Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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vendredi 17 février 2012

L’artillerie, un outil clé dans le cadre d’une nouvelle fonction stratégique en gestation : l’intimidation conventionnelle. (1/2)


Dans le cadre du thème initié cette semaine, voici la première partie de mon article consacré à la prospective de l'emploi des moyens feux de l'artillerie. Bonne lecture.

De nombreux conférenciers militaires, à l’occasion de colloques spécialisés, ont évoqué le travail doctrinal conduit actuellement sur la doctrine d’emploi des forces ainsi que dans le cadre de la prospective opérationnelle. A ce titre, ils ont abordé une réflexion sur une possible évolution des fonctions stratégiques décrites dans le Livre blanc de 2008 avec l’élargissement de la fonction prévention vers une forme possible d’intimidation conventionnelle.
Si on imagine aisément que certains outils existent déjà dans ce champ d’action, comme par exemple les porte-avions, décrits par l’administration militaire américaine comme « un concentré de 100 000 tonnes de diplomatie », il semble nécessaire de réfléchir à la mise en œuvre de ce nouveau concept par l’armée de terre en général et par certaines de ses fonctions d’appui en particulier.
Aussi, apparaît-il impératif d’élargir les modes d’action de l’artillerie, qu’elle soit « feu dans la profondeur » ou « défense sol-air » en dépassant le simple effet dit de semonce pour celui d’une action de feu ciblée, violente, efficace et démonstrative dans la profondeur tactique ou opérative.
Dès lors, nous verrons que si certaines armées utilisent ou ont déjà expérimenté ce type d’action avec des principes éthiques parfois contestables, l’armée de terre française développe cette intimidation conventionnelle de manière empirique mais pourrait, à court terme, s’appuyer sur l’artillerie pour formaliser cette nouvelle approche doctrinale.

mardi 7 février 2012

La judiciarisation du champ de bataille : les militaires sont-ils protégés ?


Dans le cadre de la série d'articles que j'ai initiée en lien avec les problématiques du dernier colloque de l'Ecole de guerre, et comme je vous en avais fait part, voici un article sur la judiciarisation de la guerre écrit par Nathalie Barraillé. Juriste spécialiste des questions de Défense (droit public/contentieux administratif et protection juridique), elle a accepté de nous livrer ses réflexions sur ce thème à l'actualité brûlante, je la remercie de cette initiative. Plus long que les articles habituels, j'ai pris le parti de le publier en une seule fois par souci de cohérence. Bonne lecture...

Le 30 janvier dernier, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris a confirmé l'ordonnance rendue par le juge d'instruction Frédéric Digne, saisi de plaintes avec constitution de partie civile pour mise en danger de la vie d'autrui et non-empêchement de crime, permettant ainsi l'ouverture d'une enquête judiciaire sur les circonstances de la mort de dix militaires dans l'embuscade d'Uzbeen en Afghanistan et notamment, sur l'existence ou non, de fautes d'imprudence, de maladresse,et de prudence dans la conduite des opérations. d'inattention ou d'un manquement à une obligation de sécurité
Cette décision n'est pas sans relancer le débat sur ce que d'aucuns appellent la "judiciarisation du monde militaire ou la judiciarisation du champ de bataille".
En effet, ces dernières années, force est de constater que le droit et la justice investissent fortement la sphère des affaires militaires. Pour autant, le droit ne doit pas être regardé comme paralysant l'action des armées mais, au contraire, comme un atout essentiel puisqu'il constitue le fondement même des opérations menées par les forces armées en assurant une protection juridique adaptée à tout militaire. L'Etat a l'obligation légale de protéger tout militaire contre les attaques dont il fait l'objet à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou contre les mises en cause de sa responsabilité civile et pénale devant le juge pénal, à raison de faits qui n'ont pas le caractère d'une faute personnelle.
Le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, lors de la cérémonie des vœux aux armées avait même rappelé que "l'esprit de décision des chefs militaires ne doit pas être inhibé par la prise de risque inhérente au métier des armes". "Un soldat qui meurt au combat n'est pas une victime. C'est d'abord un homme et une femme qui va au bout de son engagement".
A l'annonce de l'ouverture de cette enquête judiciaire, le ministre de la défense s'est également inquiété de cette judiciarisation des affaires militaires en précisant que "L'armée est soumise au droit et il est donc normal qu'elle rende compte. Pourtant, on reconnaît depuis toujours que la conduite des opérations est un exercice singulier qui n'est pas dans le droit commun".
Le constat est donc ainsi posé : les militaires, par les missions qui leur sont confiées, sont souvent exposés au risque de voir leur responsabilité civile et pénale engagée du fait des actions menées ou des nombreux dangers auxquels ils sont confrontés. Aussi, cet événement judicaire nous donne-t-il l'occasion d'aborder les inquiétudes des militaires à voir engager leur responsabilité civile et pénale dans l'accomplissement de leur mission. Ce ressenti est d'autant plus marqué par la perception d'une judiciarisation croissante, portée par les médias, l'opinion publique, l'institution judiciaire et les professionnels du droit.

