L'armée russe est aujourd'hui de nouveau engagée sur divers théâtres d'opérations, en Syrie, dans le Caucase ou en Ukraine. Elle y démontre de grandes qualités tactiques face à des adversaires irréguliers, conventionnels ou tout simplement hybrides. Si ce réveil militaire demeure le fruit d'un effort de professionnalisation et d'équipement engagé par Moscou depuis plusieurs années, la doctrine actuelle, considérée par les armées occidentales comme нелинейная война ou guerre non linéaire, elle reste bien l'héritière de la pensée opérationnelle soviétique des années 1950. En effet, en relisant la "Doctrine militaire soviétique" de Raymond L. Garthoff (éditions Plon- 1956), il est finalement assez aisé de retrouver les grands principes qui animent encore, de nos jours, l'engagement russe avec notamment la recherche de la surprise, de la fulgurance et l'emploi de l'artillerie au plus près des unités blindées afin de favoriser, in fine, la manœuvre.
Bienvenue sur l'écho du champ de bataille
« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…
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dimanche 5 février 2017
dimanche 19 juin 2016
L'artillerie des stratagèmes, le livre du colonel Fort.
Les éditions Economica viennent de publier l'ouvrage du colonel Fort, artilleur et chef de la direction des études et de la prospective de l'Ecole d'artillerie. Son "'artillerie des stratagèmes" est un livre passionnant et très bien documenté, riche en références historiques comme en exemples contemporains, mais aussi écrit avec un style fluide qui facilite la compréhension des arguments techniques. On regrettera juste l'absence d'annexes permettant, avec quelques cartes et extraits, d'illustrer certains témoignages évoqués dans le propos. L'auteur démontre, s'il en était besoin, le rôle majeur que peut jouer l'artillerie dans les manœuvres de déception. En effet, "l'association entre l'artillerie et la déception peut apparaître paradoxale. Pourtant, avec l'avènement des trajectoires indirectes il y a un siècle, l'emploi de l'artillerie à des fins de déception s'est vu ouvrir de multiples perspectives (...) Or, se priver de la puissance de feux c'est se priver d'un avantage majeur. L'artillerie est l'arme de la surprise et l'emploi de la déception artillerie dans le récent conflit afghan a montré sa pertinence."
samedi 4 juin 2016
Faire la guerre autrement demain : illusion ou prospective ?
Dans les armées occidentales comme chez certains spécialistes de la polémologie, des réflexions sont aujourd'hui menées pour répondre aux évolutions de la tactique dans la décennie à venir. En effet, la robotisation, l'infovalorisation, la notion de "soldat augmenté", les nouveaux équipements, les évolutions capacitaires sur terre, dans les airs et sur mer paraissent ouvrir de nouvelles perspectives pour faire la guerre autrement et vaincre les adversaires potentiels de demain. Pourtant, ces progrès techniques peuvent-ils vraiment se substituer à la tactique et surtout aux principes de la guerre, à leurs corollaires et à leurs procédés. Sont-ils des multiplicateurs opérationnels, sorte de boîte à outils, ou se suffisent-ils à eux-mêmes ? Enfin, pourront-ils être efficaces face aux nouvelles formes d'ennemi ?
Une rapide étude semble démontrer qu'il ne faut pas compter sur la supériorité technologique pour remporter la victoire mais qu'il est impératif de confronter les modes d'action envisagés avec les fondements de l'art de la guerre.
mercredi 16 mars 2016
Paratroupes : tactique des troupes aéroportées par le lieutenant-colonel MIKSCHE. (1/2)
En 1946, un officier tchèque, le lieutenant-colonel MIKSCHE, qui a rejoint la France Libre pendant le second conflit mondial, participe au renouveau de la pensée militaire française. S'appuyant sur l'histoire militaire, il rédigera de nombreux ouvrages et articles pour alimenter la réflexion opérationnelle et donner aux jeunes officiers les bases ou paradigmes propre à la réflexion sur les conflits à venir. C'est dans ce cadre que paraît "Paratroupes", une étude passionnante sur l'histoire, l'organisation et l'emploi tactique des forces aéroportées (au sens large). Au travers de ces écrits, on devine les engagements à venir (Indochine, Suez) mais aussi les déploiements depuis les airs plus contemporains. En revanche, certaines idées méritent d'être aujourd'hui revisitées pour redonner à "l'enveloppement vertical" une nouvelle dynamique.
