Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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dimanche 5 février 2017

Comprendre la doctrine russe au travers de la culture militaire soviétique.


L'armée russe est aujourd'hui de nouveau engagée sur divers théâtres d'opérations, en Syrie, dans le Caucase ou en Ukraine. Elle y démontre de grandes qualités tactiques face à des adversaires irréguliers, conventionnels ou tout simplement hybrides. Si ce réveil militaire demeure le fruit d'un effort de professionnalisation et d'équipement engagé par Moscou depuis plusieurs années, la doctrine actuelle, considérée par les armées occidentales comme нелинейная война ou guerre non linéaire, elle reste bien l'héritière de la pensée opérationnelle soviétique des années 1950. En effet, en relisant la "Doctrine militaire soviétique" de Raymond L. Garthoff  (éditions Plon- 1956), il est finalement assez aisé de retrouver les grands principes qui animent encore, de nos jours, l'engagement russe avec notamment la recherche de la surprise, de la fulgurance et l'emploi de l'artillerie au plus près des unités blindées afin de favoriser, in fine, la manœuvre.

samedi 10 septembre 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : été 1916.


En ce centenaire du premier conflit mondial, nous retrouvons le témoignage du lieutenant-colonel Rousset, contemporain de cette guerre et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Il commente à chaud les combats de tous les théâtres d'opérations avec le regard aiguisé, quoique pas toujours objectif, du spécialiste de la polémologie.
Il nous décrit les combats de l'été 1916.
Les 3 et 4 juin 1916, les Allemands poursuivent leur poussée vers le fort de Vaux et multiplient les assauts sur cet ouvrage malgré les pertes que leur infligent l'artillerie et les mitrailleuses françaises. Les hommes du commandant Raynal résistent toujours malgré les bombardements puissants :"depuis la soirée de samedi jusqu'à la matinée de lundi, les attaques n'ont pour ainsi dire pas cessé et leur violence est toujours allée en s'accentuant. Cette tuerie a quelque chose d'infernal. Quant au courage de nos soldats, il est toujours égal à lui-même, c'est-à-dire supérieur au plus haut. Quel spectacle que celui de la petite garnison du fort, résistant à tous les assauts, défiant les jets de liquides enflammés et gardant fièrement des ruines qui ne peuvent même plus l'abriter..." 

samedi 28 mai 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : mars à mai 1916. (2/2)

 
Le lieutenant-colonel Rousset poursuit sa description des combats sur tous les fronts au cours du printemps 1916. La bataille de Verdun continue avec quelques pans de terrain repris aux Allemands par une attaque brusquée française au sud de Douaumont le 15 avril mais sans effet majeur sur l'évolution des opérations. Dans le Caucase, les Russes bousculent une fois de plus  les Turcs sur la rive gauche du Kara-Déré alors que les Italiens, près du lac de Garde  (pentes du Monte Sperone), avancent lentement. Dans le même temps, les Autrichiens contre-attaquent sans succès avec 14 bataillons dans la vallée de la Brenta.

dimanche 6 mars 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier - février 1916. (2/2)

 
Le lieutenant-colonel Rousset décrit le déroulement du conflit mondial sur la période de janvier-février 1916, moment crucial de la guerre et ce, notamment au regard du nombre de fronts ouverts et des opérations lancées, ou en préparation.
Le 1er février, le camp retranché de Salonique est vu, au même titre que les Dardanelles en 1915, comme l'opportunité de renverser la situation même si, début 1916, cela demeure une illusion stratégique (malgré les efforts du général Sarrail pour créer les conditions de la victoire sur ce théâtre d'opérations). A tel point que notre témoin parle de "l'impuissance ennemie", y compris en Artois et en Picardie, ce qui paraît quelque peu en décalage avec les réalités du terrain.

mercredi 2 mars 2016

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier et février 1916 (1/2).

