Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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samedi 26 novembre 2016

Conflit russo-ukrainien ou le retour de l’artillerie.


A l’heure ou l’armée française déploie des canons ou mortiers sur de nombreux théâtres d’opérations, et alors que l’on a commémoré, l’année dernière, le 20ème anniversaire de l’engagement des canons AUF1 français du 40ème RA sur le Mont Igman pour mettre fin au siège de Sarajevo,  les combats dans le Donbass (2014-2015) mettent en lumière de nombreux enseignements opérationnels. En effet,  les « séparatistes russes » ont fait preuve d’une grande efficacité dans l’emploi de capacités blindés et surtout artillerie pour prendre l’ascendant sur les forces ukrainiennes.
Ces engagements de haute intensité se sont concentrés entre mai 2014 au moment de l’offensive lancée par Kiev pour rétablir la souveraineté de ce territoire à l’est de l’Ukraine suivi d’une contre-attaque russe à l’été et ce, jusqu'en septembre 2015, date à laquelle un statu quo s’est mis en place.

mercredi 16 mars 2016

Paratroupes : tactique des troupes aéroportées par le lieutenant-colonel MIKSCHE. (1/2)

 
En 1946, un officier tchèque, le lieutenant-colonel MIKSCHE, qui a rejoint la France Libre pendant le second conflit mondial, participe au renouveau de la pensée militaire française. S'appuyant sur l'histoire militaire, il rédigera de nombreux ouvrages et articles pour alimenter la réflexion opérationnelle et donner aux jeunes officiers les bases  ou paradigmes propre à la réflexion sur les conflits à venir. C'est dans ce cadre que paraît "Paratroupes", une étude passionnante sur l'histoire, l'organisation et l'emploi tactique des forces aéroportées (au sens large). Au travers de ces écrits, on devine les engagements à venir (Indochine, Suez) mais aussi les déploiements depuis les airs plus contemporains. En revanche, certaines idées méritent d'être aujourd'hui revisitées pour redonner à "l'enveloppement vertical" une nouvelle dynamique.

mardi 21 octobre 2014

La bataille de Suomussalmi : quand le faible parvient à vaincre le fort.

 
Nous vous proposons l'étude d'une bataille de la guerre soviéto-finlandaise au début du second conflit mondial qui démontre la capacité, pour une force limitée en nombre et en moyens, de tenir tête à un corps mécanisé. Cette exemple historique met principalement en exergue l'effet démultiplicateur de puissance de la maîtrise d'un milieu ainsi que la mise en œuvre de modes d'action tactiques privilégiant la surprise. Cet article doit également susciter la réflexion quant à l'engagement contemporain de forces modernes face à des adversaires hybrides et s'intégrant parfaitement sur le terrain et son environnement.


 
En prévision d'un conflit probable entre l’Allemagne et l’URSS, Staline cherche à renforcer et à réorganiser l’Armée Rouge, celle-là même qu'il a affaiblie par les purges de généraux tout en sécurisant ses frontières. A partir du 10 octobre 1939, des pactes sont conclus avec les Etats Baltes et des négociations débutent le 9 octobre avec la Finlande. Moscou veut principalement protéger l’accès maritime de Leningrad en prenant possession des îles du golfe de Finlande et en reculant la frontière Finno-soviétique jusqu'à l’isthme de Carélie et ce, afin de mettre la ville hors de portée de l‘artillerie lourde finlandaise. La Finlande refuse le 13 novembre et les deux camps se préparent pour l'épreuve de force. Les Soviétiques considèrent que la ligne Mannerheim, la ligne fortifiée finlandaise, comme un obstacle insignifiant qu'ils pourront écraser sous le nombre. Du point de vue des effectifs, l'URSS dispose d'une supériorité absolue avec 4.000 avions, 3.000 chars et 800.000 soldats. Du côté finlandais, l'armée ne peut compter que sur environ 350.000 hommes et 90.000 femmes (employée dans des unités logistiques). L'artillerie lourde, les blindés et l'aviation sont quasiment inexistants.  Enfin, l'artillerie de campagne, peu nombreuse, est équipée d'un matériel remontant au premier conflit mondial. Le 30 novembre, l'armée de Staline, certaine de sa victoire, se jete sur la Finlande.
 

jeudi 27 février 2014

Fiche de lecture : la biographie de Joukov (2/2).


