Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

Affichage des articles dont le libellé est manoeuvre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est manoeuvre. Afficher tous les articles

mardi 9 septembre 2014

Surprise et mobilité : la bataille de Mohi - 1241

 
Nous débutons une série de posts sur l'innovation, la mobilité, la fulgurance et la surprise ainsi que la capacité, pour celui qui en est la cible, de dépasser la sidération induite et, in fine, à s'adapter tant sur le plan tactique qu'en termes de doctrine ou d'équipements.
La bataille de Mohi et la tactique des Mongols apparaît comme un premier exemple d'une manœuvre basée sur la surprise et la vitesse.
 
La bataille de Mohi se déroule le 11 avril 1241. Cette bataille est le principal affrontement entre les armées Mongoles, menées par Batû-Khan, petit-fils de Gengis Khan, et les armées du Royaume de Hongrie pendant l’invasion Mongole de l’Europe.
 

jeudi 22 décembre 2011

A l’ère de la technique et des conflits asymétriques, reste-t-il de la place pour la manœuvre ? (1/2)


Pour commencer un cycle sur les problématiques liées à la contre-insurrection et les guérillas voici la première partie d'une réflexion sur la manoeuvre sous le prisme des conflits asymétriques. Bonne lecture et à vos commentaires.

Après avoir écouté une conférence du professeur COUTAU-BEGARIE, un des plus célèbre stratégistes français, j’ai souhaité faire part de mon point de vue sur l’un des aspects les plus prégnants de la tactique, à savoir la manœuvre.
En effet, JOMINI, en son temps, rappelait déjà aux militaires que « la supériorité dans l’armement peut accroître les chances de succès à la guerre ; en elle-même, elle ne gagne pas les batailles. »
En outre, les champs d’affrontement contemporains, avec l’apparition d’adversaires qualifiés d’asymétriques et définis par le professeur COUTAU-BEGARIE de « persistance des guérillas traditionnelles sans encadrement idéologique moderne », pose la question de la pérennité des outils de la stratégie. Ceci, d’autant que cette menace s’appuie généralement sur des milieux contraignants et se développe au cœur des populations.
Aussi, s’agit-il de s’interroger sur le rôle, pour les armées modernes, de la manœuvre, modalité stratégique qui, à base de mouvement cherche à agir sur les points faibles de l’ennemi.
Plus que jamais, il apparaît que la manœuvre, tout en s’appuyant sur la supériorité technologique, doit retrouver un rôle central dans la conduite des stratégies menées dans les opérations actuelles.
Dès lors, même si ce début de XXIème siècle semble consacrer le primat de la technologie et la victoire du combattant irrégulier, l’histoire démontre que la manœuvre a toujours permis d’effacer le progrès technique ou les effets militaires des guérillas mais aussi qu’elle demeure essentielle dans la résolution des conflits asymétriques.

dimanche 13 novembre 2011

Nouvelle citation dans la rubrique "Paroles de chef" : réflexions sur la manoeuvre.


Aujourd’hui nous vous proposons une citation extraite des mémoires de guerre de Winston Churchill, cet officier devenu homme politique, premier lord de l’Amirauté et enfin premier ministre de Grande Bretagne à l’aune des heures les plus sombres de la seconde guerre mondiale. Elle suscitera probablement chez certains d’entre vous le débat et je vais donc m’efforcer de défricher la réflexion voire de lancer quelques pistes tous azimuts.
Ces paroles, si elles font référence aux combats d’Afrique du Nord entre 1940 et 1943, raisonnent surtout de l’écho lointain de la guerre des Boers[1], une « petite guerre » aurait dit Charles Caldwell[2], où les Britanniques découvriront les difficultés de la contre-insurrection et des expéditions lointaines face à un adversaire mobile et manœuvrier entre 1880 et 1902.
Ceci me donne donc l’opportunité de faire un parallèle avec les opérations contemporaines face à des insurgés, des rebellions, des milices ou tout simplement des forces non conventionnelles qui connaissent parfaitement le terrain et profitent du soutien de la population.
A l’époque du conflit contre les Boers, Londres connaîtra d’abord de nombreuses défaites dans des batailles rangées à Magersfontein, Stormberg et Colenso puis reprendra l’initiative avec l’arrivée de renforts avant de chercher une parade à la guérilla mené par les troupes Boers. Le commandant de l’armée britannique, Lord Kitchener décide alors de bâtir des postes fortifiés, de former des troupes locales irrégulières mais aussi d’interner près de 115 000 Boers pour priver les insurgés de leur liberté d’action. Néanmoins, pour mener sa mission à bien, il devra compter sur 448 000 hommes (il en perdra 22 000) qui lui seront nécessaires pour quadriller et contrôler la zone d’opération face à seulement 50 000 combattants adverses. Ces effectifs importants s’expliquent par les difficultés britanniques à combattre contre des cavaliers Boers, toujours en mouvement, insaisissables, menant raids et embuscades, bénéficiant de la logistique locale et d’un réseau de renseignement structuré.