Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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lundi 7 septembre 2015

Exposition à venir : chevaliers et bombardes.


A partir du 7 octobre 2015, le musée de l'Armée aux Invalides vous propose une nouvelle exposition sur un moment charnière de l'histoire militaire. Il s'agit de montrer les profondes mutations dans l'art de la guerre apparues entre la bataille d'Azincourt et celle de Marignan en 1515. En effet, c'est lors de cette période que la chevalerie française, en particulier, voit la fin de sa supériorité au bénéfice de nouvelles manœuvres et de nouvelles armes suivie de l'avènement de l'artillerie face au retour de l'infanterie de choc. Ainsi, il s'agira de comprendre les évolutions des armures, des bombardes et autres bouches à feu comme des armes du fantassins dans des combats bien différents de ceux du Moyen Age mais proches des épopées de l'Antiquité. Le feu met fin au choc avant que celui-ci ne soit rénové. C'est surtout le rôle du chef, du capitaine et du tacticien qui renaît sur les champs de bataille au travers des figures illustres comme Jeanne d'Arc, François Ier ou Du Gesclin. Le commandant de la troupe n'est plus seulement un exemple de bravoure, il pense la guerre, il innove dans ses modes d'action, cherche à surprendre l'adversaire et fait émerger de grands principes pérennes. En bref, une exposition à ne pas manquer et dont les détails sont disponibles sur le lien http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/chevaliers-et-bombardes-dazincourt-a-marignan-1415-1515.html.
Bonne visite...

lundi 17 février 2014

"Cybertactique", un livre à ne pas manquer.


 
La tactique, cet art  du combat millénaire, s'adapte à son époque comme nous l'avons déjà vu dans des articles de votre blog. Aussi, ne pouvait-elle pas manquer la révolution numérique qui transforme notre monde, les armées modernes, la guerre mais aussi la pensée opérationnelle. Bertrand Boyer dans son ouvrage "Cybertactique" qui vient de remporter le prix Cyber du FIC 2014 décrit parfaitement ce phénomène comme le souligne son éditeur. C'est également un grand honneur qu'il fait à "L'écho du champ de bataille" en citant ce blog parmi ses nombreuses et prestigieuses références. N'hésitez pas à vous plonger dans cette étude multidimensionnelle.

mercredi 29 janvier 2014

Intermède évènement historique.

 
Avant de poursuivre notre étude des différents courants de pensée polémologiques, en particulier avec un focus sur l'art opératif soviétique, votre blog vous propose, dans la rubrique "Mémoire et évènements" (ci-contre) un lien vers le site officiel de la salle dite "Des deux batailles" qui sera inaugurée le 1er février 2014 à Mons en Pévelle près de Lille. Cette exposition offrira aux visiteurs le détail des deux combats que sont Bouvines, en 1214, et Mons en Pévelle, en 1304. Dans les deux cas, Philippe Auguste puis Philippe le Bel, sauvent le royaume de France en prenant l'ascendant moral sur leurs adversaires ou en les privant de logistique pour les faire plier. Ces batailles mettent également en lumière, pour les curieux, de nombreuses péripéties voire enseignements tactiques (enveloppements, tentatives pour frapper le centre de gravité adverse en la personne du roi, raids de cavalerie, appui intense des machines de guerre comme des arbalétriers).
Ce site offre une belle perspective sur cette période troublée, sur l'équipement des armées mais aussi sur la biographie des principaux belligérants, chefs de guerre, monarques ou cités flamandes engagées dans la guerre puis la paix (et ses conséquences).
Bonne visite à ceux qui pourront en profiter...

mercredi 22 janvier 2014

La pensée militaire napoléonienne.

