Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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mercredi 16 mars 2016

Paratroupes : tactique des troupes aéroportées par le lieutenant-colonel MIKSCHE. (1/2)

 
En 1946, un officier tchèque, le lieutenant-colonel MIKSCHE, qui a rejoint la France Libre pendant le second conflit mondial, participe au renouveau de la pensée militaire française. S'appuyant sur l'histoire militaire, il rédigera de nombreux ouvrages et articles pour alimenter la réflexion opérationnelle et donner aux jeunes officiers les bases  ou paradigmes propre à la réflexion sur les conflits à venir. C'est dans ce cadre que paraît "Paratroupes", une étude passionnante sur l'histoire, l'organisation et l'emploi tactique des forces aéroportées (au sens large). Au travers de ces écrits, on devine les engagements à venir (Indochine, Suez) mais aussi les déploiements depuis les airs plus contemporains. En revanche, certaines idées méritent d'être aujourd'hui revisitées pour redonner à "l'enveloppement vertical" une nouvelle dynamique.

lundi 28 juillet 2014

Relire « Patton » de Ladislas Farago : le grand général mis en perspective (1/2).

Nous avions déjà évoqué des biographies du général Patton afin de cerner le caractère de cet officier singulier disparu prématurément dans un accident automobile le 21 décembre 1945. Néanmoins, l’ouvrage de Ladislas Farago, écrit en 1963, en particulier à partir des carnets de Patton, souligne la dimension humaine de Patton, détaille ses états d’âme, ses défauts, ses relations avec ses chefs, pairs ou subordonnés, ses coups de génie mais surtout son impétuosité de l’Afrique du nord à l’Allemagne en passant par la Sicile. De la même façon, au-delà des premières années fondatrices de la carrière militaire de « Georgie », le livre met en perspective l’action de ce chef militaire au cœur de la seconde guerre mondiale tout en cherchant à démontrer les conséquences graves de certains choix stratégiques sur la conduite de la campagne alliée de 1944-1945 au détriment des commandants tactiques qui, comme Patton, avaient la capacité de bousculer les armées allemandes.

dimanche 2 juin 2013

Campagne de Pologne en 1939 : quand la tactique déséquilibre la stratégie (fin).


Nous achevons notre évocation de la campagne de Pologne en 1939 et les interactions entre stratégie et tactique qui la caractérisent.
 
4. Le déroulement de la campagne.
 
Le plan allemand consiste en une attaque surprise associant rapidité et offensive multi-directionnelle. Le général von Brauchitsch, commandant en chef, résume son idée de manoeuvre dans son ordre d'opérations : "L'objectif est la destruction des forces armées polonaises. L'opération consiste à envahir par surprise le territoire polonais pour prévenir toute tentative de mobilisation et de concentration de l'armée polonaise et à détruire le gros de son armée, situé à l'ouest de la ligne Vistule-Narew, par deux attaques concourantes, l'une venant de Silésie et l'autre de Poméranie et de Prusse orientale. Il ne faut tenir aucun compte d'une éventuelle intervention ennemie venant de Galicie". On sent clairement l'héritage clausewitzien allemand avec la recherche de la bataille décisive sans compter un attachement aux éléments structurants de la tactique, à savoir l'intérêt porté au terrain (cadre espace-temps), le choix du mode d'action, la recherche de la surprise (attaque depuis la Prusse orientale notamment) et la concentration des efforts sur les moyens militaires, sans prendre en compte le potentiel industriel, politique ou autre.
Côté polonais, la perception du conflit à venir est toute autre et s'inscrit dans une vision plus stratégique avec un déploiement de forces qui doit permettre de durer dans une guerre qui s'annonce longue (une fois que les Alliés prendront l'offensive à l'ouest).

dimanche 12 mai 2013

Mise à jour de votre blog et quelques pistes de réflexion...

 
Nous débutons cette semaine avec une nouvelle citation dans la rubrique "Paroles de chef" de votre blog : "Que la stratégie soit belle est un fait mais n'oubliez pas de regarder le résultat." Il s'agit de quelques mots prononcés par Winston Churchill qui aborde, un peu cyniquement, la stratégie, sa perception, sa mise en œuvre et finalement ses effets. Nous partirons de la définition basique de la stratégie, considérant qu'elle est bien l'art de combiner les moyens et les ressources, en fonction des contraintes ou impératifs, dans le but d'atteindre des objectifs planifiés. Pourtant, ce qui est conceptualisé ne tient parfois pas l'épreuve de la réalité ou conduit à terme à des conséquences inattendues. C'est ce que nous chercherons à démontrer en étudiant, dans les jours à venir, la campagne de Pologne menée par l'armée allemande en 1939 face à un Etat polonais persuadé d'être prêt au combat. De même, dans la rubrique "A lire", je vous propose un ouvrage consacré à la guerre qui oppose Alains et Sarmates face à l'empire romain du Ier au Vème siècle de notre ère. L'auteur, l'historien Iaroslav Lebedynsky, y démontre le poids de la culture dans la conduite des hostilités et le lien fort, déjà à cette époque antique, qui existe entre  stratégie et tactique. Cette problématique fera d'ailleurs l'objet d'un article particulier pour tenter d'éclaircir la place des principes des différents niveaux dans les opérations d'hier et aujourd'hui et ce, afin de comprendre si cette dialectique a évolué.
 
Bonne lecture...

dimanche 8 janvier 2012

La BD au service de l'histoire militaire : de la mémoire à l'influence.

Qui n’a jamais eu entre ses mains une bande dessinée racontant le débarquement de Normandie ou mettant en scène un militaire allié, dans un de ces livrets bon marché en noir et blanc et aux couvertures souples («Sergent Guam »,  « Attack ! », « Garry »,…) ?
Déjà sous l’Antiquité, le dessin était un des moyens de relater les combats et les épopées passées, tout en cultivant l’image du héros. Dans la continuité d’un mouvement initié à l’aune du XXe siècle, la BD consacrée à l’histoire militaire a pris aujourd’hui une place importante pour illustrer la guerre et ses acteurs. Mike Conroy en a d’ailleurs fait un livre et explique en citant Verlaine, qu’il n’entend pas glorifier la guerre mais « retracer les parcours entachés de sang qu’a suivi l’Homme de ses origines primitives à son prétendu statut de civilisé ».
Dès lors, si le 9ème Art participe effectivement à un effort de mémoire et de pédagogie nécessaire à nos sociétés, il n’en demeure pas moins un formidable outil de communication pour promouvoir la Défense et influencer les perceptions au profit des belligérants en temps de paix comme dans le cadre d’opérations passées, présentes et à venir.