Pourquoi un tel engouement pour le judiciaire ? Doit-on parler de perception, de risque ou de judiciarisation accomplie ?  Quelles en sont les causes ? Le droit deviendrait-il le seul moyen de se faire entendre ? Et face à ce risque, les militaires ont-ils à craindre sur le métier de soldat ou au contraire, sont-ils suffisamment protégés ?

Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre …



jeudi 2 février 2012

Se préparer à la guerre : l'opération Starlite au Vietnam en 1965.


Comme nous l'évoquions dans le post précédent, il est important de parler de la guerre pour adapter au mieux les armées à l'adversaire de demain, à court comme à moyen terme, afin de garder l'initiative. C'est pour quoi, je vous propose dans la rubrique "Batailles et enseignements" une synthèse de l'opération américaine Starlite au Vietnam. En effet, en 1965, les troupes américaines renforcent leur déploiement sur le théâtre vietnamien et commencent à mener des opérations de grande envergure contre le Viêt-Cong. Ils découvrent un nouveau type d'ennemi qui contrôle le milieu, se bat au coeur de la population avec des tactiques irrégulières. Peu préparés à ce type d'actions de contre-rebellion, les Marines vont devoir, à leurs dépens, s'adapter à la menace et à un conflit auquel ils devront participer pendant près de 10 ans.
Aussi, cet exemple souligne-t-il la pertinence d'un débat sur la guerre, ses formes, ses évolutions, ses conséquences, ses contraintes sur l'outil de défense, sur les choix politiques et sur la société. Ces trois piliers de la trinité clausewitzienne doivent donc être en mesure de prendre des risques et de renforcer leurs sources de résilience. Ces deux thèmes feront l'objet d'articles à venir et alimenteront, à n'en pas douter, le débat et des commentaires. Bonne lecture...

Source image: scenic reflections.

dimanche 6 novembre 2011

Histoire bataille : du nouveau dans la rubrique "Batailles et enseignements"...

Nous vous proposons une nouvelle bataille de la seconde guerre mondiale riche en leçons et intérêts tactiques. Il s'agit des combats de Koursk en 1943 sur le front de l'est. Les enseignements de ces combats soulignent, pour les deux armées, les effets de la "Maskirovka" (abordée dans un post précédent), l'importance du facteur climat dans l'analyse de la mobilité et de la manoeuvre ainsi que les points clés d'une action défensive bien menée par les Soviétiques. En outre, ces actions mettent en exergue les grands principes de la guerre, le rôle du cycle du renseignement, la plus value de l'appui air-sol pour une force mécanisée mais également l'incontournable gestion des flux logistiques dans l'offensive. Enfin, il sera intéressant d'étudier l'influence des différents chefs militaires dans la préparation ou la conduite des opérations. Bonne lecture...

samedi 29 octobre 2011

Proposition de lecture : la tactique et les opérations à travers l'histoire de l'armée israélienne


Nous vous proposons dans la rubrique "A lire" un ouvrage dense et riche en enseignements, "Tsahal, nouvelle histoire de l’armée israélienne" de Pierre Razoux (éditions Tempus, 2006).
Au-delà de l’analyse politico-stratégique qu’il apporte, ce livre détaille surtout les évolutions d’une armée israélienne qui doit, en fonction des époques, des adversaires potentiels, des opportunités et des progrès techniques, faire évoluer ses matériels, sa doctrine, son entraînement pour faire face aux divers conflits du Proche-Orient. L’auteur, en s’appuyant sur de nombreuses cartes, comptes-rendus d'opérations et témoignages, narre les grandes et petites batailles de Tsahal, ses échecs et ses victoires qu'elles se déroulent au niveau du bataillon, de la brigade ou de la division ou du commando de forces spéciales. Une lecture incontournable pour mieux appréhender l'emploi combiné des fonctions opérationnelles, l'impact du facteur culturel sur la conduite de la guerre ainsi que l'influence du chef dans la saisie des opportunités.

lundi 10 octobre 2011

Du nouveau dans la rubrique "A lire"...

Après la "Guerre sans haine" de Rommel la semaine dernière, nous vous proposons la lecture du livre d'Erik Durschmied "Le facteur climat"(éditions Lattès, 2004). Ce recueil de campagnes et de batailles historiques connues ou plus iconoclastes met en avant l’influence du terrain et de la météo sur la préparation, la conduite ou l’exploitation d’une manœuvre. L’auteur souligne la nécessité d’anticiper la friction liée aux évènements naturels par la bonne connaissance du milieu, l’adéquation des moyens à l’environnement et la planification rigoureuse des opérations.