La marche à l’ennemi, ce mouvement vers l’adversaire et préliminaire au contact ou à la manœuvre, a toujours été une préoccupation ancienne des stratèges ainsi que des généraux. Comme l’atteste Yann Couderc dans un récent article (http://suntzufrance.fr/de-la-marche-a-lennemi/ ), Sun Tzu abordait déjà, en son temps, ce procédé, certes de façon plus empirique que théorique mais clairement réfléchie. Plus tard, la marche à l’ennemi sera perçue comme le monopole des forces du Pacte de Varsovie qui la formaliseront d’ailleurs dans les domaines tactiques et opératifs et ce, jusque dans l’organisation ou l’articulation des petites unités.
Aujourd’hui, ce terme semble être devenu marginal dans le vocabulaire guerrier et dans le référentiel doctrinal occidental. Il paraît également se confondre avec la manœuvre, alors qu’il s’agit pourtant bien de deux temps différents de l’action. En outre, la tentation des armées modernes de sous-estimer des ennemis potentiels, dans un engagement dissymétrique, accentue la désaffection pour cette méthode particulière de l’art du mouvement militaire.
Nous chercherons donc à réhabiliter la marche à l’ennemi en démontrant la nécessité de son apprentissage et de sa maîtrise face à un adversaire dont on connaît mal les intentions et qui pourrait rechercher la surprise afin de palier son infériorité technique.
Pour cela, nous montrerons l’importance de ce procédé dans l’histoire militaire avant de faire un constat contemporain de son évolution et de proposer quelques pistes de réflexion.


