Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

vendredi 11 novembre 2011

Histoire bataille et hommage aux combattants de la Grande Guerre : l'expédition des Dardanelles.


En ce 11 novembre 2011, nous vous proposons, dans la rubrique "Batailles et enseignements", l'évocation d'une campagne mal connue de la première guerre mondiale, l'expédition alliée dans les Dardanelles. Loin des lignes de front françaises, cette action aura  pourtant été une illustration des combats de ce conflit sur un théâtre d'opération lointain si l'on prend les références de l'époque. De nombreuses leçons tactiques et opératives peuvent être exploitées au travers de cet exemple, tant sur le plan des choix de commandement, des manoeuvres choisies ou encore des principes logistiques mis en oeuvre. A l'occasion de la lecture de cette fiche, vous pourrez ainsi voir souligner l'importance du renseignement et du soutien, l'influence de l'audace et de l'initiative chez les chefs ainsi que le rôle clef de la planification et de la préparation dans les opérations. Enfin, ce post se veut un hommage à tous les soldats, d'hier et d'aujourd'hui, tombés pour la France. Bonne lecture...

mardi 8 novembre 2011

Nouvelle proposition de lecture. Patton, ce génie militaire à redécouvrir...

Cette semaine, nous vous proposons un nouvel ouvrage dans la rubrique "A lire" pour compléter votre bibliothèque. Il s'agit de "Patton" de Yannis Kardari, première biographie en français sur ce tumultueux général. Passionnant, ce livre retrace les différentes étapes de la vie de cet officier, sa psychologie, ses réflexions visionnaires sur l'emploi de blindés ou les combats qui seront ceux du second conflit mondial. Très bien illustré et bien écrit, vous dévorerez ce récit qui vous transportera des camps d'entraînement américains aux tranchées de la grande guerre en passant par l'Afrique du nord, la Sicile ou la Normandie. Patton, ce passionné d'histoire militaire, a été un remarquable tacticien, un meneur d'hommes qui, malgré ses excès et son impulsivité, a été le maître d'oeuvre des plus belles manoeuvres alliées de l'époque comme l'opération Cobra ou la rupture de l'encerclement de Bastogne. De belles citations, propres à enrichir votre culture tactique, vous y attendent, bonne lecture.

dimanche 6 novembre 2011

Histoire bataille : du nouveau dans la rubrique "Batailles et enseignements"...

Nous vous proposons une nouvelle bataille de la seconde guerre mondiale riche en leçons et intérêts tactiques. Il s'agit des combats de Koursk en 1943 sur le front de l'est. Les enseignements de ces combats soulignent, pour les deux armées, les effets de la "Maskirovka" (abordée dans un post précédent), l'importance du facteur climat dans l'analyse de la mobilité et de la manoeuvre ainsi que les points clés d'une action défensive bien menée par les Soviétiques. En outre, ces actions mettent en exergue les grands principes de la guerre, le rôle du cycle du renseignement, la plus value de l'appui air-sol pour une force mécanisée mais également l'incontournable gestion des flux logistiques dans l'offensive. Enfin, il sera intéressant d'étudier l'influence des différents chefs militaires dans la préparation ou la conduite des opérations. Bonne lecture...

samedi 5 novembre 2011

Pour revenir sur la citation de cette semaine : plaidoyer pour une Maskirovka à la française.

Dans un post précédent, j’avais soumis à vos commentaires la citation de Baltasar Gracian sur la nécessité de surprendre un adversaire en alternant de nombreux modes d’action et en créant, chez lui, l’incertitude, ce temps de retard dans sa prise de décision qui nous permettra, in fine, de garder l’initiative et de faire en sorte de gagner « cette dialectique des volontés » qu’est la guerre. Merci donc aux lecteurs qui ont alimenté le débat et initié ma réflexion.
En outre, comme annoncé, je vous fais part de mon opinion à ce sujet ainsi que de mes suggestions dans ce domaine. En effet, force est de constater que la surprise, dans la doctrine française, repose principalement sur des actions de diversion, toujours mises en avant (voir en particulier le document FT 02[1]) mais sans jamais être décrites précisément, dans leur forme, leurs modalités, leurs actions, leur durée, … La déception, quelle qu’elle soit, est un serpent de mer que l’on évoque dans des cours théoriques, en histoire militaire ou à l’occasion d’exercices dans lesquels cette action demeure un artifice esthétique pour le MA[2] choisi, voire une manière de se rassurer sur l’effet qu’elle pourrait produire sur l’ennemi (si tenté que ce dernier y croit). On estime également qu’elle doit dépasser le niveau tactique en s’appuyant sur les opérations d’information. Aussi, riche de nombreuses lectures, je pense qu’il serait nécessaire de formaliser, dans l’armée de Terre, un apprentissage d’une « Maskirovka » tactique à la française sans que ce procédé ne reste l’apanage de l’ennemi générique « Glaise » issu du TTA 808[3].