dimanche 6 mars 2016
La première guerre mondiale au jour le jour : janvier - février 1916. (2/2)
Le lieutenant-colonel Rousset décrit le déroulement du conflit mondial sur la période de janvier-février 1916, moment crucial de la guerre et ce, notamment au regard du nombre de fronts ouverts et des opérations lancées, ou en préparation.
Le 1er février, le camp retranché de Salonique est vu, au même titre que les Dardanelles en 1915, comme l'opportunité de renverser la situation même si, début 1916, cela demeure une illusion stratégique (malgré les efforts du général Sarrail pour créer les conditions de la victoire sur ce théâtre d'opérations). A tel point que notre témoin parle de "l'impuissance ennemie", y compris en Artois et en Picardie, ce qui paraît quelque peu en décalage avec les réalités du terrain.
jeudi 29 octobre 2015
Enseignements opérationnels : bataille de Turkheim - 5 janvier 1675.
Situation générale :
Le
5 janvier 1675, la bataille de Turckheim met aux prises Henri de la Tour d’Auvergne, maréchal de
Turenne, à une armée austro-brandebourgeoise menée par Frédéric Guillaume,
électeur de Brandebourg. Au-delà de l’originalité d’une manœuvre conduite en
plein hiver, par sa rapidité, elle assure à Turenne le départ précipité
d’Alsace des armées coalisées jusqu’à la reprise des combats, l’été suivant, qui
verra le décès du maréchal.
Le
cadre de la guerre de Hollande offre l’occasion à Louis XIV, qui s’est assuré
de la neutralité de l’Empereur et s’est allié aux Anglais, de mettre en œuvre
sa politique d’agrandissement du royaume en attaquant, en 1672, les
Provinces-Unies, c’est à dire les Pays-Bas espagnols. En dépit de réels succès
et de la conquête de nombreuses places, la volonté de résistance de Guillaume
d’Orange et de son peuple émousse, tout au long de l’année 1673, l’élan offensif
des troupes du royaume de France.
samedi 15 août 2015
La tactique « françoise » : retour sur la pensée militaire de 1792, réformer pour gagner (1/2).
Cet
article en deux parties nous ouvrira aux considérations des tacticiens qui
profitent de la révolution française pour remodeler la manière d’ordonnancer
des unités aux effectifs bien plus importants (c’est le début des armées de
masse et de la Nation en armes décrites par Clauzewitz).
En
effet, la réflexion sur l’art de la guerre n’a jamais quitté l’armée française,
y compris pendant la troublante période révolutionnaire, où toutes les
institutions ont été fragilisées, transformées et parfois laissées dans le
dénuement le plus totale, mais qui a vu tout de même émerger des idées
novatrices.
mercredi 17 juin 2015
Waterloo 1815 / 2015 : bicentenaire et enseignements tactiques.
Cette fin de semaine va être marquée par la commémoration du bicentenaire de la bataille de Waterloo (18 juin 1815) en Belgique, combat qui a vu la défaite de Napoléon face à une armée de Coalisés. Cette confrontation appartient, comme Austerlitz, Wagram ou la campagne de Russie à la légende napoléonienne qu'elle a participé à construire. En effet, il nous d'abord faut rappeler cette citation de Chateaubriand qui montre combien ce chef politique et militaire a joué un rôle majeure dans l'histoire de notre pays, au-delà des polémiques qui émergent ça et là : " Vivant il avait manqué le monde, mort il le conquiert".
De nombreux médias vont ainsi revenir sur le déroulement de la bataille mettant à profit les nombreux ouvrages, reconstitutions ou muséographies dédiés à cet évènement. Mon propos ne sera donc pas de relater une fois de plus le déroulement exacte de Waterloo mais d'essayer de mettre en exergue des enseignements tactiques tant du côté français que de celui des adversaires de l'armée impériale.
samedi 6 juin 2015
6 juin 1944 - la petite histoire derrière la grande.
