L'armée russe est aujourd'hui de nouveau engagée sur divers théâtres d'opérations, en Syrie, dans le Caucase ou en Ukraine. Elle y démontre de grandes qualités tactiques face à des adversaires irréguliers, conventionnels ou tout simplement hybrides. Si ce réveil militaire demeure le fruit d'un effort de professionnalisation et d'équipement engagé par Moscou depuis plusieurs années, la doctrine actuelle, considérée par les armées occidentales comme нелинейная война ou guerre non linéaire, elle reste bien l'héritière de la pensée opérationnelle soviétique des années 1950. En effet, en relisant la "Doctrine militaire soviétique" de Raymond L. Garthoff (éditions Plon- 1956), il est finalement assez aisé de retrouver les grands principes qui animent encore, de nos jours, l'engagement russe avec notamment la recherche de la surprise, de la fulgurance et l'emploi de l'artillerie au plus près des unités blindées afin de favoriser, in fine, la manœuvre.
Bienvenue sur l'écho du champ de bataille
« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…
Affichage des articles dont le libellé est Artillerie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Artillerie. Afficher tous les articles
dimanche 5 février 2017
samedi 26 novembre 2016
Conflit russo-ukrainien ou le retour de l’artillerie.
A l’heure ou l’armée
française déploie des canons ou mortiers sur de nombreux théâtres d’opérations,
et alors que l’on a commémoré, l’année dernière, le 20ème
anniversaire de l’engagement des canons AUF1 français du 40ème RA
sur le Mont Igman pour mettre fin au siège de Sarajevo, les combats dans le Donbass (2014-2015)
mettent en lumière de nombreux enseignements opérationnels. En effet, les « séparatistes russes » ont
fait preuve d’une grande efficacité dans l’emploi de capacités blindés et
surtout artillerie pour prendre l’ascendant sur les forces ukrainiennes.
Ces engagements de haute
intensité se sont concentrés entre mai 2014 au moment de l’offensive lancée par
Kiev pour rétablir la souveraineté de ce territoire à l’est de l’Ukraine suivi
d’une contre-attaque russe à l’été et ce, jusqu'en septembre 2015, date à
laquelle un statu quo s’est mis en place.
samedi 24 septembre 2016
L'artillerie des avant-postes : perspectives historiques - 2ème partie.
Nous l'avons vu, en Algérie, l'artillerie des avant-postes, participe à l'action interarmes en apportant ses moyens d'acquisition mais aussi ses effets psychologiques ou "cinétiques". Au delà de ce simple exemple, dans l'histoire militaire, la puissance de feux au plus près des unités de mêlée, sur des positions avancées, a toujours été mise en oeuvre avec efficacité. Cet emploi, tactiquement pertinent, faisait l'unanimité et entrait en cohérence avec les principes militaires majeurs de Foch (et de ses élèves) que sont la liberté d'action, la concentration des efforts, l'économie des moyens et la sûreté. Aucun chef militaire ne pouvait envisager un déploiement sans appui de bouches à feu.
dimanche 18 septembre 2016
L'artillerie des avant-postes : perspectives historiques - 1ère partie.
A la demande de plusieurs lecteurs assidus de votre blog, je débute aujourd'hui une série d'articles consacrés à l'emploi de l'artillerie dans les avant-postes. En effet, l'emploi des canons et mortiers français à partir des FOB (Forward Operations Base) en Afghanistan de 2008 à 2012, le déploiement d'AUF1 sur le Mont Igman aux côtés de la FRR (force de réaction rapide) en ex-Yougoslavie en 1995 puis l'engagement, durant quelques années, de pièces de 155 mm au sein du contingent français de la FINUL au Liban ont montré tout l'intérêt de disposer d'appui feux au plus près des postes tenus par l'interarmes. Plus récemment, dans la bande sahelo-saharienne, les mortiers de 120 mm, les CAESAR et même les LRU ont appuyé les manœuvres conduites à partir de Gao, Kidal ou Tessalit. Enfin, la crise au Levant, en Syrie comme en Irak, illustre le besoin de pièces d'artillerie pour prendre l'ascendant, reprendre l'initiative et frapper des objectifs dans la profondeur face à des adversaires irréguliers ou hybrides.