Nous poursuivons notre étude des enseignements consacrés à la biographie du maréchal Joukov, en particulier aujourd'hui sur la période de l'immédiat avant-guerre.
 
Néanmoins, même s’il subit cette période avec angoisse dans une atmosphère pesante de délation, Joukov profite des purges qui ont pour effet de créer un formidable ascenseur professionnel puisqu’il est nommé en juillet 1937 commandant du 3ème corps de cavalerie puis commandant adjoint de district en Biélorussie. En responsabilité et devant l’augmentation exponentielle des effectifs de l’Armée Rouge (qui passe de 900 000 hommes en 1934 à 3 millions en 1939), il ne peut que déplorer le manque d’encadrement et sa faible qualité, deux facteurs qui conduiront aux hécatombes de 1941.
Mais le destin va sourire à notre général russe puisque le 1er juin 1939, il est convoqué de toute urgence à Moscou. Il y apprend qu’il doit se rendre en Mongolie pour, dans un premier temps, estimer, les raisons de l’incapacité des troupes soviétiques présentes (57ème corps spécial) à faire face à une profonde incursion japonaise dans la région de Nomonhan (Khalkin Gol). Cette mission va devenir un tournant dans son existence.

vendredi 7 février 2014

Histoire et fondements de l'art opératif russo-soviétique. (2/2)

 
Nous achevons aujourd'hui notre étude sur la pensée opérative bâtie par les officiers tsaristes puis soviétiques à l'aune du XXème siècle. Nous avons vu qu'avant le premier conflit mondial, l'effervescence intellectuelle russe est importante dans le domaine militaire mais qu'elle est freinée par l'héritage napoléonien ou, du moins, par son interprétation restrictive. Néanmoins l'expérience des combats de 1914 à 1917 (et même l'analyse de ceux du front de l'ouest en 1918) finit par convaincre certains généraux comme Chapochnikov (futur chef d'état-major) qu'il est nécessaire de faire la synthèse entre la grande tactique napoléonienne et la stratégie dite des théâtre d'opérations de Leyer et ce, avec l'idée de la mise en œuvre d'un plan de guerre ou de campagne. Svetchin, dont nous avons déjà parlé, écrit, dans ce cadre, un ouvrage pour démontrer que l'opératique est bien le pont nécessaire entre la tactique et la stratégie, que les succès tactiques sont, in fine, liés entre eux par l'intention du chef (l'effet majeur) et le plan général.

lundi 3 février 2014

Histoire et fondements de l'art opératif russo-soviétique.(1/2)





Comme convenu, nous étudions maintenant l'art opératif russo-soviétique qui, nous le verrons, n'est pas uniquement le fruit de la pensée d'une poignée d'officiers des années 1930 (comme Toukhatchevski) mais le résultat d'une longue maturation de la pensée sur l'art de la guerre, la manœuvre et son interaction avec le facteur espace-temps.
Tout d'abord, si l'on revient à la définition, l'opératique peut être considéré comme l'art d'atteindre des objectifs stratégiques avec des moyens militaires sur un théâtre d'opérations donné. Il s'agit également de la notion de campagne, c'est-à-dire d'une série d'opérations conduites pour vaincre un adversaire dont on réduit progressivement la capacité à manœuvrer, au rythme de batailles simultanées ou successives. Dès lors, l'art opératif nécessite la prise en compte de la logistique (du fait des élongations et des distances importantes), de la coopération interarmées, des actions non-conventionnelles mais aussi des procédés de guerre psychologique.

mercredi 2 octobre 2013

Hommage à Tom Clancy : entre art de la guerre et uchronie.

