Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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lundi 17 décembre 2012

Mise à jour du blog et introduction aux principes tactiques et logistiques.

 

Avant de débuter une nouvelle série d'articles sur les principes tactiques et logistiques retenus par l'armée de terre française, ainsi que leur illustration par des exemples d'histoire-bataille, il me semble opportun de mettre à jour les rubriques de votre blog. Tout d'abord avec le dossier "Mémoire et évènements" et un lien vers le nouveau site du Musée de l'armée aux Invalides. Plus ergonomique et mieux illustré, il vous permet en effet d'accéder à l'actualité de ce lieu de mémoire et d'histoire militaire, tout en proposant des éclairages sur la recherche ou sur la biographie de personnalités célèbres.
Dans la rubrique "A lire", je vous propose l'ouvrage de l'historien suisse Dimitry Queloz "De la manoeuvre napoléonnienne à l'offensive à outrance 1871-1914" aux éditions Economica (2009). Ce livre étudie avec de nombreux détails l'évolution de la pensée tactique française après le désastre de 1870, réflexion tiraillée entre l'héritage impérial, la volonté de revanche tout comme les progrès techniques et leur influence sur la manoeuvre.
Enfin, dans "Paroles de chef", nous évoquons un des fondateurs de l'Ecole supérieure de guerre, le général Lewal, qui milite clairement pour la prépondérance du feu sur le choc et ce, à une époque où la force morale est érigée en principe.
Ces trois onglets m'offrent ainsi l'opportunité d'introduire une étude commentée des principes généraux ainsi que des fondements tactiques et logistiques français contemporains. Dès lors, si on prend la définition doctrinale de ces principes (document TTA106), ces derniers permettent "de cerner une posture intellectuelle, une attitude, une façon d'être. De l'ordre de la substance, de l'essence, du fondamental, ils doivent reposer sur du structurel. Enracinés dans l'absolu, ils sont permanents". Comme nous l'avons vu dans des articles antérieurs, l'Antiquité avait déjà mis à jour comme éléments structurants le principe d'économie des moyens et la surprise, le XVIIème siècle avec Montecuccoli puis avec de Guibert prônaient la liberté d'action alors que Napoléon, plus tard, appliquait empiriquement l'initiative et la concentration. Finalement, le maréchal Foch, dans ses écrits, innovait en défendant la sûreté et l'emploi des réserves. Parallèlement à ses théories, le principe de concentration des efforts était illustré par les feux d'artillerie meurtiers de la première guerre mondiale. De cet héritage, l'armée française finit par adopter aujourd'hui 3 principes tactiques (déclinés en 12 procédés d'exécution) et 9 principes logistiques. Dès demain, nous détaillerons donc ce socle de la pensée militaire du champ de bataille.

A suivre...

lundi 26 mars 2012

L’enseignement de la tactique a-t-il vraiment changé entre la fin du XIXème siècle et aujourd’hui ?


Alors que les années qui ont suivi la défaite de 1870 ont été marquées par un renouveau de la pensée tactique française et de la réflexion doctrinale, j’ai voulu savoir si les principes de l’art de la guerre, qui se sont dégagés au cours de cette période, ont profondément marqué la vision tactique française d’hier et d’aujourd’hui.
Pour cela, fort des articles du colonel Goya ou de son ouvrage « La chair et l’acier »[1], je me suis replongé dans les écrits du colonel puis général Lewal[2] ainsi que dans ceux du colonel Derrécagaix[3] tout en décryptant un document ancien et inédit (au moins pour moi) qu’un ami passionné d’histoire m’a offert il y a quelques semaines. Ce dernier est une copie, écrite à la main, de la conférence sur la tactique d’artillerie prononcée au camp de Chalons en 1891 par le capitaine breveté de Fraville du 25ème régiment d’artillerie.
De mes lectures, j’ai donc acquis la conviction qu’avec la création d’un enseignement militaire supérieur à la fin du XIXème siècle, l’armée de terre française a bâti les fondations de sa culture tactique, ses fondements ainsi que son modèle interarmes et ce, malgré certaines idées qui ont montré, face à l’expérience, leur inefficacité, leurs limites ou au contraire pourraient retrouver, dans le débat contemporain, une certaine  pertinence.
Aussi, nous verrons pourquoi la période étudiée me paraît être un tournant dans la réflexion  tactique avant d’identifier les facteurs pérennes de la conduite de la guerre avant de conclure sur les éléments qui posent question.