Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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lundi 4 avril 2016

Exposition aux Invalides : Napoléon à Sainte-Hélène.

 
A partir du 6 avril 2016, vous pourrez découvrir au Musée de l'Armée, une exposition consacrée à l'Empereur et à ses dernières années d'exil. Comme le détaille la présentation ci-dessous, il s'agit, au travers du mobilier ainsi que des écrits et méditations de ce célèbre détenu, de mettre en relief l'homme qu'il fut comme le souverain et le chef de guerre dont chacun connaît l'épopée. Une approche originale donc pour mettre en exergue les vraies victoires de Napoléon, dans le domaine militaire certes mais aussi dans une volonté farouche de faire rayonner la France, sa culture, son économie, ses valeurs tout en bâtissant, avec lucidité et clairvoyance , la légende d'un des plus grands hommes de notre histoire. Aujourd'hui encore, on peut puiser dans ce sentiment de grandeur et ces rêves de gloire les sources de l'esprit de résilience si nécessaires face aux défis contemporains. Une "peinture éphémère" à vivre pleinement aux Invalides :
"18 juin 1815, la bataille de Waterloo sonne le glas de l’Empire. Napoléon, vaincu, prend la route de l’exil. Craignant un éventuel retour de l’homme des Cent Jours, l’Angleterre fait le choix de la dernière demeure de l’Empereur : ce sera Sainte-Hélène, petite île hérissant ses reliefs hostiles au milieu de l’Océan Atlantique. Napoléon y débarque avec ses plus fidèles compagnons et s’installe à Longwood House, logis pour le moins modeste dans lequel il finira ses jours.
Organisée autour de l’opération exceptionnelle de restauration des meubles de Longwood House, l’exposition Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire offre au public français l’occasion unique de venir contempler le mobilier qui entourait l’Empereur au moment de sa mort. Les vestiges impériaux, que Napoléon a réussi à emporter avec lui, entrent en résonnance avec la précarité de sa condition de prisonnier. Que reste-t-il alors de l’Empereur, que reste-t-il de l’homme ? Napoléon se lance dans sa dernière conquête, celle de la postérité et fait de Sainte-Hélène le lieu de l’écriture de la légende, dès avant sa mort, le 5 mai 1821."
Bonne visite à ceux qui auront la chance de voir cette exposition.

samedi 2 janvier 2016

Comprendre l'art de la guerre napoléonien : Bonaparte en Italie.


L'album illustré, et largement commenté, de Stéphane Bertaud, que j'ai déniché lors de ces fêtes dans la boutique des Invalides, est un ouvrage de très grande qualité et d'une vraie valeur pédagogique et ce, afin de mieux comprendre le génie de Napoléon. En effet, en tournant les pages de ce "Bonaparte en Italie, naissance d'un stratège, 1796-1797", aux éditions Bernard Giovanangeli, on appréhende avec facilité les principes, la stratégie et les manœuvres de l'Empereur, comprenant, au travers de cette campagne italienne du jeune général Bonaparte, l'essence même de ce que seront ses victoires quelques années plus tard.
Le récit des différentes étapes, des marches, contremarches comme des batailles de l'armée d'Italie, de Nice jusqu'à Vienne, est éclairant dans ce livre, d'autant que les nombreuses cartes qui illustrent le propos, le font avec justesse.

dimanche 27 décembre 2015

Bonne fêtes et heureuse année 2016 avec "L'écho du champ de bataille".

 
En cette fin d'année et deuxième semaine de fêtes, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année 2016 qui va s'ouvrir, qu'elle soit riche en réflexions historiques, lectures et autres expositions et ce, afin que vous puissiez découvrir, ou redécouvrir, des auteurs, des combats oubliés, des évènements militaires majeurs comme des études doctrinales d'hier et d'aujourd'hui.
Pour "l'écho du champ de bataille", ce fut une année riche et toujours aussi passionnante avec, en particulier, la parution de mon ouvrage sur l'engagement de la France dans la bande sahélo-saharienne, témoignage de mon expérience à la tête du groupement tactique Koufra en 2014. Vous avez ainsi été nombreux à m'accompagner dans cette aventure lors de la sortie du livre : "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis, le 6 novembre dernier, http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2015/11/mon-ouvrage-vient-de-paraitre-larmee.html.
Nous atteignons aujourd'hui plus de 380 000 vues sur le blog avec, en moyenne de 250 à 600 connexions quotidiennes. Je vous remercie donc pour votre fidélité et l'intérêt porté à mes posts. Cette année 2015 a d'ailleurs vu certains articles

mercredi 2 septembre 2015

A lire ou à relire : Napoléon, chef de guerre, Jean Tulard.