 
Nous apprenons ce soir le décès de Tom Clancy, le célèbre auteur de romans militaires dont les titres ont presque tous été des "Best sellers" internationaux. Cet hommage, pour celui qui a suspendu l'attention de passionnés d'affaires militaires, de stratégie et de géopolitique depuis la fin des années 1980, devait être évoqué sur votre blog par un de ses lecteurs les plus assidus. En effet, comment ne pas saluer l'imagination de cet écrivain dont la connaissance historique, politique et technique de l'art de la guerre lui a permis d'écrire ce qu'on pourrait qualifier des plus belles uchronies en lien avec les armées. Sa précision, son sens de la mise en scène, le réalisme de ses descriptions de matériels comme de modes d'action terrestres, aériens ou navals sont incontestables et expliquent, en partie, son succès. Certes, certains ont mis en avant sa vision prémonitoire après le 11 septembre, voire l'ont accusé d'avoir susciter certaines formes de terrorisme, mais son œuvre demeure surtout une belle encyclopédie de l'armement illustrée par les aventures de son héros, Jack Ryan, qui débutera sa carrière fictive comme analyste à la CIA pour finir président des Etats-Unis.
Ses histoires verront se succéder le combat sous la mer avec "A la poursuite d'octobre Rouge", la troisième guerre mondiale avec "Tempête Rouge", la lutte contre les narco-trafiquants dans "Danger immédiat", le terrorisme avec "La somme de toutes les peurs" ou l'émergence de la puissance asiatique dans "Sur ordre".
A chaque fois, les unités, les lieux ou les problématiques géopolitiques répondent à l'actualité pour la mettre en perspective et proposer au lecteur des scénarii alternatifs. Merci donc à Tom Clancy d'avoir partagé avec nous ces milliers de pages haletantes...

lundi 12 août 2013

Armée Rouge : combat en zone urbaine.


Pour ce dernier article de l’été (nous y reviendrons à la rentrée) consacré à l’armée Rouge, j’évoquerai la vision tactique du combat en zone urbaine telle qu’elle était perçue par les militaires soviétiques. Ces derniers considèrent, de manière surprenante, que la conquête par la force des villes ou des concentrations de peuplement n’est envisagée qu’en dernière extrémité et ne doit se faire que sur un rythme soutenu afin de ne pas ralentir la progression.
Nous verrons donc que la réflexion interarmes est certes déjà aboutie pour l’époque mais que les modes d’action demeurent, pour ce milieu complexe, simplistes et linéaires, tout en marquant un héritage fort vis-à-vis de l’expérience issue du dernier conflit mondial.
Après avoir énoncé les généralités de la vision soviétique de la guerre « en zone urbanisée » (pour utiliser le terme employé dans les écrits militaires), nous détaillerons la doctrine générale avant de développer certains procédés de combat à l’échelon tactique.

mardi 6 août 2013

Armée Rouge : du combat linéaire vers le combat zonal dispersé.


Ce nouvel article d’une série initiée depuis une dizaine de jours, consacré aux forces soviétiques, à leurs doctrines, leurs modes d’action tactiques et leur perception du combat, nous permet de découvrir, qu’en 1991, malgré l’effondrement progressif de l’URSS, l’armée Rouge continue sa réflexion sur l’art de la guerre.
Face aux enjeux polémologiques que Moscou perçoit à la fin du XXème  siècle, son état-major considère inévitable la fin du combat linéaire et l’avènement rapide du « combat zonal dispersé » défini aujourd’hui par les Occidentaux comme le combat lacunaire. Ce constat visionnaire issu d’une armée en faillite et ce, à l’époque de la rédaction des documents doctrinaux dont il est question, souligne la richesse de la pensée militaire soviétique.
Nous verrons donc qu’au-delà d’une analyse claire des évolutions tactiques futures, l’armée Rouge conceptualise un nouvel emploi de ses unités interarmes ainsi que le rôle des appuis, tout en réfléchissant à une modélisation scientifique et mathématique des opérations.

samedi 3 août 2013

Tactique soviétique en 1966 : un combat interarmes maîtrisé (2).


Nous poursuivons la réflexion sur la doctrine d'attaque soviétique dans les années 1960 et sa formalisation dans les procédés tactiques.

2- Les différentes formations des unités de mêlée

Pour mener ces actions offensives, l’armée rouge a pris le parti de distinguer 3 formations principales, elles-mêmes découpées en 3 ou 4 dispositifs élémentaires. Ces évolutions simples permettent aux unités de s’entraîner facilement puis de bénéficier d’automatismes rôdés. Ces derniers sont la condition sine qua non pour assurer une manœuvre rapide et continue telle qu’elle est préconisée par la doctrine.

mardi 30 juillet 2013

Tactique soviétique en 1966 : un combat interarmes maîtrisé (1).


