Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

jeudi 26 juillet 2012

Petit point de situation opérationnel.



Je saisis l’occasion de mon 100ème abonné « Twitter » et, depuis le 3 octobre 2011, de vos 37 800 connexions à « L’écho du champ de bataille » pour faire un petit point de situation sur le blog, sur ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire et les évolutions à venir. J’en profite pour vous remercier de participer à cette initiative par vos commentaires, vos encouragements ou tout simplement, votre lecture régulière.

En préambule, j’aimerais insister sur l’intérêt, selon moi, de l’histoire militaire ainsi que de l’histoire bataille dans la réflexion stratégique et tactique. Très souvent critiquées, ces deux matières d’étude ont régulièrement été considérées, à tort, comme trop narratives et pas assez problématisantes. Pourtant, les articles publiés sur ce blog démontrent que l’histoire militaire reste un formidable support de réflexion sur le passé (comprendre les faits, les raisons du succès ou de l’échec) mais aussi du présent, voire de l’avenir. En effet, même si les situations opérationnelles ne sont jamais les mêmes, à des périodes différentes (y compris sur le même terrain), l’organisation des unités, les modes d’action choisis, la compréhension des principes ou de la doctrine, la décision du chef, les contraintes de telle ou telle arme, les frictions comme le brouillard de la guerre, tous ces éléments traversent les époques, pour apporter des enseignements, des pistes et des solutions aux combats contemporains. En outre, l’histoire militaire est une remarquable école de ce que l’on appelle aujourd’hui « la mémoire » pour rendre hommage à tel ou tel combattant, tel commandant illustre, tels unités ou penseurs de l’art de la guerre (ainsi alimenter le lien armée-nation et notre patrimoine historique).

C’est donc dans ce cadre que j’ai mis en ligne 129 posts, parfois courts pour introduire une citation, un ouvrage ou une exposition, mais bien souvent, plus étayés pour évoquer une bataille, ouvrir un échange ou développer une idée, un principe tout comme une évolution doctrinale. J’espère avoir suscité chez vous de l’intérêt même si le faible nombre de commentaires ne me permet pas toujours d’alimenter le débat autant que je l’aurais voulu.

Mais il reste encore beaucoup à faire et rien n’est plus sclérosant que de se contenter de l’acquis (c’est valable également en tactique : celui qui n’évolue pas est souvent vaincu). Aussi, en toute humilité,  dans un processus encore plus pédagogique et davantage éducatif, je souhaite faire évoluer le blog pour qu’il soit plus didactique et plus facilement exploitable.

Tout d’abord, en simplifiant les libellés et en classant les articles selon de nouvelles thématiques à partir d’un onglet général. De plus, j’élargirai les thèmes d’étude avec des posts sur l’histoire et l’évolution de la tactique, de l’art opératif, de la stratégie ou des grands principes mais aussi sur certaines unités, sur les décorations ou quelques équipements spécifiques (blindés, transmissions, canons,…).
Enfin, les citations seront regroupées sur un recueil numérique afin de les consulter, à loisir, et les ouvrages classés dans une bibliographie. Cette évolution nécessitera peut-être la migration du blog vers un autre hébergeur si les contraintes techniques venaient à l’imposer. Je suis bien sûr à l’écoute de vos propositions et de vos suggestions pour améliorer « L’écho du champ de bataille ». Encore merci pour votre fidélité, bonne lecture …

Frédéric JORDAN

lundi 23 juillet 2012

Troupes aéroportées ou comment cloisonner le terrain.