La déception, si on prend sa définition officielle est perçue comme : l’effet résultant de mesures visant à tromper l’adversaire en l’amenant à une fausse interprétation des attitudes amies en vue de l’inciter à réagir d’une manière préjudiciable à ses propres intérêts et de réduire ses capacités de riposte[4]. Elle repose sur la dissimulation, la déception et l’intoxication. Certes, mais qu’est-ce que cela donne concrètement ? Faisons un constat pour les forces françaises.

mercredi 2 novembre 2011

Guerre des Malouines : l’artillerie sol-air assure la liberté d’action au corps expéditionnaire britannique

Souvent considérée à tort comme une fonction opérationnelle secondaire dans des conflits de moyenne intensité, la défense sol-air a pourtant été un élément crucial de la victoire britannique, lors de la guerre des Malouines, en mai-juin 1982.
Ces combats ont démontré, une fois de plus, que la supériorité aérienne n’est pas synonyme de suprématie et que le chef interarmes, ou interarmées, doit également envisager sa liberté d’action sous le prisme de la troisième dimension afin de ne pas perdre l’initiative, au sol, dans toutes les phases de l’action, à l’avant comme à l’arrière.
En effet, face au corps expéditionnaire britannique, les Argentins alignent un important contingent aérien dont une partie non négligeable est équipée pour l’appui au sol. Il s’agit de 64 A4 Skyhawk, de 20 Dagger (version israélienne dérivée du Mirage III français), de 7 Super-Etendard dotés d’Exocet (AM39), de 45 IA-58 Puccara et de 25 hélicoptères. Dès le début des hostilités, l’aviation britannique, avec ses Sea-Harrier, est incapable d’obtenir clairement la maîtrise du ciel, à l’instar des combats aériens des 1er et 2 mai 1982. Aussi, dès le 4 mai, les attaques à basse altitude des aéronefs argentins menacent les zones de débarquement anglais avec la destruction du destroyer Sheffield par un aéronef.
Très vite le commandement britannique prend conscience de la vulnérabilité des bâtiments de la flotte ainsi que de ses têtes de pont et comprend que les avions argentins pourraient mettre en péril le débarquement des hommes et du matériel.

mardi 1 novembre 2011

Une nouvelle citation pour suciter le débat...

Chers lecteurs,

En vous proposant cette semaine dans la rubrique "Paroles de chef" une citation d'un auteur plus iconoclaste qu'à l'accoutumée, je souhaite susciter le débat sur la place de la surprise, de la déception et de l'imagination dans la conduite de la guerre et ce, au travers de vos expériences personnelles, de vos lectures ou encore de références aux grands chefs militaires, stratèges ou stratégistes de leurs époques. L'auteur de cette citation, ecclésiastique polémique du XVIIème siècle, a accompagné de nombreuses armées en campagne (siège de Lérida en 1646), a conseillé les princes d'Espagne et a rédigé divers ouvrages dont un relatif à l'image du "héros". Son oeuvre littéraire sera souvent comparée à celle de Machiavel. Il défend en particulier la prudence et la capacité à surprendre l'adversaire par un comportement inattendu. Bref, il prône l'incertitude, celle sur laquelle le général Desportes fonde sa réflexion polémologique dans la majorité de ses ouvrages. Ainsi donc, avant de partager avec vous ma réflexion sur ce sujet, j'attends, avec impatience, vos commentaires ou vos articles. A vos plumes...

samedi 29 octobre 2011

Proposition de lecture : la tactique et les opérations à travers l'histoire de l'armée israélienne