Aussi, au travers d'exemples historiques, nous verrons que l'emploi des feux indirects sur les avant-postes a , de tous temps, été une vraie plus-value afin de garantir la liberté d'action du chef interarmes ou contribuer au principe de concentration des efforts. Le premier de ces exemples réside dans la mission confiée au artilleurs lors de la guerre d'Algérie.
vendredi 29 juillet 2016
Histoire de la première armée française, hommage au maréchal De Lattre de Tassigny. (1/3)
Après une pause estivale, votre blog reprend son activité et vous propose un article sur l'épopée, souvent méconnue (et bien peu évoquée), de la Première Armée française conduite par le maréchal De Lattre de Tassigny en 1944 et 1945. En effet, à quelques jours du 72ème anniversaire du débarquement de Provence, je souhaitais revenir sur l'action des unités françaises (et américaines) engagées sur ce second front, troupes qui ont libéré une grande partie de la France, des côtes varoises jusqu'à l'Alsace en passant par le Roussillon, la Bourgogne, les Alpes et le Jura et ce, avant d'entrer en Allemagne.
Dans son ouvrage de 1949 "Histoire de la première armée française, Rhin et Danube", le maréchal De Lattre met d'ailleurs bien en exergue ce nécessaire témoignage, à la fois pour faire connaître (et développer ce que nous appelons maintenant la résilience) et pour rendre hommage au sacrifice, comme au courage, de ces soldats de la France Libre : "Si la France en avait été mieux informée, sans doute aurait-elle aujourd'hui un sens plus vif de sa victoire et une plus grande confiance que celle-ci lui a ouvert. Elle aurait aussi, je le crois, un plus juste respect pour son Armée et plus de foi en sa jeunesse qui prouvèrent l'une et l'autre de façon magnifique la permanence de nos vertus nationales (...) Aussi est-ce à mes soldats que j'ai tenu à dédier ce récit, avec l'ardent désir qu'ils y trouvent une preuve de l'affection de leur ancien chef, le témoignage de son admiration pour leur vaillance et une image point trop imparfaite de leurs exploits."
dimanche 19 juin 2016
L'artillerie des stratagèmes, le livre du colonel Fort.
Les éditions Economica viennent de publier l'ouvrage du colonel Fort, artilleur et chef de la direction des études et de la prospective de l'Ecole d'artillerie. Son "'artillerie des stratagèmes" est un livre passionnant et très bien documenté, riche en références historiques comme en exemples contemporains, mais aussi écrit avec un style fluide qui facilite la compréhension des arguments techniques. On regrettera juste l'absence d'annexes permettant, avec quelques cartes et extraits, d'illustrer certains témoignages évoqués dans le propos. L'auteur démontre, s'il en était besoin, le rôle majeur que peut jouer l'artillerie dans les manœuvres de déception. En effet, "l'association entre l'artillerie et la déception peut apparaître paradoxale. Pourtant, avec l'avènement des trajectoires indirectes il y a un siècle, l'emploi de l'artillerie à des fins de déception s'est vu ouvrir de multiples perspectives (...) Or, se priver de la puissance de feux c'est se priver d'un avantage majeur. L'artillerie est l'arme de la surprise et l'emploi de la déception artillerie dans le récent conflit afghan a montré sa pertinence."
samedi 28 mai 2016
La première guerre mondiale au jour le jour : mars à mai 1916. (2/2)
Le lieutenant-colonel Rousset poursuit sa description des combats sur tous les fronts au cours du printemps 1916. La bataille de Verdun continue avec quelques pans de terrain repris aux Allemands par une attaque brusquée française au sud de Douaumont le 15 avril mais sans effet majeur sur l'évolution des opérations. Dans le Caucase, les Russes bousculent une fois de plus les Turcs sur la rive gauche du Kara-Déré alors que les Italiens, près du lac de Garde (pentes du Monte Sperone), avancent lentement. Dans le même temps, les Autrichiens contre-attaquent sans succès avec 14 bataillons dans la vallée de la Brenta.
samedi 21 mai 2016
La première guerre mondiale au jour le jour : mars à mai 1916. (1/2)
Nous revenons sur le témoignage du lieutenant-colonel Rousset qui commente, au jour le jour, le premier conflit mondial avec ces mois de mars à mai 1916 où la bataille de Verdun, notamment, fait rage depuis plusieurs jours. Ainsi, les 1er et 2 mars, sur les côtes de Meuse, une accalmie semble avoir lieu, les Allemands relevant leurs unités épuisées ou décimées. D'ailleurs, un prisonnier allemand témoigne : " le 21 février, alors que ma compagnie n'avait pas encore été engagée, elle comptait 200 fusils. Vingt-quatre heures plus tard, elle était réduite à un officier et 70 hommes. C'est miracle que mes camarades et moi-même ayons échappé au massacre. Le feu de l'artillerie et la précision du tir de l'infanterie française ont causé de semblables ravages dans presque toutes les autres compagnies".
