Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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lundi 9 janvier 2017

Quand un adversaire hybride met en échec une puissance militaire.


Les conflits contemporains mettent en lumière des adversaires de plus en plus hybrides qui, par leurs stratégies « non linéaires » pour reprendre un terme russe, ou au travers de modes d’action tactiques spécifiques, mettent en échec de nombreuses armées conventionnelles. Mais ce phénomène, dans une perspective historique plus large, n’est pas nouveau, notamment si on revient sur certains théâtres d’opérations de la fin du XXème  siècle. Une bataille de la guerre du Vietnam, autour de la base de Khe Sanh en 1968, nous en donne un exemple frappant. En effet, lors de cette série de confrontations, les forces nord-vietnamiennes vont parvenir à assiéger pendant 77 jours une base américaine de plus de 6000 hommes, tout en imposant à leur adversaire une véritable manœuvre opérative d’envergure ainsi que des surprises tactiques, voire stratégiques et ce, comme nous le verrons à propos du camp de Lang Vei.

vendredi 23 décembre 2016

Un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année à tous !


Votre blog, "L'écho du champ de bataille", vous souhaite un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année, que l'année 2017 vous apporte les satisfactions que vous attendez pour vous comme pour vos proches. Quant à moi, malgré un rythme moins soutenu depuis plusieurs mois dû à des activités et responsabilités professionnelles plus importantes, j'aurai plaisir à vous proposer des nouveaux articles, ouvrages et autres réflexions sur notre histoire militaire ou les grands principes et concepts opérationnels.
Merci de votre fidélité et de vos commentaires, encore trop peu nombreux à mon goût, mais toujours d'un grand intérêt comme  des sources d'encouragement. 
Aujourd'hui, votre blog peut  ainsi compter sur 700 à 800 connexions quotidiennes, soient près de 16 000 vues par mois et, depuis 2011, 511 000 visites. Vous avez principalement marqué de l'intérêt pour les posts en lien avec les conflits récents comme l'Irak et l'Ukraine, sur les questions de prospective ou traitant de l'emploi des appuis feux comme l'artillerie. Mes écrits sur le premier conflit mondial avec Verdun, la Somme ou le quotidien des soldats paraissent également vous avoir intéresser. En outre, mon ouvrage "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis a effectivement attiré votre curiosité. D'ailleurs, sachez que mon livre a été classé dans le trio de tête du prix "L'Epée et la plume 2016" et ce, parmi 60 manuscrits en compétition. Ecrit avec cœur, il fait la synthèse entre les opérations du moment en Afrique et notre histoire mais il permet aussi d'aborder le sens de l'engagement des soldats français, hier comme aujourd'hui.
L'année qui vient nous permettra donc d'échanger encore un peu avec l'évocation de l'année 1917, l'étude d'auteurs militaires anciens mais aussi les allers et retours vers de grandes batailles. Enfin, les mois prochains seront peut-être l'occasion de proposer à la publication d'autres ouvrages traitant de sujets divers déjà initiés sur votre blog. Je rends hommage, à l'image de la photographie illustrant ce texte, au sacrifice de nos aînés qui, il y a 100 ans, résistaient aux assauts ennemis à Verdun et sur de nombreux fronts sous un déluge de feux et d'acier. 
J'ai bien évidemment une pensée particulière pour tous les militaires déployés en opérations aux quatre coins du monde et sur le territoire national ainsi que vers leurs familles. Merci pour leur disponibilité, leur engagement et leur dévouement pour assurer notre sécurité au loin comme sur notre terre de France.
A bientôt sur la toile et dans les passionnantes pages de notre histoire militaire.

Frédéric JORDAN

dimanche 18 septembre 2016

L'artillerie des avant-postes : perspectives historiques - 1ère partie.


