Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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dimanche 15 mai 2016

Un livre à ne pas manquer : "L'ultime champ de bataille, combattre et vaincre en ville".


C'est avec plaisir que je vous présente aujourd'hui l'ouvrage de Frédéric Chamaud et de Pierre Santoni, tous  deux officiers expérimentés et dont la carrière les a amenés à commander ou à organiser le centre d'entraînement aux actions en zone urbaine-94ème RI (CENZUB) de l'armée de Terre à Sissonne. Ce livre, "L'ultime champ de bataille, combattre et vaincre en ville" aux éditions Pierre de Taillac, est inédit dans son approche liée au milieu urbain et confiné car il s'appuie sur de riches exemples historiques ou contemporains permettant ainsi d'aborder toutes les problématiques de l'emploi tactique des unités confrontées à des combats en ville mais aussi dans les "zones vertes" ou les grottes afghanes, dans la jungle ou au cœur de régions agricoles compartimentées.

samedi 8 août 2015

La tactique des barbares : entre Antiquité et Moyen-Âge.


C’est une période peu évoquée que les invasions barbares à la fin de l’Antiquité. Pourtant ce sont elles qui, notamment, vont sonner le glas de la puissance romaine tant militaire que politique. Pourtant, en matière de tactique, il apparaît intéressant de revenir sur les modes d’action de ces belligérants, souvent définis comme cruels et violents mais dont la mobilité, l’organisation et les armes apportent de larges enseignements opérationnels. Pour étudier cela, nous nous appuierons donc sur les travaux et écrits du capitaine Edouard de la Barre Duparq qui, en 1860, faisait paraître son « histoire de l’art de la guerre » évoquant, dans son ouvrage les premiers peuples (chinois, assyriens, égyptiens, juifs, perses) jusqu’aux conflits du XIXème siècle en passant par les Romains, Philippe Auguste, Frédéric Le Grand et Napoléon.
 
La période étudiée traitant des « barbares » est une passerelle militaire entre l’Antiquité et le Moyen-Age. L’auteur débute son étude par les Germains dont il vante les vertus guerrières toutes entières tournées vers la guerre. Leur arme principale demeure la framée, « sorte de demi-pique légère garnie d’une pointe de fer courte et aigue qui peut s’utiliser de près ou se dardait de loin ».

mercredi 9 juillet 2014

Le camp Saint-Sébastien : quand l'entraînement assure le succès des campagnes.

 
En 2012, alors que débutent des travaux pour une nouvelle station d'épuration dans l'ouest parisien, l'INRAP met au jour, à quelques lieux de Saint-Germain en Laye, les vestiges d'un camp du XVIIème siècle dont les fossés sont parfaitement conservés.
Il s'avère rapidement qu'il s'agit, non pas d'un ouvrage défensif, mais d'un site d'entraînement près d'Achêres nommé, dans les archives, camp Saint-Sébastien. Il démontre la volonté du roi, Louis XIV, de former, d'aguerrir et d'entraîner son armée avant les difficiles campagnes de son époque, particulièrement celles qui seront rythmées par de longs sièges.
Cet épisode, replacé dans une perspective historique et contemporaine, met en exergue la nécessité, pour des unités militaires, d'entretenir leurs savoir-faire pour la guerre mais aussi de se préparer à "une guerre" spécifique à un moment, un terrain, un milieu voire à une tactique  bien déterminée.

samedi 28 décembre 2013

Lecture et enseignements : « César, chef de guerre » de Yann Le Bohec.


Cet ouvrage, publié en 2001, écrit par l’historien Yann Le Bohec, spécialiste de l’Antiquité romaine que l’on ne présente plus, demeure une réelle mine d’or pour celui qui s’intéresse aux fondements de la tactique. De la même façon, l’étude de César, en tant que chef militaire, permet de mettre en perspective les qualités d’un général telles qu’elles sont perçues à l’époque, qualités qui peuvent encore aujourd’hui, être transposées aux opérations contemporaines. Le livre de Yann Le Bohec, richement documenté mais également appuyé par les recherches les plus récentes en archéologie ou en histoire, s’articule en trois parties et ce, afin de démontrer que César était bien un stratège comme un tacticien accompli, de par son éducation (en particulier en poliorcétique), son parcours professionnel ou politique tout comme par son sens du terrain mais également sa faculté à adapter sa manœuvre à l’adversaire (barbare ou romain). Cette aptitude s’illustre grâce, en particulier, à une planification structurée des opérations, ces dernières pouvant parfois sortir ou prendre de la distance avec le carcan doctrinal de leur temps afin de surprendre et de déstabiliser l’ennemi au bon moment.
Il serait donc trop fastidieux de synthétiser l’ensemble de ce travail qui court de la jeunesse de César à la fin de la guerre civile avec Pompée, de l’Orient à la Gaule en passant par l’Italie, la Germanie ou l’Espagne mais nous tâcherons de mettre en exergue ce qui fait de César un général remarquable.

mercredi 17 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (4).



