Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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vendredi 23 décembre 2016

Un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année à tous !


Votre blog, "L'écho du champ de bataille", vous souhaite un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année, que l'année 2017 vous apporte les satisfactions que vous attendez pour vous comme pour vos proches. Quant à moi, malgré un rythme moins soutenu depuis plusieurs mois dû à des activités et responsabilités professionnelles plus importantes, j'aurai plaisir à vous proposer des nouveaux articles, ouvrages et autres réflexions sur notre histoire militaire ou les grands principes et concepts opérationnels.
Merci de votre fidélité et de vos commentaires, encore trop peu nombreux à mon goût, mais toujours d'un grand intérêt comme  des sources d'encouragement. 
Aujourd'hui, votre blog peut  ainsi compter sur 700 à 800 connexions quotidiennes, soient près de 16 000 vues par mois et, depuis 2011, 511 000 visites. Vous avez principalement marqué de l'intérêt pour les posts en lien avec les conflits récents comme l'Irak et l'Ukraine, sur les questions de prospective ou traitant de l'emploi des appuis feux comme l'artillerie. Mes écrits sur le premier conflit mondial avec Verdun, la Somme ou le quotidien des soldats paraissent également vous avoir intéresser. En outre, mon ouvrage "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis a effectivement attiré votre curiosité. D'ailleurs, sachez que mon livre a été classé dans le trio de tête du prix "L'Epée et la plume 2016" et ce, parmi 60 manuscrits en compétition. Ecrit avec cœur, il fait la synthèse entre les opérations du moment en Afrique et notre histoire mais il permet aussi d'aborder le sens de l'engagement des soldats français, hier comme aujourd'hui.
L'année qui vient nous permettra donc d'échanger encore un peu avec l'évocation de l'année 1917, l'étude d'auteurs militaires anciens mais aussi les allers et retours vers de grandes batailles. Enfin, les mois prochains seront peut-être l'occasion de proposer à la publication d'autres ouvrages traitant de sujets divers déjà initiés sur votre blog. Je rends hommage, à l'image de la photographie illustrant ce texte, au sacrifice de nos aînés qui, il y a 100 ans, résistaient aux assauts ennemis à Verdun et sur de nombreux fronts sous un déluge de feux et d'acier. 
J'ai bien évidemment une pensée particulière pour tous les militaires déployés en opérations aux quatre coins du monde et sur le territoire national ainsi que vers leurs familles. Merci pour leur disponibilité, leur engagement et leur dévouement pour assurer notre sécurité au loin comme sur notre terre de France.
A bientôt sur la toile et dans les passionnantes pages de notre histoire militaire.

Frédéric JORDAN

lundi 4 avril 2016

Exposition aux Invalides : Napoléon à Sainte-Hélène.

 
A partir du 6 avril 2016, vous pourrez découvrir au Musée de l'Armée, une exposition consacrée à l'Empereur et à ses dernières années d'exil. Comme le détaille la présentation ci-dessous, il s'agit, au travers du mobilier ainsi que des écrits et méditations de ce célèbre détenu, de mettre en relief l'homme qu'il fut comme le souverain et le chef de guerre dont chacun connaît l'épopée. Une approche originale donc pour mettre en exergue les vraies victoires de Napoléon, dans le domaine militaire certes mais aussi dans une volonté farouche de faire rayonner la France, sa culture, son économie, ses valeurs tout en bâtissant, avec lucidité et clairvoyance , la légende d'un des plus grands hommes de notre histoire. Aujourd'hui encore, on peut puiser dans ce sentiment de grandeur et ces rêves de gloire les sources de l'esprit de résilience si nécessaires face aux défis contemporains. Une "peinture éphémère" à vivre pleinement aux Invalides :
"18 juin 1815, la bataille de Waterloo sonne le glas de l’Empire. Napoléon, vaincu, prend la route de l’exil. Craignant un éventuel retour de l’homme des Cent Jours, l’Angleterre fait le choix de la dernière demeure de l’Empereur : ce sera Sainte-Hélène, petite île hérissant ses reliefs hostiles au milieu de l’Océan Atlantique. Napoléon y débarque avec ses plus fidèles compagnons et s’installe à Longwood House, logis pour le moins modeste dans lequel il finira ses jours.
Organisée autour de l’opération exceptionnelle de restauration des meubles de Longwood House, l’exposition Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire offre au public français l’occasion unique de venir contempler le mobilier qui entourait l’Empereur au moment de sa mort. Les vestiges impériaux, que Napoléon a réussi à emporter avec lui, entrent en résonnance avec la précarité de sa condition de prisonnier. Que reste-t-il alors de l’Empereur, que reste-t-il de l’homme ? Napoléon se lance dans sa dernière conquête, celle de la postérité et fait de Sainte-Hélène le lieu de l’écriture de la légende, dès avant sa mort, le 5 mai 1821."
Bonne visite à ceux qui auront la chance de voir cette exposition.

