, de tomber sous le feu des arquebusiers adverses, pour être finalement capturé.



lundi 13 août 2012

De la poliorcétique au combat en zone urbaine : évolutions et permanences tactiques (1/3).


Dans la continuité des articles publiés précédemment sur la guerre en zone urbaine (ZURB), il me semble essentiel de revenir sur l’héritage de la poliorcétique dans les engagements contemporains au sein des villes et de leur environnement cloisonné ou complexe. Pour cela, un retour en arrière historique mais aussi l’étude de l’évolution des modes d’action, des équipements comme celle des grands penseurs de cette problématique tactique devraient permettre de dégager ce qui rapproche l’art du siège ancien au combat en ZURB tel qu'il s’est présenté sur des théâtres d’opérations plus récents, de Stalingrad à Falloudjah en passant par Beyrouth ou Grozny.
Cette étude, en trois parties, permettra de montrer que, face au milieu que constituent les zones habitées, protégées ou non par une enceinte, une forteresse ou un dispositif défensif valorisé, le fantassin seul ne peut venir à bout de l’assaillant ou du défenseur  sans l’appui de machines de guerre, d’appui feux, de sapeurs, d’armements spécifiques mais également, d’une logistique comme d’une organisation propre à ce type de combat.

mardi 7 août 2012

1900 à Pékin : quand un corps expéditionnaire international tient le quartier des légations.


Le siège des légations diplomatiques à Pékin par les milices des boxeurs et l’armée impériale du 20 juin au 14 août 1900 est un remarquable exemple de dispositif défensif en zone urbaine (ZURB) et de combat dans ce milieu cloisonné. En effet, les 461 soldats des 8 nations disposant de troupes sur place, appuyés par une poignée de volontaires civils, vont tenir tête pendant près de 55 jours à des milliers de fanatiques et de combattants réguliers chinois. Aussi, verrons-nous au travers de cet exemple historique que le nombre n’est pas forcément le centre de gravité de celui qui défend une ville mais que la coordination interarmes, la force morale, la logistique et le commandement sont décisifs. Dès lors, il ne s’agit pas ici de refaire la chronologie des évènements mais de les utiliser pour illustrer un certain nombre d’enseignements propres à l’engagement en ZURB.

mercredi 1 août 2012

Nouvelle thématique : le combat en zone urbaine.


Afin d'introduire de nouvelles réflexions et articles sur le combat en zone urbaine, je vous propose la mise à jour de vos rubriques "A lire" et "Paroles de chef". Tout d'abord avec un ouvrage d'Alexander Werth : "La Russie en guerre : de Stalingrad à Berlin". L'auteur, grand reporter d'origine russe, fut en effet le premier occidental à pénétrer en URSS en plein conflit. Il apporte un regard complémentaire à celui de l'historien et témoigne de la manière dont furent préparées, conduites, réfléchies les grandes opérations de l'Armée Rouge entre 1943 et 1945 face à un adversaire allemand opiniâtre, en particulier dans le milieu complexe que constituent les cités ravagées par la bataille. En outre, je cite le général Carnot qui connaît bien la guerre de siège et rappelle que la tactique et la force morale sont deux éléments majeurs du combat en ZURB (zone urbaine) : "Une ville forte n'est à proprement parler qu'une grande batterie : si cette batterie est sans canons, ou si ces canons sont sans hommes pour les servir, ou si ces hommes sont sans substances, il ne restera plus qu'une position heureuse qui appartiendra au premier occupant".
C'est dans ce cadre que j'aborderai avec vous, dans les jours à venir, la guerre des Boxers au début du siècle dernier, en Chine, avec un focus sur ce que l'on a appelé les "55 jours de Pékin" puis je tenterai de réaliser un historique commenté de la poliorcétique et ce, pour en dégager les évolutions majeures et les constantes à l'heure où les théâtres d'opérations modernes s'articulent autour de grandes cités. Bonne lecture.

jeudi 26 juillet 2012

Petit point de situation opérationnel.



Je saisis l’occasion de mon 100ème abonné « Twitter » et, depuis le 3 octobre 2011, de vos 37 800 connexions à « L’écho du champ de bataille » pour faire un petit point de situation sur le blog, sur ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire et les évolutions à venir. J’en profite pour vous remercier de participer à cette initiative par vos commentaires, vos encouragements ou tout simplement, votre lecture régulière.