J’initie aujourd’hui une série d’articles consacrés à l’armée de terre soviétique à la fin des années 1960 grâce à une lecture approfondie des textes de référence doctrinaux rédigés, en 1966, par les autorités militaires de Moscou.
Au-delà de l’intérêt purement historique sur l’art militaire des forces de l’URSS en pleine guerre froide, ces documents montrent une réflexion aboutie sur les modes d’action à mettre en œuvre pour obtenir une victoire tactique rapide face à l’adversaire et ce, avec une coopération interarmes efficace et organisée. En laissant de côté l’utilisation de l’arme nucléaire au profit des forces conventionnelles, la doctrine de cette époque semble bénéficier de l’héritage de la riche pensée militaire soviétique des années 1930, tout comme de l’expérience acquise pendant le second conflit mondial face aux Allemands.
Aussi verrons-nous que pour l’armée Rouge, l’attaque dans la profondeur, sur un rythme élevé, demeure un procédé majeur et qu’elle s’accompagne d’un rôle prépondérant du feu pour appuyer des manœuvres simples mais pragmatiques.

mercredi 1 août 2012

Nouvelle thématique : le combat en zone urbaine.


Afin d'introduire de nouvelles réflexions et articles sur le combat en zone urbaine, je vous propose la mise à jour de vos rubriques "A lire" et "Paroles de chef". Tout d'abord avec un ouvrage d'Alexander Werth : "La Russie en guerre : de Stalingrad à Berlin". L'auteur, grand reporter d'origine russe, fut en effet le premier occidental à pénétrer en URSS en plein conflit. Il apporte un regard complémentaire à celui de l'historien et témoigne de la manière dont furent préparées, conduites, réfléchies les grandes opérations de l'Armée Rouge entre 1943 et 1945 face à un adversaire allemand opiniâtre, en particulier dans le milieu complexe que constituent les cités ravagées par la bataille. En outre, je cite le général Carnot qui connaît bien la guerre de siège et rappelle que la tactique et la force morale sont deux éléments majeurs du combat en ZURB (zone urbaine) : "Une ville forte n'est à proprement parler qu'une grande batterie : si cette batterie est sans canons, ou si ces canons sont sans hommes pour les servir, ou si ces hommes sont sans substances, il ne restera plus qu'une position heureuse qui appartiendra au premier occupant".
C'est dans ce cadre que j'aborderai avec vous, dans les jours à venir, la guerre des Boxers au début du siècle dernier, en Chine, avec un focus sur ce que l'on a appelé les "55 jours de Pékin" puis je tenterai de réaliser un historique commenté de la poliorcétique et ce, pour en dégager les évolutions majeures et les constantes à l'heure où les théâtres d'opérations modernes s'articulent autour de grandes cités. Bonne lecture.

mardi 10 juillet 2012

Du nouveau dans vos rubriques...


Cette semaine, dans la rubrique "Paroles de chef", je vous propose une citation du colonel Suire (il avait de nombreux pseudos, je vous en avais déjà parlé), plaidoyer pour promouvoir l'histoire militaire qui, comme vous avez pu le lire dans mon dernier article, apporte des clefs de compréhension du passé mais aussi, et surtout, des pistes de réflexion pour l'avenir ou la gestion des contraintes militaires d'une époque. Dans la rubrique "A lire", vous trouverez la couverture d'une réédition récente des carnets du général Paulus qui commandait les forces allemandes à Stalingrad en 1942. Cet ouvrage, commenté et annoté par l'historien Boris Laurent, permet de revenir sur un des tournants du second conflit mondial. En outre, il apporte le regard d'un chef soumis à des évènements violents et qui doit faire des choix aux côtés de son état-major pour "décider dans l'incertitude" et trouver les modes d'action les plus efficaces avec les moyens dont il dispose.
Il semble également que le 16 juillet 2012, la DAS (Délégation aux affaires stratégiques) du ministère de la Défense organise un colloque à Paris sur la piraterie et ses formes contemporaines. Pour ceux qui auraient la chance d'y participer, je vous rappelle que nous en avions parlé sur ce blog il y a quelques semaines sous une perspective historique mais également plus actuelle avec, notamment, l'idée d'une approche globale en réponse à cette menace multi-séculaire:http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/01/lutte-contre-la-piraterie-maritime.html
Bonne lecture.

samedi 7 juillet 2012

Remontée en puissance des forces armées : perspectives historiques.