2.2 La grande évolution, l'âge d'or de la tactique (fin XVIIIème début XIXème siècle).Les progrès de l'artillerie, l'émergence de nouvelles théories, l'influence de généraux brillants va faire de cette période l'âge d'or de la tactique et le fondement majeur des grands principes de l'engagement militaire sur le terrain.

-Vauban
 
Depuis la Renaissance, les murailles ont vu leur épaisseur croître pour résister aux effets de l'artillerie. Vauban a étudié les fortifications bastionnées mises en oeuvre par les ingénieurs italiens pour dissuader l'assaillant de mener des assauts frontaux. Il va en déduire de nouvelles techniques d'attaque des places fortes. Tout d'abord en inventant un dispositif basé sur trois tranchées parallèles reliées les unes aux autres (aux rôles et conceptions différents), comme nous le précisions dans notre article sur la poliorcétique.

dimanche 14 octobre 2012

La tactique : histoire et fondements (3).


Nous continuons notre revue de la pensée tactique au travers de l'histoire militaire.
 
- Frontin, quand le stratège devient stratégiste.
 
Frontin, consul et général romain né en 40 après JC, aurait déjà écrit un ouvrage sur l'art de la guerre, livre malheureusement perdu. Heureusement, il rédige ensuite, pour illustrer ses considérations théoriques, "Strategematon" dont les références historiques s'appuient sur ses campagnes contre les Parthes en Asie. Il y défend un art militaire fondé sur la ruse et les stratagèmes.




lundi 13 août 2012

De la poliorcétique au combat en zone urbaine : évolutions et permanences tactiques (1/3).


Dans la continuité des articles publiés précédemment sur la guerre en zone urbaine (ZURB), il me semble essentiel de revenir sur l’héritage de la poliorcétique dans les engagements contemporains au sein des villes et de leur environnement cloisonné ou complexe. Pour cela, un retour en arrière historique mais aussi l’étude de l’évolution des modes d’action, des équipements comme celle des grands penseurs de cette problématique tactique devraient permettre de dégager ce qui rapproche l’art du siège ancien au combat en ZURB tel qu'il s’est présenté sur des théâtres d’opérations plus récents, de Stalingrad à Falloudjah en passant par Beyrouth ou Grozny.
Cette étude, en trois parties, permettra de montrer que, face au milieu que constituent les zones habitées, protégées ou non par une enceinte, une forteresse ou un dispositif défensif valorisé, le fantassin seul ne peut venir à bout de l’assaillant ou du défenseur  sans l’appui de machines de guerre, d’appui feux, de sapeurs, d’armements spécifiques mais également, d’une logistique comme d’une organisation propre à ce type de combat.

mercredi 1 août 2012

Nouvelle thématique : le combat en zone urbaine.


Afin d'introduire de nouvelles réflexions et articles sur le combat en zone urbaine, je vous propose la mise à jour de vos rubriques "A lire" et "Paroles de chef". Tout d'abord avec un ouvrage d'Alexander Werth : "La Russie en guerre : de Stalingrad à Berlin". L'auteur, grand reporter d'origine russe, fut en effet le premier occidental à pénétrer en URSS en plein conflit. Il apporte un regard complémentaire à celui de l'historien et témoigne de la manière dont furent préparées, conduites, réfléchies les grandes opérations de l'Armée Rouge entre 1943 et 1945 face à un adversaire allemand opiniâtre, en particulier dans le milieu complexe que constituent les cités ravagées par la bataille. En outre, je cite le général Carnot qui connaît bien la guerre de siège et rappelle que la tactique et la force morale sont deux éléments majeurs du combat en ZURB (zone urbaine) : "Une ville forte n'est à proprement parler qu'une grande batterie : si cette batterie est sans canons, ou si ces canons sont sans hommes pour les servir, ou si ces hommes sont sans substances, il ne restera plus qu'une position heureuse qui appartiendra au premier occupant".
C'est dans ce cadre que j'aborderai avec vous, dans les jours à venir, la guerre des Boxers au début du siècle dernier, en Chine, avec un focus sur ce que l'on a appelé les "55 jours de Pékin" puis je tenterai de réaliser un historique commenté de la poliorcétique et ce, pour en dégager les évolutions majeures et les constantes à l'heure où les théâtres d'opérations modernes s'articulent autour de grandes cités. Bonne lecture.