L’opération « Overlord » et l’utilisation des parachutistes dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 nous permet d’aborder le principe de liberté d’action et, en particulier, le procédé qui consiste à cloisonner la zone d’engagement pour y manœuvrer selon le mode d’action choisi. En outre, le document de référence doctrinal français « TTA 106 » définit le « cloisonnement » comme une action de feux visant à interdire les communications ennemies entre deux zones du champ de bataille et le terme « cloisonner » comme un effet tactique visant à désorganiser l’action adverse en dissociant par les feux, des obstacles et des actions de choc son échelon de contact, de soutien ou ses voisins. On comprend donc aisément le choix du général Eisenhower d’employer 3 divisions aéroportées et une brigade de commandos pour préparer le débarquement en Normandie, favoriser l’exploitation de l’action amphibie et modeler la réaction allemande.
Au regard des évènements, l’emploi des parachutistes pour cette bataille s’est avéré décisif mais il a également été une source de frictions imprévues (favorables ou non) alors que ses enseignements ont été et sont encore parfois mal interprétés.
Aussi verrons-nous quels furent les objectifs et l’impact réel de ce choix tactique en 1944 avant de nous interroger sur l’emploi des unités aéroportées hier et aujourd’hui.


mardi 17 juillet 2012

Réflexions tactiques et stratégiques à venir sur le D.Day et la bataille de Normandie.


Profitant d'une villégiature en terre normande et foulant une fois de plus le théâtre des opérations du débarquement et de la bataille qui s'en suivit, j'initie ainsi une série d'articles afin de mettre à jour quelques enseignements tactiques et stratégiques des combats de l'été 1944 en Normandie, du 6 juin au 30 juillet, date  de la destruction effective de la VIIème armée allemande. Pour cela, et avant de développer mon propos sur certains épisodes de cette bataille de la seconde guerre mondiale, je vous propose, dans la rubrique "A lire", un ouvrage passionnant d'Eddy Florentin, "Stalingrad en Normandie", qui détaille et explicite avec objectivité la violence de la confrontation entre les deux protagonistes, dans le bocage du Cotentin mais aussi dans les plaines vallonées du pays d'Auge (selon que l'on se place du côté britannique ou américain) ainsi que les terribles affrontements dans et autour de ce que l'on nommera la Poche de Falaise (remarquable cas d'école défensif joué par les Allemands d'ailleurs).
Dans un autre registre, je place dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog un raccourci vers le site du musée dédié à la batterie de Merville dans l'embouchure de l'Orne. En effet, cette place forte allemande, équipée à l'époque de 4 obusiers de 100mm, sera enlevée le 6 juin à l'aube par les parachutistes britanniques du lieutenant-colonel Otway. A cette occasion, ce dernier, ainsi que ses hommes, feront preuve d'une réelle faculté d'adaptation pour faire face à des cas non conformes (et non prévus à l'entraînement) afin de vaincre un adversaire fortement retranché. Dès lors, une opportunité s'ouvre, dans lesjours à venir, pour réfléchir sur l'emploi des troupes aéroportées, hier et aujourd'hui et ce, à partir des nombreux exemples que nous offre l'opération Overlord. Bonne lecture.

samedi 14 juillet 2012

14 juillet 2012 : l'arme des transmissions à l'honneur.


A l'occasion de ce 14 juillet 2012, les transmetteurs ont été mis à l'honneur pour commémorer le 70ème anniversaire de l'arme des Transmissions. Ainsi, les 8 régiments de cette arme ont déployé à Paris des matériels et des personnels tout au long de la journée. De nombreux équipements étaient présents, des plus modernes aux plus anciens puisque la station de radiotélégraphie de la Tour Eiffel a été réactivée exceptionnellement (en HF et VHF) pour saluer l'èvènement et rendre hommage au général Gustave Férié (1868-1932), fondateur de la radiotélégraphie militaire. Cette dernière sera d'ailleurs un outil clé afin de faciliter, en 1914, pendant la bataille de la Marne, les échanges de messages pour coordonner la contre-attaque de Maunoury et de son armée de réserve sur les flancs des troupes allemandes.
Pour en savoir plus sur l'histoire des Transmissions, je vous conseille le site dédié à cette fonction opérationelle créé par des passionnés et par des anciens transmetteurs ou amateurs de cette technologie : http://www.appat.org/70ans/. Bonne lecture et bonne fête nationale à tous.

mardi 10 juillet 2012

Du nouveau dans vos rubriques...