En préambule, j’aimerais insister sur l’intérêt, selon moi, de l’histoire militaire ainsi que de l’histoire bataille dans la réflexion stratégique et tactique. Très souvent critiquées, ces deux matières d’étude ont régulièrement été considérées, à tort, comme trop narratives et pas assez problématisantes. Pourtant, les articles publiés sur ce blog démontrent que l’histoire militaire reste un formidable support de réflexion sur le passé (comprendre les faits, les raisons du succès ou de l’échec) mais aussi du présent, voire de l’avenir. En effet, même si les situations opérationnelles ne sont jamais les mêmes, à des périodes différentes (y compris sur le même terrain), l’organisation des unités, les modes d’action choisis, la compréhension des principes ou de la doctrine, la décision du chef, les contraintes de telle ou telle arme, les frictions comme le brouillard de la guerre, tous ces éléments traversent les époques, pour apporter des enseignements, des pistes et des solutions aux combats contemporains. En outre, l’histoire militaire est une remarquable école de ce que l’on appelle aujourd’hui « la mémoire » pour rendre hommage à tel ou tel combattant, tel commandant illustre, tels unités ou penseurs de l’art de la guerre (ainsi alimenter le lien armée-nation et notre patrimoine historique).

C’est donc dans ce cadre que j’ai mis en ligne 129 posts, parfois courts pour introduire une citation, un ouvrage ou une exposition, mais bien souvent, plus étayés pour évoquer une bataille, ouvrir un échange ou développer une idée, un principe tout comme une évolution doctrinale. J’espère avoir suscité chez vous de l’intérêt même si le faible nombre de commentaires ne me permet pas toujours d’alimenter le débat autant que je l’aurais voulu.

Mais il reste encore beaucoup à faire et rien n’est plus sclérosant que de se contenter de l’acquis (c’est valable également en tactique : celui qui n’évolue pas est souvent vaincu). Aussi, en toute humilité,  dans un processus encore plus pédagogique et davantage éducatif, je souhaite faire évoluer le blog pour qu’il soit plus didactique et plus facilement exploitable.

Tout d’abord, en simplifiant les libellés et en classant les articles selon de nouvelles thématiques à partir d’un onglet général. De plus, j’élargirai les thèmes d’étude avec des posts sur l’histoire et l’évolution de la tactique, de l’art opératif, de la stratégie ou des grands principes mais aussi sur certaines unités, sur les décorations ou quelques équipements spécifiques (blindés, transmissions, canons,…).
Enfin, les citations seront regroupées sur un recueil numérique afin de les consulter, à loisir, et les ouvrages classés dans une bibliographie. Cette évolution nécessitera peut-être la migration du blog vers un autre hébergeur si les contraintes techniques venaient à l’imposer. Je suis bien sûr à l’écoute de vos propositions et de vos suggestions pour améliorer « L’écho du champ de bataille ». Encore merci pour votre fidélité, bonne lecture …

Frédéric JORDAN

lundi 23 juillet 2012

Troupes aéroportées ou comment cloisonner le terrain.



L’opération « Overlord » et l’utilisation des parachutistes dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 nous permet d’aborder le principe de liberté d’action et, en particulier, le procédé qui consiste à cloisonner la zone d’engagement pour y manœuvrer selon le mode d’action choisi. En outre, le document de référence doctrinal français « TTA 106 » définit le « cloisonnement » comme une action de feux visant à interdire les communications ennemies entre deux zones du champ de bataille et le terme « cloisonner » comme un effet tactique visant à désorganiser l’action adverse en dissociant par les feux, des obstacles et des actions de choc son échelon de contact, de soutien ou ses voisins. On comprend donc aisément le choix du général Eisenhower d’employer 3 divisions aéroportées et une brigade de commandos pour préparer le débarquement en Normandie, favoriser l’exploitation de l’action amphibie et modeler la réaction allemande.
Au regard des évènements, l’emploi des parachutistes pour cette bataille s’est avéré décisif mais il a également été une source de frictions imprévues (favorables ou non) alors que ses enseignements ont été et sont encore parfois mal interprétés.
Aussi verrons-nous quels furent les objectifs et l’impact réel de ce choix tactique en 1944 avant de nous interroger sur l’emploi des unités aéroportées hier et aujourd’hui.


mardi 17 juillet 2012

Réflexions tactiques et stratégiques à venir sur le D.Day et la bataille de Normandie.