Nous vous proposons dans la rubrique "A lire" un ouvrage dense et riche en enseignements, "Tsahal, nouvelle histoire de l’armée israélienne" de Pierre Razoux (éditions Tempus, 2006).
Au-delà de l’analyse politico-stratégique qu’il apporte, ce livre détaille surtout les évolutions d’une armée israélienne qui doit, en fonction des époques, des adversaires potentiels, des opportunités et des progrès techniques, faire évoluer ses matériels, sa doctrine, son entraînement pour faire face aux divers conflits du Proche-Orient. L’auteur, en s’appuyant sur de nombreuses cartes, comptes-rendus d'opérations et témoignages, narre les grandes et petites batailles de Tsahal, ses échecs et ses victoires qu'elles se déroulent au niveau du bataillon, de la brigade ou de la division ou du commando de forces spéciales. Une lecture incontournable pour mieux appréhender l'emploi combiné des fonctions opérationnelles, l'impact du facteur culturel sur la conduite de la guerre ainsi que l'influence du chef dans la saisie des opportunités.

jeudi 27 octobre 2011

Conduire la guerre : vision tactique versus vision opérative

L’exemple du front de l’est pendant la seconde guerre mondiale

« Un général allemand, adorateur de la seule déesse Tactique, se ferait damner pour réussir un Kessel[1], un général soviétique, formé à l’école opérative, résistera aux sirènes du coup d’aubaine pour rester fixé sur la part qui lui revient dans la planification générale ».[2]

C’est une fois de plus en relisant cette phrase de Jean Lopez et en écoutant les débats autour de ces notions que je me suis interrogé sur la valeur de ces deux visions dans la conduite de la guerre et la mise en œuvre d’une opération. Il s’agit donc de savoir si le niveau opératif, bien souvent décrié en France comme dans certaines armées européennes, a prouvé son efficacité ou démontré son échec. Nous verrons, par conséquent, au travers de l’exemple du front de l’est pendant la seconde guerre mondiale, que les deux notions sont complémentaires mais, qu’objectivement, c’est bien la vision d’ensemble opérative qui permet le succès, à long terme, tout en favorisant la concentration des efforts afin de contraindre la volonté ennemie et obtenir l’effet final recherché.

dimanche 23 octobre 2011

Histoire bataille et mise à jour des rubriques de votre blog...

Chers lecteurs,

Cette semaine, nous vous proposons une nouvelle bataille et ses enseignements. Il s'agit des combats de Gettysburg en 1863 pendant la guerre civile américaine. Sur le plan tactique, cette confrontation permet d'évoquer le rôle des appuis, l'importance de l'initiative, différents modes d'action pour l'attaque et la défensive et enfin l'importance des forces morales dans la victoire. Comme promis dans un précédent "post", les pages de la rubrique "batailles et enseignements" disposent maintenant de cartes vous permettant de suivre, avec davantage de facilité, les différents temps de la manoeuvre des belligérants.
En ce qui concerne la rubrique "Paroles de chef" vous pourrez lire, dès aujourd'hui, une citation du spécialiste de l'approche indirecte en tactique, Sir Liddell Hart, qui met en avant l'exemple mongol pour illustrer quelques principes. Bonne lecture...

jeudi 20 octobre 2011

Retour sur le cauchemar aéroporté de l’armée rouge en 1943

Péninsule de Boukrine,  septembre 1943

En lisant le dernier ouvrage de l’historien et spécialiste de la seconde guerre mondiale Jean Lopez[1], j’ai été surpris de découvrir un épisode peu connu du front de l’est du dernier conflit mondial, à savoir, l’échec d’une opération aéroportée soviétique de grande ampleur. En effet, si on relate souvent les parachutages allemands de Hollande et de Crête, ceux des Alliés en Italie, en Normandie ou pendant « Market Garden », on estime que l’armée rouge n’a jamais utilisé comme telles ses unités parachutistes.
Pourtant, la tentative de septembre 1943 d’envoyer des forces aéroportées en masse sur le Dniepr démontre la volonté de la Stavka[2] de retrouver sa liberté d’action grâce à ses formations légères aéroportées, à un moment critique de l’offensive de la 40ème armée en Ukraine.
L’échec terrible de cette opération mérite donc une analyse attentive des circonstances, de la planification, des modes d’action utilisés et des enseignements propres à cette bataille et ce, en s’appuyant largement sur les écrits de J.Lopez.