 
Nous renouons avec le récit du lieutenant-colonel Rousset, contemporain du premier conflit mondial et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Son récit, mis en perspective de notre analyse contemporaine des évènements offre, à la fois un formidable regard averti sur la Grande Guerre, mais aussi de véritables axes de réflexion sur la tactique et les enseignements opérationnels. Il aborde cette fois les importants combats, sur tous les fronts de janvier et février 1916 qui auront des conséquences décisives.
Les 1er et 2 janvier 1916, au Cameroun, les Anglais venus du nord-ouest et les Français arrivant du Tchad et du Congo poussent les Allemands à se replier au-delà de Gaundé. Des pièces à longue portée allemande frappent des villes importantes comme à Nancy avec un objectif stratégique et des effets proches de la guerre psychologique. Sur mer, le bilan 1915 montre que, notamment, les sous-marins de la marine allemande demeurent une menace sérieuse après avoir coulé 231 navires britanniques et 212 autres étrangers.

mardi 8 décembre 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : décembre 1915.

 
Le lieutenant-colonel Rousset, contemporain du premier conflit mondial, poursuit son remarqable travail d'analyse et de description des combats qui durent maintenant depuis plus d'un an. En ce début décembre 1915, les températures très froides semblent avoir figé les lignes de front dans les Balkans, sur la Vardar, comme à Monastir, où les Allemands et leurs alliés bulgares ne parviennent pas à emporter la décision. Malgré tout, le général Sarrail (corps expéditionnaire français d'Orient) doit commander une nouvelle retraite à ses hommes faute de coordination viable avec les Serbes en déroute. Sur le front russe, la réduction du front de bataille allemand, obtenu grâce à la conquête de la Pologne, a permis à Berlin de basculer 11 divisions vers le front occidental, soient 180 à 200 000 hommes.

jeudi 27 août 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : août- septembre 1915.


Le lieutenant-colonel Rousset nous fait partager, comme à l'accoutumée, son analyse des combats du premier conflit mondial qu'il suit au fil des communiqués et des informations qu'il glane auprès de ses camarades des états-majors. Depuis plusieurs semaines, son propos se fait plus hésitant devant les rapports des différentes batailles dont les bilans sont mitigés et à l'image de la violence mais aussi de l'immobilisme de la guerre de position. De la même façon, alors qu'il comptait, comme las Britanniques et les Français sur la puissante armée russe, il découvre les faiblesses de celle-ci dans le domaine de la logistique, de l'artillerie et de l'équipement en général et ce, malgré un courage au feu indéniable. En effet, les troupes du Tzar n'ont de cesse de reculer et de perdre le terrain conquis au début de la guerre face aux coups de boutoir allemand et austro-hongrois.

lundi 3 août 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : juillet -août 1915.


 
Le lieutenant-colonel Rousset poursuit son analyse à chaud des combats du premier conflit mondial, notamment la nouvelle étape que représente l’été 1915. Dans ce cadre, il met en exergue les combats des Vosges, en particulier ceux de La Fontenelle où les Français s’emparent d’une puissante position allemande adossée à un observatoire naturel. Néanmoins, de son récit, on comprend que ce succès est surtout dû à l’échelle réduite de l’objectif, à la concentration d’artillerie consentie sur ce point particulier et à un assaut brutal de l’infanterie qui fera plus de 800 prisonniers allemands. Cette victoire localisée n’a que peu d’effet opératif mais démontre que la puissance du feu indirect conjuguée à un assaut dans la foulée peut avoir des résultats tactiques probants. Pétain fera d’ailleurs de même en 1917 à la Malmaison après le désastre du Chemin des Dames. En attendant, l’état-major se contente de ces avancées limitées.

mercredi 15 juillet 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : juin-juillet 1915.


 
Nous renouons avec notre témoin privilégié du premier conflit mondial, le lieutenant-colonel ROUSSET, ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre avant 1914.
Début juin, les forces italiennes paraissent progresser avec rapidité dans le Trentin alors que les Russes font effort pour reprendre l'initiative. L'auteur condamne, à juste titre, l'ordre du consul allemand à Caïffa en Syrie qui a fait profaner les tombes des soldats de Bonaparte. Il diabolise ainsi, une fois de plus, un ennemi déjà accusé d'utiliser les gaz asphyxiants en dépit de toutes les lois de la guerre ou qui bombarde la cathédrale de Reims (la propagande s'intensifie encore un peu plus). La traduction d’un carnet d’un officier allemand mort semble montrer un effondrement moral des soldats adverses d’un bataillon, déduction généralisée à toute l’armée allemande sans précaution aucune par notre observateur averti, les troupes françaises étant persuadé d’avoir une supériorité notable en la matière avec l’héritage d’Ardant du Picq. L'effet dévastateur de la doctrine de l'offensive à outrance du début du conflit se poursuit.

jeudi 14 mai 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : avril -mai 1915.