 
Cette réédition 2015 de l'ouvrage de Jean Tulard, sur celui qu'il qualifie d'un des plus grands capitaines de l'histoire, permet d'aborder Napoléon selon son côté "guerrier" considérant que "le militaire l'emporte toujours en prestige sur le civil, même si finalement celui-ci a le dernier mot". L'auteur divise son étude selon des domaines touchant à la préparation de la guerre, à sa conduite et, après les victoires, aux défaites et à leurs raisons. Des annexes complémentaires permettent au lecteur de rentrer dans le détail des batailles, des spécificités dans l'emploi des différentes armes ou des subtilités des modes d'action de l'Empereur.

dimanche 5 juillet 2015

Exposition "coups de pinceaux" au musée de l'artillerie.

 

A l'occasion de la fête de Wagram à l'école d'artillerie de Draguignan, commémoration annuelle qui salue cette victoire de Napoléon sur les Autrichiens en 1809 grâce notamment à la "grande batterie" de 112 canons concentrés par l'Empereur, le musée de l'artillerie a inauguré, le 2 juillet 2015, l'exposition "Coups de pinceaux, des peintres montrent la guerre".
Comme l'explique le conservateur dans le journal de l'exposition, les œuvres permettent d'insister sur le lien entre l'artiste et la guerre avec la volonté de "créer sans trahir" en gérant le rapport entre la réalité et l'esthétisme et ce, tout en témoignant du pire sans tomber dans la laideur. Les nombreuses peintures ou sculptures présentées montrent l'évolution de cet art en lien avec l'histoire militaire, depuis les scènes antiques glorifiant les héros jusqu'aux opérations contemporaines en passant par les monarques mis en scène pour des raisons politiques ou les illustrations des combats des deux conflits mondiaux.

mercredi 17 juin 2015

Waterloo 1815 / 2015 : bicentenaire et enseignements tactiques.


Cette fin de semaine va être marquée par la commémoration du bicentenaire de la bataille de Waterloo (18 juin 1815) en Belgique, combat qui a vu la défaite de Napoléon face à une armée de Coalisés. Cette confrontation appartient, comme Austerlitz, Wagram ou la campagne de Russie à la légende napoléonienne qu'elle a participé à construire. En effet, il nous d'abord faut rappeler cette citation de Chateaubriand qui montre combien ce chef politique et militaire a joué un rôle majeure dans l'histoire de notre pays, au-delà des polémiques qui émergent ça et là : " Vivant il avait manqué le monde, mort il le conquiert".
De nombreux médias vont ainsi revenir sur le déroulement de la bataille mettant à profit les nombreux ouvrages, reconstitutions ou muséographies dédiés à cet évènement. Mon propos ne sera donc pas de relater une fois de plus le déroulement exacte de Waterloo mais d'essayer de mettre en exergue des enseignements tactiques tant du côté français que de celui des adversaires de l'armée impériale.
 

lundi 4 mai 2015

Bicentenaire de la Légion d'Honneur à Chalon sur Saône.


Il y a 200 ans, le 22 mai 1815, la ville de Chalon sur Saône en Bourgogne recevait, par décret impérial, la Légion d'Honneur, la plus haute distinction française. Napoléon voulait récompenser ainsi la défense héroïque de la ville près d'un an plus tôt, en février 1814, face aux forces coalisées (Autrichiens, Prussiens, Russes) qui attaquaient la France. En effet, face à la menace, les habitants de la cité mais aussi quelques 500 hommes (gardes nationaux, recrues, vétérans et volontaires) sous les ordres du général LE GRAND, baron de Mercey, reprirent un temps la ville de Macon puis défendirent Chalon et Tournus des assauts autrichiens. Leur résistance héroïque et le courage de leur chef comme de ses hommes furent des exemples de patriotisme, d'engagement et d'honneur. Chalon fut une des trois premières villes françaises à recevoir la Légion d'Honneur (seulement 64 municipalités actuellement) et a décidé de commémorer cet évènement.

mardi 17 mars 2015

Et si Napoléon avait combattu Daech ? Etude uchronique.