mardi 29 mars 2016

L'écho du champ de bataille rejoint la communauté THEATRUM BELLI.

 
Un petit intermède pour vous annoncer que votre blog a rejoint la communauté THEATRUM BELLI dont vous trouverez le lien vers le site internet ci-contre. D'une grande richesse, THEATRUM BELLI (TB) se propose de renforcer le lien citoyen de défense au travers de réflexions et d'articles touchant à l'histoire militaire, à la sécurité,  au renseignement, à l'évolution de l'armement mais aussi au contexte géopolitique du moment. Il recense également de nombreux ouvrages dans une large bibliothèque numérique (dont mon ouvrage) et participe aux nombreuses initiatives mémorielles (Centenaire de la Grande Guerre) si importantes à l'aune de ces dernières années.
Depuis maintenant 10 ans, son fondateur, Stéphane Gaudin accompagne le monde de la défense, en particulier en soutenant les soldats en opérations par de nombreux courriers comme les blessés militaires, à l'image des défis qu'il relève aux côtés du sergent Vincent Dorival. Comme d'autres blogs (Guerres et conflits) et d'autres contributeurs (Olivier Entraygues, les stagiaires de l'Ecole de guerre ou Caroline Galacteros par exemple), "L'écho du champ de bataille" est heureux de faire partie de la communauté TB. Bonne lecture...

dimanche 17 janvier 2016

Plaidoyer pour un enseignement de l’histoire militaire à la jeunesse, à l’école comme dans le cadre d’un service civique rénové.


Alors que la France vient de traverser une année 2015 tragique avec des attentats sur son sol et alors que les armées, en particulier les forces terrestres, interviennent de nouveau massivement sur le territoire national en appui des forces de sécurité intérieures, un élan patriotique semble émerger, notamment chez les plus jeunes. Ces derniers, souvent les premières victimes de la propagande islamiste, demeurent néanmoins une des clés pour lutter contre le terrorisme et pour contribuer à moyen, comme à long terme, au continuum Défense -Sécurité français.

En outre, la jeunesse est un des ressorts du lien armée-Nation qui doit être entretenu à l’heure où les militaires sont engagés dans une défense de l’avant, loin de nos frontières, au Levant, en Afrique ou dans le Golfe Persique, mais aussi, dans le quotidien de chaque Français au travers de l’opération Sentinelle.

Aussi, l’histoire militaire, souvent le parent pauvre des sciences historiques, a longtemps été mise de côté dans l’enseignement comme dans la mise en perspective de la conflictualité en dehors des écoles militaires. Pourtant, de nombreuses structures comme la DMPA (et en son sein le SHD par exemple), l’ECPAD mais également les musées, des publications, des médias (télévision, blogs, radio) offrent aujourd’hui l’opportunité de renouer le lien entre la jeunesse et son histoire militaire, riche d’enseignements, de valeurs et de sens face à toute forme d’adversité.

dimanche 27 décembre 2015

Bonne fêtes et heureuse année 2016 avec "L'écho du champ de bataille".