Le président de la République se rend à Revigny pour rendre hommage aux hommes (adjudant Grameling et ses canonniers) qui ont abattu, avec leur autocanon, le zeppelin ennemi L-Z 77. Dans le Caucase, les Russes poursuivent leur progression dans des conditions difficiles (neige et froid), prennent la ville de Bitlis au sud du lac de Van (affluent du Tigre) et s'ouvrent alors la route de Bagdad.
jeudi 5 mai 2016
Enseignements tactiques : la mission militaire française au Hedjaz 1916-1920.
Cet article est le dernier de notre série consacrée à l'engagement français aux côtés de la grande révolte arabe pour chasser les Ottomans du Levant et de ce que l'on appelait alors l'Arabie. Cette étude permet de tirer les enseignements tactico-opératifs de ce déploiement français méconnu. Nous verrons que les grands principes s'y sont appliqués et que les modes d'action choisis font écho à ceux employés aujourd'hui sur de nombreux théâtres d'opération.
samedi 30 janvier 2016
1911 – 1916, avec Joffre, le récit du colonel Alexandre. (1/2)
En 1932, le colonel
Alexandre, qui a servi de 1911 à 1916 comme officier d’état-major aux côtés du
maréchal Joffre, livre son récit sur les décisions de son chef pour préparer,
puis conduire le premier conflit mondial. Il revient sur l’impréparation de
l’armée française, ses qualités et ses défauts ainsi que les tensions dans les
choix tactiques et opératifs du côté des alliés.
Après avoir brossé un
portrait bien peu objectif de son chef, en particulier par une succession de
qualités tant intellectuelles que militaires, l’auteur considère que le général
en chef avait anticipé les difficultés à venir et qu’il fît le maximum pour
combler les lacunes des forces armées sous son commandement avant le choc avec
les Allemands.
samedi 2 janvier 2016
Comprendre l'art de la guerre napoléonien : Bonaparte en Italie.
L'album illustré, et largement commenté, de Stéphane Bertaud, que j'ai déniché lors de ces fêtes dans la boutique des Invalides, est un ouvrage de très grande qualité et d'une vraie valeur pédagogique et ce, afin de mieux comprendre le génie de Napoléon. En effet, en tournant les pages de ce "Bonaparte en Italie, naissance d'un stratège, 1796-1797", aux éditions Bernard Giovanangeli, on appréhende avec facilité les principes, la stratégie et les manœuvres de l'Empereur, comprenant, au travers de cette campagne italienne du jeune général Bonaparte, l'essence même de ce que seront ses victoires quelques années plus tard.
Le récit des différentes étapes, des marches, contremarches comme des batailles de l'armée d'Italie, de Nice jusqu'à Vienne, est éclairant dans ce livre, d'autant que les nombreuses cartes qui illustrent le propos, le font avec justesse.
dimanche 20 décembre 2015
Les cabinets insolites du Musée de l'armée : l'histoire en miniature.
En ce début de période de fêtes, les Invalides proposent de nouvelles salles permanentes dans les cabinets insolites et inédits du musée de l'Armée. Il s'agit de mettre en scène la grande histoire au travers de celle des miniatures mais aussi des instruments de musique qui ont rythmé le pas des soldats tout au long des époques, des carnyx antiques aux cuivres modernes en passant par les chapeaux chinois.
mercredi 11 novembre 2015
La première guerre mondiale au jour le jour : novembre 1915.
Aujourd'hui, nous commémorons le 97ème anniversaire de l'Armistice, occasion de revenir vers les écrits du lieutenant-colonel Rousset, ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre et commentateur du premier conflit mondial de 1914 à 1918. Son journal nous apporte ainsi les enseignements, les perceptions et le détails des opérations d'un contemporain averti.
Le 2 novembre 1915, les Allemands relancent leurs offensives en Artois et en Champagne notamment sur la butte de Tahure qui reste allemande mais où les combats sont furieux avec l'emploi de gaz et d'appui feux importants. Les Britanniques reçoivent le général Joffre afin de mettre en place un plan capable d'éviter l'écrasement de la Serbie d'autant que les Bulgares n'ont pas encore fait leur jonction avec les troupes allemandes.