 

Sur votre blog nous rappelons souvent que l’histoire militaire peut parfois nous apporter des enseignements ou des clés de compréhension au sujet des campagnes contemporaines. Certes, il est probable, qu’avec le temps, certains modes d’action ou constructions opérationnelles soient devenues anachroniques du fait des progrès techniques, de l’évolution de la menace ou des limites éthiques. Néanmoins, certains penseurs et praticiens peuvent garder toute leur pertinence dans la manière de conduire une guerre aujourd’hui. Aussi, en s’appuyant sur le remarquable livre de Bruno Colson : « Napoléon, de la guerre »,  ouvrage apocryphe sensé formaliser la pensée militaire de l’Empereur au travers de divers documents, nous nous proposons de réfléchir à ce qu’aurait pu être les choix de Napoléon pour faire face, en Irak et en Syrie, à Daech. Ce groupe est aujourd’hui défini comme étant un ennemi hybride, associant des équipements et des actions conventionnelles à des attaques de type asymétriques (guérilla, terrorisme) mais disposant d’une structure organisée et d’un matériel moderne et performant. L’Empereur a eu des expériences proches de la situation actelle  à savoir, en Egypte, pour le terrain désertique et les rapports au monde musulman ou, en Espagne, face à des combattants irréguliers.

dimanche 11 janvier 2015

Docu-fiction sur la campagne de Russie...

 
Hier soir, sur Arte, était diffusé un remarquable docu-fiction sur la Campagne de Russie de Napoléon. Sur le lien suivant, vous pourrez lire le synopsis de ce documentaire et connaître les dates de rediffusion : http://www.arte.tv/guide/fr/048323-001/napoleon-la-campagne-de-russie.
Ce programme permet, notamment au travers de commentaires et interventions d'historiens français, britannique et russe, de mettre en perspective cet épisode souvent caricaturé ou mal connu. Tout au long des deux épisodes, "La Moskowa" et "La Berezina", on comprend mieux le contexte stratégique qui pousse Napoléon à envahir l'empire du Tsar et à épuiser la plus importante armée jamais constituée (près de 500 000 hommes venus de toute l'Europe).

mardi 2 décembre 2014

L'artillerie à Austerlitz.

 
Aujourd'hui, nous commémorons l'anniversaire de la bataille d'Austerlitz, symbole du génie militaire napoléonien et combat sur lequel nous avons déjà publié plusieurs posts.
Cette année, nous souhaitions mettre en avant le rôle de l'artillerie dans cette victoire. En effet, c'est avec Napoléon, artilleur lui-même de formation, que les canons vont gagner leurs lettres de noblesse, de la "batterie des sans peurs" du jeune Bonaparte à Toulon en 1793 à la "grande batterie" de Wagram en 1809.


samedi 24 mai 2014

Histoire de l'artillerie (3/4)



