Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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lundi 4 mars 2013

Le « Joint operational access concept » (JOAC), réalité opérative ou coup de bluff face au risque chinois d’A2AD ?

 
Je vous propose un article que j'ai fait paraître il ya quelques jours sur le blog de l'Alliance géostratégique, communauté à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir depuis quelques semaines maintenant.
Alors que les tensions en Mer de Chine ne cessent de retrouver de la vigueur et que la République populaire de Chine met en avant ses efforts militaires et le développement d’une marine de guerre de haute mer avec des ambitions (avérées ou non) de moyens aéronavals, le Japon semble, quant à lui, se tourner vers les Etats-Unis et leur nouvelle pensée opérative de JOAC. Cette réflexion présentée en 2011 par le secrétaire à la Défense américain Léon Paonetta doit devenir la parade des stratégies d’« Anti-Accès » et d’« Air Denial (A2AD) » mis en œuvre par des pays qui cherchent à esquiver la puissance militaire et technologique américaine en cas de conflit ouvert.
En première approche, c’est davantage l’effet d’annonce qui a semble-t-il primé à Washington alors que la conjoncture économique pèse sur les budgets militaires, que les Etats-Unis cherchent à désengager leurs troupes de champs de bataille complexes et que les opinions publiques sont réticentes à voir mourir leurs soldats loin des frontières nationales. Les responsables de la Défense ont peut-être cherché à renouer avec le succès psychologique et tactique de l «Air Land Battle » qui devait, dans les années 1980, sonner le glas de la supériorité conventionnelle soviétique en Europe. 

lundi 16 janvier 2012

Les stratégies « anti-accès » : nouvelle menace pour les corps expéditionnaires…


Alors que l’Iran menace d’interdire l’accès au détroit d’Ormuz en représailles aux menaces de sanctions de la communauté internationale, il convient de s’interroger à nouveau sur le concept, peu connu en France, d’Area Denial / Anti-Access strategy[1], notion prise très au sérieux par les cercles de réflexion anglo-saxons depuis le début des années 2000.
En effet, un certain nombre d’Etats, parmi lesquels la Chine, l’Iran ou encore la Corée du Nord, conscients de leur infériorité technologique et militaire face aux armées occidentales, cherchent à mettre en place des stratégies pour contrecarrer l’action terrestre, navale et aérienne de corps expéditionnaires et ce, dans le cadre de conflits limités sur des théâtres d’opération éloignés.
Après avoir compris que le recours à la guerre asymétrique était le premier talon d’Achille de puissances militaires comme les Etats-Unis, il est apparu à certains gouvernements que la mise en œuvre de moyens « anti-accès » pouvait devenir une arme de dissuasion conventionnelle pleine de promesses.
Il s’agira donc de faire le bilan de cet outil stratégique en devenir et de réfléchir aux meilleurs moyens pour des pays comme la France ou les Etats-Unis de s’en prémunir.