Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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vendredi 29 avril 2016

Mission militaire française au Hedjaz 1916-1920 : des hommes d’exception.


 
Comme nous l’avons vu précédemment, la mission militaire française au Hedjaz de 1916 à 1920 ne va concerner que des effectifs réduits et ce, au regard des masses déployées en France par exemple. Pourtant, les cadres qui vont être plongés dans cette épopée militaire avec des conditions d’engagement d’une grande difficulté vont être les vrais acteurs du succès des opérations menées face aux Ottomans. Encadrant principalement des unités issues d’Afrique du Nord et composés de soldats algériens, marocains ou tunisiens, ces officiers et sous-officiers sont pour certains musulmans ou, pour d’autres iront jusqu’à se convertir à l’Islam pendant la mission. Certains d’entre eux ont été oubliés malgré leur héroïsme, leur sens de l’adaptation, leur faculté d’intégration auprès des troupes chériféennes et malgré leur grande intelligence tactique. Je vais donc m’attarder sur les personnalités et carrières de certains d’entre eux afin de saluer leur mémoire et saluer leurs qualités comme leurs parcours atypiques.
 

mardi 9 février 2016

Documentaire "Verdun, ils ne passeront pas" sur ARTE ce soir.



Ce soir sur ARTE, et alors que l'on se rapproche le 21 février 2016, jour du centième anniversaire de la bataille de Verdun, sera diffusé le nouveau documentaire de Serge de Sampigny "Verdun, ils ne passeront pas". Ayant eu la chance de le visionner en avant-première à l'Ecole militaire le 27 janvier dernier, ce documentaire aborde cette confrontation si symbolique avec un regard nouveau, des images inédites fournies par l'ECPAD, des animations 3D pour visualiser le théâtre d'opérations et quelques films colorisés qui rapprochent le spectateur des soldats de l'époque.
Les cinéastes, conseillés par l'historien américain Paul Jankowski, ont essayé de comprendre les ressorts de cette bataille si meurtrière même si une des conclusions majeures tient à une impression d'emballement tout au long des 8 mois d'affrontement. Le documentaire met l'accent sur les perceptions de l'autre vu de chaque belligérant, sur leurs ressorts internes (symbolique, humiliation, revanche, sentiment de supériorité, enjeux politiques et militaires, ...) mais aussi sur les choix tactico-opératifs. Le réalisateur n'hésite pas à mettre en avant certaines figures issues des deux camps (Driant, Pétain, ...), notamment dans les états-majors mais peut aussi faire un procès à charge quand il juge les choix dénués de sens. Dans le même temps, la lecture de lettre de soldats français et allemands humanise le récit et permet de rendre hommage au sacrifice de ces hommes plongés dans un combat dantesque où la puissance des feux de l'artillerie ravage les lignes. Une diffusion à ne pas manquer pour renouer avec Verdun, ce symbole si fort et si riche de sens dans notre inconscient collectif national.

lundi 27 octobre 2014

Regard de collégien sur la guerre : réfléxions sur le film "Fury".

Une fois n'est pas coutume, nous ouvrons notre blog à un jeune collégien. En effet, on pense souvent que les adolescents d'aujourd'hui ont un regard critique sur la "Mémoire" et sur l'histoire, en particulier à un moment où de nombreuses commémorations rythment l'année 2014. Aussi, c'est avec une attention bienveillante que je vous présente la réflexion de Charles, jeune garçon de 14 ans qui, après avoir regardé le film "Fury", nous livre sa propre analyse sur la guerre ou l'emploi des blindés.
Merci d'encourager sa curiosité et de lire avec intérêt sa perception de cet épisode, certes romancé par Hollywood, du second conflit mondial. Bonne lecture...
Le film « FURY » sorti le mercredi 22 octobre 2014 au cinéma est un film retraçant l’histoire des membres d’un équipage de char Sherman, au cœur de l’Allemagne nazie, en avril 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale.  Voici un film plein d’action et de rebondissements que je vais vous décrire et pour lequel je vais approfondir certains sujets évoqués dans cette production. Tout d’abord, nous allons procéder à une description rapide des caractères des deux personnages principaux.

samedi 3 mars 2012

Verdun 1916, le facteur humain au cœur des enseignements tactiques…


C’est en relisant de nombreux documents et ouvrages sur la bataille de Verdun que j’ai voulu souligner un aspect particulier de cette confrontation considérée comme un des tournants de la première guerre mondiale. En effet, les combats, qui se sont déroulés du 21 février au 19 décembre 1916, ont été d’une incroyable violence et ont causé d’effroyables pertes dans les deux camps. Les lieux, les manœuvres menées, le déroulement de la bataille, les choix de commandement sont tous riches d’enseignements tactiques, propres à mieux comprendre les défaites locales, les succès des uns et des autres ou encore le nombre de victimes.
Pourtant, au-delà de ces leçons ou de la simple chronologie des évènements, mon propos sera de montrer que la résistance française face à la ruée allemande de 1916 est liée, en grande partie, au courage, aux initiatives et à la pugnacité des « poilus » sur le terrain.
Dans ce cadre, il suffit de relire ce témoignage du maréchal Pétain en 1918 évoquant les unités de Verdun : « les troupes du 30ème corps déployaient une vaillance étonnante et presque invraisemblable. Chaque centre de résistance,- bois, village, lacis de tranchées éboulées ou groupement chaotique de trous d’obus-, permettait à nos unités de renouveler les exploits (…). Le soldat et l’officier français, comprenant la grandeur de leur tâche, s’en acquittaient avec stoïcisme ; perdus dans un océan déchainé, sachant que nul n’entendait leurs signaux de détresse, ils s’acharnaient à ralentir le flot qui les débordait les uns après les autres et préféraient la mort ou l’horrible captivité au salut qu’ils eussent pu trouver dans la retraite. Nos hommes souffraient et peinaient au-delà de ce que l’on peut imaginer ; ils accomplissaient leur devoir avec simplicité, sans forfanterie et, par là, ils touchaient au sublime ». 
Fort de cet hommage, nous verrons, dans les lignes qui suivent, tout d’abord les raisons pour lesquelles la place de Verdun n’était pas prête à faire face à une offensive allemande, avant de faire un inventaire des forces en présence à l’aube du premier assaut puis de conclure sur le rôle majeur du facteur humain dans la résistance française.