L’artillerie a gagné sa place sur les champs de bataille. Les réformes de Gribeauval transforment cette arme qui est maintenant enseignée dans des écoles spécialisées. On considère maintenant qu’il faut huit canons pour 1000 hommes. L’artillerie se diversifie avec l’artillerie de campagne, de siège, de place et de côte. Avec l’industrialisation, Gribeauval crée des prototypes de référence pour homogénéiser la production qui se fait maintenant en masse. Il améliore la portée du tir et la précision grâce à une vis verticale placée sous le tube (afin d’affiner l’angle de tir) et à un usinage adapté aux tailles de boulets. Le chargement de la munition dans le tube est optimisé pour gagner en cadence de tir et ce, par la mise en place d’un coup complet (poudre, bourre, boulet) plus facile d’emploi. Néanmoins, le recul de la pièce demeure important et la portée ne dépasse pas 500 m. Napoléon est officier d’artillerie, il maîtrise parfaitement cette arme tout au long de sa carrière, de sa « batterie des sans-peurs » pendant le siège de Toulon à la bataille de Wagram en 1809 où sa « grande batterie » de près de 100 canons répartis sur 1400 m de front va permettre la rupture du dispositif autrichien et la contre-attaque victorieuse des troupes de Mac Donald. Lors des campagnes impériales, les premières fusées de guerre font leur apparition au sein des troupes anglaises. Même si elles portent de 1800 à 2700m elles sont peu fiables et sont abandonnées jusqu’à ce que les spécialistes de l’école de pyrotechnie de Metz les remettent au goût du jour en 1845.
Dans le même temps, la réforme Valée, du nom du maréchal qui la met en œuvre, donne à l’artillerie une plus grande mobilité tactique et une meilleure précision grâce à des alliages de métaux plus fins. Valée est d’ailleurs un artisan de la victoire de Constantine car ses mortiers à la Gomer effectuent des tirs en cloche meurtriers sur la ville assiégée pourtant défendue elle-même par les 46 canons de place du bey des Kabyles. Avec le second empire, le général Ducos de la Hitte milite pour mettre en place, à partir de 1850, des rayures de tube qui stabilisent par rotation le projectile sur la trajectoire permettant ainsi d’atteindre des portées allant jusqu’à 3400m avec une bonne précision. D’autres envisagent déjà le chargement par la culasse, système qui fera défaut aux Français en retard dans ce domaine face aux Allemands pendant la guerre de 1870.

mardi 4 mars 2014

Guerre irrégulière : relire Erckmann-Chatrian



Chacun connaît l'action des forces irrégulières que rencontra Napoléon lors de ses campagnes, en Espagne bien sûr, mais aussi au Tyrol ou en Russie avec les célèbres cosaques qui harcelaient la Grande Armée en déroute. En revanche, on cite assez peu souvent les corps francs français qui se constituèrent en 1813-1814 pour faire face à la poussée des armées coalisées (Prussiens, Russes, Suédois, Saxons,...) en France et ce, de la Picardie à la Bourgogne.
En 1862, deux auteurs passionnés d'histoire et chroniqueurs de l'épopée napoléonienne, écrivent, sous le nom d'Erckmann-Chatrian, un livre, à la fois historique et romanesque, pour rendre hommage à ces combattants qui tentèrent d'arrêter les envahisseurs étrangers dans les Vosges : "L'invasion ou le fou Yégof".

mercredi 22 janvier 2014

La pensée militaire napoléonienne.

Comme nous l'avons annoncé, nous poursuivons l'analyse de diverses formes de pensée militaire et ce, afin de déterminer des tendances culturelles spécifiques. Napoléon a largement influencé la perception de la guerre et, en particulier, de la tactique, en Europe voire, plus largement, dans le monde occidental. Pour cela, je me baserai sur un certain nombre de lectures, en l'occurence les ouvrages de Bruno Colson "Napoléon, de la guerre" et de Stéphane Béraud "La révolution militaire napoléonienne".
L'empereur mène ses batailles au moment où culminent de grandes évolutions, tant techniques que tactiques, ayant débuté au début du XVIIème siècle (développement de l'artillerie, accroissement des effectifs, déclin de l'artillerie médiévale et des fortifications).

jeudi 16 janvier 2014

La pensée napoléonienne : le bicentenaire de la campagne de 1814.