 
En cette fin d'année et deuxième semaine de fêtes, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année 2016 qui va s'ouvrir, qu'elle soit riche en réflexions historiques, lectures et autres expositions et ce, afin que vous puissiez découvrir, ou redécouvrir, des auteurs, des combats oubliés, des évènements militaires majeurs comme des études doctrinales d'hier et d'aujourd'hui.
Pour "l'écho du champ de bataille", ce fut une année riche et toujours aussi passionnante avec, en particulier, la parution de mon ouvrage sur l'engagement de la France dans la bande sahélo-saharienne, témoignage de mon expérience à la tête du groupement tactique Koufra en 2014. Vous avez ainsi été nombreux à m'accompagner dans cette aventure lors de la sortie du livre : "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis, le 6 novembre dernier, http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2015/11/mon-ouvrage-vient-de-paraitre-larmee.html.
Nous atteignons aujourd'hui plus de 380 000 vues sur le blog avec, en moyenne de 250 à 600 connexions quotidiennes. Je vous remercie donc pour votre fidélité et l'intérêt porté à mes posts. Cette année 2015 a d'ailleurs vu certains articles

dimanche 20 décembre 2015

Les cabinets insolites du Musée de l'armée : l'histoire en miniature.


 
En ce début de période de fêtes, les Invalides proposent de nouvelles salles permanentes dans les cabinets insolites et inédits du musée de l'Armée. Il s'agit de mettre en scène la grande histoire au travers de celle des miniatures mais aussi des instruments de musique qui ont rythmé le pas des soldats tout au long des époques, des carnyx antiques aux cuivres modernes en passant par les chapeaux chinois.

dimanche 22 novembre 2015

Engagement de l'armée pour la sécurité intérieure : l'exemple suisse. (2/2)

 
Nous poursuivons l'étude de l'expérience suisse de maintien de l'ordre intérieur par les forces armées. Nous avons vu que, malgré les efforts de formalisation dans l'engagement des soldats sur le territoire national, les troubles des années 1920 et de 1932 ont montré des failles dans la doctrine, le commandement, les responsabilités et l'emploi d'unités issues des forces terrestres.
Les chefs militaires décident d'abord d'améliorer le dispositif fédéral de mobilisation avec un ordre de bataille à deux , avec un effort : dans la préparation (instruction de commandants de division en janvier 1933), dans la rapidité de déploiement et dans l'identification d'éléments de réserve.

mercredi 18 novembre 2015

Engagement de l'armée pour la sécurité intérieure : l'exemple suisse. (1/2)

 
Des historiens suisses ont, au début des années 2000, réfléchi sur l'engagement des forces armées sur leur territoire national. Dans ce cadre, Pälvi Conca-Pulli, chercheur à l'université de Neufchâtel est revenu, dans son ouvrage "Soldats au service de l'ordre public" sur la politique du maintien de l'ordre intérieur au moyen des militaires suisses entre 1914 et 1949.
Si une part importante de son analyse traite des difficultés juridiques et politiques en lien avec la constitution confédérale suisse ainsi que des rivalités entre gouvernement central et autorités locales, certaines conclusions font écho aux engagements contemporains des forces armées pour assurer la sécurité des Etats.

vendredi 6 novembre 2015

Mon ouvrage vient de paraître : "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc". ACTUALISE

 
Une fois n'est pas coutume, votre blog vous présente mon premier ouvrage "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis. Il s'agit du récit de l'opération que j'ai eu l'honneur de commander à la tête du groupement tactique Koufra formé de militaires français, tchadiens et nigériens.
Cet ouvrage est disponible à l'achat sur le site de l'éditeur dans la rubrique Domaine/pensée stratégique : http://www.nuvis.fr/#!product/prd1/4403134491/l'arm%C3%A9e-fran%C3%A7aise-au-tchad-et-au-niger
 
