Voici la seconde partie de cet article consacré à la manoeuvre dans un contexte de contre-insurrection. Bonne lecture.
La manœuvre utilisant la technologie pour gagner les conflits d’aujourd’hui.
La manœuvre « a souvent été l’apanage des grands chefs »[1] car elle exige une bonne maîtrise des principes de liberté d’action et de concentration des forces. A ce titre, le renseignement est incontournable afin de déterminer les faiblesses de l’adversaire puis pour définir les points décisifs à atteindre. C’est dans ce cadre que la technologie peut aujourd’hui, dans les conflits de type asymétriques être un instrument privilégié de la manœuvre. Grâce aux systèmes de surveillance du champ de bataille (guerre électronique, drones, recherche humaine,…) le stratège peut ainsi surprendre l’ennemi qui se regroupe ou cherche à mettre en place sa logistique. En effet, le combattant irrégulier ne peut s’affranchir des lignes de communication pour préparer ses opérations, il a besoin d’approvisionnements (armes, explosifs), coordonne son action entre groupes isolés avec des moyens de transmissions et cherche à trouver des zones refuge pour se réorganiser. Dès lors, la manœuvre doit permettre de déstabiliser les insurgés dans ces phases qui sont, pour lui, des moments de vulnérabilité. Pour cela, les armées modernes doivent disposer de capacités et d’unités réactives comme des hélicoptères, des drones armés, des forces spéciales capables de prendre l’initiative à chaque phase du processus stratégique, de la conception à la victoire en passant par la rupture stratégique et à l’exploitation. La manœuvre doit imposer à l’adversaire le lieu de l’affrontement afin d’éviter que les guérillas ne réussissent à s’insérer au sein des populations, créant ainsi le risque, pour les armées conventionnelles, de perdre toute liberté d’action ou de commettre des dommages collatéraux. Malheureusement, pour permettre de redonner à la manœuvre tout son sens, les militaires occidentaux doivent dépasser des freins doctrinaux ou sociologiques.