 
Dans le cadre de notre nouvelle thématique consacrée aux différences culturelles dans la pensée de théoriciens ou  de praticiens de l'art de la guerre, je vous propose de débuter notre étude en s'attardant, dans les jours à venir, sur la vision napoléonienne de la bataille, de la stratégie, voire de ce que l'on nomme aujourd'hui l'art opératif. Pour cela il m'apparaît intéressant de revenir à nouveau sur la campagne de France de 1814 menée par l'empereur alors que son outil militaire est largement affaibli (pertes de la campagne de Russie) ou pas encore aguerri (jeunes recrues appelées "Marie Louise"). En effet, il s'agit là d'une succession de victoires tactiques sur des distances importantes (selon les normes et l'équipement de l'époque) face à un ennemi 4 à 5 fois plus nombreux en effectifs, avec une grande mobilité des forces et un commandement confronté à la nécessité de coordonner de grandes masses de manœuvres tout en parvenant à acquérir du renseignement. Napoléon va parvenir à s'opposer un temps à son adversaire en faisant face à plusieurs axes d'attaque  coalisés et ce, en mettant en place un réseau de lignes d'opération efficace, des unités mobiles et autonomes (corps d'armée interarmes) et en appliquant rapidement un processus  dans la conception des modes d'action mais aussi dans la conduite des mouvements de troupes (surprise, prise d'initiative, risque).
Aussi, en guise d'illustration et d'introduction sur Napoléon, la ville de Chalons en Champagne célèbre, le 25 janvier 2014, le bicentenaire de cette campagne au travers des reconstitutions, des concerts et des colloques consacrés à cet épisode d'histoire militaire. De nombreuses villes de l'est de la France, qui ont été le théâtre de ces combats, rendent ainsi hommage à ce chef militaire qui influença mais aussi influence toujours la culture tactico-opérative occidentale, y compris par l'intermédiaire de certains de ses "disciples" comme Clausewitz ou Jomini.
Pour ceux qui pourront profiter de cet évènement, vous trouverez le détail de cette commémoration atypique dans la rubrique "Mémoire et évènements" de votre blog (ci-contre).

lundi 2 décembre 2013

Sous le soleil d'Austerlitz...

Le 2 décembre demeure, pour les passionnés d'histoire militaire, l'anniversaire de l'éclatante victoire de Napoléon à Austerlitz en 1805. Cette bataille est un chef d'œuvre tactique de l'Empereur face aux armées austro-russes dans laquelle il distille les ingrédients de son art de la guerre : le choix du terrain, la surprise, la mobilité, la ruse, la maîtrise du temps mais aussi la force morale face à un ennemi numériquement supérieur tout comme la capacité à concentrer les efforts au bon moment (comme nous l'évoquions dans notre article paru il y a de cela un an pour saluer cet évènement http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/12/histoire-bataille-petit-clin-dil.html#more). Mais le 2 décembre est aussi célébré par les saint-cyriens à l'occasion du "2S" car c'est au cours des combats d'Austerlitz qu'ils perdirent le premier d'entre eux, formé au sein d'une école créée 3 ans plus tôt par le consul Bonaparte et ce, afin de préparer et d'instruire les jeunes cadres de son armée.  Aussi, chaque année, les jeunes élèves officiers reconstituent la bataille dans la lande bretonne et les officiers issus de Saint-Cyr honorent la mémoire de Napoléon et de leurs anciens au moment du lever de soleil de cette journée si particulière.

jeudi 17 octobre 2013

La bataille de Leipzig, comme si vous y étiez....

 
Le 20 octobre prochain, plusieurs milliers de figurants vont se retrouver à Leipzig pour reconstituer, devant près de 30 000 spectateurs, ce qu'on a appelé la bataille des Nations, seconde défaite de Napoléon après Essling et tournant des guerres impériales. L'Empereur, affaibli par la retraite de Russie, voit se constituer, face à lui, la 6ème coalition avec ses alliés d'hier comme les Prussiens de Schwarzenberg ou certaines provinces allemandes.

samedi 6 juillet 2013

Défense militaire de Paris : perspective historique.


 

Aujourd’hui encore, la défense (ou la conquête) des zones urbaines et, en particulier, celle des grandes agglomérations, demeure une préoccupation des militaires engagés dans des villes de plus en plus nombreuses et aux échelles démesurées. Ces dernières années d’ailleurs, que l’on évoque Sarajevo, Mogadiscio, Grozny, Kaboul, Bagdad ou Falloudjah, la guerre en ZURB a ouvert de nombreux débats doctrinaux ainsi que des évolutions techniques importantes. Plus loin dans le passé, certaines cités ont été le centre de gravité de batailles ou de conflits conventionnels, voire asymétriques, et ce, au travers d’exemples célèbres comme Troie, Carthage, Orléans, La Rochelle, Madrid, Stalingrad et Berlin.
Aussi, était-il intéressant d’analyser les choix tactiques opérés au cours des âges pour défendre une ville majeure face à des adversaires aux modes d’action différenciés. Paris et son histoire tourmentée apparaît alors comme une illustration concrète de cette recherche d’un système défensif efficient. Par conséquent, nous verrons que cette défense s’est fondée sur la topographie des lieux mais aussi sur la volonté de freiner ou d’arrêter l’ennemi potentiel au plus loin des premières habitations, avec des effectifs parfois réduits et des armements limités. Nous observerons également que nombre de projets militaires ne seront jamais achevés au bénéfice de déploiements de circonstance.

lundi 27 mai 2013

Exposition et ouvrage à ne pas manquer.