 
Nommé "Barkhane" cette opération, conduite au printemps 2014, allait devenir, quelques mois plus tard, le nom du déploiement français dans la bande sahélo-saharienne.
Il s'agissait, à partir de N'Djaména, de rejoindre le nord du Tchad avec une colonne motorisée  pour y installer une base opérationnelle temporaire puis de reconnaître Madama et sa région. Ce fort est aujourd'hui devenu un poste avancé de l'armée française dans sa lutte contre les groupes armés terroristes grâce, en partie, aux femmes et aux hommes d'un groupement tactique franco-nigéro-tchadien inédit. Ce dernier aura rempli une mission difficile et cruciale, dans des conditions extrêmes, en relevant notamment un remarquable défi logistique . Ce succès est dû à leur professionnalisme exemplaire et à une planification interarmées rigoureuse partagée par les trois pays engagés.
Cette mission aura également suivi les traces du général Leclerc qui, à la tête d'une poignée de Français libres, allait débuter son extraordinaire épopée pour libérer la terre de France sur les mêmes pistes et dunes de ces confins africains.
Préfacé par le général de division Marc Foucaud, commandant à ce moment là l'opération Serval, ce témoignage est également l'occasion de partager avec vous le quotidien des militaires français sur les théâtres d'opération ainsi que des réflexions sur l'histoire militaire, la tactique, le lien armée-nation ou les femmes dans les armées.

Ci-dessous, pour en savoir plus, le détail de la 4ème de couverture. Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

mercredi 14 octobre 2015

Un petit coup de pouce à un jeune bloggeur...


Il y a quelques mois un jeune auteur écrivait un article pour votre blog et analysait une œuvre cinématographique en lien avec l'histoire militaire en nous livrant son regard sur la guerre http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2014/10/regard-de-collegien-sur-la-guerre.html.
Aujourd'hui, ce lycéen vient d'ouvrir son propre blog (et le compte Twitter lié) et nous invite à partager ses réflexions sur l'histoire, l'art, la littérature, l'actualité. Son premier article traite des origines de la démocratie, des responsabilités au cœur de la Cité, en particulier celles relatives à la désignation et au contrôle des stratèges dans la Grèce antique.
Gageons donc qu'il nous donnera sa vision particulière sur des sujets en lien avec les thématiques de "L'écho du champ de bataille" et qu'il suscitera l'intérêt des lecteurs. N'hésitez pas à lui donner un coup de pouce et à lire ses différents posts sur  http://lescarnetsdunlyceen.blogspot.fr/
 
Bonne chance à lui et longue vie au "Carnet d'un lycéen".

samedi 12 septembre 2015

De la philosophie essentielle du commandement militaire...

 
Le colonel de gendarmerie Philippe Cholous a publié un essai aux éditions Lavauzelle, "De la philosophie essentielle du commandement militaire", avec l'ambition de montrer la spécificité du commandement et ce, en particulier, face aux nouveaux dogmes du management qui cherchent à s'imposer comme symboles de modernité. Son propos s'appuie sur son expérience de soldat mais également sur de nombreuses références philosophiques. On est parfois désarçonné par son style et l'enchaînement des idées mais, force est de constater, que son pari est réussi tant l'exception du chef militaire et du métier de soldat finit par émerger.
Dès les premières pages, l'auteur définit le chef en empruntant la phrase du célèbre stratégiste disparu Hervé Coutau-Bégarie "à savoir celui qui doit être capable de raisonner et de décider, au lieu de se contenter d'exécuter."

lundi 7 septembre 2015

Exposition à venir : chevaliers et bombardes.