En ce jour de commémoration du débarquement en Normandie qui préfigurera la bataille de France et la Libération, il s'agit bien sûr de rendre hommage à ces soldats, marins et aviateurs alliés qui se sont battus lors de cette confrontation cruciale face aux troupes de l'Axe. Mais cette formidable opération "Overlord" n'aurait pas pu être pleine et entière sans l'apport de la France Libre (FFL et FFI) qui s'est engagée pleinement dans ces combats. Ces soldats de l'ombre, irréguliers ou conventionnels ont ainsi contribué à l'application des principes mis en œuvre pour mener au succès : surprise, liberté d'action, déception et économie des moyens.
mercredi 26 novembre 2014
Réflexions tactiques et historiques sur la « Force Protection »
La « Force Protection », terme
anglo-saxon qualifiant la préservation du potentiel humain et matériel en
opération, est devenu un leitmotiv au sein des armées occidentales, soucieuses
d’éviter des pertes importantes, voire une judiciarisation de leurs opérations
et ce, alors que les opinions publiques ne soutiennent pas forcément les
expéditions lointaines contemporaines.
En outre, la professionnalisation des
outils de combat (investissement global consenti pour recruter et former un
soldat professionnel), l’héritage des théories post-Guerre Froide de type « zéro
mort » comme la remise en question permanente de la légitimité des
engagements, poussent les états-majors à protéger leurs unités.
Aussi, la perception de la « Force Protection » est souvent
cantonnée à la protection du combattant et à celle de son environnement
fonctionnel voire des infrastructures qu’il utilise.
Pourtant, l’histoire militaire, mais aussi la réflexion tactico-opérative,
montre que la protection de la Force, fille du principe de sûreté (parfois
ignoré), dépasse largement l’espace d’engagement du soldat pour s’inscrire dans
l’espace doctrinal des armées mais aussi dans la conception des opérations et
des outils de combat.
mardi 21 octobre 2014
La bataille de Suomussalmi : quand le faible parvient à vaincre le fort.
Nous vous proposons l'étude d'une bataille de la guerre soviéto-finlandaise au début du second conflit mondial qui démontre la capacité, pour une force limitée en nombre et en moyens, de tenir tête à un corps mécanisé. Cette exemple historique met principalement en exergue l'effet démultiplicateur de puissance de la maîtrise d'un milieu ainsi que la mise en œuvre de modes d'action tactiques privilégiant la surprise. Cet article doit également susciter la réflexion quant à l'engagement contemporain de forces modernes face à des adversaires hybrides et s'intégrant parfaitement sur le terrain et son environnement.
En prévision d'un conflit probable entre l’Allemagne et l’URSS,
Staline cherche à renforcer et à réorganiser l’Armée Rouge, celle-là même qu'il a affaiblie par les
purges de généraux tout en sécurisant ses frontières. A
partir du 10 octobre 1939, des pactes sont conclus avec les Etats Baltes et des
négociations débutent le 9 octobre avec la Finlande. Moscou
veut principalement protéger l’accès maritime de Leningrad en prenant possession des îles
du golfe de Finlande et en reculant la frontière Finno-soviétique jusqu'à l’isthme
de Carélie et ce, afin de mettre la ville hors de portée de l‘artillerie lourde finlandaise. La Finlande refuse le 13 novembre et les deux camps se préparent pour l'épreuve de
force. Les Soviétiques considèrent que la ligne Mannerheim, la ligne fortifiée
finlandaise, comme un obstacle insignifiant qu'ils pourront écraser sous le nombre. Du point de vue des effectifs,
l'URSS dispose d'une supériorité absolue avec 4.000 avions, 3.000 chars et
800.000 soldats. Du côté finlandais, l'armée ne peut compter que sur environ 350.000 hommes
et 90.000 femmes (employée dans des unités logistiques). L'artillerie lourde, les blindés et
l'aviation sont quasiment inexistants. Enfin, l'artillerie de campagne, peu
nombreuse, est équipée d'un matériel remontant au premier conflit mondial. Le 30
novembre, l'armée de Staline, certaine de sa victoire, se jete sur la Finlande.
lundi 22 septembre 2014
De la résilience tactique ou comment dépasser la surprise sur le champ de bataille. (2/2)
Nous achevons notre article sur la résilience tactique, son influence sur l'histoire militaire et les moyens de la développer aujourd'hui.