A la demande de plusieurs lecteurs assidus de votre blog, je débute aujourd'hui une série d'articles consacrés à l'emploi de l'artillerie dans les avant-postes. En effet, l'emploi des canons et mortiers français à partir des FOB (Forward Operations Base) en Afghanistan de 2008 à 2012, le déploiement d'AUF1 sur le Mont Igman aux côtés de la FRR (force de réaction rapide) en ex-Yougoslavie en 1995 puis l'engagement, durant quelques années, de pièces de 155 mm au sein du contingent français de la FINUL au Liban ont montré tout l'intérêt de disposer d'appui feux au plus près des postes tenus par l'interarmes. Plus récemment, dans la bande sahelo-saharienne, les mortiers de 120 mm, les CAESAR et même les LRU ont appuyé les manœuvres conduites à partir de Gao, Kidal ou Tessalit. Enfin, la crise au Levant, en Syrie comme en Irak, illustre le besoin de pièces d'artillerie pour prendre l'ascendant, reprendre l'initiative et frapper des objectifs dans la profondeur face à des adversaires irréguliers ou hybrides.
Aussi, au travers d'exemples historiques, nous verrons que l'emploi des feux indirects sur les avant-postes a , de tous temps, été une vraie plus-value afin de garantir la liberté d'action du chef interarmes ou contribuer au principe de concentration des efforts. Le premier de ces exemples réside dans la mission confiée au artilleurs lors de la guerre d'Algérie.

jeudi 5 mai 2016

Enseignements tactiques : la mission militaire française au Hedjaz 1916-1920.


Cet article est le dernier de notre série consacrée à l'engagement français aux côtés de la grande révolte arabe pour chasser les Ottomans du Levant et de ce que l'on appelait alors l'Arabie. Cette étude permet de tirer les enseignements tactico-opératifs de ce déploiement français méconnu. Nous verrons que les grands principes s'y sont appliqués et que les modes d'action choisis font écho à ceux employés aujourd'hui sur de nombreux théâtres d'opération.

samedi 21 décembre 2013

"La guerre vue du ciel" : un ouvrage riche d'enseignements.

 
Nous vous proposons la lecture du livre du lieutenant-colonel Scheffler, de l'armée de l'air, qui décrit pour la première fois, avec réalisme et détails, son quotidien de  pilote de chasse. A l'occasion d'une passionnante présentation au 40ème RA de Suippes, l'auteur a ainsi illustré une partie de son ouvrage devant les artilleurs et, en particulier devant les membres des équipes FAC (Forward air controler) du régiment qui ont, pour nombre d'entre eux, servi et guidé des frappes air-sol sur les théâtres d'opération récents ou se préparent à partir en OPEX. Riche de son expérience aux commandes d'un Mirage 2000 D, à l'entraînement comme au dessus de l'Afghanistan ou de la Libye, cet officier démontre dans son livre la complexité de sa mission afin de maîtriser un système d'armes puissant, aux larges potentialités mais surtout capable d'apporter aux troupes au sol un appui  adapté à la menace, du tir canon au renseignement  tactique en passant par le largage de bombes de 250 kg ou des frappes dans la profondeur opérative. Son témoignage souligne la qualité des équipages français mais aussi la complémentarité comme la coordination interarmées symbolisées par le dialogue entre le FAC, l'unité de l'armée de terre agissant au contact  et l'équipage de l'avion. Si chacun perçoit le champ de bataille, le terrain, l'ennemi, la menace ou la situation à sa façon, tous les efforts convergent pour mener à la réussite de la mission et à la préservation des vies humaines civiles et militaires.
Dès lors, afin de vous donner un autre aperçu du livre, je fais suivre cette introduction par une fiche de lecture rédigée par un capitaine de l'armée de terre, FAC lui-même, engagé en Afghanistan en 2012 et qui a pu longuement échangé avec le lieutenant-colonel Scheffler. Gageons que nous verrons d'autres militaires partager, à l'avenir, leurs expériences opérationnelles pour profiter des enseignements que cela peut susciter. Bonne lecture... 

vendredi 24 février 2012

Artillerie et guerre d’Algérie : atout des appuis feux en contre-rébellion.