Comme nous l'avons annoncé, nous poursuivons l'analyse de diverses formes de pensée militaire et ce, afin de déterminer des tendances culturelles spécifiques. Napoléon a largement influencé la perception de la guerre et, en particulier, de la tactique, en Europe voire, plus largement, dans le monde occidental. Pour cela, je me baserai sur un certain nombre de lectures, en l'occurence les ouvrages de Bruno Colson "Napoléon, de la guerre" et de Stéphane Béraud "La révolution militaire napoléonienne".
L'empereur mène ses batailles au moment où culminent de grandes évolutions, tant techniques que tactiques, ayant débuté au début du XVIIème siècle (développement de l'artillerie, accroissement des effectifs, déclin de l'artillerie médiévale et des fortifications).

jeudi 14 novembre 2013

L'héritage tactique de la première guerre mondiale : le combat de l'infanterie.(1)


L'étude des batailles du premier conflit mondial met souvent en avant les terribles assauts meurtriers, le combattant englué au fond de tranchées, le fracas et la puissance du feu d'artillerie qui annihile toute manœuvre. Néanmoins, certains auteurs ont démontré qu'en 1918, l'armée française s'était remarquablement adaptée pour renouer avec la guerre de mouvement avec une doctrine interarmes associant des fantassins mieux équipés, des appui feux coordonnés, des chars d'assaut ou une aviation maîtrisant le ciel. Il apparaît donc intéressant de se pencher sur l'héritage tactique, ou sa perception, voire son interprétation à la fin des années 1920. Pour cela, j'ai pu consulter un ouvrage rédigé par le commandant Bouchacourt (qui terminera sa carrière comme général commandant la 42ème division d'infanterie), en 1927, et édité aux éditions Lavauzelle. L'auteur y traite presque exclusivement de l'infanterie, dans l'attaque et la défense et cherche à théoriser l'emploi de cette arme pour les combats à venir en s'appuyant exclusivement sur les enseignements des combats de la Grande guerre et sur les textes réglementaires en vigueur au moment de l'écriture de son traité. Nous verrons que cette démarche le conduit, de fait, à faire preuve à la fois d'une belle clairvoyance sur certains principes fondateurs (surprise, audace, réserves,...) mais aussi d'une pensée quelque peu sclérosée dans les schémas proposés notamment pour les missions défensives, carcan que l'on retrouvera en 1940 lors de la campagne de France.  

mardi 22 octobre 2013

Salon du livre militaire ancien.


Les 16 et 17 novembre 2013 prochains, au Cercle National des Armées à Paris, se tiendra la 3ème édition du livre militaire ancien. De nombreux exposants feront découvrir, dans la salle des fêtes, leurs trésors cachés, des livres dits introuvables ou encore de vieux manuscrits, souvent passionnants, qui permettent de remettre en perspective tel ou tel grand chef militaire mais aussi de "redécouvrir" la pensée tactique ou stratégique d'une autre époque. Dans ce cadre, on se rend compte, bien souvent, qu'au-delà du contexte géopolitique du moment, les perceptions des auteurs sont souvent convergentes et mettent en exergue des principes, des procédés ou des analyses emprunts d'une certaine universalité.
Bref, pour les collectionneurs, les passionnés ou les apprentis historiens comme les "écrivains en herbe", c'est un rendez-vous à ne pas manquer. Bonne visite. 

mardi 6 août 2013

Armée Rouge : du combat linéaire vers le combat zonal dispersé.


Ce nouvel article d’une série initiée depuis une dizaine de jours, consacré aux forces soviétiques, à leurs doctrines, leurs modes d’action tactiques et leur perception du combat, nous permet de découvrir, qu’en 1991, malgré l’effondrement progressif de l’URSS, l’armée Rouge continue sa réflexion sur l’art de la guerre.
Face aux enjeux polémologiques que Moscou perçoit à la fin du XXème  siècle, son état-major considère inévitable la fin du combat linéaire et l’avènement rapide du « combat zonal dispersé » défini aujourd’hui par les Occidentaux comme le combat lacunaire. Ce constat visionnaire issu d’une armée en faillite et ce, à l’époque de la rédaction des documents doctrinaux dont il est question, souligne la richesse de la pensée militaire soviétique.
Nous verrons donc qu’au-delà d’une analyse claire des évolutions tactiques futures, l’armée Rouge conceptualise un nouvel emploi de ses unités interarmes ainsi que le rôle des appuis, tout en réfléchissant à une modélisation scientifique et mathématique des opérations.

jeudi 16 mai 2013

Campagne de Pologne en 1939 : quand la tactique déséquilibre la stratégie (1).