Les
systèmes théoriques et empiriques proposés par l’histoire militaire ou les
penseurs.
Face
à cette incertitude déstabilisatrice, plusieurs écoles ont émergé et l’histoire
apporte son lot de solutions pragmatiques. Que l’on pense à Scipion l’Africain,
qui assimile l’approche indirecte d’Hannibal pour porter à son tour le combat
en terre carthaginoise avant de remporter une victoire à Zama, qu’on revienne
sur l’armée romaine adaptant ses modes d’action aux invasion barbares en
développant cavalerie et archers, ou que l’on cite les forces alliées qui
mécanisent leurs unités pour s’opposer aux troupes allemandes, le temps demeure
clé dans la résilience tactique. La force morale, issue d’une éducation
militaire préalable de la population ou d’un « dressage » guerrier peut aussi permettre de réagir après avoir
été surpris. C’est le cas par exemple de l’armée soviétique en 1941 qui reprend
l’initiative devant Moscou (voir l’ouvrage du général Guillaume « Pourquoi l’URSS a vaincu ») ou des
soldats français de 1914, pétris du culte de l’offensive, et qui reprennent l’ascendant
dans la Marne. Au-delà de cette faculté d’adaptation, de cette flexibilité, les
penseurs de la guerre ont, de tous temps, réfléchi à cette problématique.
mercredi 17 septembre 2014
De la résilience tactique ou comment dépasser la surprise sur le champ de bataille. (1/2)
La résilience est devenue une capacité centrale face aux risques et menaces que connaissent les Etats en ce début de XXIème face, en particulier aux attentats terroristes, aux catastrophes naturelles ou industrielles et même dans le cadre des soubresauts politiques et économiques nationaux ou internationaux. Il s’agit d’être capable, notamment grâce à une phase d’anticipation, de dépasser le choc lié à un brusque changement d’équilibre qu’il soit sécuritaire ou sociétal puis de conduire la gestion de crise en vue de reprendre l’initiative sur les évènements ou un adversaire potentiel.
Aussi, semble-t-il judicieux de réfléchir à ce concept au travers du prisme de la guerre mais surtout de la tactique soumise fortement aux frictions du champ de bataille et à la surprise. Cette dernière peut être le fait d’une innovation technique, d’un mode d’action ou d’une nouvelle conception doctrinale voire le résultat d’un « coup » produit par l’esprit d’un brillant chef militaire.
Nous verrons que le meilleur outil pour garantir la résilience tactique demeure dans un travail de planification mais surtout un effort d’anticipation structuré autour d’une bonne culture historique, d’un renseignement pragmatique, d’une ouverture d’esprit accrue des chefs devant les propositions de leurs subordonnés et d’un entraînement stimulant l’initiative.
Pour cela nous verrons d’abord que la surprise peut prendre des formes différentes, qu’elle a toujours été l’objet d’étude pour contrecarrer ses effets mais qu’il faut aujourd’hui s’en prémunir par un système culturel et doctrinal rénové dès le temps de paix.
lundi 17 mars 2014
Tactique générale : regard d’entre-deux-guerres du général Altmayer (2/3).
Nous poursuivons la lecture attentive du général
Altmayer qui, en 1936, tente de poser des principes de tactique générale pour
les conflits à venir.
Le général Altamyer considère que le chef est au
cœur de la décision mais également demeure l’artisan de la victoire ou de la
défaite car il est capable de renverser une situation et sa psychologie, avant
comme pendant la bataille, influence ses hommes et, par voie de conséquence, sa
manœuvre. La place des états-majors est prépondérante car « la stabilité du commandement est assurée par
celle des PC. Ceux-ci sont néanmoins poussés franchement à proximité des
éléments que le chef peut actionner ou qui peuvent lui fournir le renseignement.
