Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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jeudi 10 octobre 2013

Surprise et initiative : l’exemple de la campagne d’hiver en Europe 1944-1945.

 
Surprise et initiative peuvent affermir la liberté d’action mais peuvent être synonyme d’échec si les effets ne sont pas soutenus dans la durée. Les Allemands vont d’ailleurs en faire la cruelle expérience sur le front de l’ouest.
A la conférence interalliée de Québec en septembre 1944, alors qu’une grande partie de la France et de la Belgique est libérée, le général Eisenhower signale que la résistance allemande se fait de plus en plus forte à l’approche de la frontière. Il propose alors de frapper puissamment les régions vitales de la Ruhr et de la Sarre avec, comme objectif principal de garder l’initiative en obligeant les Allemands à y concentrer leurs forces et ainsi à s’exposer. Les troupes américaines et britanniques sont pourtant, de l’avis des généraux qui les inspectent, épuisés par la longue marche et les combats conduits depuis le débarquement. Le général Marshall souhaite d’ailleurs transférer des Etats-Unis 9 divisions fraîches pour relever les vétérans déployés en Europe, se dotant alors « d’une force et d’une puissance de choc accrues à nos armées qui allaient avoir à effectuer une campagne d’hiver des plus difficiles ».

dimanche 27 novembre 2011

Nouvelle proposition de lecture : enseignements tactiques du jour "J " et de la bataille de Normandie



Aujourd'hui nous faisons un focus, dans la rubrique "A lire", sur le dernier livre historique d'Anthony Beevor sur le D-Day et la bataille de Normandie. Cette dernière, en effet, propose de nombreux exemples tactiques et opératifs illustrant les principes de la guerre, la manœuvre interarmes ou interarmées, l'influence des chefs et des stratégies dans le succès d'actions offensives ou défensives. L'équipement du combattant et l'innovation technique sont également au coeur de cet ouvrage dont nous vous proposons ci-dessous une synthèse manuscrite (appuyée d'une carte en couleur) riche en références et enseignements. Bonne lecture...

Fidèle à son style, qu’il a perfectionné avec ses deux précédentes publications "Stalingrad " et "La bataille de Berlin", l’auteur nous livre un regard d’historien sur cet épisode de la seconde guerre mondiale. Il enrichit également son travail d’une étude fine des actions au niveau tactique et opératif. Passionnant, documenté et chronologique, ce récit plonge le lecteur au cœur des combats du bocage normand mais analyse également, avec hauteur de vue et discernement, le contexte politico-stratégique, les perceptions idéologiques ou éthiques du moment, tout comme la psychologie des combattants comme celle des décideurs civils et militaires. Seule ombre au tableau, des cartes en nombre insuffisant, qui ne trouvent pas toujours leur place dans le propos et dont la qualité pédagogique, voire la précision, illustrent mal les enseignements décrits par Beevor.
Concernant la tactique et les fonctions opérationnelles, ce livre met en exergue la perception du combattant sur le terrain, l’impact du matériel et de son évolution sur les modes d’action, l’intérêt ou les limites de l’intégration interarmes ou interarmées. Il souligne également le poids de la conception dans la réalisation de la manœuvre, celui du style de commandement et de la qualité des chefs. Enfin, faisant souvent référence à son concitoyen Liddell Hart, il nous rappelle que l’on paye souvent un lourd tribut en omettant l’application des principes de la guerre.