Pour aborder la nouvelle problématique initiée il y a quelques jours, et afin de réfléchir sur l’influence de l’organisation d’une armée, de sa stratégie et, in fine, de sa doctrine dans la conduite de la guerre et la mise en œuvre de la tactique, je vous propose de faire un focus sur la campagne de Pologne en 1939. Au cours de ces combats, l’armée allemande, enrichie par le culte  de l'initiative et l'emploi de  la puissance mécanisée  va faire ses premières armes face à une armée polonaise pétrie de principes  stratégiques défensifs hérités des concepts de la première guerre mondiale et de la pensée militaire française.
Aussi, nous verrons au travers de cet exemple que la tactique, son évolution et ses applications peuvent parfois fragiliser une stratégie qui semblait pourtant permettre d'atteindre l'effet final recherché.


samedi 10 novembre 2012

La tactique : histoire et fondements (6).


 
 
Néanmoins, la défaite de 1870 impose aux penseurs tactiques de faire le choix entre l’héritage du passé ou la rupture avec les dogmes passés. En France, Clausewitz a largement influencé les jeunes officiers français qui vont entretenir le mythe de l’offensive à outrance censée faire reculer l’adversaire par des modes d’action alliant masse, assauts frontaux, choc et artillerie de campagne exclusivement dédiée à l’appui des troupes au contact. Ce que l’on appelle les "jeunes Turcs" -très bien décrits dans l’ouvrage du colonel Goya ("La chair et l’acier")- conduits par le colonel Grandmaison sont ainsi les apôtres de ces théories : "Dans l’offensive, l’imprudence est la meilleure des sûretés… Il faut se préparer à la méthode qui puisse forcer la victoire en cultivant, avec passion, avec exagération et jusque dans les détails les plus intimes de l’instruction, tout ce qui porte, si peu que ce soit, la marque de l’esprit offensif. Allons jusqu’à l’excès et ce ne sera peut-être pas assez".

 

lundi 29 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (5).

 


Voici donc la suite de notre réflexion sur la tactique.


-Napoléon et ses disciples (suite).
 
Nous avons synthétisé la pensée napoléonienne mais nous reviendrons dans un prochain article sur sa vison tactique et ce, en illustrant notre propos au travers du remarquable ouvrage de Bruno Colson "Napoléon, de la guerre" que nous avions évoqué dans un post sur votre blog (dans la rubrique "A lire") il y a quelques mois (http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/citation-et-lecture-pour-initier-un.html).
Clausewitz, disciple contestataire, a servi et combattu Napoléon. Piètre tacticien sur le terrain, il se révèle néanmoins un remarquable penseur de la guerre dont il travaille à une définition et réfléchit à sa place dans la société ou la vie des Etats. Sur le plan de la tactique, il veut démontrer l'usure du système napoléonien qu'il qualifie de "finasseries".

dimanche 14 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (3).


Nous continuons notre revue de la pensée tactique au travers de l'histoire militaire.
 
- Frontin, quand le stratège devient stratégiste.
 
Frontin, consul et général romain né en 40 après JC, aurait déjà écrit un ouvrage sur l'art de la guerre, livre malheureusement perdu. Heureusement, il rédige ensuite, pour illustrer ses considérations théoriques, "Strategematon" dont les références historiques s'appuient sur ses campagnes contre les Parthes en Asie. Il y défend un art militaire fondé sur la ruse et les stratagèmes.




lundi 8 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (2).

 
Poursuivons ce voyage dans l'histoire de la pensée tactique et de l'art de la guerre.
 
 
2.1 Les pionniers de la pensée tactique.
 
-Sun Tzu et l'héritage asiatique : des principes et des concepts.
 