A partir du 7 octobre 2015, le musée de l'Armée aux Invalides vous propose une nouvelle exposition sur un moment charnière de l'histoire militaire. Il s'agit de montrer les profondes mutations dans l'art de la guerre apparues entre la bataille d'Azincourt et celle de Marignan en 1515. En effet, c'est lors de cette période que la chevalerie française, en particulier, voit la fin de sa supériorité au bénéfice de nouvelles manœuvres et de nouvelles armes suivie de l'avènement de l'artillerie face au retour de l'infanterie de choc. Ainsi, il s'agira de comprendre les évolutions des armures, des bombardes et autres bouches à feu comme des armes du fantassins dans des combats bien différents de ceux du Moyen Age mais proches des épopées de l'Antiquité. Le feu met fin au choc avant que celui-ci ne soit rénové. C'est surtout le rôle du chef, du capitaine et du tacticien qui renaît sur les champs de bataille au travers des figures illustres comme Jeanne d'Arc, François Ier ou Du Gesclin. Le commandant de la troupe n'est plus seulement un exemple de bravoure, il pense la guerre, il innove dans ses modes d'action, cherche à surprendre l'adversaire et fait émerger de grands principes pérennes. En bref, une exposition à ne pas manquer et dont les détails sont disponibles sur le lien http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/chevaliers-et-bombardes-dazincourt-a-marignan-1415-1515.html.
Bonne visite...

mercredi 19 août 2015

La tactique « françoise » : retour sur la pensée militaire de 1792, réformer pour gagner (2/2).


Nous poursuivons notre étude des thèses tactiques de monsieur Dupuy-Lauron, maréchal des camps et des armées. Il cherche, au travers de ses réflexions, redonner de la vigueur à l’art de la guerre français et ce en rénovant sa singularité tout en le basant sur les principes généraux éprouvés par l’histoire militaire.
Son originalité vient de sa pensée « interarmes » qui l’anime, de sa rupture avec les dogmes de son époque et de la recherche d’une bonne adéquation entre les formations adoptées et l’ennemi, le terrain ou les circonstances.
Aussi, prône-t-il la création de « régimenteries », c’est-à-dire un corps composé de plusieurs régiments et fort de 5000 hommes (comme les légions romaines si chères à l’auteur).

mercredi 15 juillet 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : juin-juillet 1915.


 
Nous renouons avec notre témoin privilégié du premier conflit mondial, le lieutenant-colonel ROUSSET, ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre avant 1914.
Début juin, les forces italiennes paraissent progresser avec rapidité dans le Trentin alors que les Russes font effort pour reprendre l'initiative. L'auteur condamne, à juste titre, l'ordre du consul allemand à Caïffa en Syrie qui a fait profaner les tombes des soldats de Bonaparte. Il diabolise ainsi, une fois de plus, un ennemi déjà accusé d'utiliser les gaz asphyxiants en dépit de toutes les lois de la guerre ou qui bombarde la cathédrale de Reims (la propagande s'intensifie encore un peu plus). La traduction d’un carnet d’un officier allemand mort semble montrer un effondrement moral des soldats adverses d’un bataillon, déduction généralisée à toute l’armée allemande sans précaution aucune par notre observateur averti, les troupes françaises étant persuadé d’avoir une supériorité notable en la matière avec l’héritage d’Ardant du Picq. L'effet dévastateur de la doctrine de l'offensive à outrance du début du conflit se poursuit.

mercredi 8 juillet 2015

L’impasse de la doctrine du général Douhet et ses effets sur l’arme aérienne.


 
C’est en relisant une vieille édition de 1935 du livre du colonel P.Vauthier préfacée par le maréchal Pétain sur la doctrine de guerre du général Douhet que j’ai pu constater combien cette vision de la guerre avait ces limites. En effet, il est curieux de constater que cet art de la guerre douhetien, malgré ses imperfections flagrantes, a influencé la guerre aérienne, d’abord pendant le second conflit mondial avec les abus du Bomber command allié (destruction des villes d’Hambourg et de Dresde) mais également dans les conflits qui ont suivi. Comment donc ne pas évoquer, dans ce cadre, les campagnes aériennes massives qui ont été lancées sur le Nord-Vietnam dans les années 1960-1970 (opération Rolling Thunder), la première guerre du Golfe en 1991, les bombardements pour le Kosovo en 1999, en Libye en 2011 ou les frappes du moment contre le groupe Daech. Ces opérations à dominante aérienne ont toute pour point commun d’avoir eu des résultats mitigés mais d’être les héritières de la pensée du général italien Douhet. Nous allons donc essayer de comprendre pourquoi les principes de ce théoriciens des années 1920-1930 ont eu et continuent d’avoir un tel impact sur la polémologie occidentale et nous analyserons ces concepts pour tenter de définir les faiblesses intrinsèques à ce corpus doctrinal.
 

