Nous l'avons vu, en Algérie, l'artillerie des avant-postes, participe à l'action interarmes en apportant ses moyens d'acquisition mais aussi ses effets psychologiques ou "cinétiques". Au delà de ce simple exemple, dans l'histoire militaire, la puissance de feux au plus près des unités de mêlée, sur des positions avancées, a toujours été mise en oeuvre avec efficacité. Cet emploi, tactiquement pertinent, faisait l'unanimité et entrait en cohérence avec les principes militaires majeurs de Foch (et de ses élèves) que sont la liberté d'action, la concentration des efforts, l'économie des moyens et la sûreté. Aucun chef militaire ne pouvait envisager un déploiement sans appui de bouches à feu.
Bienvenue sur l'écho du champ de bataille
« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…
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samedi 24 septembre 2016
samedi 10 décembre 2011
De la pertinence de l’apprentissage des actions défensives pour les opérations contemporaines (3/3)
Voici la troisième et dernière partie consacrée à l’art de la défensive avec une réflexion sur la mise en œuvre de ce mode d’action à l’aune des conflits et des zones d’operation dans lesquels sont deployées les forces armées occidentales aujourd’hui. Bonne lecture. J’attends vos réactions et commentaires pour initier le debat.
La défensive dans les engagements d’aujourd’hui et de demain
Clausewitz nous rappelle déjà que « la détermination de l’espace incombe à la défense tandis que celle du temps incombe à l’attaque. » Aussi, alors que les opérations de stabilisation deviennent le cœur de l’engagement des forces terrestres, les modes d’action défensifs contribuent à la maîtrise du milieu et à la sécurisation. Certains y voient même un retour à la fortification rendu nécessaire par les contraintes de la « Force protection » et par le quadrillage adopté pour la contre-rébellion. De la même façon, l’avènement des espaces lacunaires dans la bataille et la disparition de moyens de défense passifs[1] exigent aujourd’hui de repenser et de refonder la manœuvre défensive[2].
jeudi 8 décembre 2011
De la pertinence de l’apprentissage des actions défensives pour les opérations contemporaines (2/3)
Voici la seconde partie de la réflexion sur l’apprentissage de la défensive avec une analyse des avantages et inconvénients au travers d un prisme historique de ce mode d’action, Bonne lecture.
La défensive dans sa perspective historique
En première approche, les modes d’action défensifs semblent être boudés par les plus grands stratèges qui, à l’instar de Napoléon, déclare « que la meilleure défense reste l’attaque ». Aussi, constate-t-on que le rempart, comme le mur d’Hadrien, la Grande Muraille de Chine, la ligne Maginot ou, plus récemment, la ligne Bar Lev israélienne sur le canal de Suez, ont montré leurs limites. Dans le domaine opérationnel, nombreuses sont les manœuvres défensives qui ont échoué. Il faut ainsi se souvenir, au Moyen Age, de la prise de Château-Gaillard réputé pourtant imprenable. Plus tard, il ne faut pas ignorer les défenses désespérées japonaises à Guadalcanal ou Iwo Jima et enfin, l’échec du camp retranché de Dien Bien Phu.
mercredi 7 décembre 2011
Histoire bataille et nouveauté dans la rubrique « Batailles et enseignements » : la bataille de Guadalcanal.
Cette semaine nous vous proposons de revenir sur cette opération amphibie de la guerre du Pacifique en 1942 et 1943, riche en enseignements, tant en termes de coopération interarmes que de manœuvres défensives sur un terrain difficile et ce, avec des belligérants pugnaces mais aussi aux référentiels moraux et stratégiques différents. Dans cette synthèse illustrée par des cartes, de nombreux aspects tactiques et opératifs sont étudiés, de la conception des opérations à la logistique, en passant par la coordination des moyens pour percer un dispositif ou les appuis feux navals et aériens. Bonne lecture.
mardi 6 décembre 2011
De la pertinence de l’apprentissage des actions défensives pour les opérations contemporaines (1/3)
En lien avec le thème de la rubrique « Paroles de chef », nous vous proposons la première partie d’un article sur la défensive, thème qui demeure peu traité à l’heure de la contre insurrection ou du combat conventionnel hyper technologique. Ce dernier permettrait, semble-t-il, de saisir l’initiative par des actions offensives et fulgurantes contre un adversaire contraint uniquement à subire la volonté de l’assaillant. Néanmoins, cette réflexion sur les modes d’action défensifs devrait susciter le débat et vos réactions. Bonne lecture.
« Si la recherche d’équilibre demeure l’objectif stratégique, l’entraînement doit couvrir l’ensemble du spectre des savoir-faire opérationnels, c’est-à-dire l’offensive, la défensive et la stabilisation ». Cette affirmation, extraite de la directive 2009-2011 du général W.Casey, chief of Staff of the Army, pour la préparation opérationnelle des unités, démontre, s’il en était besoin, que malgré leur supériorité conventionnelle, les Etats-Unis n’excluent pas de préparer leurs forces à des postures opérationnelles défensives. Pourtant, force est de constater que s’exprimer sur la « défensive » dans les armées occidentales et, en particulier, dans l’armée française, ne fait pas l’unanimité aujourd’hui. En effet, une approche des opérations sous l’angle de la défense est considérée comme l’illustration d’un déficit d’audace voire le symptôme d’une prudence excessive et d’un manque de confiance dans nos équipements. Il s’agit donc de remettre en question ces certitudes héritées de la RMA[1] post guerre froide, en réaffirmant, dans un premier temps, que la défensive complète toujours l’action offensive, mais aussi en soulignant, dans un second temps, que son apprentissage historique et contemporain permet de réhabiliter son emploi, mais aussi de mieux appréhender sa mise en œuvre par un ennemi potentiel.
lundi 5 décembre 2011
Nouvelle citation pour initier une série d’articles sur l’art de la défensive…
Cette semaine dans la rubrique "Paroles de chef", nous vous proposons une citation de Napoléon sur les places fortes, ce qui nous permettra, dès demain, d’initier une série d’articles sur ce mode d'action souvent peu étudié, notamment au sein des armées occidentales qui y voient peut-être une situation de faiblesse ou une négation des capacitiés offensives offertes par les équipements modernes. Il y a aussi un héritage de l’histoire militaire dont des défaites ont été le fait de situations défensives fragiles à l’instar de la Grande guerre, de la ligne Maginot ou des batailles comme Stalingrad, Dien Bien Phu voire encore Iwo Jima et Tobrouk.
Je profite de ce post qui fait référence à Napoléon pour répondre, en partie, à l’interrogation d’un lecteur sur le plan de manoeuvre de l’Empereur à Austerlitz. Je vais poursuivre mes recherches mais, d’ores et déjà, sur l’opportunité saisie par les Français à Pratzen, Liddell Hart, dans son livre "Les généraux allemands parlent", considère que Napoléon a utilisé une tactique héritée de sa connaissance des grandes batailles et de ses lectures. En effet, il n’aurait fait qu’adopter la ligne oblique mise en oeuvre par les Grecs de l’Antiquité ou par Frédéric II à Leuthen. Je suis à l’écoute de vos suggestions.
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