La culture chinoise conserve une part d'ombre dans la mesure où tous les traducteurs de Sun Tzu par exemple ("L'art de la guerre") ont cherché à interpréter l'auteur en dévoyant parfois sa pensée avec bon nombre d'imprécisions. Aujourd'hui encore, les auteurs qui tentent de s'exprimer sur ce vieil écrit sombrent rapidement dans l'ésotérisme ou la philosophie pour leur approche polémologique. Pourtant, les principes de Sun Tzu relève souvent du bon sens et sont d'abord un cadre de pensée avant d'être une doctrine à appliquer stricto sensu.




lundi 14 mai 2012

La marche à l’ennemi : un procédé en déshérence ?


La marche à l’ennemi, ce mouvement vers l’adversaire et préliminaire au contact ou à la manœuvre, a toujours été une préoccupation ancienne des stratèges ainsi que des généraux. Comme l’atteste Yann Couderc dans un récent article (http://suntzufrance.fr/de-la-marche-a-lennemi/ ), Sun Tzu abordait déjà, en son temps, ce procédé, certes de façon plus empirique que théorique mais clairement réfléchie. Plus tard, la marche à l’ennemi sera perçue comme le monopole des forces du Pacte de Varsovie qui la formaliseront d’ailleurs dans les domaines tactiques et opératifs et ce, jusque dans l’organisation ou l’articulation des petites unités.
Aujourd’hui, ce terme semble être devenu marginal dans le vocabulaire guerrier et dans le référentiel doctrinal occidental. Il paraît également se confondre avec la manœuvre, alors qu’il s’agit pourtant bien de deux temps différents de l’action. En outre, la tentation des armées modernes de sous-estimer des ennemis potentiels, dans un engagement dissymétrique, accentue la désaffection pour cette méthode particulière de l’art du mouvement militaire.
Nous chercherons donc à réhabiliter la marche à l’ennemi en démontrant la nécessité de son apprentissage et de sa maîtrise face à un adversaire dont on connaît mal les intentions et qui pourrait rechercher la surprise afin de palier son infériorité technique.
Pour cela, nous montrerons l’importance de ce procédé dans l’histoire militaire avant de faire un constat contemporain de son évolution et de proposer quelques pistes de réflexion.

samedi 7 avril 2012

Guerre conventionnelle : retour sur le conflit Iran-Irak 1980-1988.


Toujours dans le cadre du regard porté à la guerre conventionnelle (voir notre post sur le conflit géorgien en 2008), et alors que l’Iran redevient un acteur stratégique et militaire majeur dans le golfe Persique, j’aborde, dans cet article, la guerre Iran - Irak qui a vu s’affronter, pendant 8 ans, deux forces symétriques armées par les pays occidentaux et par  l’Union soviétique. Cet affrontement, d’une grande violence et coûteux en vies humaines, a mis en exergue le primat de la vision opérative sur celle purement tactique, tant du côté de Bagdad que de celui de Téhéran - les deux capitales faisant évoluer leur conduite de la guerre en fonction des succès ou des échecs obtenus sur le terrain. Ce conflit démontre également que, si la supériorité technique peut parfois avantager l’un des adversaires aux plus bas échelons, elle peut avoir aussi de graves conséquences sur une armée dans son ensemble. Enfin, une fois de plus, il est clair que le facteur moral, ici dopé par l’influence religieuse ainsi que par les choix politico-stratégiques, mais aussi l’utilisation de moyens particuliers (NBC, harcèlement naval, missiles), modifient les rapports de force et renversent le cours des combats.
Aussi, verrons-nous, qu’à l’instar de l’armée irakienne, un plan mal préparé, des troupes mal instruites (ou ne maîtrisant pas leurs systèmes d’armes) et un commandement ne respectant pas les principes de concentration des efforts et d’économie des moyens, entraînent souvent un échec ou, au mieux, un enlisement du conflit, ce dernier  ne trouvant seulement une issue que grâce à une « approche indirecte » de la conduite des opérations.
Pour mieux le comprendre nous aborderons d’abord le contexte de cet engagement militaire avant d’en dresser les grandes étapes puis le bilan et les enseignements.


samedi 31 mars 2012

Le « darwinisme stratégique » : la vision de JFC Fuller.