Le chef est de sa personne là où les circonstances lui commandent de se
trouver, à son poste de commandement quand il s’agit d’organiser, à son poste
d’observation quand il faut voir avant de se décider, auprès des exécutants
quand il convient de redresser ou d’animer l’exécution ».
mercredi 12 mars 2014
Tactique générale : regard d’entre-deux-guerres du général Altmayer (1/3).
En
1936, le général René Altmayer rédige de longues et très complètes « Etudes de tactique générale » à un
moment où il pressent le retour à un conflit majeur avec l’Allemagne qui réarme
et développe sa propre doctrine. Riche de son expérience de la première guerre
mondiale, mais surtout d’une réflexion personnelle sur les grands principes qui
ont émergé dans l’histoire militaire, il brosse avec exhaustivité les grands domaines tactico-opératifs
que sont l’organisation des unités, les déploiements, la concentration des
efforts, la recherche du renseignement, l’action offensive, la défensive
(statique et mobile) ainsi que l’influence des progrès techniques dans l’art ou
la science de la guerre à l’image des développements liés aux blindés, aux
avions voire aux gaz de combat.
Néanmoins,
son propos perd parfois de son objectivité quand il croit pouvoir faire
coïncider des principes pérennes avec la doctrine militaire française de l’entre-deux-guerres.
En revanche, il analyse finement le travail doctrinal allemand et ses progrès,
menace qu’il prend très au sérieux et qui apparaît parfois comme une vision
prophétique de la défaite de 1940.
Aussi,
verrons-nous dans un premier temps les procédés défendus par le général
Altmayer comme ayant une portée universelle avant d’analyser les éléments qui,
avec le recul, précèdent ou expliquent l’échec de la campagne de France 4 ans
plus tard.
mercredi 22 janvier 2014
La pensée militaire napoléonienne.
Comme nous l'avons annoncé, nous poursuivons l'analyse de diverses formes de pensée militaire et ce, afin de déterminer des tendances culturelles spécifiques. Napoléon a largement influencé la perception de la guerre et, en particulier, de la tactique, en Europe voire, plus largement, dans le monde occidental. Pour cela, je me baserai sur un certain nombre de lectures, en l'occurence les ouvrages de Bruno Colson "Napoléon, de la guerre" et de Stéphane Béraud "La révolution militaire napoléonienne".
L'empereur mène ses batailles au moment où culminent de grandes évolutions, tant techniques que tactiques, ayant débuté au début du XVIIème siècle (développement de l'artillerie, accroissement des effectifs, déclin de l'artillerie médiévale et des fortifications).
jeudi 16 janvier 2014
La pensée napoléonienne : le bicentenaire de la campagne de 1814.
Dans le cadre de notre nouvelle thématique consacrée aux différences culturelles dans la pensée de théoriciens ou de praticiens de l'art de la guerre, je vous propose de débuter notre étude en s'attardant, dans les jours à venir, sur la vision napoléonienne de la bataille, de la stratégie, voire de ce que l'on nomme aujourd'hui l'art opératif. Pour cela il m'apparaît intéressant de revenir à nouveau sur la campagne de France de 1814 menée par l'empereur alors que son outil militaire est largement affaibli (pertes de la campagne de Russie) ou pas encore aguerri (jeunes recrues appelées "Marie Louise"). En effet, il s'agit là d'une succession de victoires tactiques sur des distances importantes (selon les normes et l'équipement de l'époque) face à un ennemi 4 à 5 fois plus nombreux en effectifs, avec une grande mobilité des forces et un commandement confronté à la nécessité de coordonner de grandes masses de manœuvres tout en parvenant à acquérir du renseignement. Napoléon va parvenir à s'opposer un temps à son adversaire en faisant face à plusieurs axes d'attaque coalisés et ce, en mettant en place un réseau de lignes d'opération efficace, des unités mobiles et autonomes (corps d'armée interarmes) et en appliquant rapidement un processus dans la conception des modes d'action mais aussi dans la conduite des mouvements de troupes (surprise, prise d'initiative, risque).