L’histoire militaire nous donne de nombreux exemples d’armées qui, par les circonstances, ont vu leur format, leurs moyens et leur entraînement limités par les contraintes budgétaires, politiques ou internationales du moment. Pourtant, elles ont su, toutes à leur façon, profiter de ces époques difficiles pour investir dans la formation, l’innovation technique ou doctrinale et consolider ce que l’on appelle aujourd’hui le lien armée-nation. Conscientes que le passé demeure une belle école pour appréhender l’avenir, ces militaires ont réussi le challenge de mettre en place tous les atouts d’une remontée en puissance de leurs institutions à l’aune de la seconde guerre mondiale. Dans ce cadre, nous verrons donc successivement les efforts allemands, américains et soviétiques de l’entre-deux-guerres pour se préparer aux enjeux du conflit à venir.


mercredi 13 juin 2012

Art opératif : l'action soviétique en Mandchourie en 1945.


Pour compléter notre propos d'articles précédents à la fois sur l'art opératif, l'armée Rouge et plus récemment sur la "guerre éclair" (ou l'action foudroyante pour certains), nous vous proposons un récapitulatif et une étude de l'offensive soviétique de l'été 1945 en Mandchourie face aux troupes japonaises déployées en défensive. Cette campagne met en avant la valeur de la vision opérative sur un terrain aux dimensions importantes et avec des moyens nombreux et hétérogènes.

Contexte :

Lors de la conférence de Yalta, Staline, sur l'insistance de Roosvelt, avait promet aux Alliés que l'URSS entrera en guerre contre le Japon trois mois après la fin des hostilités contre l'Allemagne. Aussi, dès le 2 avril 1945, les Soviétiques informent l'ambassadeur japonais à Moscou que de le pacte de neutralité russo-japonais de 1941 est rompu unilatéralement. Après le 8 mai, des transferts importants de troupes ont lieu de l'Europe vers l'Extrême-Orient pour renforcer les faibles unités sibériennes qui font face à l’armée nippone du Guangdong.


lundi 21 mai 2012

Surprise, incertitude, risque, guerre éclair : quelques réflexions.


Aujourd'hui, et pour introduire un article qui réflechira sur la notion de "guerre éclair" (alors que l'actualité montre que l'opinion publique peine à accepter un engagement militaire de longue durée), je vous propose une nouvelle citation dans votre rubrique "Paroles de chef" ainsi qu'un évènement à venir.
Tout d'abord les paroles d'un penseur russe de la guerre froide, le général Kir'yan, défenseur de l'art opératif et d'une certaine idée de la "Blitzkrieg" soviétique. Pour lui, l'efficacité d'une opération réside dans la capacité à obtenir des résultats, dès la phase initiale et ce, grâce à la surprise, savoir-faire propre à l'armée rouge tant dans sa maîtrise de la "Maskirovka" (voir notre article sur ce sujet http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/11/pour-revenir-sur-la-citation-de-cette.html ) que dans l'utilisation des troupes aéroportées ou aéromobiles dans la profondeur. En outre, dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog, j'aborde le colloque de l'Ecole de guerre, prévu le 1er juin 2012, qui traitera de la problématique d'"agir dans l'incertitude" et de la prise de risque en lien avec cette dialectique de la décision opérationnelle (voir notre article sur ce thème http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/la-prise-de-risque-dans-la-guerre.html) en partenariat avec les étudiants d'HEC et de l'ENA. Autant de thèmes qui, en tactique comme en stratégie, se rejoignent, se complètent, s'opposent ou se mélangent : la surprise, la rapidité de la manoeuvre, sa fulgurance (ou sa foudroyance), l'incertitude de l'action et de la décision face au brouillard et à la friction de la guerre. Nous rentrerons donc dans le détail de ces sujets dans les posts à venir, en attendant bonne lecture ...

lundi 14 mai 2012

La marche à l’ennemi : un procédé en déshérence ?


La marche à l’ennemi, ce mouvement vers l’adversaire et préliminaire au contact ou à la manœuvre, a toujours été une préoccupation ancienne des stratèges ainsi que des généraux. Comme l’atteste Yann Couderc dans un récent article (http://suntzufrance.fr/de-la-marche-a-lennemi/ ), Sun Tzu abordait déjà, en son temps, ce procédé, certes de façon plus empirique que théorique mais clairement réfléchie. Plus tard, la marche à l’ennemi sera perçue comme le monopole des forces du Pacte de Varsovie qui la formaliseront d’ailleurs dans les domaines tactiques et opératifs et ce, jusque dans l’organisation ou l’articulation des petites unités.
Aujourd’hui, ce terme semble être devenu marginal dans le vocabulaire guerrier et dans le référentiel doctrinal occidental. Il paraît également se confondre avec la manœuvre, alors qu’il s’agit pourtant bien de deux temps différents de l’action. En outre, la tentation des armées modernes de sous-estimer des ennemis potentiels, dans un engagement dissymétrique, accentue la désaffection pour cette méthode particulière de l’art du mouvement militaire.
Nous chercherons donc à réhabiliter la marche à l’ennemi en démontrant la nécessité de son apprentissage et de sa maîtrise face à un adversaire dont on connaît mal les intentions et qui pourrait rechercher la surprise afin de palier son infériorité technique.
Pour cela, nous montrerons l’importance de ce procédé dans l’histoire militaire avant de faire un constat contemporain de son évolution et de proposer quelques pistes de réflexion.