Hier, j’ai eu l’opportunité de suivre la soutenance de thèse du lieutenant-colonel Entraygues sur le célèbre et controversé officier, tacticien, stratège et stratégiste britannique, John Frederick Charles Fuller. Ce travail universitaire est inédit puisqu’il représente la première biographie « intellectuelle » de cet illustre militaire, d’autant qu’il est réalisé grâce à une collaboration franco-britannique rare entre la Sorbonne et le King’s College. Le futur doctorant a donc mené un énorme effort d’archivage, de recherche et d’étude des documents relatifs à Fuller. Ce dernier, en effet, a rédigé, entre 1913 et 1961, 48 livres (dont certains sont rares et pour la plupart non traduits en français), 120 articles, 80 conférences et 200 lettres (en particulier celles échangées avec Liddell Hart), sans compter les notes tactiques (pendant son engagement durant la première guerre mondiale) et ses carnets personnels. Cette thèse, saluée par le jury comme un remarquable travail d’analyse et de synthèse de l’œuvre et de la pensée de JFC Fuller, s’articule sur l’idée d’un « darwinisme » stratégique et sur le rôle central de l’histoire militaire dans la conception ou la conduite des opérations.


vendredi 30 mars 2012

Taktik@ : nouveau site de réflexion sur la tactique et la doctrine.


Le collège de l'enseignement supérieur de l'armée de terre (CESAT) ouvre, aujourd'hui, un site rénové nommé Taktik@ http://taktika.cesat.terre.defense.gouv.fr/. Ce site, qui existait déjà, vient de subir une cure de jouvence et un relooking efficace. Il est animé par le cours supérieur d'état-major (CSEM) où les officiers brevetés suivent une formation centrée sur la tactique. Les stagiaires y écrivent de nombreux articles ou y publient des fiches de lecture, tout comme des cadres issus de l'ensemble des unités de l'armée de terre et ce, sur des thèmes traitant de la guerre, de l'emploi des focntions opérationnelles, de la manoeuvre interarmes, de l'histoire militaire, du commandement, de la doctrine, de l'art opératif ou des opérations extérieures. Un vivier intéressant de réflexion et de synthèse.

Lecture et citation, mise à jour des rubriques...


Je vous propose, dans le cadre de nos réflexions sur l'histoire militaire et sur l'évolution de la conduite de la guerre au travers des époques, une lecture et une citation. Tout d'abord, quelques mots du général von Seeckt qui rappelle l'impérieuse nécessité de faire évoluer l'outil de combat aux évolutions du temps, qu'elles soient techniques ou doctrinales : « L'erreur de tous ceux qui organisent des armées est de prendre l'instant momentané pour un état permanent. Ils oublient que pour rester vivante une armée doit se modeler sur la courbe des évènements.»  Il mettra d'ailleurs en pratique cette idée en créant le Truppenamt  (structure de commandement cachée de la Reichwehr pendant l'entre deux guerres) pour modeler l'armée allemande et préparer sa remontée en puissance tout en maintenant l'instruction des cadres.
Concernant l'ouvrage, il s'agit d'un des écrits du colonel Suire, officier de l'arme blindée cavalerie dans les années 1960 qui écrira sous de nombreux pseudonymes comme Leprince ou Muraise. Il défend l'apprentissage de l'histoire militaire pour mieux appréhender les grandes phases de la tactique, le rôle du chef ou encore l'emploi des armes, de l'Antiquité à l'aire de la bombe nucléaire. Parfois technique, il apporte néanmoins les points de repères essentiels et un support de références "d'histoire bataille" propres à permettre la compréhension des fondamentaux et des principes de l'art de la guerre. Bonne lecture... 

dimanche 11 mars 2012

Guerre en Géorgie de 2008 : que révèlent la défaite tactique géorgienne et la victoire opérative russe ?