dimanche 5 juillet 2015

Exposition "coups de pinceaux" au musée de l'artillerie.

 

A l'occasion de la fête de Wagram à l'école d'artillerie de Draguignan, commémoration annuelle qui salue cette victoire de Napoléon sur les Autrichiens en 1809 grâce notamment à la "grande batterie" de 112 canons concentrés par l'Empereur, le musée de l'artillerie a inauguré, le 2 juillet 2015, l'exposition "Coups de pinceaux, des peintres montrent la guerre".
Comme l'explique le conservateur dans le journal de l'exposition, les œuvres permettent d'insister sur le lien entre l'artiste et la guerre avec la volonté de "créer sans trahir" en gérant le rapport entre la réalité et l'esthétisme et ce, tout en témoignant du pire sans tomber dans la laideur. Les nombreuses peintures ou sculptures présentées montrent l'évolution de cet art en lien avec l'histoire militaire, depuis les scènes antiques glorifiant les héros jusqu'aux opérations contemporaines en passant par les monarques mis en scène pour des raisons politiques ou les illustrations des combats des deux conflits mondiaux.

jeudi 25 juin 2015

Idéé de visite pour cet été : le musée militaire du Périgord.

 
Comme nous le faisons régulièrement, nous vous proposons une exposition ou un site à découvrir ou à redécouvrir. Cette semaine, il s'agit du musée militaire du Périgord à Périgueux. C'est Napoléon Magne, un ancien officier, qui a contribué à le créer il y a plus de 100 ans. Sur le site internet la richesse des collections est mise en avant pour retracer l'histoire militaire au travers des armes, des tenues, des reconstitutions et le récit de batailles et diverses campagnes :" Sa création a été voulue, dès 1909, par les membres de la Fédération des Vétérans de la Dordogne, qui après avoir fondé une association à cet usage (JO du 15/01/1911) ont  pu ouvrir l’établissement dès la fin de l’année 1911. Le terme "Vétéran" désignait alors les anciens soldats des guerres de l’Empire, d’Algérie, de Crimée, d’Italie, du Mexique, de 1870-71 et des conquêtes coloniales : Tonkin, Afrique, Madagascar, ... Il a été supplanté après 1918 par le terme « Ancien Combattant »
Les fondateurs avaient assisté à la création du Musée de l’Armée aux Invalides et suivi  son développement. Leur  réflexion  sur les excès de la centralisation qui faisaient, déjà, tout converger vers la capitale, avait suscité chez eux le désir de créer à Périgueux, un endroit où seraient recueillis et exposés  les souvenirs militaires intéressants, ayant appartenus aux unités, villes, châteaux ou personnages ayant des attaches avec le Périgord.
L’idée a été fort appréciée par de nombreuses familles, heureuses de voir conserver dans la région la mémoire de leurs ancêtres et appréciant l’hommage public qui leur serait rendu. Des milliers d’objets de toute nature, armes, uniformes, décorations, documents, ont été ainsi confiés au musée depuis 1911.
Les conflits qui ont suivi, 1914/1918, 1939/1945, Indochine, Algérie ont apporté leur lot de souvenirs, parfois remis par l’Etat comme les canons et mitrailleuses, prises de guerre sur l‘ennemi d’alors, mais aussi et toujours par les combattants eux-mêmes ou leur famille.
Et le flot ne tarit pas puisque ces dernières années, des souvenirs d’ex Yougoslavie ou de la guerre Du Golfe ont été inscrits à l’inventaire du musée."
Bonne visite donc pour ceux qui croiseront la route de riche musée.

mercredi 27 mai 2015

De la victoire..., perspectives historiques et réflexions contemporaines. (2/2)

 
Nous poursuivons notre réflexion initiée sur la victoire.
 