 
Suivons une fois de plus le récit quotidien du lieutenant-colonel ROUSSET, ce contemporain du premier conflit mondial, spectateur averti (ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre) des combats que se livrent les Nations en guerre en ce début de XXème siècle.
A compter du 17 avril, dans les Carpathes ce sont quatre millions d'hommes qui sont aux prises sur un front de 300 km, les Allemands tentant de soutenir un allié autrichien en grande difficulté. Les combats s'annoncent rudes dans un terrain transformé par le printemps en un mas de boue où il est très difficile de circuler (et de ravitailler les unités). Les Russes, sur le plan stratégique, peuvent néanmoins compter exceptionnellement sur le port d'Argangelsk libéré très tôt des glaces  cette année, les ports de la Baltique et de la Mer Noire n'ayant plus de débouché. Le 18 avril, le célèbre pilote Roland Garros est fait prisonnier après avoir dû poser son appareil derrière les lignes allemandes suite à une panne moteur. En Belgique, les forces allemandes reprennent l'offensive et utilisent une fois de plus, dans la région de Ypres, des gaz de combat. Ces derniers créent encore le désordre chez les Français (ce qui montre une incapacité à prendre en compte cette menace et à trouver des parades efficaces) qui abandonnent leurs positions. Notre témoin décrit ensuite longuement la lutte dans les "sapes de la Fontenelle" décrivant cette guerre souterraine où les travaux des sapeurs tentent de faire obstacle à l'ennemi et où l'horreur des explosions créent la terreur chez les combattants.

mercredi 11 mars 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : janvier - mars 1915.


 
Nous renouons avec notre étude de la première guerre mondiale au travers de ses opérations et du témoignage du lieutenant-colonel Rousset, contemporain de l'époque et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Les semaines et mois présentés mettent en évidence une pensée tactique voire stratégique étriquée ainsi qu'une analyse largement influencée par la propagande.
Dès le 20 janvier, les communiqués ne semblent plus parler que d'offensives mineures à l'échelon locale engageant une à deux divisions comme dans la région de Crouy par exemple, ou à Notre-Dame de Lorette où l'auteur s'inquiète de la prise d'une  seule tranchée par les Allemands. On perçoit ainsi le drame de la guerre de position qui débute avec des attaques meurtières sur des compartiments de terrain très limités.

lundi 29 décembre 2014

La première guerre mondiale au jour le jour : novembre - décembre 1914.

 
Nous poursuivons notre évocation du premier conflit mondial dans les yeux du lieutenant-colonel Rousset, contemporain des combats et ancien professeur de tactique à l’Ecole supérieure de guerre. Ce témoin, dans ses analyses et commentaires illustre bien souvent l’aveuglement tactique français de l’époque avec le culte de l’offensive et le primat des forces morales des fantassins pour remporter la victoire.
Dès le 1er novembre 1914, les Allemands repassent à l’offensive générale mais sans manœuvre particulière, avec force et en ne comptant que sur l’effet de masse. Les Alliés résistent et l’auteur met en avant, dans une perception anachronique, les actions chevaleresques de quelques dragons, définissant ces « coups à la française » d’épisodes au parfum d’épopée à l’instar des hussards de la Grande Armée de 1806. Sur mer, les combats navals se font de plus en plus nombreux avec la bataille du Chili entre l’escadre de Von Spies (croiseurs Scharnorst par exemple) et celle de l’amiral britannique Cradock.

lundi 27 mai 2013

Exposition et ouvrage à ne pas manquer.