Aussi, en guise d'illustration et d'introduction sur Napoléon, la ville de Chalons en Champagne célèbre, le 25 janvier 2014, le bicentenaire de cette campagne au travers des reconstitutions, des concerts et des colloques consacrés à cet épisode d'histoire militaire. De nombreuses villes de l'est de la France, qui ont été le théâtre de ces combats, rendent ainsi hommage à ce chef militaire qui influença mais aussi influence toujours la culture tactico-opérative occidentale, y compris par l'intermédiaire de certains de ses "disciples" comme Clausewitz ou Jomini.
Pour ceux qui pourront profiter de cet évènement, vous trouverez le détail de cette commémoration atypique dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog (ci-contre).
mardi 22 octobre 2013
Salon du livre militaire ancien.
Les 16 et 17 novembre 2013 prochains, au Cercle National des Armées à Paris, se tiendra la 3ème édition du livre militaire ancien. De nombreux exposants feront découvrir, dans la salle des fêtes, leurs trésors cachés, des livres dits introuvables ou encore de vieux manuscrits, souvent passionnants, qui permettent de remettre en perspective tel ou tel grand chef militaire mais aussi de "redécouvrir" la pensée tactique ou stratégique d'une autre époque. Dans ce cadre, on se rend compte, bien souvent, qu'au-delà du contexte géopolitique du moment, les perceptions des auteurs sont souvent convergentes et mettent en exergue des principes, des procédés ou des analyses emprunts d'une certaine universalité.
Bref, pour les collectionneurs, les passionnés ou les apprentis historiens comme les "écrivains en herbe", c'est un rendez-vous à ne pas manquer. Bonne visite.
mercredi 11 septembre 2013
Quelques réflexions sur la guerre des Gaules...(2/2)
Nous
achevons notre réflexion sur la guerre des Gaules afin de savoir si César et
ses légions auraient pu être tenus en échec par les combattants et armées
celtes auxquels ils ont été opposés pendant la campagne. Dès lors, après avoir
vu que la pensée sur l’art de la guerre romaine est bien plus aboutie qu’il n’y
paraît (et même si elle n’a pas toujours été formalisée par des traités), nous
allons nous interroger sur les forces et faiblesses des unités de combat de
Rome ainsi que sur leurs modes d’action.
La
tactique romaine et les légions.
L’équipement
des légionnaires est standardisé avec, en particulier, le bouclier ovale et
hémisphérique d’origine samnite, un casque et le couple glaive-javelot (gladius
et pilum) pour l’engagement. Cet ensemble contribue à la maîtrise du combat
individuel et facilite la protection du combattant qui peut frapper, à l’abri
des coups, avec un panel d’armes puissantes.
mardi 6 août 2013
Armée Rouge : du combat linéaire vers le combat zonal dispersé.
Ce nouvel article d’une série initiée
depuis une dizaine de jours, consacré aux forces soviétiques, à leurs
doctrines, leurs modes d’action tactiques et leur perception du combat, nous
permet de découvrir, qu’en 1991, malgré l’effondrement progressif de l’URSS,
l’armée Rouge continue sa réflexion sur l’art de la guerre.
Face aux enjeux polémologiques
que Moscou perçoit à la fin du XXème
siècle, son état-major considère inévitable la fin du combat linéaire et
l’avènement rapide du « combat zonal
dispersé » défini aujourd’hui par les Occidentaux comme le combat
lacunaire. Ce constat visionnaire issu d’une armée en faillite et ce, à
l’époque de la rédaction des documents doctrinaux dont il est question,
souligne la richesse de la pensée militaire soviétique.
Nous verrons donc qu’au-delà
d’une analyse claire des évolutions tactiques futures, l’armée Rouge
conceptualise un nouvel emploi de ses unités interarmes ainsi que le rôle des
appuis, tout en réfléchissant à une modélisation scientifique et mathématique
des opérations.
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