Les fondements de la victoire
La victoire, nous l’avons vu au travers de l’histoire, repose sur des fondements et des invariables quelle que soit l’époque ou l’influence culturelle. Elle joue un rôle dans la vie de la Cité au sens large, dans l’institution militaire mais aussi dans la perception de l’ennemi ou de la conflictualité.
En effet, être victorieux, c’est :
- Protéger
Une population, des ressources ou des frontières et au-delà, c’est préserver la souveraineté d’un Etat, son indépendance, ses idées, ses valeurs ou un patrimoine, physique ou immatériel.

vendredi 22 mai 2015

De la victoire…, perspectives historiques et réflexions contemporaines. (1/2)


 
Aujourd’hui, que l’on parle de conflits, de guerres, d’opérations ou encore d’interventions militaires, nombre d’observateurs sont souvent prompts à parler d’enlisement, d’échec, de violence contenue, d’instabilité chronique et d’efforts inutiles. Le terme de victoire semble avoir disparu du vocabulaire, cette notion ne correspondant plus aux engagements contemporains  rythmés par des missions dites de stabilisation, d’interposition comme de gestion de crise.
Pourtant, la recherche de la victoire, ce nouvel équilibre politique et militaire, a toujours accompagné la conflictualité tout au long de l’histoire et permet de donner un sens à l’action, notamment à celle des forces armées (mais pas seulement) déployées face à un adversaire ou, plus globalement, à une menace. Il apparaît donc intéressant de s’interroger sur les raisons de ce désintérêt pour la victoire ou pour sa remise en question permanente tout en mettant en perspective cette évolution par l’examen de ce mot au travers des exemples du passé.
Nous montrerons que si les manifestations de la victoire ont évolué avec la guerre et l’accélération du temps, les fondements de ce vocable sont restés les mêmes et doivent être exploitées, dans tous les domaines, pour vaincre et légitimer le combat et ce, du niveau stratégique au niveau tactique.

jeudi 5 mars 2015

Quand l'histoire militaire rencontre le jeu...

 
Du 20 au 22 mars 2015, aura lieu à la mairie du 9ème arrondissement de Paris le premier Open des jeux d'histoire. Comme nous l'avions déjà indiqué dans un post consacré aux jeux de stratégie ou liés aux combats de l'antiquité au XXème siècle  http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/10/debat-le-best-seller-des-wargames-sur.html, ces supports ludiques sont un excellent outil pour appréhender l'art de la guerre, la tactique et la stratégie au sens large. Cette rencontre, notamment animée par la fédération française du best seller des jeux sur la seconde guerre mondiale "Mémoire 44", devrait démontrer, une fois de plus l'intérêt à porter à cette gamme de jeux, y compris pour la formation des cadres issus des forces armées. D'ailleurs, l'Ecole de guerre ne s'y était pas trompé en organisant en mai 2012  une activité centrée sur les "Wargames" sur le site de l'école militaire http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/05/lecole-de-guerre-renoue-avec-le-wargame.html. En bref, une activité pleine de promesses...
J'en profite pour donner quelques orientations sur les articles à venir sur votre blog. Tout d'abord, nous renouerons avec la première guerre mondiale au jour le jour en nous intéressant aux mois de janvier à mars 1915 et le début de la guerre de position, puis nous esssaierons de mettre les grands penseurs et praticiens (et leurs systèmes) face aux menaces contemporaines afin de tirer des enseignements comme de marquer les évolutions (concepts, principes, manoeuvres). Enfin, nous nous pencherons, tout en suivant l'actualité historique, sur le bicentenaire des 100 jours et la route jusqu'à Waterloo. Bonne lecture...