Suivons une fois de plus le récit quotidien du lieutenant-colonel ROUSSET, ce contemporain du premier conflit mondial, spectateur averti (ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre) des combats que se livrent les Nations en guerre en ce début de XXème siècle.
A compter du 17 avril, dans les Carpathes ce sont quatre millions d'hommes qui sont aux prises sur un front de 300 km, les Allemands tentant de soutenir un allié autrichien en grande difficulté. Les combats s'annoncent rudes dans un terrain transformé par le printemps en un mas de boue où il est très difficile de circuler (et de ravitailler les unités). Les Russes, sur le plan stratégique, peuvent néanmoins compter exceptionnellement sur le port d'Argangelsk libéré très tôt des glaces cette année, les ports de la Baltique et de la Mer Noire n'ayant plus de débouché. Le 18 avril, le célèbre pilote Roland Garros est fait prisonnier après avoir dû poser son appareil derrière les lignes allemandes suite à une panne moteur. En Belgique, les forces allemandes reprennent l'offensive et utilisent une fois de plus, dans la région de Ypres, des gaz de combat. Ces derniers créent encore le désordre chez les Français (ce qui montre une incapacité à prendre en compte cette menace et à trouver des parades efficaces) qui abandonnent leurs positions. Notre témoin décrit ensuite longuement la lutte dans les "sapes de la Fontenelle" décrivant cette guerre souterraine où les travaux des sapeurs tentent de faire obstacle à l'ennemi et où l'horreur des explosions créent la terreur chez les combattants.