En France, un nouveau gouvernement dirigé par Aristide Briand se met en place en déclarant que "la France ne s'arrêtera dans la lutte que lorsque l'ennemi aura été réduit à l'impuissance".
vendredi 23 octobre 2015
Artillerie et instruction militaire opérationnelle : le renouveau.
Les théâtres d’opérations contemporains soulignent la nécessité de mettre
en œuvre des missions d’assistance militaire opérationnelle (c’est-à-dire l’aide
technique et l’expertise auprès d’armées étrangères) rénovées et en adéquation
avec le besoin dans les conflits du moment. En outre, ces déploiements
interviennent, dans un contexte multinational voire international en Coalition
(Irak), auprès de partenaires régionaux (Afrique) ou à proximité d’autres
armées (Syrie et Russie).
Ainsi, les principaux acteurs observés engagent, aux côtés de leurs
équipes de « conseillers »,
des capacités nationales de feux indirects. Complémentaires de l’appui air-sol
et des hélicoptères, ces moyens issus de l’artillerie, déployés en permanence,
participent à la sécurité et à la liberté d’action de détachements (de conseil
ou de mentoring pour utiliser le
terme anglo-saxon) souvent légers et parfois isolés.
samedi 3 octobre 2015
L'écho du champ de bataille à l'honneur dans la revue Guerres et batailles n°8
Comme en février dernier j'ai contribué à un numéro du magasine "Guerres et batailles" aux éditions Oracom qui vient de sortir dans les kiosques. Ce numéro traite principalement de la bataille d'Azincourt et de la fin de la guerre de Cent ans qui aura secoué la France du Moyen Age et transformé l'armement et les modes d'action militaires de cette époque charnière en matière de polémologie. Dans ce cadre, mon article revient sur les conséquences de cette bataille et de cette période sur l'art de la guerre.
lundi 7 septembre 2015
Exposition à venir : chevaliers et bombardes.
A partir du 7 octobre 2015, le musée de l'Armée aux Invalides vous propose une nouvelle exposition sur un moment charnière de l'histoire militaire. Il s'agit de montrer les profondes mutations dans l'art de la guerre apparues entre la bataille d'Azincourt et celle de Marignan en 1515. En effet, c'est lors de cette période que la chevalerie française, en particulier, voit la fin de sa supériorité au bénéfice de nouvelles manœuvres et de nouvelles armes suivie de l'avènement de l'artillerie face au retour de l'infanterie de choc. Ainsi, il s'agira de comprendre les évolutions des armures, des bombardes et autres bouches à feu comme des armes du fantassins dans des combats bien différents de ceux du Moyen Age mais proches des épopées de l'Antiquité. Le feu met fin au choc avant que celui-ci ne soit rénové. C'est surtout le rôle du chef, du capitaine et du tacticien qui renaît sur les champs de bataille au travers des figures illustres comme Jeanne d'Arc, François Ier ou Du Gesclin. Le commandant de la troupe n'est plus seulement un exemple de bravoure, il pense la guerre, il innove dans ses modes d'action, cherche à surprendre l'adversaire et fait émerger de grands principes pérennes. En bref, une exposition à ne pas manquer et dont les détails sont disponibles sur le lien http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/chevaliers-et-bombardes-dazincourt-a-marignan-1415-1515.html.
Bonne visite...
mercredi 29 juillet 2015
A lire : Opération Serval, notes de guerre du général Barrera
Début 2013, la France s’engage au Mali pour neutraliser les djihadistes qui menacent Bamako et surtout les populations civile de cette région du Monde. Le général Barrera prend le commandement de l’échelon tactique aéroterrestre de cette opération. Il nous livre aux éditions du Seuil son témoignage de chef et d’homme sur cette épopée moderne dans un milieu désertique extrême et face à un adversaire asymétrique d’un nouveau type, fanatisé, drogué mais qui demeure redoutable dans les actions de combat, les embuscades ou les attaques suicide.
Cet ouvrage souligne
les qualités techniques, tactiques et humaines du soldat français héritier d’une
longue histoire militaire, fier de son engagement pour la Nation et endurant
face à l’adversité, au milieu du désert, dans des combats au corps à corps au milieu de rochers brûlants.
Le livre met parfaitement en
évidence, avec des termes accessibles à tous les profanes des questions de
défense, l’importance de la préparation opérationnelle, de l’entraînement, des
réflexes acquis en métropole pour s’adapter à la menace, à la mission et aux
circonstances.
dimanche 5 juillet 2015
Exposition "coups de pinceaux" au musée de l'artillerie.
