Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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jeudi 26 mars 2015

Opération "Market Garden " en 1944 : la catastrophe d'Arhem.


Contexte général :
Après l’opération Overlord en Normandie déclenchée le 6 juin 1944, les Alliés ont exploité leurs premiers succés vers l’Ouest et libéré une partie du Nord-Est de la France et de la Belgique. Pendant les mois de juillet et août 1944, les forces Allemandes se replient vers leur frontière. Le général Eisenhower décide alors de poursuivre l’offensive vers l’Allemagne avec comme objectif principal la Ruhr, poumon industriel du IIIème Reich. Pour entrer en Allemagne, 2 options s'offrent à lui : une approche directe vers la ligne Siegfried par le Sud, une approche indirecte au Nord via les Pays-Bas. L’objectif secondaire est de s’emparer d’un port pour raccourcir les délais d’approvisionnement des Alliés dont les lignes de communication s’étirent à partir de la Normandie. Le général Eisenhower choisit finalement le plan Nord défendu par le général britannique Montgomery qui demande la priorité pour planifier, préparer et concentrer les moyens nécessaires à cette action tactique. Celle-ci appraît certes risquée mais qui offre une opportunité d’atteindre rapidement les 2 objectifs même si le général américain Patton montre dans sa zone d'action une fulgurance et une manouvrabilité plus concrète.

dimanche 14 décembre 2014

La bataille d'El Alamein - 1942.


Comme nous le faisons régulièrement sur votre blog, nous vous présentons une bataille et surtout ses enseignements tactiques et opératifs afin de mettre en exergue certains principes ou constantes. Aujourd'hui, il s'agit de la bataille d'El Alamein en 1942. De ces combats, nous verrons que la personnalité du chef, mais aussi les choix en termes de manœuvre et de planification, ont des conséquences importantes sur le terrain.

Contexte général :

En juillet 1942, la poussée des troupes de l’Axe italo-allemandes s’arrête en Egypte devant El Alamein, aux portes d’Alexandrie. Alors qu’Hitler néglige toujours le front d’Afrique du Nord et ce,  malgré les opportunités offertes par Rommel ainsi que ses nombreuses demandes pour obtenir des renforts, le général Montgomery relève le général Ritchie (jugé trop timoré et pas assez énergique) à la tête de la VIIIe Armée britannique pour reprendre l’offensive en octobre. Face aux troupes ennemies hétérogènes (les forces italiennes font l’objet de nombreuses récriminations par la partie allemande) et usées par les précédentes campagnes, les Alliés se renforcent massivement tout en obtenant progressivement la suprématie maritime et aérienne en Méditerranée. Le principal enjeu stratégique ou opératif est bien la conservation du canal de Suez et le contrôle des voies d’approvisionnement énergétiques au Moyen-Orient. Hitler espère que ses forces africaines pourront faire jonction avec celles déployées en URSS et ainsi s’emparer des champs pétrolifères du Caucase. Sur un plan plus tactique, la bataille d’El Alamein a pour objectif la maîtrise de l’axe logistique et des ports qui longent la côte afin de permettre le ravitaillement des nombreuses forces déployées dans des régions désertiques et dénuées de ressources.

dimanche 27 novembre 2011

Nouvelle proposition de lecture : enseignements tactiques du jour "J " et de la bataille de Normandie



Aujourd'hui nous faisons un focus, dans la rubrique "A lire", sur le dernier livre historique d'Anthony Beevor sur le D-Day et la bataille de Normandie. Cette dernière, en effet, propose de nombreux exemples tactiques et opératifs illustrant les principes de la guerre, la manœuvre interarmes ou interarmées, l'influence des chefs et des stratégies dans le succès d'actions offensives ou défensives. L'équipement du combattant et l'innovation technique sont également au coeur de cet ouvrage dont nous vous proposons ci-dessous une synthèse manuscrite (appuyée d'une carte en couleur) riche en références et enseignements. Bonne lecture...

Fidèle à son style, qu’il a perfectionné avec ses deux précédentes publications "Stalingrad " et "La bataille de Berlin", l’auteur nous livre un regard d’historien sur cet épisode de la seconde guerre mondiale. Il enrichit également son travail d’une étude fine des actions au niveau tactique et opératif. Passionnant, documenté et chronologique, ce récit plonge le lecteur au cœur des combats du bocage normand mais analyse également, avec hauteur de vue et discernement, le contexte politico-stratégique, les perceptions idéologiques ou éthiques du moment, tout comme la psychologie des combattants comme celle des décideurs civils et militaires. Seule ombre au tableau, des cartes en nombre insuffisant, qui ne trouvent pas toujours leur place dans le propos et dont la qualité pédagogique, voire la précision, illustrent mal les enseignements décrits par Beevor.
Concernant la tactique et les fonctions opérationnelles, ce livre met en exergue la perception du combattant sur le terrain, l’impact du matériel et de son évolution sur les modes d’action, l’intérêt ou les limites de l’intégration interarmes ou interarmées. Il souligne également le poids de la conception dans la réalisation de la manœuvre, celui du style de commandement et de la qualité des chefs. Enfin, faisant souvent référence à son concitoyen Liddell Hart, il nous rappelle que l’on paye souvent un lourd tribut en omettant l’application des principes de la guerre.