Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

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vendredi 27 janvier 2012

La guerre sans pétrole : talon d'Achille ou rupture stratégique pour les armées de demain? (2/2)


Afin de compléter mon dernier post, je vous propose la seconde partie de l'article consacré à l'impact stratégique des problématiques pétrolières, étude que j'avais fait paraître, l'année dernière, sur le site de l'IFRI. Bonne lecture...


3-      Repenser les systèmes d’armes pour réduire la part des hydrocarbures.

Aussi, convient-il de réfléchir en France et en Europe à des solutions nouvelles pour que l’armement du futur demeure efficace sans contraintes excessives liées à la dépendance de la logistique pétrolière. En premier lieu, l’énergie solaire semble être un moyen facile à exploiter pour mettre en œuvre des systèmes d’armes dépendant largement aujourd’hui de besoins électriques même si, pour l’heure, il faut limiter cet effort aux équipements dont la vulnérabilité aux attaques adverses est limitée[1]. On peut citer, dans ce cadre, les drones MALE ou encore les équipements permettant la surveillance, la communication et la numérisation sur le champ de bataille (C4I). Les avions de combat pourraient, eux aussi, s’inspirer de cette technologie pour certains vols à haute altitude afin de limiter l’usage du kérosène aux phases de combat ou augmenter l’autonomie sur des hippodromes d’attente à l’image des performances du prototype Solar Impulse ayant volé près de 82 heures grâce au rayonnement solaire.

mercredi 25 janvier 2012

La guerre sans pétrole : talon d'Achille ou rupture stratégique pour les armées de demain?(1/2)


Alors que l'Union européenne a mis en place un embargo sur les importations de pétrole iranien , que les prix du carburant repartent à la hausse et que Téhéran menace de fermer le détroit d'Ormuz, il m' a semblé pertinent de mettre en ligne un article que j'avais fait paraître au début de l'année 2011 sur le site de l'IFRI et qui peut susciter, à n'en pas douter, le débat parmi vous. Voici donc la première partie de cette réflexion sur l'influence de l'or noir sur les armées contemporaines. Bonne lecture.

Pour Jean-Pierre Favennec, professeur à l’Institut français du pétrole, les hydrocarbures possèdent cette caractéristique particulière qu’ils sont, de nos jours, indissociables de la conflictualité. En effet, ils permettent aux forces armées de conduire leurs missions. Ils constitueraient, en quelque sorte, avec la ressource financière, l’autre nerf de la guerre. En outre, tous les spécialistes de l’énergie s’accordent à dire que, d’ici 50 ans, cette ressource primaire sera soit épuisée, soit largement réduite et ce, au regard de l’augmentation de la consommation de ce début de siècle (croissance de 30 à 40% de la consommation attendue d’ici 2030 selon l’UFIP(1) ). De la même façon, les études prospectives (2) de centres de recherche tendent à démontrer que la part d’énergies renouvelables dans les transports ne dépassera pas, en 2050, 4,5 % du total alors que les hydrocarbures demeureront privilégiés.
Même si la notion est parfois contestée par de grands groupes comme Total(3) , l’avènement annoncé du « Peak oil »(4) entraînerait, à coup sûr, des pénuries, des inégalités, des restrictions ou des transformations structurelles dont les Etats et leurs outils militaires pourraient être les victimes. Il est donc nécessaire de remettre en cause la viabilité des stratégies des Etats, notamment développés, ainsi que des modèles actuels de leurs armées dont les fondements demeurent encore la force mécanique, l’arme aérienne ou navale, toutes dépendantes du soutien pétrolier. Ces moyens motorisés qui demeurent la source de puissance militaire de notre époque pourraient alors, demain, devenir le talon d’Achille des pays développés alors que leur abandon serait un atout pour les Etats moins riches mais disposant d’une forte ressource humaine. Aussi, peut-on légitimement s’interroger sur les évolutions nécessaires pour les armées futures consécutives à cette rupture énergétique. Nous nous interrogerons sur les mesures à mettre en œuvre face à cette échéance qui pourrait rendre les puissants d’aujourd’hui incapables d’utiliser leur outil militaire avec tout leur potentiel, redonnant aux plus faibles un potentiel militaire de taille et provoquant des ruptures stratégiques majeures.