Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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dimanche 24 novembre 2013

La défensive, l'héritage tactique de la première guerre mondiale : le combat de l'infanterie (Fin).


Nous terminons notre étude du livre du commandant Bouchacourt si caractéristique de la pensée tactique française de l'entre-deux-guerres avec une vision du champ de bataille à la fois construite autour de principes et procédés universels mais aussi sclérosée par un emploi étriqué des fantassins.
Dans les deux précédents articles, nous avons vu que l'auteur considère que l'attaque est principalement une œuvre de force en réunissant au point attaqué des effectifs et des moyens supérieurs à ceux des défenseurs. Pour l'armée française de 1927, il est dangereux d'opposer l'adresse (donc la manœuvre) à la force tout comme d'envisager qu'une percée locale peut permettre l'effondrement du dispositif adverses : "Si une unité pousse en flèche d'une manière trop sensible par rapport à sa voisine, elle se crée un flanc découvert et se trouve vite arrêtée dans sa progression". Malheureusement pour ces théoriciens, en 1940, devant Sedan, les Allemands, quant à eux, démontreront que des corps francs ou des unités du génie d'assaut (comme celui du lieutenant Wackernagel) sont capables de s'infiltrer et de briser une ligne de résistance.

jeudi 25 juillet 2013

De l'autre côté du miroir, la vision d'un soldat allemand à Omaha Beach le 6 juin 1944.



Comme nous l'avions fait en évoquant le témoignage d'un officier du Vietminh pendant la guerre d'Indochine afin de recueillir sa perception tactique de ce conflit asymétrique en Asie du sud-est : http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/01/de-lautre-cote-du-miroir-la-vision-dun.html, nous repassons de l'autre côté du miroir. Cette fois, nous bénéficions du récit d'un jeune soldat allemand, Franz Gockel, affecté en 1944 à l'ouvrage fortifié WN62 du "Mur de l'Atlantique". Son poste se situe sur ce qui allait devenir, le matin du 6 juin 1944, la plage d'"Omaha Beach". Ce vétéran, qui a depuis tissé des liens très forts avec les soldats américains qui ont débarqué face à lui, détaille sa formation de combattant, sa vie quotidienne, l'état d'esprit de son unité, le renforcement des défenses côtières et enfin les circonstances du violent combat qui débuta le "D.Day". Loins de certaines images d'Epinal sur cette bataille, ses propos relatent les forces et les faiblesses des unités allemandes tout comme la puissance de l'assaut allié mais aussi la résistance organisée des défenseurs.

lundi 30 janvier 2012

Pérennité des modes d’action tactiques chinois.


Bien que peu d’informations ouvertes soient disponibles quant à l’évolution des modes d’action tactiques ou opératifs d’une armée chinoise en pleine modernisation, on observe qu’elle change ses équipements, réduit ses effectifs, transforme ses unités d’infanterie à pieds en troupes mécanisées plus mobiles et mieux protégées, tout en inscrivant son entraînement dans une dynamique interarmées (appuis air-sol, actions amphibies ou aéroportées,…)[1].
Parallèlement à ces efforts, Pékin développe des stratégies « anti-accès »[2] qui semblent  négliger le déploiement de forces conventionnelles dans le cadre d’un engagement plus classique au sol. Dès lors, il paraît utile de s’interroger sur la manière dont l’APL[3] envisage de conduire, au XXIe siècle, sa manœuvre tactique, notamment terrestre, d’autant que la dernière guerre conduite face au Vietnam, en 1979[4], a révélé de lourdes carences dans ce domaine. Néanmoins, après une petite étude historique, il nous semble qu’il y ait bien une pérennité dans la conduite tactique des opérations par les militaires chinois, ce qui nous laisse penser, qu’aujourd’hui encore, l’armée de terre chinoise continue à mener sa préparation opérationnelle selon des principes constants.
Pour s’en convaincre, j’ai choisi de faire référence à 4 temps de l’histoire militaire chinoise grâce aux écrits de chercheurs ou d’acteurs en liens avec ces périodes (j’exclus néanmoins les principes particuliers de la guerre révolutionnaire menée par Mao Tse Tung et bien décrits par le général Beaufre[5]) : l’histoire chinoise ancienne[6], les combats menés par Tchang Kai-Tchek[7], les RETEX[8] du bataillon français de l’ONU en Corée de 1950 à 1953[9] et les études américaines pendant la guerre froide.[10]
Nous verrons donc que la tactique chinoise s’appuie sur des principes anciens et qu’elle se construit particulièrement au rythme de l’offensive et de trois procédés fondamentaux.