Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

Affichage des articles dont le libellé est Temps. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Temps. Afficher tous les articles

samedi 4 juin 2016

Faire la guerre autrement demain : illusion ou prospective ?

Dans les armées occidentales comme chez certains spécialistes de la polémologie, des réflexions sont aujourd'hui menées pour répondre aux évolutions de la tactique dans la décennie à venir. En effet, la robotisation, l'infovalorisation, la notion de "soldat augmenté", les nouveaux équipements, les évolutions capacitaires sur terre, dans les airs et sur mer paraissent ouvrir de nouvelles perspectives pour faire la guerre autrement et vaincre les adversaires potentiels de demain. Pourtant, ces progrès techniques peuvent-ils vraiment se substituer à la tactique et surtout aux principes de la guerre, à leurs corollaires et à leurs procédés. Sont-ils des  multiplicateurs opérationnels, sorte de boîte à outils, ou se suffisent-ils à eux-mêmes ? Enfin, pourront-ils être efficaces face aux nouvelles formes d'ennemi ?
Une rapide étude semble démontrer qu'il ne faut pas compter sur la supériorité technologique pour remporter la victoire mais qu'il est impératif de confronter les modes d'action envisagés avec les fondements de l'art de la guerre.

jeudi 17 novembre 2011

Facteur temps: peut-on parler de "Chrono tactique" ?

Paul Virilio, il y a quelques années, avait déjà initié le concept de « chrono stratégie » repris depuis dans nombre d’articles, analyses et autres colloques afin de souligner la nécessité d’imaginer, de concevoir, de conduire et d’évaluer les réponses aux défis stratégiques dans un cycle du temps de plus en plus court et contraint.
Les opérations contemporaines, à l’image des dernières frappes en Libye ou des actions menées en Afghanistan, sont elles aussi soumises à cette course contre la montre avec l’adversaire potentiel, sur la scène médiatique bien évidemment, mais aussi sur le terrain où chaque belligérant veut garder l’initiative, cherchant un chemin plus rapide, se déplaçant de nuit à l’abri de certains capteurs. Au niveau tactique et opératif, la notion clef de temps a toujours été prise en compte d’abord de façon empirique, quand Napoléon multipliait le nombre d’estafettes pour porter un même message ou s’appuyait sur l’état-major de Berthier pour transformer rapidement les plans de l’empereur en ordres écrits, puis de manière plus technique, avec des « Battle rythm »[1] ou des « synchromatrix»[2]. Dès lors, pourquoi parler de chrono tactique ?
En fait, il semble bien qu’aujourd’hui, plus qu’hier encore, le facteur temps ne soit plus un simple outil de l’élaboration des ordres ou de la planification mais un principe tactique à part entière. En effet, si de nombreux exemples historiques montrent l’importance du temps pour s’assurer de la victoire, les progrès technologiques et l’évolution des adversaires potentiels imposent à la manœuvre d’être pensée et conduite dans un cycle temps rénové.