Cette semaine, dans la rubrique "Paroles de chef", je vous propose une citation du colonel Suire (il avait de nombreux pseudos, je vous en avais déjà parlé), plaidoyer pour promouvoir l'histoire militaire qui, comme vous avez pu le lire dans mon dernier article, apporte des clefs de compréhension du passé mais aussi, et surtout, des pistes de réflexion pour l'avenir ou la gestion des contraintes militaires d'une époque. Dans la rubrique "A lire", vous trouverez la couverture d'une réédition récente des carnets du général Paulus qui commandait les forces allemandes à Stalingrad en 1942. Cet ouvrage, commenté et annoté par l'historien Boris Laurent, permet de revenir sur un des tournants du second conflit mondial. En outre, il apporte le regard d'un chef soumis à des évènements violents et qui doit faire des choix aux côtés de son état-major pour "décider dans l'incertitude" et trouver les modes d'action les plus efficaces avec les moyens dont il dispose.
Il semble également que le 16 juillet 2012, la DAS (Délégation aux affaires stratégiques) du ministère de la Défense organise un colloque à Paris sur la piraterie et ses formes contemporaines. Pour ceux qui auraient la chance d'y participer, je vous rappelle que nous en avions parlé sur ce blog il y a quelques semaines sous une perspective historique mais également plus actuelle avec, notamment, l'idée d'une approche globale en réponse à cette menace multi-séculaire:http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/01/lutte-contre-la-piraterie-maritime.html
Bonne lecture.

samedi 7 juillet 2012

Remontée en puissance des forces armées : perspectives historiques.


L’histoire militaire nous donne de nombreux exemples d’armées qui, par les circonstances, ont vu leur format, leurs moyens et leur entraînement limités par les contraintes budgétaires, politiques ou internationales du moment. Pourtant, elles ont su, toutes à leur façon, profiter de ces époques difficiles pour investir dans la formation, l’innovation technique ou doctrinale et consolider ce que l’on appelle aujourd’hui le lien armée-nation. Conscientes que le passé demeure une belle école pour appréhender l’avenir, ces militaires ont réussi le challenge de mettre en place tous les atouts d’une remontée en puissance de leurs institutions à l’aune de la seconde guerre mondiale. Dans ce cadre, nous verrons donc successivement les efforts allemands, américains et soviétiques de l’entre-deux-guerres pour se préparer aux enjeux du conflit à venir.


mardi 3 juillet 2012

Mise à jour des rubriques : livre et exposition pour ce début d'été.


Cette semaine, dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog, je vous invite, en ce début de vacances estivales, à profiter de l'exposition du "musée militaire de Lyon et de la région Rhône Alpes". celui-ci  a pour vocation de proposer un parcours pédagogique autour de 2000 ans d'histoire militaire avec près de 90 tableaux et diaporamas, de l'antiquité romaine aux opérations contemporaines en passant par les campagnes napoléonniennes, la seconde guerre mondiale ou le conflit indochinois. Un lien vous permet d'accéder au site de ce musée pour en connaître les détails et les modalités pratiques de visite.
Dans un autre registre, et pour compléter notre débat lancé la semaine dernière sur l'apport des sciences dans la guerre, la rubrique "A lire" se fait l'écho de cette réflexion avec un ouvrage écrit en 2006 par John Lynn : "De la guerre : une histoire du combat, des origines à nos jours". L'auteur, universitaire américain, préside dans son pays la commission d'histoire militaire et cherche à prendre le contre-pied de certains spécialistes de la stratégie comme John Keegan. En effet, il considère que l'art de la guerre est intimement lié à la culture du peuple qui l'applique, au niveau technologique de la société concernée et non pas au génie des chefs voire aux  principes que l'on voudrait universels. Un point de vue intéressant et propre à animer la polémique ou l'analyse. Bonne lecture...

mercredi 27 juin 2012

Mathématiques et guerre : réflexions et débat.

