Nous terminons notre étude du livre du commandant Bouchacourt si caractéristique de la pensée tactique française de l'entre-deux-guerres avec une vision du champ de bataille à la fois construite autour de principes et procédés universels mais aussi sclérosée par un emploi étriqué des fantassins.
Dans les deux précédents articles, nous avons vu que l'auteur considère que l'attaque est principalement une œuvre de force en réunissant au point attaqué des effectifs et des moyens supérieurs à ceux des défenseurs. Pour l'armée française de 1927, il est dangereux d'opposer l'adresse (donc la manœuvre) à la force tout comme d'envisager qu'une percée locale peut permettre l'effondrement du dispositif adverses : "Si une unité pousse en flèche d'une manière trop sensible par rapport à sa voisine, elle se crée un flanc découvert et se trouve vite arrêtée dans sa progression". Malheureusement pour ces théoriciens, en 1940, devant Sedan, les Allemands, quant à eux, démontreront que des corps francs ou des unités du génie d'assaut (comme celui du lieutenant Wackernagel) sont capables de s'infiltrer et de briser une ligne de résistance.