 
Avant de terminer sur la campagne de Pologne de 1939 et les divergences entre principes tactiques et stratégiques, un petit interlude pour mettre en avant une exposition sur la Grande Armée et un ouvrage historique sur les soldats de l'Empereur.
Il s'agit d'évoquer la retraite de Russie avec, dans la rubrique "A lire" de votre blog, un livre de Marie-Pierre Key, professeur d'histoire à la Sorbonne associé, dans la rubrique "Mémoire et évènements" à la présentation, par le Musée de l'armée, des objets retrouvés près de Vilnius dans un charnier de soldats des troupes impériales. Dans les deux cas, les enseignements sont ceux des combattants confrontés à l'ennemi dans des conditions climatiques extrêmes, fantassins, artilleurs, cavaliers, sapeurs qui assureront une manœuvre rétrograde de milliers de kilomètres et ce, malgré le harcèlement des Cosaques ou du "général hiver". Ce seront des héros du quotidien, capables de prouesses malgré les fatigues et les privations à l'instar du franchissement, sous le feu des Russes, du fleuve Bérézina.
Bonne lecture et bonne visite...

jeudi 17 janvier 2013

Les enseignements de la guerre russo-japonaise 1904-1905 (2).


La guerre russo-japonaise, comme la guerre des Boers et les conflits balkaniques du début du XXème siècle, apparaît, avec le recul historique, comme un laboratoire de ce que sera le tournant de la première guerre mondiale et ce, tant en termes d'emploi des armes que d'évolution tactique. Pourtant, l'analyse faite à l'époque par les observateurs européens montre que le retour d'expérience peut être bénéfique comme il peut renforcer les préjugés ou l'immobilisme doctrinal.
  



dimanche 13 janvier 2013

Rubriques réactualisées et nouveau sujet : la guerre russo-japonaise de 1904-1905.

 
Comme je vous l'avais annoncé, je vais aborder la guerre russo-japonaise afin d'étudier sa prise en compte dans l'exploitation du retour d'expérience par les armées européennes de l'époque. Ceci permettra de comprendre comment le contexte des opérations peut engendrer de profondes modifications dans la tactique ou, tout simplement, renforcer la cécité doctrinale de certaines institutions militaires.
Mais avant, pour actualiser les rubriques de votre blog, dans "Paroles de chef" je vous propose une citation du major Löffler (officier allemand), auteur d'un ouvrage sur les enseignements du conflit en Mandchourie au début du siècle dernier suscité : "La guerre, d'ailleurs, doit toujours rester la source où il faut puiser les enseignements qui permettent de se rendre compte si les procédés du temps de paix correspondent bien aux exigences de la réalité". De la même façon, dans la rubrique "Mémoire et évènements" une exposition à Commercy dans la Meuse, revient sur la présence militaire dans cette cité de 1766 à nos jours afin d'illustrer les évolutions techniques comme tactiques des différentes unités qui se sont succédées qu'elles soient issues de l'artillerie, de l'infanterie ou de la cavalerie.
 
La guerre russo-japonaise de 1904-1905 : laboratoire de la première guerre mondiale ou conflit régional limité ?

Les guerres, même lointaines, sont souvent l’occasion pour leurs contemporains et au-delà de leurs acteurs, de réfléchir aux évolutions des outils militaires, aux innovations techniques, tactiques ou doctrinales.

dimanche 11 mars 2012

Guerre en Géorgie de 2008 : que révèlent la défaite tactique géorgienne et la victoire opérative russe ?


A l’heure où le débat historico-militaire fait la part belle aux conflits asymétriques et insurrectionnels, occultant ainsi la guerre conventionnelle (voir la reléguant à un passé révolu), j’ai souhaité revenir sur les combats de 2008 en Géorgie qui ont vu s’affronter deux armées blindées-mécanisées aux équipements quasi-similaires, aux racines doctrinales identiques mais qui ont choisi de s’engager selon des niveaux de manœuvre différents.
En effet, le déroulement de cette campagne offre des enseignements intéressants sur les opérations interarmes et interarmées contemporaines, engageant des unités allant de la valeur du bataillon (ou groupement tactique) à celui de la brigade, tout en suscitant la réflexion sur des principes et des fondements majeurs de l’art de la guerre. De la même façon, les deux protagonistes envisagent leurs actions selon des modalités bien différentes, choix qui révèlent leurs atouts mais surtout leurs faiblesses structurelles ou opérationnelles, particularités qu’il s’agira de comprendre et d’identifier. En revanche, notre propos ne sera pas de revenir sur l’ensemble de la crise et ses implications géopolitiques.
Aussi, dans ce cadre, nous aborderons, dans un premier temps, le rapport de forces et la planification au début du conflit, avant de détailler les 12 premiers jours de l’engagement et enfin, de conclure sur le bilan et des réflexions tactico-opératives de portée plus larges.