Profitant d'une villégiature en terre normande et foulant une fois de plus le théâtre des opérations du débarquement et de la bataille qui s'en suivit, j'initie ainsi une série d'articles afin de mettre à jour quelques enseignements tactiques et stratégiques des combats de l'été 1944 en Normandie, du 6 juin au 30 juillet, date  de la destruction effective de la VIIème armée allemande. Pour cela, et avant de développer mon propos sur certains épisodes de cette bataille de la seconde guerre mondiale, je vous propose, dans la rubrique "A lire", un ouvrage passionnant d'Eddy Florentin, "Stalingrad en Normandie", qui détaille et explicite avec objectivité la violence de la confrontation entre les deux protagonistes, dans le bocage du Cotentin mais aussi dans les plaines vallonées du pays d'Auge (selon que l'on se place du côté britannique ou américain) ainsi que les terribles affrontements dans et autour de ce que l'on nommera la Poche de Falaise (remarquable cas d'école défensif joué par les Allemands d'ailleurs).
Dans un autre registre, je place dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog un raccourci vers le site du musée dédié à la batterie de Merville dans l'embouchure de l'Orne. En effet, cette place forte allemande, équipée à l'époque de 4 obusiers de 100mm, sera enlevée le 6 juin à l'aube par les parachutistes britanniques du lieutenant-colonel Otway. A cette occasion, ce dernier, ainsi que ses hommes, feront preuve d'une réelle faculté d'adaptation pour faire face à des cas non conformes (et non prévus à l'entraînement) afin de vaincre un adversaire fortement retranché. Dès lors, une opportunité s'ouvre, dans lesjours à venir, pour réfléchir sur l'emploi des troupes aéroportées, hier et aujourd'hui et ce, à partir des nombreux exemples que nous offre l'opération Overlord. Bonne lecture.

samedi 14 juillet 2012

14 juillet 2012 : l'arme des transmissions à l'honneur.


A l'occasion de ce 14 juillet 2012, les transmetteurs ont été mis à l'honneur pour commémorer le 70ème anniversaire de l'arme des Transmissions. Ainsi, les 8 régiments de cette arme ont déployé à Paris des matériels et des personnels tout au long de la journée. De nombreux équipements étaient présents, des plus modernes aux plus anciens puisque la station de radiotélégraphie de la Tour Eiffel a été réactivée exceptionnellement (en HF et VHF) pour saluer l'èvènement et rendre hommage au général Gustave Férié (1868-1932), fondateur de la radiotélégraphie militaire. Cette dernière sera d'ailleurs un outil clé afin de faciliter, en 1914, pendant la bataille de la Marne, les échanges de messages pour coordonner la contre-attaque de Maunoury et de son armée de réserve sur les flancs des troupes allemandes.
Pour en savoir plus sur l'histoire des Transmissions, je vous conseille le site dédié à cette fonction opérationelle créé par des passionnés et par des anciens transmetteurs ou amateurs de cette technologie : http://www.appat.org/70ans/. Bonne lecture et bonne fête nationale à tous.

mardi 10 juillet 2012

Du nouveau dans vos rubriques...


Cette semaine, dans la rubrique "Paroles de chef", je vous propose une citation du colonel Suire (il avait de nombreux pseudos, je vous en avais déjà parlé), plaidoyer pour promouvoir l'histoire militaire qui, comme vous avez pu le lire dans mon dernier article, apporte des clefs de compréhension du passé mais aussi, et surtout, des pistes de réflexion pour l'avenir ou la gestion des contraintes militaires d'une époque. Dans la rubrique "A lire", vous trouverez la couverture d'une réédition récente des carnets du général Paulus qui commandait les forces allemandes à Stalingrad en 1942. Cet ouvrage, commenté et annoté par l'historien Boris Laurent, permet de revenir sur un des tournants du second conflit mondial. En outre, il apporte le regard d'un chef soumis à des évènements violents et qui doit faire des choix aux côtés de son état-major pour "décider dans l'incertitude" et trouver les modes d'action les plus efficaces avec les moyens dont il dispose.
Il semble également que le 16 juillet 2012, la DAS (Délégation aux affaires stratégiques) du ministère de la Défense organise un colloque à Paris sur la piraterie et ses formes contemporaines. Pour ceux qui auraient la chance d'y participer, je vous rappelle que nous en avions parlé sur ce blog il y a quelques semaines sous une perspective historique mais également plus actuelle avec, notamment, l'idée d'une approche globale en réponse à cette menace multi-séculaire:http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/01/lutte-contre-la-piraterie-maritime.html
Bonne lecture.

samedi 7 juillet 2012

Remontée en puissance des forces armées : perspectives historiques.