A l'occasion de la fête de Wagram à l'école d'artillerie de Draguignan, commémoration annuelle qui salue cette victoire de Napoléon sur les Autrichiens en 1809 grâce notamment à la "grande batterie" de 112 canons concentrés par l'Empereur, le musée de l'artillerie a inauguré, le 2 juillet 2015, l'exposition "Coups de pinceaux, des peintres montrent la guerre".
Comme l'explique le conservateur dans le journal de l'exposition, les œuvres permettent d'insister sur le lien entre l'artiste et la guerre avec la volonté de "créer sans trahir" en gérant le rapport entre la réalité et l'esthétisme et ce, tout en témoignant du pire sans tomber dans la laideur. Les nombreuses peintures ou sculptures présentées montrent l'évolution de cet art en lien avec l'histoire militaire, depuis les scènes antiques glorifiant les héros jusqu'aux opérations contemporaines en passant par les monarques mis en scène pour des raisons politiques ou les illustrations des combats des deux conflits mondiaux.
lundi 1 juin 2015
L'artillerie dans les guerres de contre-insurrection : le livre...
Cet ouvrage vient de paraître aux éditions Economica et a été rédigé par des officiers de l'école d'artillerie de Draguignan sous la direction du général Benoît ROYAL commandant cet organisme de formation de l'armée de Terre.
Je suis ravi de saluer cette publication à deux titres, d'abord comme artilleur mais aussi parce que je suis cité dans le livre avec, en particulier, la référence à votre blog "L'écho du champ de bataille".
Le manuscrit apporte un nouvel angle de réflexion sur les conflits contemporains dits asymétriques en mettant en avant l'artillerie et ses effets pour participer à la lutte contre les combattants irréguliers. Enrichi de nombreux témoignages, le propos met en perspective les principes de la guerre contre-insurrectionnelle avec des exemples extraits des engagements français au Liban, dans les Balkans mais également en Afghanistan ou en Afrique. Les appuis feux coordonnés par les artilleurs comme les diverses opportunités offertes par les canons, mortiers, roquettes, radars ou drones de l'artillerie offrent ainsi un large spectre de solutions à l'interarmes pour neutraliser, renseigner, dissuader, appuyer, influencer, ratisser tout en participant aux actions de déception et à ce que l'on nomme les stratagèmes dans l'art de la guerre. Cette arme a su évoluer avec le contexte opérationnel, les innovations technologiques pour demeurer un atout incontournable pour le chef.
D'ailleurs, certaines thématiques évoquées et largement démontrées dans ce livre avaient également fait l'objet de divers articles sur votre blog :
-l'artillerie et son action lors de la guerre d'Algérie. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/artillerie-et-guerre-dalgerie-atout-des.html
-l'artillerie et son rôle dans la dissuasion conventionnelle. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/lartillerie-un-outil-cle-dans-le-cadre.html
-l'artillerie et ses moyens dans la déconfliction des effets sur le champ de bataille. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/le-systeme-martha-la-solution.html
-l'artillerie dans une nouvelle perspective d'emploi par les forces conventionnelles de stratégème et de manoeuvres de déception.
http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/11/pour-revenir-sur-la-citation-de-cette.html
Un livre donc à lire pour découvrir, ou redécouvrir cette fonction opérationnelle et ses potentialités dans les engagements d'aujourd'hui et de demain.
Bonne lecture...
mercredi 11 mars 2015
La première guerre mondiale au jour le jour : janvier - mars 1915.
Nous renouons avec notre étude de la première guerre mondiale au travers de ses opérations et du témoignage du lieutenant-colonel Rousset, contemporain de l'époque et ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre. Les semaines et mois présentés mettent en évidence une pensée tactique voire stratégique étriquée ainsi qu'une analyse largement influencée par la propagande.
Dès le 20 janvier, les communiqués ne semblent plus parler que d'offensives mineures à l'échelon locale engageant une à deux divisions comme dans la région de Crouy par exemple, ou à Notre-Dame de Lorette où l'auteur s'inquiète de la prise d'une seule tranchée par les Allemands. On perçoit ainsi le drame de la guerre de position qui débute avec des attaques meurtières sur des compartiments de terrain très limités.
Inscription à :
Articles (Atom)



