vendredi 13 avril 2012

Histoire bataille : les combats de Kharkhov pendant l'hiver 1943.



Cette semaine, dans la rubrique "Batailles et enseignements" de votre blog, je vous propose une fiche sur la bataille de Karkhov sur le front de l'est entre février et mars 1943 opposant Soviétiques et Allemands. Intéressante à plusieurs titres, cette confrontation met en exergue des enseignements tactiques et opératifs intéressants. Manstein y fait preuve d'un excellent sens du terrain et des intentions ennemies mais il "façonnne" surtout l'armée Rouge pour l'amener dans son piège et la rendre vulnérable à sa contre attaque. Sa retraite opérative permet de consolider ses positions défensives sur un large front, mais aussi d'attirer Moscou vers l'avant et enfin de constituer des réserves propres à garantir la  liberté d'action de la Wehrmacht. En outre, les généraux soviétiques, de leur côté, font montre d'un excès de confiance et d'une faiblesse dans le renseignement, engageant leurs forces vers un objectif tactique en décallage avec leur doctrine efficace d'opérations dans la profondeur.
Bonne lecture...


Source image : site Ostfront.

lundi 9 avril 2012

L'histoire militaire par les livres : mise à jour de la rubrique "A lire"...


Pour compléter la réflexion sur l'action de l'armée Rouge en Afghanistan 10 à 15 ans avant l'intervention de l'OTAN, je vous invite à lire le livre présenté dans la rubrique "A lire" de votre blog du colonel François. Il revient sur les enseignements tactiques tirés par les membres de l'académie Frunze de Moscou (l'école de guerre de l'armée Rouge, russe aujourd'hui) sur l'engagement militaire en Afghanistan de 1979 à 1989. Ces vignettes abordent des cas concrets qui permettent de réfléchir sur les équipements, la doctrine, l'entraînement et la conduite des opérations de la 40ème Armée. Au fil des pages, l'auteur illustre, par ses commentaires de praticien, les constats dressés à chaque situation et démontre les évolutions d'une force conventionnelle contrainte de mener des opérations de contre-insurrection. Une synthèse riche et instructive pour les combats du passé ou plus contemporains. Bonne lecture... 

mercredi 4 avril 2012

Désengagement d’un théâtre : petite étude historique comparative du retrait militaire.


Alors que l’on évoque, dans les médias et le débat politique du moment, le retrait plus ou moins rapide des forces de l’OTAN en Afghanistan, j’ai voulu savoir si les exemples historiques de désengagements militaires mettaient en lumière des constantes opérationnelles ou stratégiques dans la préparation ou encore, la conduite de la dernière phase d’une intervention.
J’ai restreint ma réflexion à des théâtres d’opérations où les forces conventionnelles ont dû faire face à des oppositions "asymétriques" ou "irrégulières" et ce, dans des conflits dont l’issue est demeuré source à polémique. J’ai donc cherché à identifier les traits caractéristiques du retrait américain au Vietnam, de celui de la France en Indochine, des Soviétiques d’Afghanistan et des Britanniques de Palestine.
En fait, nous verrons que si les stratégies de retrait de chacun de ces protagonistes étaient parfois différentes, le contexte a largement altéré leurs mises en œuvre mais il s’agira  également de démontrer que leurs résultats, à court et moyen terme, sont, bien souvent, assez proches les uns par rapport aux autres.
Pour cela, nous chercherons d’abord à identifier ce qui se cache derrière le terme de "retrait" ou de "désengagement d’un théâtre" avant de déterminer les similitudes entre les exemples cités puis les conséquences potentielles post-intervention pour les protagonistes.