En février 2012 a eu lieu un colloque « des mathématiciens et des guerres : histoires et confrontations » dont le thème  m’a interpellé tant je considère la conduite de la guerre, ou ses avatars (la stratégie, la pensée opérative et la tactique), comme un art porté par la connaissance de l’histoire militaire qui, comme le disait le colonel Suire « permet d’apprendre à sentir et penser en soldat, tout en dominant la variété des techniques et la rigidité des règlements ».
L’instinct du chef, sa faculté à prendre des risques, à saisir les opportunités, à pressentir la réaction ennemie, à initier le génie qui surprendra l’adversaire sont les instruments de cette figure artistique qui, selon les mots du général Yakovleff, donne une certaine beauté aux batailles et aux manœuvres des grands capitaines.
Autant de raisons donc pour réfuter la vision scientifique voire géométrique de la guerre défendue par Jomini (et même Napoléon, nous le verrons) ou, plus récemment, par des officiers américains comme Warden (avec sa construction circulaire du ciblage), mais aussi l’amiral Henry Eccles dont la « military economics » rationalise la logistique opérationnelle.


vendredi 22 juin 2012

Histoire bataille : la conquête des Philippines par le Japon 1941-1942.


Dans le cadre de nos études sur les grandes batailles et la réflexion sur les enseignements tactiques, doctrinaux et opératifs de ces combats, je vous propose une petite synthèse de la conquête de l'archipel des Philippines par les Japonais en 1941 et début 1942. Cet épisode militaire met en exergue l'importance de la planification, le rôle du renseignement et celui des appuis tant dans la défensive que dans l'offensive ainsi que l'influence de la surprise sur les choix de commandement.

Contexte :
Dès l’été 1941, les pays européens présents en Asie du sud-est, comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, pressentent une action de force japonaise sur leurs possessions. Les Etats-Unis et leur allié philippin sont également inquiets, d’autant que c’est le général Mac Arthur, ancien chef d’état-major de l’armée américaine qui dirige depuis 1937 l’armée philippine encore mal équipée et peu entraînée. Après Pearl Harbour, les Philippines sont donc le second objectif stratégique des Nippons du fait de leur position géographique comme point d’appui pour attaquer les Indes orientales néerlandaises et leurs puits de pétrole tout en formant un rempart sur la route du Japon.

mercredi 20 juin 2012

Cyberstratégie : un ouvrage à ne pas manquer.

Cette semaine, je vous propose une nouvelle citation dans la rubrique "Paroles de chef" et je vous invite à la lecture d'un ouvrage traitant de la cyberstratégie, sujet souvent abordé dans les débats et autres colloques mais rarement approfondi, illustré, précisé dans ses termes, ses moyens et ses modalités d'exécution. Il s'agit du livre de Bertand Boyer " Cyberstratégie : l'art de la guerre numérique" aux éditions Nuvis qui vient de paraître et dont vous pouvez voir la couverture dans la rubrique "A lire" du blog. L'auteur, dans ce traité fort bien documenté et explicite, propose la définition de ce théâtre d'opérations virtuel avant de passer en revue les différents acteurs puis de dégager les principes structurants d'une stratégie dans ce domaine. En faisant référence aux théoriciens de la guerre comme Clauzewitz, Poirier, Aron ou Beaufre, ce livre tente de dégager les grandes lignes d'une guerre numérique probable ou possible.
La citation de la semaine, quant à elle, malgré un contexte militaire différent, montre que, dans une campagne classique comme dans une cyberattaque, il est nécessaire de paralyser l'adversaire en portant des attaques puissantes sur des objectifs choisis et déterminants pour l'ennemi sans jamais diluer les efforts. Ainsi, comme le déclarait le général Carnot, célèbre chef militaire de la Révolution : « Pour mettre l'ennemi hors d'état de recommencer une campagne, il ne faut pas disséminer vos forces sur toutes les frontières, mais il faut porter des coups décisifs sur deux ou trois points seulement ».

Source image : Cagle Cartoons - site allvoices