L’histoire militaire nous donne de nombreux exemples d’armées qui, par les circonstances, ont vu leur format, leurs moyens et leur entraînement limités par les contraintes budgétaires, politiques ou internationales du moment. Pourtant, elles ont su, toutes à leur façon, profiter de ces époques difficiles pour investir dans la formation, l’innovation technique ou doctrinale et consolider ce que l’on appelle aujourd’hui le lien armée-nation. Conscientes que le passé demeure une belle école pour appréhender l’avenir, ces militaires ont réussi le challenge de mettre en place tous les atouts d’une remontée en puissance de leurs institutions à l’aune de la seconde guerre mondiale. Dans ce cadre, nous verrons donc successivement les efforts allemands, américains et soviétiques de l’entre-deux-guerres pour se préparer aux enjeux du conflit à venir.


mardi 3 juillet 2012

Mise à jour des rubriques : livre et exposition pour ce début d'été.


Cette semaine, dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog, je vous invite, en ce début de vacances estivales, à profiter de l'exposition du "musée militaire de Lyon et de la région Rhône Alpes". celui-ci  a pour vocation de proposer un parcours pédagogique autour de 2000 ans d'histoire militaire avec près de 90 tableaux et diaporamas, de l'antiquité romaine aux opérations contemporaines en passant par les campagnes napoléonniennes, la seconde guerre mondiale ou le conflit indochinois. Un lien vous permet d'accéder au site de ce musée pour en connaître les détails et les modalités pratiques de visite.
Dans un autre registre, et pour compléter notre débat lancé la semaine dernière sur l'apport des sciences dans la guerre, la rubrique "A lire" se fait l'écho de cette réflexion avec un ouvrage écrit en 2006 par John Lynn : "De la guerre : une histoire du combat, des origines à nos jours". L'auteur, universitaire américain, préside dans son pays la commission d'histoire militaire et cherche à prendre le contre-pied de certains spécialistes de la stratégie comme John Keegan. En effet, il considère que l'art de la guerre est intimement lié à la culture du peuple qui l'applique, au niveau technologique de la société concernée et non pas au génie des chefs voire aux  principes que l'on voudrait universels. Un point de vue intéressant et propre à animer la polémique ou l'analyse. Bonne lecture...

mercredi 27 juin 2012

Mathématiques et guerre : réflexions et débat.

En février 2012 a eu lieu un colloque « des mathématiciens et des guerres : histoires et confrontations » dont le thème  m’a interpellé tant je considère la conduite de la guerre, ou ses avatars (la stratégie, la pensée opérative et la tactique), comme un art porté par la connaissance de l’histoire militaire qui, comme le disait le colonel Suire « permet d’apprendre à sentir et penser en soldat, tout en dominant la variété des techniques et la rigidité des règlements ».
L’instinct du chef, sa faculté à prendre des risques, à saisir les opportunités, à pressentir la réaction ennemie, à initier le génie qui surprendra l’adversaire sont les instruments de cette figure artistique qui, selon les mots du général Yakovleff, donne une certaine beauté aux batailles et aux manœuvres des grands capitaines.
Autant de raisons donc pour réfuter la vision scientifique voire géométrique de la guerre défendue par Jomini (et même Napoléon, nous le verrons) ou, plus récemment, par des officiers américains comme Warden (avec sa construction circulaire du ciblage), mais aussi l’amiral Henry Eccles dont la « military economics » rationalise la logistique opérationnelle.


vendredi 22 juin 2012

Histoire bataille : la conquête des Philippines par le Japon 1941-1942.


Dans le cadre de nos études sur les grandes batailles et la réflexion sur les enseignements tactiques, doctrinaux et opératifs de ces combats, je vous propose une petite synthèse de la conquête de l'archipel des Philippines par les Japonais en 1941 et début 1942. Cet épisode militaire met en exergue l'importance de la planification, le rôle du renseignement et celui des appuis tant dans la défensive que dans l'offensive ainsi que l'influence de la surprise sur les choix de commandement.

Contexte :
Dès l’été 1941, les pays européens présents en Asie du sud-est, comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, pressentent une action de force japonaise sur leurs possessions. Les Etats-Unis et leur allié philippin sont également inquiets, d’autant que c’est le général Mac Arthur, ancien chef d’état-major de l’armée américaine qui dirige depuis 1937 l’armée philippine encore mal équipée et peu entraînée. Après Pearl Harbour, les Philippines sont donc le second objectif stratégique des Nippons du fait de leur position géographique comme point d’appui pour attaquer les Indes orientales néerlandaises et leurs puits de pétrole tout en formant un rempart sur la route du Japon.