 
Avant de terminer sur la campagne de Pologne de 1939 et les divergences entre principes tactiques et stratégiques, un petit interlude pour mettre en avant une exposition sur la Grande Armée et un ouvrage historique sur les soldats de l'Empereur.
Il s'agit d'évoquer la retraite de Russie avec, dans la rubrique "A lire" de votre blog, un livre de Marie-Pierre Key, professeur d'histoire à la Sorbonne associé, dans la rubrique "Mémoire et évènements" à la présentation, par le Musée de l'armée, des objets retrouvés près de Vilnius dans un charnier de soldats des troupes impériales. Dans les deux cas, les enseignements sont ceux des combattants confrontés à l'ennemi dans des conditions climatiques extrêmes, fantassins, artilleurs, cavaliers, sapeurs qui assureront une manœuvre rétrograde de milliers de kilomètres et ce, malgré le harcèlement des Cosaques ou du "général hiver". Ce seront des héros du quotidien, capables de prouesses malgré les fatigues et les privations à l'instar du franchissement, sous le feu des Russes, du fleuve Bérézina.
Bonne lecture et bonne visite...

lundi 15 avril 2013

Comment la logistique influence-t-elle l'action tactique ?


La logistique est bien souvent le "parent pauvre" de la réflexion tactique car nombre de praticiens considèrent, souvent à tort, que la victoire ne sera que le fait d'une bonne combinaison des fonctions opérationnelles de mêlée (infanterie et cavalerie) et d'appui (génie et artillerie). Pourtant, l'histoire militaire ainsi que de nombreuses campagnes prouvent que le soutien d'une force, qu'il soit bien ou mal mené, conditionne les succès ou les échecs sur le champ de bataille. En effet, comme nous le verrons, la logistique contribue aux trois principes majeurs de la guerre en influencant et en déterminant la liberté d'action (transport stratégique, carburant, régulation des axes...), la concentration des efforts (munitions, mobilité...) et l'économie des moyens (maintenance, soutien sanitaire...).
Aussi, après avoir rappelé les fondements de la pensée logistique militaire, nous détaillerons les 9 principes qui doivent orienter la planification, l'emploi et le développement des unités comme des moyens spécifiques propres au soutien d'une force.
1- La pensée logistique.
Même si elle n'a pas toujours été formalisée par les penseurs militaires, la logistique appparaît régulièrement dans les textes théoriques ou les récits de combat. Le chinois Se-Ma (IVème siècle avant JC) relate déjà le besoin de créer des centres de ravitaillement et écrit "mettez une partie de vos soins à empêcher que l'armée ennemie ne puisse recevoir de vivres". 

dimanche 24 mars 2013

Mise à jour du blog.

 
Comme à l'accoutumée, les rubriques de votre blog sont mises à jour avec l'actualité historigraphique et militaire du moment. Cette semaine, je vous propose, toujours en filigrane de notre thématique liée à la surprise et aux principes de la guerre, un ouvrage et une exposition.
Il s'agit tout d'abord de la réédition des "Carnets secrets" de Patton présentée et annotée par Boris Laurent (éditions du Nouveau Monde). L'auteur reprend les correspondances et les commentaires de ce célèbre général dont la fougue, la culture historique et tactique en feront l'un des plus grands capitaines du second conflit mondial. Chef charismatique voire "habité", comme il se plaît à le croire, il défendra, jusqu'à sa mort accidentel, l'idée selon laquelle "les guerres sont menées grâce aux armements, mais ce sont les hommes qui les gagnent. C'est l'état d'esprit des soldats qui permet de remporter la victoire."