Pour commencer un cycle sur les problématiques liées à la contre-insurrection et les guérillas voici la première partie d'une réflexion sur la manoeuvre sous le prisme des conflits asymétriques. Bonne lecture et à vos commentaires.
Après avoir écouté une conférence du professeur COUTAU-BEGARIE, un des plus célèbre stratégistes français, j’ai souhaité faire part de mon point de vue sur l’un des aspects les plus prégnants de la tactique, à savoir la manœuvre.
En effet, JOMINI, en son temps, rappelait déjà aux militaires que « la supériorité dans l’armement peut accroître les chances de succès à la guerre ; en elle-même, elle ne gagne pas les batailles. »
En outre, les champs d’affrontement contemporains, avec l’apparition d’adversaires qualifiés d’asymétriques et définis par le professeur COUTAU-BEGARIE de « persistance des guérillas traditionnelles sans encadrement idéologique moderne », pose la question de la pérennité des outils de la stratégie. Ceci, d’autant que cette menace s’appuie généralement sur des milieux contraignants et se développe au cœur des populations.
Aussi, s’agit-il de s’interroger sur le rôle, pour les armées modernes, de la manœuvre, modalité stratégique qui, à base de mouvement cherche à agir sur les points faibles de l’ennemi.
Plus que jamais, il apparaît que la manœuvre, tout en s’appuyant sur la supériorité technologique, doit retrouver un rôle central dans la conduite des stratégies menées dans les opérations actuelles.
Dès lors, même si ce début de XXIème siècle semble consacrer le primat de la technologie et la victoire du combattant irrégulier, l’histoire démontre que la manœuvre a toujours permis d’effacer le progrès technique ou les effets militaires des guérillas mais aussi qu’elle demeure essentielle dans la résolution des conflits asymétriques.