Dans le cadre du thème initié cette semaine, voici la première partie de mon article consacré à la prospective de l'emploi des moyens feux de l'artillerie. Bonne lecture.
De nombreux conférenciers militaires, à l’occasion de colloques spécialisés, ont évoqué le travail doctrinal conduit actuellement sur la doctrine d’emploi des forces ainsi que dans le cadre de la prospective opérationnelle. A ce titre, ils ont abordé une réflexion sur une possible évolution des fonctions stratégiques décrites dans le Livre blanc de 2008 avec l’élargissement de la fonction prévention vers une forme possible d’intimidation conventionnelle.
Si on imagine aisément que certains outils existent déjà dans ce champ d’action, comme par exemple les porte-avions, décrits par l’administration militaire américaine comme « un concentré de 100 000 tonnes de diplomatie », il semble nécessaire de réfléchir à la mise en œuvre de ce nouveau concept par l’armée de terre en général et par certaines de ses fonctions d’appui en particulier.
Aussi, apparaît-il impératif d’élargir les modes d’action de l’artillerie, qu’elle soit « feu dans la profondeur » ou « défense sol-air » en dépassant le simple effet dit de semonce pour celui d’une action de feu ciblée, violente, efficace et démonstrative dans la profondeur tactique ou opérative.
Dès lors, nous verrons que si certaines armées utilisent ou ont déjà expérimenté ce type d’action avec des principes éthiques parfois contestables, l’armée de terre française développe cette intimidation conventionnelle de manière empirique mais pourrait, à court terme, s’appuyer sur l’artillerie pour formaliser cette nouvelle approche doctrinale.