A l’heure où le débat historico-militaire fait la part belle aux conflits asymétriques et insurrectionnels, occultant ainsi la guerre conventionnelle (voir la reléguant à un passé révolu), j’ai souhaité revenir sur les combats de 2008 en Géorgie qui ont vu s’affronter deux armées blindées-mécanisées aux équipements quasi-similaires, aux racines doctrinales identiques mais qui ont choisi de s’engager selon des niveaux de manœuvre différents.
En effet, le déroulement de cette campagne offre des enseignements intéressants sur les opérations interarmes et interarmées contemporaines, engageant des unités allant de la valeur du bataillon (ou groupement tactique) à celui de la brigade, tout en suscitant la réflexion sur des principes et des fondements majeurs de l’art de la guerre. De la même façon, les deux protagonistes envisagent leurs actions selon des modalités bien différentes, choix qui révèlent leurs atouts mais surtout leurs faiblesses structurelles ou opérationnelles, particularités qu’il s’agira de comprendre et d’identifier. En revanche, notre propos ne sera pas de revenir sur l’ensemble de la crise et ses implications géopolitiques.
Aussi, dans ce cadre, nous aborderons, dans un premier temps, le rapport de forces et la planification au début du conflit, avant de détailler les 12 premiers jours de l’engagement et enfin, de conclure sur le bilan et des réflexions tactico-opératives de portée plus larges.


mercredi 15 février 2012

Citation et lecture pour initier un nouveau thème...


Après avoir traité des questions relatives aux problématiques soulevées lors du colloque de l'Ecole de guerre, j'ai mis à jour les rubriques "A lire" et "Paroles de chef" de votre blog et ce, afin d'initier une nouvelle série d'articles. Ces derniers seront consacrés à une fonction opérationnelle particulière, à savoir l'artillerie, dans le cadre de son emploi passé et contemporain mais toujours sous le prisme de l'histoire militaire ou de la prospective.
A ce titre, la citation du comte de Guibert permet parfaitement d'introduire la réflexion, en montrant l'importance déjà portée au XVIIIème siècle aux appuis feux dans la manoeuvre de la grande unité. Quant au livre de Bruno Colson, dont nous reparlerons, il m'apparaît être un travail d'historien remarquable pour tenter de synthétiser, de systémiser et de structurer la pensée militaire d'un artilleur célèbre mais surtout d'un commandant en chef de génie, Napoléon Bonaparte. L'auteur réécrit ainsi l'ouvrage de Clausewitz "De la guerre" en illustrant les grands principes et les thèmes majeurs de la tactique grâce aux mémoires, à la correspondance ou aux discours de l'Empereur. Bref, une mine d'or à exploiter, à lire et à annoter. Bonne lecture.

lundi 23 janvier 2012

Art opératif : un livre à ne pas manquer.

Cette semaine "L'écho du champ de bataille" vous propose, dans la rubrique "A lire", le dernier ouvrage de Jean LOPEZ : "Le chaudron de Tcherkassy-Korsun, et la bataille pour le Dniepr" (éditions Economica). Une fois de plus, cet historien fort bien documenté nous livre une analyse de cette campagne qui, de septembre 1943 à février 1944, a vu les forces allemandes repousser au delà du Dniepr par l'armée Rouge. Cette dernière, fidèle à l'art opératif ébauché pendant l'entre-deux-guerres par des généraux soviétiques comme Toukhatchevski (photo ci-dessus), va développer une planification d'envergure pour contraindre les forces de l'Axe à la retraite et même à la déroute et ce, sur un large front. Cette stratégie, dictée par la poursuite d'objectifs de grande ampleur et qui recherche l'action d'ensemble (par points décisifs successifs)  est à opposer aux réactions voire soubresauts tactiques allemands (en particulier en manoeuvre défensive), certes efficaces mais sans bénéfices à moyen ou long terme. Ce récit historique apporte donc une vision intéressante des choix militaires des belligérants, de l'emploi des unités aéroportées, de l'impact du feu anti-char ou des ruptures d'encerclement. Toutes les fonctions interarmes sont évoquées, des appuis feux ou aériens à la logistique, en passant par la gestion des lignes de communication, l'incontournable intérêt du renseignement mais aussi le rôle du génie pour les franchissements. Bref, une étude riche et passionnante qui défend la primauté de la vision opérative dans la conduite de la guerre et suscite le débat, notamment quand il s'agit de comparer les écoles militaires allemandes et soviétiques. Bonne lecture.

Source image : wikipedia.