Aujourd’hui encore, l’utilisation de l’artillerie sur un théâtre d’opérations est souvent perçue comme l’illustration d’une volonté politique forte et comme un palier important dans l’engagement des moyens militaires pour l’accomplissement de la mission. A ce titre, cette fonction opérationnelle a été déployée de manière plus ou moins significative dans les missions auxquelles la France a participé ces dernières années, de l’ex-Yougoslavie à l’Afghanistan en passant par le Rwanda, le Liban ou le Kosovo. Mais c’est bien sur le sol afghan que l’on a retrouvé l’importance tactique des feux et des savoir-faire de l’artillerie au profit de la manœuvre interarmes et ce, face à un adversaire asymétrique. Pourtant, depuis le début des années 2000, la guerre d’Algérie, maintes fois citée comme référence de la lutte contre-insurrectionnelle, a souvent occulté la place des artilleurs et leurs enseignements tirés des combats contre les combattants du FLN [1].
Aussi, à travers cette évocation historique, nous verrons que l’emploi des appuis feux en contre-rébellion, et en particulier ceux de l’artillerie, fait l’objet de principes et de modes d’action pérennes propres à enrichir la réflexion tactique interarmes de notre temps.
Dès lors, il s’agira de voir que l’artillerie a dû, dans un tel contexte, s’adapter à l’adversaire et à ses missions, repenser son organisation et son emploi auprès des unités de mêlée tout en jouant un rôle majeur dans le renseignement et la coordination de la troisième dimension.

mardi 21 février 2012

Le système MARTHA, la solution interarmées pour la déconfliction du champ de bataille.


Dans la série des articles sur l'artillerie et avant d'aborder, dans un prochain post, le rôle de cette fonction opérationnelle dans un conflit asymétrique (avec l'exemple de la guerre d'Algérie), voici une réflexion sur l'artillerie sol-air dans son rôle primordial de coordination de la troisième dimension. Bonne lecture...
Dans le cadre de leur mission au sein de l’ISAF ou de la FINUL, les unités terrestres françaises déployées en Afghanistan et au Liban bénéficient d’un large panel d’appuis renseignement et feux et ce, dans la préparation, la conduite et l’évaluation des opérations. A ce titre, des actions de drones, d’avions de combat mais aussi d’hélicoptères et de pièces d’artillerie sont mises en œuvre sur courts préavis, voire, parfois, simultanément, dans des espaces de manœuvre très réduits. C’est ce que l’on appelle la déconfliction. Celle-ci regroupe l’ensemble des mesures prises pour éviter tout accident lié à la présence simultanée de plusieurs intervenants au sol et dans la troisième dimension. Elle optimise la sauvegarde des unités amies de tout type par rapport à la mise en œuvre des appuis feux.
Si une coordination fine de ses moyens est déjà effective au travers des équipes de DLOC (détachement de liaison, d’observation et de coordination), la conduite de la déconfliction interarmées n’est pas satisfaisante en l’état et pourrait être complétée par les moyens MARTHA (maillage des radars tactiques pour la lutte contre les hélicoptères et les aéronefs à voilure fixe) mis en œuvre par les artilleurs sol-air de l’armée de Terre.


mercredi 7 décembre 2011

Histoire bataille et nouveauté dans la rubrique « Batailles et enseignements » : la bataille de Guadalcanal.

Cette semaine nous vous proposons de revenir sur cette opération amphibie de la guerre du Pacifique en 1942 et 1943, riche en enseignements, tant en termes de coopération interarmes que de manœuvres défensives sur un terrain difficile et ce, avec des belligérants pugnaces mais aussi aux référentiels moraux et stratégiques différents. Dans cette synthèse illustrée par des cartes, de nombreux aspects tactiques et opératifs sont étudiés, de la conception des opérations à la logistique, en passant par la coordination des moyens pour percer un dispositif ou les appuis feux navals et aériens. Bonne lecture.